Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ZAIRE

L'arroseur arrosé

Inprecor n° 337, 27 septembre 1991 · p. 28 · 354 mots

ZAIRE L'arroseur arrosé

Nombre d'observateurs ne manqueront pas de parler de S'il semble bien que les toutes "chaos" à propos de la crise ouverte au Zaire. Il n'y a sans doute pas pire pour un Etat que de voir ses propres troupes, mécontentes de n'être plus payées, envahir les villes et procéder à un pillage en règle - certainement suivies, en cela, par une population fatiguée par la répression, la crise économique et la pénurie. L'Etat zaïrois était, depuis fort longtemps, un lambeau d'Etat; l'autocratie de Mobutu n'a jamais été qu'une caricature de pouvoir. La force brutale et la corruption généralisée ont fait office de méthodes de gou-

IN preCOR

vernement durant vingt-six ans. dernières ressources du régime soient maintenant épuisées, c'est l'extrême faiblesse et la confusion de l'opposition qui, à son tour, alimente le chaos et aucune force sociale et politique ne paraît actuellement capable de remplir le vide.

L'impérialisme le sait pertinemment. La décision d'envoyer une fois de plus des troupes françaises et belges pour « assurer la sécurité des ressortissants étrangers » n'a sans doute plus pour ambition de sauver le régime Mobutu en tant que tel. Le Fonds monétaire international (FMI) a renoncé, depuis longtemps, à négocier quoi que ce soit avec Kinshasa; les principales puissances occidentales ont fait leur deuil de toute réforme structurelle du régime. Paris, Bruxelles et Washington vont maintenant multiplier les communiqués exprimant leur profonde "préoccupation" pour les morts que l'actuelle crise ne manquera pas d'occasionner. Mais de combien de milliers d'assassinats le régime de Mobutu est-il responsable depuis 1965, sous la haute protection de ces amis américains, belges et français — le régiment qui vient de se révolter à Kinshasa était encadré par des officiers français!

Les troupes étrangères vont donc sans doute procéder à l'évacuation d'une partie des 10 000 ressortissants occidentaux Kinshasa — ils sont plusieurs dizaines de milliers dans tout le pays! - qui ont fait tourner la machine, à tous les niveaux, pour les entreprises étrangères, pour leur propre profit et pour celui du régime. Vingt-six ans de complicité, de crimes couverts et protégés par bonnes âmes "démocratiques" de l'Occident. *

Une erreur sur cette page ?