Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ITALIE

Résolution de la LCR

Inprecor n° 293, 18 septembre 1989 · p. 22-23 · 1 391 mots

France Italie

NOUS PUBLIONS des extraits de la résolution sur l'entrée collective des militants de la LCR dans DP, adoptée par le congrès de la LCR du mois de juillet (voir ci-contre). Le congrès a voté également un manifeste intitulé "Crise de la gauche et construction du parti révolutionnaire". DOCUMENT

E COURS NOUVEAU du Parti communiste italien (PCI) clarifie définitivement le terrain sur lequel son groupe dirigeant veut se placer, ainsi que ses perspectives straté giques (1). Le PCI se présente désormais comme un parti qui accepte les valeurs fondamentales de la culture occidentale, et qui s'inspire des social-démocraties européennes pour déterminer le contenu social et les perspectives politiques de son action

L'activisme propagandiste, propulsé par son secrétaire Occhetto, après le dernier congrès, pourra, à moyen terme, galvaniser des secteurs de militants en leur donnant l'impression que les difficultés ont été surmontées. Mais les contradictions subsistent très fortement à des niveaux multiples, notamment entre les besoins sociaux des différents secteurs liés au parti et les choix politiques concrets de sa direction ; entre les op tions et les points de référence traditionnels qui subsistent encore dans des secteurs non négligeables du parti, et le cours nouveau d'Occhetto qui veut se débarasser au plus vite, de toutes ces options et ces références, pour pouvoir jouer la carte d'un "parti européen moderne". (...) Les attitudes d'opposition partielle au choix de la coalition gouvernementale dans les grandes villes, et au niveau national, ne peuvent pas cacher la signification d'ensemble du cours "libéral", et encore moins éliminer les causes profondes de la crise qui frappe le PCI depuis longtemps. Une crise de perspectives et d'identité que le groupe dirigeant autour d'Occhetto est décidé à

1) Voir également l'article sur le cours nouveau d'Ochetto, dans Inprecornuméro 286 du 17 avril 1989

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résoudre dans le sens d'une intégration définitive du parti dans le cadre du système capitaliste. Ce processus sera douleureux, il provoquera des déchirements et des contradictions parmi les militants.

Ceux qui veulent lutter pour créer une alternative révolutionnaire et anticapitaliste, doivent continuer à peser sur ces contradictions et apparaître comme des interlocuteurs valables aux yeux des militants du PCI qui n'acceptent pas la fonction narcotique du "cours nouveau", et qui cherchent une solution de gauche à la crise de leur parti et à liquidation de son identité de classe qu'a entrepris son groupe dirigeant.

Les difficultés que connait le mouvement ouvrier, la regression de la conscience de classe, la crise de la gauche traditionnelle, et le succès politique des Verts ont provoqué, ces deux dernières années, un processus de crise au sein de DP. Cette crise comporte le risque d'une dispersion de cadres, d'expérience politique, et de liens de classe qui avaient été accumulé par DP au cours d'une décennie et qui représentent, même maintenant, l'acquis le plus important des grandes luttes des années 70.

DP s'est construite comme un parti caractérisé par la cohabitation d'expériences et d'orientations politiques différentes. Les camarades de DP ont utilisé eux-mêmes l'expression "parti conteneur". Les expériences et les cultures politiques différentes, qui auraient pu contribuer à enrichir et à élargir son projet, n'ont toutefois pas abouti à une synthèse politique et programmatique (qui n'a, par ailleurs, jamais été recherchée). Par conséquent, les différentiations se sont progressivement accrues, de sorte que les différentes sensibilités de l'organisation sont devenues inconciliables.

DP s'est trouvée, ainsi, dans une situation très difficile face aux grandes questions qui se sont accumulées en son sein, pendant des années. Elle n'a pas réussi à apparaître comme une alternative crédible face, d'un coté, à la crise et aux différentiations du PCI, et de l'autre, à l'émergence des Verts.

Les élections européennes du 18 juin, et notamment la décision d'une partie de DP d'y participer avec un projet distinct et opposé, ont constitué une vérification spectaculaire de l'ampleur des processus de différentiation au sein de l'organisation. La rupture des secteurs dits Arc-en-ciel a provoqué une décantation du débat politique.

