Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MAROC

Sous les fastes du royaume

· Inprecor n° 309, 18 mai 1990 · p. 23-24, 24-25 · 3 037 mots

Maghreb Syndicalisme Économie mondiale Femmes

anniversaire de son intronisation dans la ville d'Agadir, la « porte des provinces du

Sud » selon le souverain. Il s'agissait de réaffirmer la présence du régime dans le population marocaine a massivement voté par référendum le report des élections législatives de deux ans, afin qu'elles n'aient lieu qu'après le règlement définitif du conflit au Sahara sous l'égide des Nations-Unies. Tous les partis d'opposition ont généralement bafouées par le régime. Cette "union nationale" porte surtout sur l'intégrité territoriale. L'opposition entend, par contre, demander un nouveau international (FMI). En effet, une grave crise économique frappe de plein fouet

Sous les fastes du royaume

Les 3 et 4 mars 1990, le roi Hassan Il a célébré en grande pompe le 29e territoire du Sahara occidental, objet du conflit vieux de quatorze ans avec le

Front Polisario qui lutte pour l'indépendance (I). En décembre 1989, la accepté cette consultation, tout en exigeant le respect des règles électorales débat sur la loi de finances de 1990 qui prévoit, pour cette année encore, l'application à la lettre des plans d'austérité drastiques du Fonds monétaire ce pays où la misère la plus criante côtoie le faste et l'opulence des hauts dignitaires de la monarchie. Inprecor a rencontré Karim Maghrebi, militant marxiste-révolutionnaire marocain, pour évoquer la situation dans son pays.

INPRECOR : Peux-tu dresser un tableau général des forces politiques en présence au Maroc ?

Karim

MAGHREBI :

Le principal parti de la bourgeoisie est l'Istiqlal qui a dirigé la lutte de libération nationale contre la France de 1940 à 1956, date de l'Indépendance. Il existe aussi une série de partis créés par le pouvoir depuis le début du processus de "démocratisation"

en 1975, à l'occasion des élections (Parti des indépendants, Rassemblement national démocratique et Union constitutionnelle). Mais le régime ne leur fait même pas confiance. Il souhaite, par contre, la participation d'Istiqlal au pouvoir, mais sous sa houlette, lui laissant une marge de manœuvre très étroite.

Il faut savoir qu'il n'y a pas vraiment de différence entre la politique d'Hassan

Il et celle préconisée par Istiglal. Après avoir participé au gouvernement de 1977 à 1985, l'Istiqlal a été marginalisé au Parlement et se trouve actuellement dans l'opposition. Au Maroc, les résultats des élections sont toujours falsifiés : les sièges sont attribués avant le scrutin, parfois des semaines auparavant. Même la presse en fait état !

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Le programme des partis bourgeois ne se distingue pas nettement de celui du régime. Ils estiment, surtout l'Istiglal, que les priorités actuelles sont la récupération du Sahara et l'unification du territoire national ; en dernière instance, ils sont suivistes par rapport au roi.

Le parti de l'Istiqlal a cependant une influence de masse ; il est même implanté au sein du mouvement ouvrier, par l'intermédiaire des syndicats jaunes. Les autres partis de la droite sont des partis de no-

A gauche, la principale formation est l'Union socialiste des forces populaires (USFP), qui provient d'une scission de l'Istiqlal en 1959. C'est un parti de composition petite bourgeoise qui a des relais dans les organisations de masse, surtout au sein de la Confédération démocratique du travail (CDT), syndicat créé sous l'impulsion de l'USFP en 1978. Son programme ne dépasse pas les limites du populisme bourgeois et reste timidement réformiste ; l'USFP place également l'intégrité territoriale au-dessus de toute autre considération. Il a récemment demandé à adhérer à l'Internationale socialiste avec laquelle il entretient des liens depuis long temps.

Un courant de gauche a émergé au sein de l'USFP à l'occasion de son Ille

Congrès, en 1978. Ce courant se revendique de la tradition populiste radicale du parti, et des dirigeants historiques comme Mehdi ben Barka ou Omar Benjelloun (2). Se situant plus à gauche que la direction actuelle du parti, ce courant a refusé la "libéralisation" offerte par Hassan II tout en se battant pour une réelle démocratisation. Il faisait référence au "socialisme scientifique", sous-entendu au marxisme, et se prononçait même pour la création d'un parti révolutionnaire. A partir de 1983, ce courant a décliné et a été exclu de l'USFP par la direction bureaucratique. Depuis, il s'est constitué en organisation autonome, mais il n'a ni perspectives claires ni ligne politique et stratégique déterminée. Il a été actif dans les milieux étudiants et actuellement, il édite un journal, Ettariq, la publication légale la plus à gauche du Maroc, mais dont les ventes baissent.

• Et le Parti communiste?

