TUNISIE rrestations et tortures
Selon un rapport de l'organisation des droits de l'homme, Amnesty International, la répression contre les islamistes, accusés le 22 mai 1991 par le pouvoir tunisien de « conspiration visant à s'emparer du pouvoir » a donné lieu à une escalade de tortures et à des mises au secret (voir Inprecor n° 332 du 7 juin 1991).
Au moins 300 membres présumés d'un groupe islamiste ont été arrêtés depuis deux mois ; beaucoup d'entre eux sont restés en prison sans pouvoir consulter ni leur avocat ni leur famille. Depuis quelques mois déjà, la garde à vue qui peut légalement durer dix jours, est devenue illimitée dans le cas des opposants islamistes.
Depuis huit mois au moins, plusieurs centaines de personnes ont été détenues par la police, et pas seulement des islamistes. Elles ont souvent été torturées — certaines dans les locaux même du ministère de l'Intérieur tunisien : brûlées avec des cigarettes, torturées à l'électricité, subissant des sévices sexuels infligés à l'aide de bâtons ou de bouteilles.
Deux prisonniers politiques sont morts en détention en avril et en mai 1991 : Abdelaziz Ben Hamuda Mahuashi, fonctionnaire au Ministère de l'Intérieur et Abdel Laaribi, membre du conseil consultatif du mouvement intégristes Ennahdha, arrêté le 3 mai 1991. *