Inprecor 1974–2004

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GOLFE

Troupes impérialistes hors du Golfe !

· Inprecor n° 314, 14 septembre 1990 · p. 36 · 1 020 mots

Golfe et Irak

LE DEPLOIEMENT en cours de forces impérialistes dans la région du Golfe arabo-persique et à ses abords a déjà atteint un niveau inégalé depuis la guerre d'agression américaine en Indochine. Cette formidable machine de guerre multi-impérialiste se prépare à passer du stade du blocus à celui de l'agression directe contre l'Irak. Les bellicistes de Washington, Londres, Paris ou ailleurs multiplient allégrement les menaces guerrières les plus sinistres. On croyait révolu le temps où un John Foster Dulles pouvait suggérer l'utilisation de l'arme atomique au Viêt-nam. Il n'en est rien. La débâcle actuelle du stalinisme, en paralysant dans une large mesure la force dissuasive de l'Union soviétique, laisse libre cours aux audaces des va-t-en-guerre de l'impérialisme américain et de ses partenaires. Parallèlement, l'enjeu est la réorganisation du système militaire impérialiste, l'avenir de l'OTAN et celui d'une éventuelle "défense" européenne intégrée et autonome. Les EtatsUnis cherchent à illustrer leur point de vue dans ce débat.

KIEN ne saurait, par ailleurs, justifier la complicité avec l'impérialisme dont ont fait preuve dans ce conflit les bureaucrates de Moscou et de Pékin. Quelles que soient les limites établies par la "légalité internationale" dont se parent, puisqu'elle est à leur disposition, les ford'intervention impérialistes, n'échappe à personne que la concentration de troupes américaines, avec la panoplie impressionnante des dernières trouvailles de la technologie destructrice à l'ère de la guerre électronique, est de nature offensive. Les faucons impérialistes ne cachent pas leur objectif véritable : l'écrasement de la puissance militaire irakienne, qui ne saurait s'accommoder de solutions de compromis.

LEURS MOTIVATIONS sont multiples. L'impérialisme démontre, à l'intention du monde entier, qu'il ne saurait tolérer l'émergence de puissances régionales aux ambitions contradictoires avec les intérêts impérialistes : ce que les grandes puissances se permettent avec aisance, quotidiennement — l'occupation, l'annexion, la violation des résolutions de l'ONU, etc. — est strictement interdit à

GOLFE

Voici la déclaration adoptée par le bureau du Secrétariat unifié de la IVe Internationale sur les événements du Golfe.

Bureau du SU ceux qui ne sont pas membres de leur club. En ce moment où l'empire américain se sent plus maître du monde que jamais, il entend faire respecter son hégémonie militaire de la manière la plus brutale et la plus péremptoire.

IL LE FAIT avec d'autant plus d'ardeur dans le conflit en cours qu'il y va de la protection de ses clients privilégiés, les magnats du pétrole du Golfe, ces monarchies dont l'existence et le maintien sont dûs à l'impérialisme mondial. Les milliards de dollars de revenus pétroliers perçus par ces régimes, les plus pourris et les plus anachroniques de la planète, sont détournés de la satisfaction des immenses besoins des populations arabes, dont la grande majorité s'enfonce, comme le reste du tiers monde, dans la misère et la dé tresse. De la manière la plus scandaleuse et la plus révoltante, ces milliards sont déposés ou investis dans les économies impérialistes. Ils sont, du même coup, mis hors de portée de toute subversion dans les régions pétrolifères. A l'heure où le capitalisme mondial est confronté à l'amorce d'une nouvelle récession, ces sources de capitaux lui sont plus précieuses que jamais.

LE CONFLIT en cours est d'ailleurs venu à point nommé fournir une explication facile aux impérialistes et à tous leurs clients face à la crise économique qui commence à se développer. Une fois de plus, les exportateurs de pétrole, les Arabes en particulier, sont désignés comme source de tous les maux à l'opinion publique. Ce faisant, on essaye de masquer le fait que les signes avant-coureurs de la récession sont apparus avant la nouvelle crise du Golfe et que le "nouveau choc pétrolier" est considérablement exagéré, étant données les limites relativement modestes, jusqu'à présent, de la hausse récente des prix du pétrole. Par cet effort d'intoxication des travailleurs, sur fond de tambours guerriers et de discours épiques évoquant la guerre contre Hitler, il s'agit de justifier les mesures d'austérité à leurs dépens, exception faite, en ce domaine, pour les budgets militaires.

LE COMBLE dans cette affaire, c'est que le régime de Saddam Hussein est ce qu'il est, largement grâce à ceux qui aujourd'hui y voient le nouvel Hitler et qui, hier encore, le traitaient en allié. La dictature féroce au pouvoir en Irak a été encouragée par les impérialistes dans son entreprise démentielle contre l'Iran. Ce n'est que grâce au soutien des impérialistes — la France au premier chef —, de l'URSS et des magnats pétroliers du Golfe que l'Irak a pu résister à la poussée iranienne nord la geme et à partir de 1982 et sortir de la guerre avec une dictature indemne et une armée démesurément puissante. Ceux qui déploient leurs troupes pour l'émir du Koweit, où étaient-ils quand le peuple kurde d'Irak subissait la guerre d'extermination menée par Saddam Hussein aux gaz mortels ?

LA GUERRE que se livrent le bourreau de Bagdad et le potentat du Koweit, soutenu par la monarchie saoudienne, l'Etat le plus réactionnaire du monde, et par les régimes arabes à la solde de ses derniers et de l'impérialisme — tels le régime égyptien récompensé avec largesse —, cette guerre, les travailleurs arabes et ceux du monde entier n'y ont rien à gagner. Ils doivent refuser de servir de chair à canon, aussi bien pour les ambitions de Saddam Hussein que pour les intérêts de ses adversaires.

PAR CONTRE, face à l'intervention impérialiste, les travailleurs de la région et du monde ne sauraient rester neutres. Leur intérêt est résolument, d'abord le retrait des forces impérialistes pour empêcher un carnage dont l'ensemble des populations du monde payeront le prix sous une forme ou une autre. Ensuite, en cas d'affrontement, la défaite de l'impérialisme pour le dissuader de poursuivre sa politique d'agression contre les peuples du tiers monde.

LES REVOLUTIONNAIRES doivent se mobiliser d'urgence et intensément pour :

• le retrait immédiat des forces impérialistes de la région du Golfe ;

• la cessation du blocus imposé à l'Irak et la libération de ses avoirs à l'étranger ;

• le refus de tous les frais d'intervention militaire et l'annulation immédiate des dépenses d'armement et des mesures d'austérité anti-populaires.

6 septembre 1990

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