• France
Voici de larges extraits du premier appel de femmes et de féministes contre la guerre :
« Nous refusons tout ordre fondé sur l'injustice, le pouvoir, la violence et l'exploitation. Que ce soit dans la famille, au travail, dans l'Etat ou dans les relations internationales. Que ce soit dans la vie quotidienne ou dans la vie politique. Dans cette guerre, nous refusons d'être le "repos du guerrier", d'enfanter de la chair à canon, de remonter le moral des troupes et de participer à la boucherie. Nous refusons d'être embrigadées pour des causes qui ne servent en rien l'émancipation des peuples ni des femmes.
« La guerre nourrit les intégristes de tous bords. La guerre, c'est la violence et l'injustice légitimées, institutionnalisées et généralisées :
• Etat espagnol
Voici des extraits de la plateforme des femmes contre la guerre, qui s'est mise en place dans l'Etat espagnol :
« La fameuse guerre du Golfe passera du blocus au massacre. Est-ce là l'unique solution au conflit en cours ? La vérité c'est qu'il s'agit de démagogie et de rhétorique pour préparer la conscience des peuples afin qu'ils fassent "sienne" une guerre aux conséquences imprévisibles pour l'humanité. Une guerre qui, suivant les stratèges, sera courte mais dévastatrice.
» Nous autres, femmes, nous voulons nous associer à la dénonciation de cette guerre : dans le conflit du Golfe, contrairement à ce qu'on entend, les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux défendent uniquement les intérêts économiques des grandes multinationales du pétrole et l'industrie de l'armement - trouve ainsi un nouveau marché.
» Les flottes ne se déplacent pas pour sauver les idéaux démocratiques, mais pour l'hégémonie
FEMMES
- ici l'atteinte à la liberté d'expression, la montée des racismes, les mesures économiques et sociales qui aggravent les inégalités et les exclusions ;
- là-bas, les destructions, les victimes innombrables: enfants, femmes et hommes, civiles et militaires, personnes de toutes nationalités et de toutes origines, et le viol systématique des femmes dans les territoires "conquis"
» Nous appelons les femmes à s'informer, à s'organiser, à agir et à prendre la parole partout contre toutes formes que prend celte guerre.
» Nous n'avons pas décidé cette guerre, refusons de collaborer ! » * du pouvoir, aujourd'hui pour contrôler le pétrole et demain pour n'importe quel autre de leurs intérêts en danger. Les pays dominants veulent non seulement le monopole de la richesse, être les arbitres de la guerre et de la paix, mais ils s'attribuent aussi celui de la culture et de la démocratie. Nous autres, femmes, nous connaissons et subissons les valeurs de cette culture hégémonique.
» L'humanité est menacée par une guerre qui ne sera jamais la sienne. Ce n'est pas non plus celle des femmes! » *
• Tunisie Une centaine de femmes tunisiennes ont lancé un appel à la population en Occident, dont nous reproduisons ici de larges extraits:
« En cette fin de siècle, qui aura vu les hommes modifier leur destin par une conquête de la nature, un accroissement des connaissances et une grande aspiration à la liberté, fallait-il qu'un guerre éclatât avec un tel déploiement d'instruments meurtriers, pour faire renaître chez les hommes le sentiment de la fragilité de cet édifice et des règles juridiques et morales qu'ils ont élaborées pour sauvegarder leur existence et se prémunir contre la bar-
» C'est parce que nous demeurons profondément attachées à la paix, à la justice et à la seule voix du dialogue pour régler les conflits, que nous sommes contre cette guerre. C'est parce que nous pensons que les chemins de la paix restent, entre les cultures, les seuls intéressants à explorer que nous sommes pour l'arrêt immédiat des hostilités. » Pour nous, femmes arabes, qui avons opté pour la construction de la démocratie, qui sommes engagées dans le • Argentine Les Mères de la place de Mai ont signé un appel contre l'engagement du gouvernement argentin dans la guerre du Golfe, le 18 septembre 1990:
« Nous, les Mères, condamnons tout acte d'occupation du territoire d'un autre pays. Notre lutte se base sur la libre détermination des peuples.
» Nous ne pouvons que condamner les ingérences des pays 4 qui, sous prétexte de défendre la paix, occultent leurs intérêts mesquins politiques et économiques.
» En conséquence, nous n'acceptons pas l'envoi des forces armées argentines dans le Golfe persique :
1- parce que c'est une affaire que doivent régler les pays arabes, combat pour la citoyenneté, les droits de l'homme et de l'égalité des sexes, cette guerre est une lourde menace et une lourde hypothèque sur l'avenir. Elle attise la haine et nourrit les malentendus. Elle renforce les voix de l'exclusion et du racisme.
» C'est parce que nous savons que les sentiments de solidarité humaine existent chez nous, comme chez vous, que nous faisons appel à vous dans l'espoir de faire arrêter ensemble cette guerre. C'est parce que nous pensons que, comme nous, vous n'admettez pas qu'au nom d'un "droit international", demeuré trop souvent lettre morte, et au nom d'un organisme trop souvent impuissant, on puisse se permettre d'écraser sous les bombes un peuple innocent, de déson infrastructure socioéconomique, et de détruire sur sa terre les expressions les plus riches d'une civilisation millénaire.
» Nous continuons à penser, quant à nous, que le seul combat qui vaille d'être mené est celui qui vise à consolider les droits de l'homme et des peuples, à développer le dialogue et l'échange, l'attachement à la justice ainsi qu'au respect de l'autre dans son irréductible humanité. Ces valeurs, que nous voulons sauvegarder et ces vies humaines, que nous voulons épargner ne peuvent que conduire à associer vos voix et les nôtres pour la paix. » * sans intervention étrangère, comme celle des Etats-Unis et l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) au moment de l'invasion des Malouines ;
2- parce qu'aux forces armées argentines n'est réservée qu'une seule place dans l'histoire de l'humanité : la prison. Elles sont inhabilitées à défendre quoi que se soit, parce qu'elles sont responsables du génocide argentin ;
3- parce que nous sommes un pays qui souffre de la faim, par la faute de ces mêmes forces armées et des politiciens sans scrupules qui pactisent avec elles. » *