Le PC d'origine stalinienne, le Parti du progrès et du socialisme (3), a rejoint l'"'union nationale" autour du trône à partir de 1975-76 et mène actuellement une politique plus à droite que celle de l'USFP. Son secrétaire général siège au Parlement. C'est le seul parti à avoir été admis à travailler au sein de l'Union marocaine du travail (UMT), le plus ancien syndicat ouvrier, et le plus important, créé en 1955. Il est impossible de chiffrer avec exactitude le nombre de membres de l'UMT; mais, au début des années 60, avec près de 600 000 syndiqués, c'était le premier syndicat d'Afrique. Actuellement, il est beaucoup plus faible ; il a connu une scission en 1978, sous l'impulsion de l'USFP, qui a donné naissance à la Confédération démocratique du travail (CDT), en prenant prétexte de la bureaucratisation de l'UMT.

Cela a donné naissance à un courant de base qui luttait contre la bureaucratisation et était dirigé par le militant de l'USFP, Omar Benjelloun. Celui-ci ne voulait pas créer un autre syndicat mais, après sa mort, ses camarades ont organisé

1) Sous la domination coloniale de l'Espagne jusqu'en 1975, le Sahara occidental était revendiqué par le Maroc. Le Polisario, Front de libération sahraouie, ayant mené la lutte contre les Espagnols, revendique l'indépendance du territoire à partir de 1974. Le retrait espagnol donna lieu à une guerre entre les troupes marocaines qui avaient envahi le Sahara occidental et le Polisario, guerre qui se poursuit toujours

2) Mehdi ben Barka, secrétaire de l'Union nationale des forces populaires (UNFP), future USFP, fut condamné à mort par contumace par le régime de Hassan Il en mai 1963 ; enle vé à Paris en octobre 1965, il ne sera jamais retrouvé

Omar Benjelloun, dirigeant de l'USFP, fut assassiné en 1974 par un intégriste à la solde du régime.

3) Il s'est appelé Parti communiste jusqu'en 1959, année où il a été interdit une première fois ; puis Parti de la libération et du socialisme à la fin des années 60 avant d'être interdit une seconde fois jusqu'en 1976.

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la scission. D'ailleurs, la CDT s'est aussi rapidement bureaucratisée.

Une autre formation de gauche, l'Organisation de l'action démocratique populaire (OADP), est née en 1983 comme prolongement de l'ancien 23 Mars (4), organisation marxiste-léniniste issue du même courant que les deux fractions de l'USFP. L'OADP publie un journal légal et s'est alignée sur le reste de la gauche réformiste, en participant notamment au consensus national sur le Sahara. C'est une organisation qui pèse peu.

Pour ce qui est de l'extrême gauche, l'organisation clandestine Ilal Amam (En avant), fruit d'une scission du PC, a été créée officiellement en août 1970. Elle développait alors une critique assez superficielle du PC, et avait un arrière-fond maoïste et populiste. Elle a vite été confrontée à la répression — la grande majorité de ses militants a été arrêtée au début des années 70. Ses membres arrêtés lors des vagues répressives de 1971/72/73 et de 1984/85/86 sont toujours détenus. Ilal Amam reste un courant révolucessité d'un parti communiste révolutionnaire. Mais cette organisation n'évolue pas du point de vue théorique et n'a pas de journal au Maroc. Le niveau de formation politique et théorique de ses militants reste faible, ce qui est une caractéristique générale au Maroc. La présence du courant Ilal Amam se limite aujourd'hui au mouvement étudiant et aux associations culturelles des grandes villes animées par les anciens de l'Union nationale des étudiants marocains (UNEM).

Les militants d'Ilal Amam ont une position sectaire à l'égard du mouvement ouvrier, ils ne mènent pas d'action syndicale sous prétexte que les syndicats sont opportunistes et réformistes et laissent les mains libres à ces derniers.

• Que se passe-t-il aujourd'hui au niveau du mouvement ouvrier?

La CDT est en général plus combative que l'UTM tout en étant surtout implantée dans le secteur public (enseignement, santé) tandis que l'UTM, plus bureaucratisée, est présente, elle, dans l'industrie ; dans les mines, l'influence des deux syndicats est identique.

L'UMT, outre qu'elle freine les luttes, ne fonctionne même pas comme un syndicat. C'est une bureaucratie qui a des liens avec l'Etat, tout en restant indépendante, surtout si on la compare avec le syndicat algérien qui est étroitement lié au pouvoir. Toutefois, les luttes se mènent malgré la bureaucratie syndicale, et pas sous

Après la grève générale de 1981, la répression avait pratiquement démantelé la CDT qui dirigeait les luttes. Mais les luttes ont repris à partir de 1985 : les mineurs de Jérada ont lutté pendant un mois, mais ils ont essuyé une défaite à cause de la politique de la direction syndicale qui considérait que la priorité devait être donnée à la guerre du Sahara et donc qu'il fallait "être responsable".

