Le 26 mai 1990, José Manuel Sevillano, militant du Groupe de résistance antifasciste du Premier octobre (GRAPO), est mort dans un hôpital de
Madrid, après 176 jours de grève de la faim. Les ré flexes démocratiques et l'élémentaire solidarité face à la souffrance humaine ont été étouffés avec une efficacité qui donne le frisson. Les manifestations de protestation ont seulement mobilisé quelques centaines de personnes dans différentes villes.
L'opération d'extermination peut ainsi se poursuivre sur les quarante grévistes de la faim qui continuent à résister, sur les onze qui reçoivent une alimentation forcée, sur les deux qui ont dû être attachés à leur lit... La torture risque de se poursuivre si aucune réaction de protestation n'apparaît. Mais la solidarité ne sera pas facile, à cause du faible appui social des GRAPO, de l'anémie démocratique et du chantage anti-terroriste habilement mené par le gouvernement. Mais il faut essayer !
La grève a commencé à l'été 1989, en réponse à la décision du ministre de la Justice de disperser les prisonniers des organisations armées
(plus de 600, dont près de 500 de l'ETA) en prétendant "protéger" ceux qui voudraient "se repentir". En réalité, il s'agissait de rompre la résistance des prisonniers. Il y a eu cependant des réactions de protestations, surtout en Euskadi. Les militants du
GRAPO incarcérés ont décidé de se battre en mettant en jeu leur vie, pour éveiller une réaction populaire de solidarité, ou peut-être comme manifestation extrême de leur volonté de résister. Il faut exprimer notre respect et notre solidarité avec ceux qui défendent ainsi leurs convictions. *