CELA fait presque 40 mois que José Ramon Garcia a disparu : plus de 6 000 lettres et télégrammes de nombreux pays sont arrivés à la présidence de la République pour réclamer sa réapparition en vie. Amnesty International a pris, voilà près d'un an, le cas en main et a déjà fait un film pour dénoncer ce crime ; Americas Watch et le Pen Club des Etats-Unis ont présenté cette affaire comme preuve des violations systématiques des droits démocratiques au
Depuis le premier jour de sa disparition, le PRT a affirmé qu'il s'agissait d'un cas politique, puisque José Ramon était le principal dirigeant du mouvement populaire de sa ville, Cuautla, Morelos, qui s'est s'opposé à la fraude électorale orchestrée par le gouvernement mexicain. Les autorités locales et fédérales ont cherché à cacher leurs responsabilités, émettant même l'hypothèse qu'il s'agissait d'une affaire montée par le PRT pour sa propre publicité !
Trois ans après, ce qui était une certitude pour le PRT fut confirmé par les faits. A la fin de l'année 1991, la Commission des droits de l'homme (CNDH) a déclaré que les recherches effectuées par le procureur spécial n'avaient en fait servi qu'à détourner l'attention des véritables raisons de la disparition. Dans le même temps, on découvrait que plusieurs fonctionnaires ou anciens fonctionnaires de la police de l'Etat de Morelos étaient impliqués dans ce cas, et notamment Antonio Nogueda Carvajal, chef de la police judiciaire de cet Etat au moment de l'enlèvement de José Ramon Garcia, désigné, depuis le début de l'enquête, par le PRT comme coupable pour avoir caché des preuves et fabriqué de fausses hypothèses.
Le mouvement international de solidarité qui s'est développé pour demander la réapparition en vie de José Ramon a conduit le gouvernement mexicain à proposer que le procureur spécial soit remplacé par une personne désignée par le PRT lui-même. Il s'agit, bien sûr, d'une
Une «sale" affaire
José Ramon Garcia Gomez, dirigeant du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT, section mexicaine de la IVe Internationale) dans l'Etat de
Morelos, avait "disparu" le 16 décembre 1988, 15 jours à peine après l'investiture de Carlos Salinas de Gortari à la présidence du Mexique, après les élections les plus frauduleuses de l'histoire du pays. Aujourd'hui, le gouvernement est obligé de continuer l'enquête sur son sort mais il ne se prive apparemment pas d'organiser des "bavures" meurtrières.
Alfonso MORO décision politique des autorités qui cherchent à redorer leur image dans le pays et à l'étranger — il existe 500 cas de prisonniers-disparus politiques au Mexique.
L'enquête rebondit cain, qui peut paraître inimaginable dans d'autres pays, n'est pas le produit d'un système démocratique. Bien au contraire, elle est le résultat de la pression sociale — qu'elle cherche à enrayer — et notamment de la méfiance généralisée de la population vis-àvis de la police et des autorités mexicaines, connues pour leurs méthodes brutales.
persuadé que José Ramon était toujours en vie, décidait d'accepter la désignation de
MEXIQUE
Cette décision du gouvernement mexi-
Garcia Gomez.
Au début du mois de mars 1992, le PRT,
Daniel Estrella, membre de la direction nationale du PRT, comme nouveau procureur spécial. Mais cette organisation a mis toutefois deux conditions : que le procureur spécial ait tous les moyens matériels pour suivre son enquête de façon efficace et correcte, et qu'il ait, ainsi que ses auxiliaires, des garanties suffisantes pour agir en toute autonomie. A partir de là, une série de questions ont commencé à s'éclaircir, et en particulier le rôle des autorités de l'Etat de Morelos, impliquées dès le premier jour dans l'enlèvement de José Ramon Garcia, comme l'ont déclaré certains policiers, aujourd'hui détenus.
C'est dans le cadre de cette enquête, que, vendredi 20 mars, Daniel Estrella et Edgar Sanchez, membre du comité politique du PRT, ainsi que deux agents judiciaires et un membre de la Commission nationale des droits de l'homme se dirigaient, à bord d'un hélicoptère, vers Corral de Piedra pour rencontrer Antonio Nogueda Carvajal, toujours en fuite. Au moment où il s'apprêtait à atterrir, l'hélicoptère s'est écrasé tuant trois passagers - Daniel Estrella et Edgar Sanchez souffrent de multiples fractures.
Les premières informations recueillies dans le village permettent de conclure que l'hélicoptère a été abattu par des coups de feu. Le PRT a exigé la mise en place immédiate d'une commission d'enquête sur les causes de l'accident, en affirmant toutefois que le plus important était l'arrestation de Nogueda Carvajal et l'apparition en vie de José Ramon.
Face à ces événements, il est urgent de renforcer la solidarité internationale
Get d'exiger du gouvernement mexicain : - une enquête sur les causes à l'origine de l'accident du 20 mars quelles qu'en soient ses conséquences ;
- l'arrestation rapide d'Antonio Nogueda Carvajal :
- l'apparition en vie de José Ramon
* 25 mars 1992
Il faut envoyer des télégrammes avec ces trois revendications, au président Salinas de Gortari,
Palacio Nacional — Mexico. D.F. (copie au PRT, Avenida Xola 181,
Colonia Alamos, CP. 03400, Mexico, D.F)