Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

NICARAGUA

A bas la dictature !

Inprecor n° 35, 5 octobre 1978 · p. 3 · 807 mots

Nicaragua

Les événements des demières semaines au Nicaragua marquent une nouvelle étape de la crise dictatures imposées l'impérialisme et par les classes dominantes indigènes en Amérique latine. Le régime somoziste, installé depuis des décennies et barbare, a été bouleversé de fond en comble, au début de l'année, par une puissante vague de luttes en riposte à l'assassinat de Pedro Joaquim Chamorro, porte-parole de l'opposition modérée. Des opérations militaires du FSLN (Front sandiniste de libération nationale), des grèves, des mobilisations de masse très combatives se sont déroulées dans toutes les villes principales et dans plusieurs régions rurales, aboutissant à des épisodes de véritable guerre civile.

L'opinion publique mondiale constate que le regime somoziste non seulement est hai par les masses ouvrieres et paysannes et par la jeunesse radicalisée des universités et des lycées, mais qu'il se heurte aussi à l'hostilité d'une partie importante des classes dominantes qui ne considèrent plus la dictature actuelle comme une garantie pour leur avenir. En fait, face mobilisations des masses, aux grèves, aux actions de lutte armée, le groupe au pouvoir n'a pu opposer que la force aveugle de sa garde nationale, armée de mercenaires, mise sur pied et soigneusement l'impérialisme nord-américain. Pendant des semaines, le peuple du Nicaragua a résisté héroïque ment à ces mercenaires en leur infligeant des coups les forces somozistes ont réussi une fois de plus à le dessus grâce à l'aide de l'impérialisme et à leur supériorité

Get en ayant recours à de véritables massacres.

De même que lors de la répression teroce instaurée dans les villes iraniennes par le regime du Shah, le gouvernement nord-américain, non seulement n'a rien fait pour empêcher ou arrêter les massacres, mais, au

Note éditoriale

Nicaragua :

A bas I

contraire, n'a pas hésité à donner ouvertement son appui aux massacreurs. Ainsi, le président encore une fois à quel point sa campagne pour les «droits humains» et pour la «démocratie» mystification démagogique pour tromper ses électeurs et tiques réelles. La direction impérialiste sait très bien que Somoza est un allié ou un satellite compromis et qui posera beaucoup de problèmes s'il reste en place. Mais pour elle, la priorité était et reste de contrecarrer ou d'écraser un mouvement de masse la dynamique pourrait mettre en question non seulement les privilèges du clan somoziste, mais aussi les intérêts généraux des exploiteurs impérialistes des multinationales et des classes dirigeantes indigènes elles-mêmes. Aussi long temps qu'elle ne dispose pas d'une solution de rechange lui offrant certaines garanties, elle n'hésitera pas à voler au secours de Somoza en foulant aux pieds les droits démocratiques et humains les plus élémentaires du nicaraguayen. part, l'OEA, prendre position sur la répression au Nicaragua a confirmé son rôle d'instrument de l'impérialisme de Washington, de défenseur du statu quo impérialiste en Amérique latine.

Le peuple du Nicaragua doit faire face une nouvelle fois à une répression atroce. Des centaines et des milliers d'ouvriers, d'étudiants sont tombés: d'autres seront frappés sans pitié dans les jours et les semaines qui viennent. Mais les masses ont exprimé leur hostilité régime, leur volonté de se battre pour le renverser. Ce ne sera pas facile pour le dictateur et ses complices de faire régner de nouveau l'ordre dans le pays. La lutte continue et va continuer. Les manœuvres de la bourgeoisie dite «libérale» ou somozistes de la dernière heure a dictature!

ne doivent tromper personne :

bourgeoisie «nationale» ou «progressiste» qui peut résoudre les problemes angoissants du peuple nicaraguayen, ce n'est pas d'un secteur quelconque des classes domi que les masses doivent attendre la restauration de leurs droits démocratiques et la réalirevendications économiques. Ce sont les masses ouvrieres et paysannes, sont toutes les couches exploitées de la population, principaux protagonistes des luttes héroiques des dernières semaines qui devront renverser la dictature ou tout autre régime fantoche de l'impérialisme, dans le cadre d'une bataille contre la dictature et l'impérialisme s'amplifiant pour devenir une batail le d'ensemble contre toutes les classes dominantes et leur sys-

Ice moment dramatique pour le peuple du Nicaragua, Ve Internationale lance un appel pour une mobilisation de soà l'échelle mondiale avec le peuple nicaraguayen, avec ses organisations, FSLN qui est la cible principale de la répression. Il faut condamner avec force toutes les exactions et les crimes de Somoza et de sa bande de mercenaires; il faut dénoncer tous les complices de la dictature enite de defense ms que hypocrite de «défenseurs droits de l'homme»! Il faut empêcher que le massacre continue Il faut arracher les militants à leurs bourreaux en exigeant leur libération immédiate!

Toutes les organisations syndicales et politiques du mouve ment ouvrier, doivent être au premier rang dans cette bataille.

A bas la dictature de Somoza!

Impérialisme hors du Nicaragua et de toute l'Amérique latine!

Pour les droits démocratiques du peuple nicaraguayen! Pour la défense de toutes les victimes de la répression!

Pour un gouvernement ouvrier et paysan !

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