Face au succès incontestable des listes Arc-en-ciel, DP a enregistré un échec certain (2). Mais, en même temps, elle a maintenu une partie importante de ses électeurs, ce qui constitue une base possible, bien que non automatiquement garantie, d'un travail de renforcement et de relance du parti comme point de référence pour d'amples secproblèmes restent sans solution et il est nécessaire de les aborder avec franchise, si l'on veut reconstruire et relancer l'organisation. Un débat stratégique d'une grande portée est en cours dans DP. Il doit être développé franchement et démocratiquement, sans astuces tacconservation qui ne pourraient que renforcer, ultérieurement, des tendances dangereuses à la désagrégation.

La discussion essentielle est celle sur le parti, sur le modèle de parti à construire, sur les buts d'un parti classiste alternatif, tel que DP veut et doit être. Mais elle doit se développer en même temps sur la question des choix stratégiques qui doivent se concrétiser et sur le travail à réaliser, au jour le jour, pour avancer sur ce chemin.

Un nouveau potentiel de lutte

Il est nécessaire de discuter les problèmes de la redéfinition politique de DP et les moyens de la relance organisationnelle que nous souhaitons. En effet, malgré toutes les difficultés, nous avons pu constater, dans la dernière période, qu'il existe dans des secteurs de la classe ouvrière et d'autres couches sociales, des ferments nouveaux, un nouveau potentiel de lutte et de riposte à la politique des classes dominantes, à l'impasse sociale et politique où ont abouti les groupes dirigeants traditionnels du mouvement ouvrier. On a fait l'expérience de nouvelles formes d'organisations antibureaucratiques à la base ; on a esquissé de nouveaux objectifs plus efficaces pour contrecarrer les attaques contre les conditions de vie et de travail ; on a perçu l'exigence d'orientations et de formes de lutte concrète dont DP devrait tenir compte, si elle veut être effectivement capable de se relancer et de se développer. Les militants et les militantes de DP doivent construire un parti à même d'accomplir ces tâches.

L'entrée des militants de la LCR et de l'OGR dans DP constitue une démarche positive, un premier pas dans la bataille pour la recomposition des forces qui se réclament toujours du marxisme et des conceptions classistes, qui ont maintenu la perspective d'une alternative anticapitaliste. Malgré toutes leurs limites et leurs faiblesses, ces forces représentent le mieux ce qui reste, du point de vue aussi bien politique qu'organisationnel, de la grande vague des années 70.

Quel parti 7

Au centre de cette recomposition, il faut mettre une clarification fondamentale sur le type de parti dont nous avons besoin aujourd'hui, sur le terrain où il doit se placer, sur sa caractérisation essentielle. En dépit de ce que prétend la campagne idéologique de la classe dominante sur la crise du marxisme et la fin de la société divisée en classes antagonistes et, en dépit de l'effort des Verts de présenter le problème de l'environnement comme la seule contradiction sur laquelle on puisse fonder un projet alternatif, la lutte pour renverser les rapports de production capitalistes et instaurer un système social qualitativement différent, susceptible d'affronter à la racine y compris les problèmes de l'environnement, découle de facteurs objectifs qu'aucune campagne idéologique ne peut suppri-

C'est pourquoi, il est nécessaire d'agir pour construire un parti classiste, anticapitaliste, antibureaucratique, sensible aux problèmes de l'environnement, et communiste, qui s'enracine sur les secteurs fondamentaux du prolétariat et des autres couches exploitées et opprimées de la société. Un parti qui soit leur représentant politique et défende leurs intérêts quotidiens et historiques dans la perspective d'une lutte pour le pouvoir de la classe ouvrière, de tous les travailleurs et les travailleuses, pour l'ins-

Le parti qu'il faut construire, ne pourra pas ne pas avoir des liens et une dimension au niveau international. En effet, c'est à ce niveau que, comme tout le monde doit le reconnaître et pour des raisons objectives évidentes, se posent aujourd'hui les problèmes de l'alternative au système social et politique existant.(...) C'est sur toutes ces questions que les militants et les miltantes de la LCR estiment pouvoir donner une contribution à la discussion programmatique et stratégique qui a commencé dans DP et qui doit viser tout d'abord à sauvegarder, relancer et redéfinir les cadres et les expériences politiques et organisationnelles qui ont été accumuJulllet 1989 2) La liste des Verts a obtenu 2,4%, contre 1,3% pour la liste de DP sur laquelle figuraient des camarades de la LCR.

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