Après les premiers envois de troupes et de matériel effectués au mois d'août par le gouvernement français, plus de 4000 tonnes d'équipements de guerre (notamment des blindés) partent depuis le 20 septembre du port de Toulon.
Mais ces départs ont été pertubés par une grève des marins du principal syndicat français (CGT — Confédération générale du travail) dont la majorité de la direction est proche du Parti communiste français. Les marins ont posé "sac-à-terre" pour condamner « la requisition de neuf navires civils et de leur équipage pour la guerre ».
La fédération nationale des ports et docks CGT « condamne la décision d'utiliser des navires marchands et de réquisitionner les marins de commerce à des fins militaires. Elle appelle l'ensemble des travailleurs portuaires à refuser de s'installer dans les choix dictés par une logique de guerre ». La CGT a notamment déclaré : « Dans l'affaire du Golfe persique, la situation ne justifie ni le surarmement de cette région, ni la réquisition de navires civils et de leurs équipages.»
Quant aux marins corses affiliés au syndicat indépendant nationaliste Syndicat des travailleurs corses (STC) ils ont bloqué pendant 4 heures l'appareillage en direction de Marseille d'un car ferry corse sur le port de Bastia. Ils exigent des primes de risques de 1 224 francs par jour.
Ces réactions et les prises de positions de la CGT sont les premières de secteurs significatifs du mouvement ouvrier contre la "logique de guerre" prônée par François Mitterrand. Néanmoins, le PCF come la CGT continue de faire des équilibrismes en exigeant encore l'application des résolutions de l'ONU (donc celles con-
En outre, plus de 2 000 personnes ont manifesté, le 18 septembre, à Paris, contre la "logique de guerre" et l'union sacrée autour de la guerre et de l'austérité ; et pour le retrait des troupes impérialistes du Golfe. La Ligue commurévolutionnaire (LCR -section française de la IVe Internationale), Lutte ouvrière, la Fédération anarchiste, l'Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL), ainsi que des associations kurdes et algériennes formaient le gros du cortège. Une démonstration qui pour être encore modeste, prouve qu'il existe une capacité de mobilisation et de réaction. *