Début 1986, s'est déroulée la plus grande lutte des travailleurs du phosphate depuis trente ans, dans les mines de Khormka et de Youssoufia, les deux principaux gisements. A Youssoufia, la grève, dirigée par l'UMT, a duré deux mois ; la CDT, qui encadre les ouvriers de l'autre centre minier, n'a même pas appelé à une grève de solidarité et s'est contentée de 24 heures d'arrêt de travail ! Cette défaite a créé un climat de démoralisation chez les mineurs.

La CDT, toujours au nom de l"intérêt national", a eu la même attitude lors de la nouvelle lutte des mineurs de Jérada en décembre 1988 et janvier 1989 (5) qui a duré deux mois et a été très combative. Il faut dire que ce prolétariat des mines est jeune, récemment syndicalisé, et vit et travaille dans des conditions très difficiles. Les 7 000 mineurs ont obtenu en partie gain de cause, même si la direction syndicale a tout fait, encore une fois, pour arrêter le conflit. Les familles des ouvriers, surtout les femmes, ont participé à la lutte, manifesté dans la rue, comme les lycéens, ce qui a suscité un mouvement de solidarité à l'échelle nationale, mais n'a pas réussi à déclencher d'autres grèves de solidarité.

Les mineurs de Jérada restent encadrés par la CDT. Bien sûr, les dirigeants locaux sont combatifs, car ils subissent une forte pression de leur base qui contrebalance celle de la direction nationale du syndicat. Pour vous donner un exemple, les mines ont été occupées alors que la direction syndicale avait décrété l'arrêt de la grève au bout d'une semaine, et le syndicat a dû suivre les mineurs dans leur lutte. L'absence d'auto-organisation au Maroc est liée au fait que la gauche révolutionnaire ne joue aucun rôle dans ces conflits.

• La plupart des partis d'opposition participent au consensus national sur la question sahraouie. Quelle est l'attitude de la classe ouvrière marocaine et des couches populaires face à ce problème?

Les masses établissent un lien direct entre la détérioration de leurs conditions de vie et la guerre du Sahara. Parmi les organisations politiques, seul Ilal Amam soutenait courageusement la lutte des Sahraouis, position qu'elle a payé très cher par des peines de prison allant de vingt à trente ans. Hassan II a d'ailleurs dit qu'il pouvait tout accepter sauf la remise en cause de la "marocanité" du Sahara. Pendant la montée des luttes, entre 1978 et 1981, dans les syndicats, les militants de l'USFP contestaient le frein qui leur était imposé avec le prétexte de la

4) Le nom "23 Mars" est une référence à la lutte ouvrière du 23 mars 1965.

5) Voir Inprecorn° 282 du 20 février 1989.

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question sahraouie ; ils affirmaient que la lutte pour la libération du Sahara passe par les batailles contre la bourgeoisie. Depuis, l'USFP a abandonné cette position.

Une sympathie pour la cause du Polisario existe chez les populations du Sud marocain; mais, dans les autres régions, la démagogie du régime et des partis réformistes ont abouti à ce que les masses voient le Polisario comme une entité créée par l'Algérie dans un but expansionniste anti-marocain.

• Où en est actuellement le conflit au

Sahara ?

Avec l'édification des murs au Sahara, la guerre se mène différemment. Le conflit s'est apaisé et il y a eu une reprise des relations diplomatiques avec l'Algérie. Mais rien n'est tranché ; les deux parties restent sur leurs positions : le Polisario n'est pas disposé à céder, et Hassan II non plus. Avec la reprise des relations avec l'Algérie, les masses ont caressé l'espoir de voir s'achever la guerre et les dépenses qu'elle engendre.

• Peux-tu nous décrire la situation économique et ses conséquences pour le niveau de vie des masses ?

Depuis 1977, la crise économique et la dette extérieure ont accentué le processus de détérioration du niveau de vie de la population. Avec

DU le plan quinquennal de 1978-83, le pro- PAIN blème de la dette s'est accru et, en J'AI 1983, le régime a FAIM accepté d'appliquer toutes les recommandations du FMI : politique d'austérité, attaques contre le pouvoir d'achat déjà affaibli des masses et contre les acquis sociaux (les dépenses consacrées à la santé et à l'enseignement ont diminué respectivement de 42 et 25 % depuis 1983). L'Etat n'embauche plus, alors qu'il était le principal employeur jusqu'en 1983. On assiste à l'augmentation du chômage, et à une inflation incessante qui touche surtout les principales denrées alimentaires ; cela explique les événements explosifs de 1981 et 1984 (6).

