Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

MALI

Répétition générale

· Inprecor n° 331, 24 mai 1991 · p. 27 · 599 mots

SEBHISHONNARAISISIA

PEUX PAS

('"'anarchie" de la rue l'obligeait à se plier à ses exigences.

d'une partie importante de la population.

laires, I'"'anarchie"

sentiellement par les secteurs marginaux, très pauvres.

aussi, été touché (il n'y a presque plus d'archives, par exemple).

temps d'hésitation et sous la pression populaire.

populaires. *

MALI

Répétition générale Au pouvoir depuis 1968, le général Moussa Traoré est tombé, le 25 mars 1991, sous la forte pression du mouvement populaire et démocratique qui secoue le Mali depuis plus d'un an. Comme tous les dietateurs, il a d'abord réprimé fortement les mobilisations populaires, faisant plus de 300 morts, en grande partie des jeunes et des enfants. En fait, on a assisté au Mali à une "répétition générale" du processus de démocratisation en cours en Afrique depuis deux ans : « Je ne démissionne pas. Je suis l'élu du peuple et non de la seule opposition. L'armée m'est fidèle », tragique erreur d'appréciation d'un des derniers généraux-présidents de l'Afrique francophone ! Prononcées quelques semaines avant sa chute, ces phrases, comme l'assurance de ceux qui se considéraient jusqu'à présent intouchables, grâce à l'armée et à un système de corruption éprouvé depuis de longues années et favorisé par les anciens pays coloniaux, sont grotesques. Avant lui, Omar Bongo, président du Gabon, devant l'insurrection populaire de la faim de Port-Gentil, affirmait qu'il préférait « l'injustice à l'anarchie ». Un mois plus tard,

D'un point de vue économique, le Mali n'est pas le Gabon. Classé parmi les pays les moins avancés (PMA), le Produit national brut (PNB) par habitant est de 230 dollars ; la dette extérieure de 900 milliards de francs Cfa (1 franc Cfa équivaut à 0,02 franc français) ; et l'économie est totalement ravagée. Les salaires des fonctionnaires, notamment des enseignants, sont payés de façon irrégulière ; le salaire minimum est de 15 000 Frs Cfa, et la famine est devenue le lot

Malgré la mise sous perfusion de l'économie malienne par la France, notamment pour leur permettre de payer des arriérés de sasociale s'était installée à Bamako et dans les

Comme dans d'autres pays du tiers monde, soumis à des régimes dictatoriaux, où la formation sociale est retardataire, le mouvement ouvrier structuré reste très minoritaire. Dans la plupart des cas, les mobilisations démocratiques ont souvent été très fortes, portées es-

Laissés pour compte, de tels secteurs explosent de façon souvent violente pendant les périodes de crise et prennent pour cible ce dont ils sont exclus : la société de consommation, donnant lieu à de véritables scènes de pillages, hypocritement déplorées par les dirigeants et les médias. Selon le ministre malien du Plan et de la Coopération, Bakary Mariko, les dégâts des émeutes sont estimés à 22 milliards de Frs Cfa (440 millions de francs français) et l'outil de production a, lui

Les syndicats, traditionnellement liés au parti unique au pouvoir, ont été contraints de prendre position dans ses mobilisations, après un

Depuis deux ans, maintenant, et sous la pression de la mobilisation populaire, se tiennent des conférences nationales de toutes les organisations et associations politiques du pays, mais qui ont peu de résultats concrets ; même s'il ne s'agit pas de les rejeter par principe. Ce serait une erreur de croire qu'elles résoudront tous les problèmes. Mais, elles permettent aussi à l'impérialisme de créer les conditions propices d'investissement et d'exploitation par la caution populaire dont elles bénéficient provisoirement. En favorisant une redistribution des cartes politiques, par l'entrée au gouvernement d'hommes nouveaux, elles sécurisent les bailleurs de fonds, créent les conditions d'émergence d'organisations de masses indépendantes, et de partis

A madou Guiro Dakar, 15 avril 1991 = 27

Une erreur sur cette page ?