Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

UNION SOVIETIQUE

Gorbatchev et Eltsine sont dans un bateau...

· Inprecor n° 333, 21 juin 1991 · p. 3-5 · 3 141 mots

URSS et Russie Syndicalisme Stalinisme

Eltsine et Gorbatchev sont dans un bateau...

BORIS ELTSINE - ancien patron du Parti communiste d'Union soviétique

(PCUS) à Sverdlosk et

Moscou, devenu le pion des démocrates libéraux — a enfin réussi à être couronné, en obtenant plus de 58 % des voix lors de la première élection présidentielle de l'histoire de la fédération de Russie, le 12 juin

1991. Ce poste avait été spécialement créé pour lui par le Congrès des députés du peuple russe, afin de lui permettre d'avancer dans la mise en place d'importantes réformes libérales.

L'ancien Premier ministre, Nikolaï

Ryjkov, soutenu par le Parti communiste russe et le complexe militaro-industriel, ne constituait pas un adversaire inquiétant pour Eltsine à cause de son échec total en tant que chef du gouverne-

1985 ment, el de ses liens l'appareil du avec

PCUS, méprisé par la majorité de la population. Les autres candidats n'avaient pas davantage de chances de l'emporter :

Vadim

Bakatine, gorbatchévien sans imagination;

Vladimir

Jirinovski, dirigeant populiste de l'insignifiant Parti libéral ; Aman-Gueldi Touleev, dirigeant du soviet de Kemerovo dans le Kouzbass, qui a tenté de jouer la carte de l'autodétermination régionale dans un contexte libéral ; et le sinistre Albert Makanov, commandant de la région militaire Volga-

Oural, qui a joué sur l'antisémitisme et sur la loi et l'ordre.

En l'absence d'une réelle compétition, Eltsine n'a pas eu à faire de grands efforts durant la campagne électorale, qui s'est caractérisée par un ton modéré et l'absence de manifestations de masse.

Eltsine a renforcé l'aspect conciliateur de sa campagne en choisissant comme vice- président Alexandre Routskoï, colonel de l'armée soviétique et dirigeant de la fraction modérée du PCUS au Parlement russe (les communistes pour la démocratie).

= Inprecor n° 333 du 21 juin au 4 juillet 1991 le Parti démocratique russe, le Parti répuont soutenu sa candidature.

suffi à Eltsine et à ses deux lieutenants de

Moscou et de Léningrad, Gavril

Popov et Anatoli Sobtchak, pour l'emporter haut la main, ce qui démontre qu'Eltsine garde encore son statut de symbole du changement et de l'opposition à l'ancien appareil, même si sa base réelle est probablement en train de diminuer. Mais ce scrutin a aussi montré la paralysie politique du PCUS, qui n'a réussi à présenter que des candidats peu convainquants.

Quant à la gauche, elle a eu beaucoup de mal à participer à la course, à cause de sa faiblesse numérique et politi-

L'élection de Boris Eltsine à la présidence de la Fédération de

Russie créé quasiment une situation de double pouvoir au sommet del'Etat soviétique, comme l'illustre sa tournée officielle aux

Etats-Unis, une semaine après le scrutin. Sur le plan économique, les choses ne sont pas plus claires : en réponse au plan anticrise du

Premier ministre conservateur Pavlov, le jeune économiste libéral

Grégori lavlinski, de retour des Etats-Unis, ramène un plan concocté avec des économistes d'Harvard, prévoyant des privatisations sur une large échelle dès 1992, et la restructuration capitaliste définitive de l'économie pour 1997.