Face au mécontentement populaire, l'appareil policier a été renforcé pour contrôler toutes les organisations de masse. Le seul secteur où l'Etat continue à embaucher c'est celui de la police et de l'armée. Les associations culturelles des grandes villes ont pratiquement été démantelées à cause de la présence en leur sein de militants d'extrême gauche. Et il faut savoir que, contrairement au régime algérien, la monarchie marocaine n'a concédé aucune réforme à la suite des émeutes.

• Est-ce lié à la différence entre le poids des intégristes dans les deux pays?

Pendant l'été 1983, une vague d'arrestations dans les milieux intégristes a donné lieu à des peines de prison allant jusqu'à trente ans ; un groupe de 71 intégristes se trouve dans la seule prison d'Essfi. Mais, en général, les intégristes au Maroc sont bien plus faibles qu'en Algérie. Ceci dit, ils se renforcent et s'activent depuis ces dernières années en milieu étudiant (la plupart des militants arrêtés en 1983 étaient des étudiants) et dans les quartiers pauvres. La répression empêche les intégristes d'apparaître aussi ouvertement que dans d'autres pays, et donc leur enracinement est difficile à ap-

Mais, tout en utilisant la répression, le régime favorise certains intégristes qui lui sont proches. C'est le cas de ceux qui sont regroupés autour du journal El Islah, et dont la principale activité consiste à affronter les étudiants de gauche à l'université, dans les villes où le mouvement étudiant est le plus actif : à Oujda en 1988, à Fès en 1989, etc. Ils constituent aussi une force répressive d'appoint mènant • par exemple, des campa-

TERRORiSTE !!!) PROPAGANDE gnes de calomnies contre les athées. Ceci dit, le discours religieux au Maroc est courant puisque le régime se prétend de droit divin, ce qui contribue à couper l'herbe sous le pied des intégristes.

• Le mouvement étudiant est-il toujours structuré par l'Union nationale des étudiants du Maroc (UNEM) ?

L'UNEM vit une crise manifeste depuis son XVIle Congrès, en 1981 : elle n'a pas su se structurer pour pouvoir diriger les luttes des étudiants, malgré les capacités dont les jeunes ont fait preuve ces avec le retrait des étudiants de l'USFP, quand ils se sont aperçus qu'ils ne pouvaient plus dominer le syndicat. De plus, les étudiants qui se situaient à la gauche de l'USFP n'étaient pas capables de prendre les choses en main.

Depuis, l'UNEM n'a ni instances dirigeantes, ni aucune forme d'organisation. Les étudiants continuent à s'en réclamer

MAROC et sont réprimés systématiquement par la "garde universitaire". Dernièrement, les intégristes, surtout ceux d'El Islah, ce journal manipulé par le régime, tentent de parler au nom de l'UNEM, d'y travailler, d'où des affrontements quasi-quotidiens avec les étudiants de gauche.

L'UNEM a actuellement beaucoup de perspectives, à cause des mauvaises conditions de vie et d'étude liées à la décentralisation de l'université et à la construction d'universités très démunies dans plusieurs villes. Tout cela a favorisé les luttes de 1988/89.

• Assiste-t-on à l'apparition d'une nouvelle direction dans le mouvement étudiant?

Non, même au sein des Qa'idiyin ("les étudiants de base") — le courant traditionnellement proche d'Ilal Amam, très large et ouvert — il existe des désaccords quant à la nécessité ou pas de structurer l'organisation. Enfin, l'autre point faible du mouvement étudiant est qu'il est implanté surtout au nord du pays, à Fès, Tétouan, Meknès, Oujda, et pas dans les villes traditionnelles de l'UNEM telles Casablanca ou Rabat.

• On entend très peu parler du mouvement des femmes au Maroc.

Le mouvement des femmes a connu un regain d'activité en 1983, au sein de l'Association marocaine pour la défense des droits de l'homme et dans les associations culturelles à Casablanca, Rabat, etc. Mais cette vague a reflué sans laisser de structures. A l'initiative de militantes proches de l'OADP, un journal, le 8 mars, est paru entre 1985 et 1988. Actuellement, il n'existe presque plus rien. Les associations culturelles ont été dé mantelées, et dans la gauche en général, la déception et la désillusion règnent.

Le mouvement des femmes est quasi-inexistant aujourd'hui et les trois associations de droits de l'homme ne font plus rien dans ce domaine. Les associations de femmes font surtout de l'information, elles n'ont plus d'assise dans les quartiers, et les clivages politiques entre organisations prennent en général le pas sur leurs activités de masse.

Janvier 1990 Propos recueillis par Erdal Tan et Luiza Maria

6) En juin 1981, Casablanca connaît des émeutes populaires et une grève générale contre l'augmentation des prix. Bilan officiel : 66 morts, des centaines de blessés et plus de 2 000 arrestations. En janvier 1984, c'est au tour du nord du pays de connaitre des soulèvements contre l'inflation : 29 morts, 124 blessés, et de nombreuses arrestations.

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