Avec l'apparition de nombreux mouvements écologistes capables d'organiser des mobilisations les autorités soviétiques se voient d'envergure, confrontées à un dilemme : des usines chimiques très polluantes ont dû être fermées. Or, on y fabriquait, entre autres, des médicaments. Durant l'été
1989, par exemple, à la suite de pressions énormes de l'opinion publique, le Soviet suprême arménien avait décidé de fermer définitivement l'usine chimique d'Erevan (considérée en 1988 comme la sixième ville en URSS pour le niveau de pollution de l'air qui contenait une très haute densité de poussière, de sulfate de carbone, de monoxyde de carbone, etc.) si elle n'assurait pas une production moins nocive pour l'environnement. Ne pouvant remplir ces conditions, l'usine a donc été fermée en janvier dernier. Cependant, outre des produits chimiques lourds (soude caustique, ammoniaque, engrais, etc.), elle produisait des médicaments pour le cœur, des analgésiques et des vitamines.
Des mobilisations populaires similaires ont réussi à faire arrêter le fonctionnement de diverses usines pharmaceutiques très polluantes (notamment à Keremovo et à Kirovograd) et s'opposent également à l'installation d'industries de ce type.
Le 3 novembre 1989, le Politburo a constaté que la production de médicaments avait chuté et que dans certaines régions l'approvisionnement, déjà limité, s'était encore réduit davantage. Depuis le 6 février 1990, c'est la commission du Conseil des ministres de l'Union soviétique chargée des situations d'urgence qui se penche sur ce problème. La commission s'est rendue compte que les récentes pénuries de médicaments ont été causées par les fermetures d'usines et les arrêts de production « en rapport avec la violation par les entreprises de la loi sur la protection de l'environnement ». Tout en reconnaissant que cette loi doit être respectée, la commission a pris en compte la nécessité de protéger la santé de millions de citoyens soviétiques (hormis ceux qui vivent à côté des usines polluantes...) et a donc ordonné la reprise immédiate de la production dans ces usines. *
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