Poul-Funder LARSEN

Une fois de plus, Eltsine s'est posé, avec un certain succès, en pôle de ralliement gauche.

national: essayant de jouer sur le sentiment national et religieux, il a promis de restaurer les droits de propriété de l'Eglise orthodoxe, et d'octroyer des avantages particuliers à plusieurs régions de Russie

(ainsi, Léningrad deviendrait une "zone franche économique"). Cela lui a assuré le soutien de pratiquement tous les courants sociaux-démocrates et libéraux ; le mouvement Russie démocratique, blicain et le Parti social-démocrate russe

Finalement, cette approche modérée a que, et des critères très stricts à remplir pour présenter des candidats — ainsi, pour se présenter à l'élection présidentielle, il fallait avoir obtenu 100 000 signatures. Il n'y a eu aucune tentative pour présenter candidat de un gauche à l'élection présidentielle, mais la gauche de

Moscou avait réussi à recueillir suffisamment de signatures pour présenter la candidature de la député du peuple Tatiana Kortchagina à la mairie — avec

Alexandre Popov du Parti socialiste. Mais les règles non démocratiques, édictées par

Eltsine quand il dirigeait le Soviet suprême de Russie, ont finalement empêché la candidature des représentants de la

L'union par la force

Ces élections relativement calmes ont suivi de nouvelles tentatives pour trouver un consensus entre les principales fractions de la bureaucratie — processus qui a gagné en crédibilité après la publication d'un accord entre le centre et neuf républiques, le 23 avril 1991. Ce document, baptisé « Déclaration des 9 + 1 », prévoit une mise en place rapide du nouveau traité de l'Union, suivie d'une nouvelle

Constitution et d'élections du Soviet suprême et de la présidence de l'Union.

De fait, l'accord reconnaît pour la première aux républiques le droit de quitter l'Union, mais cette clause est assortie d'une menace voilée de blocus économique :

« Les principaux dirigeants des républiques de l'Union participant à la rencontre, tout en reconnaissant le droit de la Lettonie, de la Lituanie, de l'Estonie, de la Moldavie, de la Géorgie et de l'Arménie à décider de manière indépendante de leur adhésion ou non au traité de l'Union, ont considéré dans le même temps qu'il était nécessaire de favoriser davantage les républiques signataires

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dudit traité, dans le cadre de l'espace économique qu'elles forment » (1).

L'accord contient également une série de mesures tendant à renforcer le contrôle central et à arrêter la vague de grèves déclenchée par la lutte des mineurs : « Les participants à la rencontre se sont prononcés en faveur de l'introduction d'un régime de travail spécial dans les branches essentielles de l'industrie, dans les entreprises qui fabriquent des biens de consommation et dans les chemins de fer » et « les di- 1987 rigeants de l'Union et des républiques jugent intolérable toute tentative visant à atteindre des objectifs politiques par l'incitation à la désobéissance civile, les grèves ou les appels au renversement des organes de pouvoir de l'Etat légalement élus » (2). Cela a été concrétisé par une "oukase" présidentielle de Gorbatchev, le 16 mars 1991, qui décrète l'interdiction des grèves dans les secteurs clés de l'industrie jusqu'à la fin de l'année.

Grandes manœuvres

Après la signature de l'accord, des rumeurs sur l'existence de "protocoles secrets" se sont multipliées : de plus grandes concessions aux républiques auraient été faites - par exemple que les lois des républiques priment sur celles de l'Union dans de nombreux domaines ; ou que les républiques soient la force motrice de la transition vers l'économie de marché. alors que le centre agirait comme simple régulateur (3). En tout cas, cet accord a provoqué une colère considérable parmi les partisans d'Eltsine — surtout dans le mouvement ouvrier, où beaucoup se sont sentis trahis par la tentative du sommet de mettre fin aux grèves. Après le 10 mai 1991, tous les mineurs grévistes ont repris le travail, tout en menaçant de recommencer leur action si leurs revendications n'étaient pas satisfaites à la mi-juillet (4).

L'accord a également été critiqué par les ultra-libéraux de Russie démocratique, qui y ont vu un succès de Gorbatchev : « Il ne s'agit pas d'un simple compromis entre la bureaucratie du PCUS et les démocrates, ni même d'un compromis entre deux dirigeants. C'est un accord mutuel sur l'instauration d'un certain type de réformes, c'est un accord sur une variante communiste de réforme de la société. Dans les circonstances actuelles, cela mène à la réforme de Pavlov dans le domaine économique (privatisation partielle des industries travaillant pour le marché de la consommation, alors que gouvernement garde le contrôle de l'industrie lourde) et la signature d'un traité de l'Union entre les républiques où les communistes sont au pouvoir » (5).

