Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

SALVADOR

[Lettre à la direction du FMLN]

· Inprecor n° 376, janvier 1994 · p. 36 · 402 mots

Ce texte n'a pas de titre dans la revue ; le titre entre crochets est le nôtre.

El Salvador

La lettre suivante a été envoyée à la direction du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN) salvadorien suite à l'assassinat de José Mario Lopez.

« C'est avec une grande tristesse mélée d'indignation que nous avons appris la nouvelle de l'assassinat du camarade José Mario Lopez (Commandant Venancio Salvatierra) - qui était membre du comité politique du FMLN et du parti révolutionnaire des travailleurs centro-américains (PRTC) — par un esquadron de la mort à la solde du gouvernement de l'ARENA et des intérêts les plus rétrogrades de l'oligarchie.

Le meurtre du commandant Venancio constitue une perte tragique pour les forces de la gauche révolutionnaire tant au Salvador qu'au niveau international — et s'ajoute à la trop longue liste des crimes que les esquadrons de la mort ont commis contre des militants connus et des dirigeants du FMLN depuis les accords de paix signés par le FMLN et le gouvernement salvadorien en janvier 1992.

Avec ce nouveau crime, le gouvernement d'Alfredo Cristiani et l'élite au pouvoir ont exposé clairement leur lecture des accords de paix — il s'agit pour eux d'intimider la même population qui a résisté pendant des années aux brutalités de la guerre, et d'exterminer doucement la direction historique du FMLN.

Notre tristesse et notre indignation sont d'autant plus profondes que beaucoup de camarades de la Quatrieme internationale avaient eu la chance de connaître et de travailler personnellement avec Mario Lopez -un militant exemplaire dévoué à la libération des exploités et des opprimés non seulement au Salvador, mais aussi des déshérités de toute l'Amérique latine.

En l'espace de quelques minutes une bande de criminels, qui savaient pertinemment à qui ils s'attaquaient, ont pu accomplir ce que douze années de guerre civile n'avaient pas réussi à faire. Nous nous joignons à vous pour rejeter la grossière version des faits du gouvernement de l'ARENA, qui traite l'assassinat comme un crime non-politique — comme il l'a fait pour les meurtres des commandants Francisco Velis et Heleno Hernan. A l'époque nous avions rejoints ceux qui réclamaient des enquêtes totales sur ces crimes, le châtiment de ceux qui les ont commandité et commis et le démantèlement des structures paramilitaires illégales.

Veuillez accepter ce témoignage de solidarité et d'engagement redoublé des membres de la Quatrième internationale qui se tient aux côtés des déshérités du Salvador et de leur avant-garde politique, le FMLN. »

Fraternellement, Ernest Mandel, pour le Bureau du secrétariat unifié de la Quatrième internationale.

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