Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PORTUGAL

Zé de MESSA

· Inprecor n° 297, 13 novembre 1989 · p. 13 · 521 mots

Portugal

Dans et était depuis un an membre du ComiElu lors du dernier congrès, il est aussitôt entré au Bureau politique du Parti, comme responsable de la diffusion de notre presse et de la campagne anti-militariste dans la

Il était entré à la LCI (Ligue communiste internationaliste qui s'est ensuite transformée en 1974, alors qu'il faisait son service militaire. Il a participé au secteur anti-militariste du Parti, et a été l'un des constructeurs du grand mouvement démocratique et politique des soldats, en 1975. Ouvrier, il était entré à 14 ans dans une importante usine de la périphérie de Lisbonne, MESSA, qui produit des machines écrire. Il a travaillé dans cette usine pendant plus de quinze ans, et durant de nombreuses années, il a été membre de sa Commission des travailleurs.

C'est à MESSA que s'est déroulée la plus importante lutte contre la reconversion industrielle qu'ait connu le Portugal. Pendant neuf ans, près de mille travailleurs ont résisté aux menaces de fer. meture de l'entreprise, en négociant et en luttant contre les différents gouvernements, passant des mois et des mois sans recevoir de salaires. La démocratie dans l'usine, les assemblées générales pour mener la lutte, firent de cette entreprise un bastion de la combativité de la gauche ouvrière. Etant un de ses princi paux responsables, Zé a participé à tous ces combats : il a organisé des manifestations de trente kilomètres jus-qu'au Parlement, il a négocié avec des secrétaires d'Etat et des ministres, il a organisé la popularisation de la lutte auprès des travailleurs des autres entreprises

Dès le début. Zé s'est donné entièrement au travail du Parti, assumant de nombreuses responsabilités et initiatives, tout en étant présent dans toutes les instances de travail et de discussion. Il avait, dans la majorité des cas, une opinion critique et toujours personnelle :

lors du dernier congrès, il a fait partie d'une minorité qui critiquait notre projet, alors adopté, de transformer le journal de la section en un instrument de collaboration permanente avec des révolutionnaires indépendants qui viendraient participer à des initiatives du Parti. Mais cette position ne l'a jamais empêché d'être l'un des responsables centraux de la diffusion de notre journal, qui touche aujourd'hui 5 000 lecteurs et qui prétend dépasser ce cap. C'est ainsi qu'il a appris à travailler dans ce parti ; son opinion était d'autant plus respectée qu'il avait une autorité reconnue à cause de ses capacités de direction et d'orientation des choix collectifs. Tout le parti savait que l'on pouvait lui faire confiance.

Le jour même de son assassinat, devait se réunir une Conférence nationale du Parti qui allait voter son statut de permanent, pour la première fois. Abandonnant sa collaboration avec les jeunes, il serait devenu le responsable du réseaux de contacts nationaux du PSR dans les grandes villes — cet effort correspondait à une avancée significative qui lui était en partie due. La semaine suivante, il aurait dû participer à une réunion de cinq jours destinée à la formation d'un nouveau secteur jeunes du Parti, né de notre campagne anti-militariste. Sa perte est un coup terrible pour le PSR.

Francisco Louça, Bureau polltique du PSR

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