Le projet des « 9 + 1 »

Le document des « 9 + 1 » est intimement lié à la recherche d'un programme d'issue à la crise qui puisse unir les deux principaux courants de la bureaucratie. Un projet de programme économique libéral (en remplacement du plan quinquennal) a été présenté au Soviet suprême le 24 avril 1991. Il a été critiqué par les partisans d'Eltsine, retravaillé pour répondre aux demandes des républiques puis lancé à la mi-mai avec l'accord de toutes les républiques, sauf la Géorgie. Les privatisations massives constituent la colonne vertébrale de ce plan anticrise; elles auront lieu dans un premier temps dans le commerce, les services et l'industrie légère, puis seront suivies par la transformation des grandes entreprises en compagnies par actions. Cela implique une restructuration radicale de tout

1989 le système de régulation économique de la société. Le nombre de ministères et de comités d'Etat a été réduit à 47, et trois des principaux piliers du système de planification bureaucratique - les comités d'Etat pour la Planification (Gosplan), les Livraisons de matériel et de technologie (Gossnab) et les

Par cain de reine de.

prix (Gostkomsen) - ont été ces comités seront désormais remplies par le nouveau ministère de l'Economie et de la Prévision économique, dirigé par Vladimir Chtchebakov, un apparatchik "moderniste" de la génération des économistes libéraux Grégori lavlinski et Nikolaï Petrakov.

En partant aux Etats-Unis pour négocier l'aide occidentale au programme anticrise, Chtchebakov a dressé un sinistre tableau de l'état de l'économie soviétique : « Durant les quatre derniers mois, le revenu national a perdu 10 %. La production dans les secteurs de base de l'industrie (pétrole, gaz, charbon, métallurgie) a chuté de 5 à 10 %, la production agricole de 12 %, et la production de biens de consommation de 7 %. La situation de l'industrie légère est désastreuse. Dans le même temps, le revenu monétaire de la population a augmenté de 12 à 20 %, entraînant une hausse de l'inflation. Si nous n'intervenons pas de manière ferme, le revenu national chutera de 22 % et il y aura 20 millions de chômeurs à la fin de l'année » (6). Ce discours a évidement pour objet de solliciter une aide occidentale importante, que les principaux courants de la bureaucratie envisagent de plus en plus comme la seule possibilité d'appliquer une réforme de marché radicale.

Mais, pour l'instant, l'intérêt porté à l'URSS par les investisseurs privés occidentaux est limité, et les crédits octroyés par les gouvernements et les institutions internationales du monde impérialiste n'ont aucune commune mesure avec ce qu'espéraient les libéraux. A ce jour, environ 3 000 joint ventures ont été créées en URSS, mais seules 400 d'entre elles fonctionnent réellement et 60 % de leur capital est détenu par les Soviétiques. Le montant total des investissements étranger ne dépasse pas 2 milliards de roubles, soit un peu plus de 1% des investissements globaux de l'économie.

Tout octroi de prêts commerciaux de 1'Occident a cessé et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), qui a fait tant couler d'encre, s'est transformée en véritable déception pour les partisans impatients du marché: durant les trois ans à venir, les projets soviétiques (avant tout dans le secteur privé) ne recevront que l'équivalent de 225 millions de dollars. La BERD portera plutôt ses efforts sur l'Europe de l'Est, où les conditions d'une réforme de marché sont « plus mûres ». Cependant, les partisans de la réforme de marché essayent de développer davantage de conditions favorables à l'impérialisme, dont le soutien semble essentiel pour permettre au programme anticrise de décoller. Le gouvernement de Valentin Pavlov a accepté que les firmes opérant en URSS puissent appartenir entièrement à des étrangers, qui auront la possibilité de rapatrier leurs profits. Selon les porte-parole du gouvernement, l'étape suivante est la convertibilité interne du rouble en janvier 1992, afin de le rendre entièrement convertible deux ans plus tard

Fin mai 1991, a été lancée une offensive d'envergure sur le plan diplomati-

1) Pravda, 24 avril 1991.

