Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DANEMARK

Victoire électorale

Inprecor n° 384, octobre 1994 · p. 36 · 371 mots

Aux élections du 21 septembre, avec 3,1% des voix, l'Alliance rouge-verte a obtenu six sièges de députés, sur cent soixante quinze élus. Le Parti libéral conduit par l'ancien ministre des Affaires étrangères, Uffe Elleman Jensen, a obtenu treize sièges supplémentaires. Depuis la formation, par le social-démocrate Poul Nyrup Rasmussen, en janvier 1993, d'un gouvernement de coalition avec trois petits partis bourgeois, la compétition avec le Parti libéral n'a jamais cessé. Bien que les partis gouvernementaux aient perdu quatorze sièges, et donc la majorité, Nyrup Rasmussen restera Premier

Avant les élections, le Parti socialiste du peuple (SF) était la seule force à la gauche de la social-démocratie au Parlement. Après son soutien au traité de Maastricht, SF a tenté d'entrer dans le gouvernement de coalition, ou au moins d'y gagner une influence. Ce parti a perdu deux de ses quinze sièges, de nombreux électeurs votant pour la liste de l'Alliance rouge-verte. Alors que SF s'est inséré dans l'«establishment», l'Alliance s'est présentée comme «opposition de gauche» et a obtenu de bons scores, en particulier chez les jeunes à la recherche d'une alternative radicale. L'Alliance rouge-verte fut le seul parti politique présentant une opposition franche à l'Union européenne. La différence était donc claire avec SF, qui avait participé au «compromis national» pour obtenir la victoire du «oui» au second référendum. L'extrême-gauche ne siégeait plus au parlement depuis 1987. Deux ans plus tard, trois partis de gauche créèrent l'Alliance rouge-verte : les Socialistes de Gauche (VS), le Parti Communiste (DKP) et le Parti Socialiste des Travailleurs (SAP, section danoise de la IVe Internationale). Sur six députés élus, deux viennent du DKP, deux de VS. un du SAP et un du KAP (ex-maoïste).

L'Alliance a adopté un programme de réformes parlementaires très détaillé, combinant une politique de changement social avec une politique pour résoudre les grands problèmes écologiques au plan national et international. Durant la campagne électorale, les principales revendications furent la réduction du temps de travail à 30 heures, une réforme des impôts payés par les riches, des prises de position contre la militarisation, contre la construction du pont entre Copenhague et la Suède, et pour une politique se réorientant vers un système de transports publics et vers une agriculture écologique. •

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