Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

GRANDE-BRETAGNE

Maggie paye la Poll Tax

Inprecor n° 309, 18 mai 1990 · p. 27, 27 · 433 mots

Grande-Bretagne

GRANDE-BRETAGNE Maggie paye

Lors des élections municipales du 3 mai dernier en GrandeBretagne, le Parti travailliste a gagné 300 sièges, alors que le Parti conservateur, de Margaret Thatcher, au pouvoir, en perdait 191 ; les autres sièges ont été remportés par les partis du centre et des indépendants. Ce résultat gain de 11 % pour le Parti travailliste — a été décrit dans la plupart des média britaniques comme une grande victoire... pour Thatcher!

C'est un vrai bluff de la part d'une presse largement contrôlée par les amis de Thatcher. Mais il est vrai que, dans certains endroits, POLL tout particulièrement à TAX Londres où le Parti travailliste a gagné à peine 6 %, les conservateurs ont réussi à garder et à gagner des conseils municipaux, et même à en conquérir de nouveaux. Cela a été, comme d'habitude, attribué à la gestion "farfelue" des conseils municipaux tenus par la "gauche irresponsable" (bien qu'en réalité, conseils municipaux travaillistes de Londres aient abandonné, depuis plusieurs années, une grande partie de leur enthousiasme réformateur). Cependant, à Londres même, les résultats n'ont pas été uniformes. Par ailleurs, dans certains de ses fiefs, qui ont été les cibles favorites de la presse conservatrice pendant des années — Lambeth, Islington et Haringey, par exemple - le Parti travailliste a amélioré ses positions.

URSS

Page 27

L'avancée de 15 % du Parti travailliste dans le Sud de l'Angleterre (à part Londres), d'où il avait presque été balayé dans les années 80, sera d'une grande importance dans le futur.

De plus, malgré l'impopularité de la Poll Tax (voir Inprecor n°

306 du 6 avril 1990), le Parti travailliste a été désavantagé dans ces élections locales car certains conseils municipaux travaillistes, surtout à Londres, ont tenté de préserver leurs services sociaux en établissant un taux Poll Tax très élevé. Ils n'ont été en rien aidés par la nouvelle direction "respectable" du Parti travailliste, incapable d'expliquer comment faire pour mettre en place des prestations sociales locales. Il y aurait eu une réponse évidente — la prise en charge des dépenses locales par l'impôt sur le revenu majoré pour les plus riches — mais cela les aurait brouillés avec l'establishment.

La Poll Tax n'est ni le seul , ni le principal problème, qui se pose à la classe gouvernante britanique. Des questions comme l'important déficit du commerce extérieur, l'inflation croissante et l'augmentation des luttes sociales, sans parler de la crise permanente de la politique étrangère britanique par rapport à l'Europe, ne pourront être résolues rapidement. Le "miracle" de la facilité du crédit qui a permis la réélection de Thatcher en 1987 ne pourra se répéter. *

Une erreur sur cette page ?