2) Ibid.

3) Kommersant, 22 avril 1991.

4) Voir Inprecorn° 331 du 24 mai 1991.

5) Igor Kliamkin, directeur de la revue Demokratieska Rossia, 17 mai 1991.

6) IAN, 26 mai 1991.

Inprecor n° 333 du 21 juin au 4 juillet 1991 =

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que, sous la direction de l'économiste Grégori lavlinski (co-auteur du plan en 500 jours), proche d'Eltsine, et d'levgueni Primakov, membre du conseil de sécurité de Gorbatchev. Ils ont publié un Appel au Groupe des sept, qui demande une aide économique à grande échelle pour l'URSS en échange d'un programme de réforme libéral supervisé par les pays du Groupe des sept. L'injection de capital qu'envisage la partie soviétique se monterait au moins à 150 milliards de dollars de crédits et d'investissements pour les cinq prochaines années (7). Ce programme pourrait obliger la bureaucratie à faire quelques concessions et devrait fonctionner comme un instrument majeur d'approfondissement du développement capitaliste en URSS.

Cependant, la réaction des centres impérialistes est pour le moins hésitante, cause d'une part du montant, mais également du problème du contrôle : les grandes puissances impérialistes veulent une force pro-capitaliste solide au cœur de la société soviétique et, dans l'état actuel de "vide du pouvoir", Gorbatchev ni Eltsine ne sont capables de jouer ce rôle.

Pour l'instant, des liens bilatéraux ont été noués avec les principales puissances impérialistes, tels le récent accord sur les crédits pour les produits agricoles d'un demi-milliard de dollars avec les EtatsUnis. Pour des raisons politiques, d'autres accords pourraient être conclus lors du sommet du Groupe des sept à Londres, en juillet prochain, en échange de concessions soviétiques en matière de politique internationale (par exemple d'importantes réductions des dépenses et de l'aide pour Cuba) mais la "grande affaire" ne se réalisera probablement pas.

Reste à savoir si l'alliance politique entre Eltsine et Gorbatchev peut survivre aux premières phases de l'application du programme anticrise. Une confrontation entre l'appareil central et l'aile pro-Eltsine de la bureaucratie est probable, sur la question de la politique fiscale par exemple — les partisans d'Eltsine insistent pour que seules les républiques aient le droit de prélever des impôts. En fait, la guerre économique entre le centre et les républiques continue, et de nombreuses entreprises suivent l'exemple des mineurs en adoptant la juridiction de la Russie; mais le centre garde un certain contrôle, entre autres sur l'industrie liée à la défense. Comme un journaliste sceptique l'a demandé à Eltsine : « 70 % du potentiel industriel soviétique est composé d'entre= Inprecor n° 333 du 21 juin au 4 juillet 1991 prises qui jouent un rôle plus ou moins important dans la défense. Est-ce possible, à votre avis, de construire un marché viable avec les 30 % restants ? » (8).

Eltsine sur la corde raide

Eltsine doit aussi manœuvrer avec beaucoup de précautions, à cause des divisions et des contradictions de l'alliance qui est derrière lui. Sa lune de miel avec les travailleurs, après la grève des mineurs, pourrait être de très courte durée s'il ne réussit pas

1990 à donner ce qu'il a promis — il en est de même pour ses rapports avec les nombreuses personnalités minoritaires au sein de la Fédération de Russie qui savent qu'il pourrait jouer la jA! carte du chauvinisme russe.

