Depuis 1976, l'Indonésie n'en finit pas d'annexer le Timor et y mène une politique d'extermination dans un territoire interdit à tout visiteur étranger, sans pour autant parvenir à soumettre sa population, ni à venir à bout de la résistance armée alors que le tiers de la population a été décimé par la répression.
Arrêté le 20 novembre 1992, Xanana Gusmão, chef du Conseil national de la résistance maubère (CNRM), a été "retourné" par ses geoliers, dans le seul but de discréditer la résistance, en faisant courir le bruit de défections massives. Son remplaçant sera arrêté le jour de l'arrivée à Dili du secrétaire général des Nations Unies. Selon le gouvernement de Djakarta, il aurait été "spontanément dénoncé par des villageois"
Le procès de Xanana Gusmão qui s'est clos par le verdict de la réclusion à perpétuité, s'est déroulé au mépris du droit indonésien, et des engagements pris à Djakarta : des observateurs étrangers, dont la Commission internationale des juristes, et Amnesty international, n'ont pu y assister. Xanana Gusmão a été empêché de lire sa défense, qu'il a néanmoins pu faire parvenir à l'exté rieur et dans laquelle il renie son retournement arraché par la force. Beaucoup de témoins à charge étaient des Timorais condamnés auparavant par les autorités de Djakarta. Le jour du verdict, Xanana Gusmão a annoncé qu'il entamait une grève de la faim.
Depuis 1976, la "Communauté internationale", pourtant prompte à réagir lors de l'annexion du Koweit, est restée quasiment muette face au génocide du peuple de Timor et maintient ses relations avec l'Indonésie. L'Australie a même reconnu l'intégration de Timor que l'ONU refuse de ratifier. Les intérêts d'une vingtaine de compagnies pétrolières qui ont passé des contrats avec l'Indonésie et l'Australie dans l'exploitation du pétrole dans la mer de Timor, ceux des industries d'armements des pays impérialistes qui continuent de vendre du matériel à Djakarta, l'ont emporté pourtant l'Intifada maubère continue ! Des réseaux de solidarité se sont mis en place et des grèves de la faim ont commencé en Indonésie, en Angleterre, au Portugal et au Canada.