AU RWANDA (comme au Gabon, en mai 1990) (1), une fois encore, il ne s'agit pas pour les troupes françaises et belges d'une simple mission humanitaire. Jamais, la vie des ressortissants n'a été menacée. Si tel avait été le cas, il aurait suffit de leur conseiller de rentrer, et d'envoyer des avions pour les rapatrier. Mais le premier avion belge qui a décollé pour Kigali, le 3 octobre 1990, était bourré d'armes pour le régime, et il est revenu à vide. Selon un porte-parole du Front patriotique national, qui aurait mené cette attaque, les « étrangers ne courent aucun danger. Il s'agit de régler un problème intérieur rwandais », c'est-à-dire le retour au Rwanda de dizaines de milliers de réfugiés d'origine tutsie qui se trouvent actuellement en Ouganda (2).
Il existe trois ethnies différentes au Rwanda: les Hutus (90 %), les Tutsis (9 %) et les Twas (1 %). Arrivé au pouvoir en 1973, à la faveur d'un coup d'Etat militaire, le général Habyarimana (Hutu) règne en maître sur un régime de parti unique.
La question des rapports entre ethnies au Rwanda plonge ses racines dans plusieurs siècles de domination féodale tutsie, alors qu'au contraire, les Hutus, ethnie du président de l'Etat rwandais, auraient plutôt été favorisés pendant la période coloniale.
Les plaies coloniales
Mais, le conflit n'est plus purement ethnique. Aujourd'hui, les vieux antagonismes expriment de façon déformée des tensions sociales croissantes qui sont le produit de l'exploitation coloniale et néocoloniale. Celles-ci sont l'expression d'un mode de gestion des affaires publiques (clientélisme et corruption) qui sert généralement les intérêts des puissances étrangères omniprésentes sur place.
Le Rwanda est pris dans l'étau d'une triple difficulté : la croissance démographique, la dette extérieure et l'insuffisance de la production alimentaire. Le Rwanda est écrasé par sa dette, et sa vulnérabilité économique causée par la monoculture du café ; la chute du cours de ce
IN preCOR
RWANDA
Le 1er octobre 1990, des "forces rebelles" venues de l'Ouganda voisin se sont introduites au Rwanda, parvenant même jusqu'à Kigali, la capitale du pays.
Ancien protectorat de la Belgique, après la Première
Guerre mondiale, le Rwanda compte plus de
1 600 ressortissants belges et 650 français.
Sous prétexte « d'assurer leur sécurité », les gouvernements de ces deux pays ont dépêché sur place des centaines de militaires et de parachutistes.
Claude DEVILLIERS produit sur le marché mondial n'a fait que renforcer la faiblesse dont souffrent beaucoup de pays du tiers monde.
ment tendue, qui ne peut que s'aggraver très rapidement.
plé du au Km Continent africain : 266 habitants
. C'est un chiffre très un pays où la population rurale
93 % du total, où pratiquement terre arable est utilisée et gừ croissance démographique par an. Les Rwandais étaient 3,4 millions en 1982 ; ils devraient être 10,2 millions en l'an 2 000.
Comme une grande partie de duction agricole est basée sur la pet ploitation familiale, l'ensembl données débouche sur un mo croissant. Il y a dix ans, l'obje d"un hectare par famille". Auj la taille moyenne des lopins est et la population agricole sur un terre arable est, en sonnes.
C'est sur cette l'endettement. La de plosé ces quinze der celle de tous les pay millions de dollars en 1976, 456 millions de dollars en 1986 (22 % du Produit national brut, PNB). Le service de la dette se monte à 28 millions de dollars (3).
ne sont liés, officiellement, par aucun accord de défense. On sait simplement qu'au titre de la coopération, des militaires travaillaient au Rwanda, surtout dans le domaine logistique. La presse internationale ne fait, d'ailleurs, aucun mysfondrer.
Il en résulte une situation extrême-
C'est le pays le plus densément peuest de pro contest.
de 5.2 yennes reff lences inées, comme provoqu tiers monde : 49 du gouv tout
Af
La France, la Belgique et le Rwanda
Wilfried Martens, Premier ministre belge reconnaît, à contrecœur, que le contingent belge « procure un certain avantage aux forces rwandaises », même si son gouvernement n'a pas pris en compte la demande du président rwandais qui souhaitait que les forces armées belges s'interposent directement entre ses troupes et ses adversaires. De plus, un accord de défense mutuel entre le Zaïre et le Rwanda a permis à l'armée zaïroise de venir en "aide"
à l'armée rwandaise. Faut-il croire naïvement que les responsables militaires français et belges, sur place, n'ont donné aucun conseil ni fourni aucune aide aux troupes rwandaise et zaïroise ?
Complicité d'assassinat
En réalité, les gouvernements belge et français sont ainsi complices d'assassinat.
Les nombreux témoignages recueillis par voyés de la presse internationale ne em aucun doute là-dessus : un bain ang est perpétré au Rwanda. Aucune ne fait état d'exactions commises armée rebelle" (au contraire : un ofodais dit qu'elle est « disci-
Nelle « paye tout ce qu'elle e, la dictature du président la massacre des civils tutsis, y
's femmes et des enfants, tire
: la guerre pour réprimer toute de quelque ethnie qu'elle émane, et profite de la situation pour récomptes au sein même de l'appa-
Ltat et du parti unique — contrôlés
-, en attisant les conflits otus
Belgique, la révélation des viorées par l'armée rwandaise out azimut ont finalement les remous au sein même
En France, la presse, es intérêts français en
Tort discrète sur l'évolution de la situation au Rwanda. Encore une belle occasion pour les socialistes français au pouvoir de montrer leur libre interprétation des "droits de l'homme". *
19 octobre 1990
1) Voir Inprecorn°310 du ter juin 1990.
2) Le Monde du 6 octobre 1990.
3) Ces données, ainsi que les informations concernant la presse belge, sont extraites du joumal de la section belge de la
IVe Internationale, La Gauche.