Mais le principal obstacle à tous les "grands projets" reste la réaction potentielle et la combativité de la classe ouvrière et de la population en général. Le niveau de vie se détériore de plus en plus. Depuis la fin de la grève des mineurs, il y a eu plusieurs émeutes spontanées de consommateurs et des grèves locales, qui avancent des revendications économiques et sociales (9). La principale source de mécontentement est la hausse des prix du 2 avril 1991, qui n'a absolument pas amélioré l'approvisionnement, tout en dimi-

1991 nuant le niveau de vie des ouvriers et des employés de 24% en moyenne par rapport à

1989, malgré les compensations fournies par gouvernement. En le

1990, les comités d'Etat pour le Travail et les

Statistiques avaient fixé le seuil de subsistance à

97 roubles par mois — après l'envol des prix, il a atteint 207 roubles. Mais, même en tenant compte des compensations, les femmes en congé de maternité reçoivent entre 80 et 110 roubles, les étudiants de

120 à 130 roubles et les retraités qui touchent le moins 135 roubles par mois (10).

En réalité, le tableau est encore plus sombre car de nombreux biens et services ne peuvent être obtenus qu'au marché noir ou à des prix "négociés" (libres).

Pour la première fois depuis des décennies, la population soviétique est confrontée à un développement important de la pauvreté et la question du chômage généralisé est discutée librement par les médias. Les libéraux se rendent bien compte du mécontentement des masses et

A quand Dollargrad? En 1813, lors de l'arrivée du roi Ferdinand VIl sur le trône espagnol, après l'intermède napoléonien suivi de la proclamation de la République par les Cortès de Cadix, il fut accueilli par certains Madrilènes aux cris de « Qu'on nous rende nos chaînes »!

Les 54 % d'habitants de Léningrad qui, le 12 juin 1991, ont voté pour que leur ville retrouve le nom qu'elle avait avant la révolution de 1917 - Saint-Pétersbourg - sont sans doute victimes d'une illusion similaire.

S'il est compréhensible, qu'après soixante ans de dévoiement stalinien, le nom de Lénine ait pu devenir synonyme d'oppression en URSS et, sans tomber dans un quelconque fétichisme, ce retour à l'ordre ancien de la Russie tsariste, emprunt de reaction rell gieuse, ne peut qu'inquiéter. Il aurait été plus intéressant d'ouvrir une enquête populaire pour trouver un troisième nom à la "capitale

Mais, plus inquiétante encore est la dérive du président de Géorgie, Zviad Gamsakhurdia, élu le 26 mai 1991 avec 87 % des suffrages de ces compatriotes qui, non content de détenir les pleins pouvoirs, vient de faire adopter par le Parlement de cette république une loi sanctionnant les insultes à sa personne par six ans de prison ! * essayent de voir comment ils vont le contrer. Comme l'a récemment déclaré

Iavlinski: « Toutes les réserves ont été épuisées et la patience de la population est à bout ; bien sûr, on pourrait utiliser la force et tuer tous les opposants, mais cela a échoué dans le passé et c'est peu probable que cela fonctionne aujourd'hui » (11). Ainsi, pour l'instant, le recours la dictature semble inefficace - mais cela peut changer — et les libéraux espèrent que les nouveaux habits de l'empereur Boris suffiront à les maintenir à l'offensive pendant les prochains mois. *

18 juin 1991

7) Bien que cette somme ait été dénommée "la grande affaire", elle ne suffirait pas absolument pas à financer les énormes dépenses liées à une transformation économique en profondeur de la société soviétique. Selon le Guardian du 4 juin 1991, rien que la mise à jour du système de télécommunications coûterait plus de 163 milliards de dollars sur les dix prochaines années.

8) Izvestia, 23 mai 1991.

9) Un incident parlant s'est produit dans la ville de Tchita, en Sibérie orientale, à la fin avril : spontanément, des centaines de personnes furieuses ont bloqué les rues principales, parce qu'il n'y avait plus de lait à vendre depuis six mois.

10) Argumenti i faktin° 16 et 17, avril 1991.

11) Moskovitie Novosti n° 20, mai 1991

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