Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

QUATRIEME INTERNATIONALE

XIIe camp international

Inprecor n° 394, septembre 1995 · p. 36 · 840 mots

Mexique France Femmes IVe Internationale

Cette année, le camp de jeunesse en solidarité avec la Quatrième Internationale s'est itué près de Toulouse dans

S

le Sud-Ouest, le village de Launac a vu sa population doubler avec l'arrivée de quelque 800 jeunes venus de toute l'Europe de l'Ouest, mais aussi de Pologne et de Slovénie. Le meeting d'ouverture fut l'occasion de rendre hommage à Ernest Mandel, décédé deux jours à peine avant l'ouverture du camp.

Bien que le nom d'Ernest soit sûrement moins familier aux participants de ce camp qu'aux générations antérieures, l'évocation de sa vie et de son apport politique a ému l'assemblée et a culminé dans une Internationale entonnée dans (au moins) les neufs langues « officielles » du camp.

Chaque camp est l'occasion de renforcer l'Internationalisme, les participants expliquant la situation dans leurs pays respectifs et échangeant leurs expériences de lutte contre les réductions des budgets d'enseignement, contre le racisme et la montée de l'extrême droite, et contre les attaques dont sont victimes les femmes pour le libre accès à l'avortement et aux moyens de contraception. Pour rendre nos tâches de solidarité internationale aussi concrètes que possible, les camarades français avait réalisé un effort financier pour inviter un camarade mexicain du Chiapas et un camarade au Sénégal pour évoquer la situation dans leur pays et les différentes formes prises par les luttes de résistance.

Adama Soumaré expliqua les effets catastrophiques pour le Sénégal des plans d'ajustement structurel imposés par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Avec les participants suisses de l'Alternative solidaire, il parla du combat des étudiants sénégalais contre les plans d'austérité et présenta la campagne de solidarité menée en Suisse pour soutenir les étudiants victimes de la répression.

Quatrième Internationale

déroulé en France.

Gabriel Ramirez rendit compte du combat des Indiens du Chiapas, au Sud du Mexique, et présenta son analyse de l'insurrection zapatiste. Il expliqua aussi le sens de la consultation nationale lancée par l'Armée zapatiste de libération nationale (EZLN).

Les jeunes intéressés par la situation en ex-Yougoslavie pouvaient aussi rencontrer Soren Sondergard, député danois de l'Alliance Rouge-Vert/liste d'unité, l'un des principaux animateurs de la campagne International Workers Aid (Secours ouvrier pour la Bosnie). POUR CE CAMP, les organisateurs avaient mis sur pied une « commission permanente de la solidarité internationale » qui avait pour but de mettre en contact des participants de divers pays afin d'organiser des actions de solidarité pour l'année à venir. Les projets discutés incluaient l'organisation dans toute l'Europe d'une « Caravane pour le Chiapas » et la coordination de la préparation des manifestations contre le sommet du G 7 qui aura lieu en France, à Lyon, en juin 1996.

Si la solidarité internationale restait au centre des débats, les autres thèmes choisis par les organisations participantes incluaient toutes les luttes de la jeunesse aujourd'hui, l'égalité des droits, le racisme, le nouvel ordre moral et le combat pour le droit des femmes de choisir. Daniel Bensaïd, de la Ligue communiste révolutionnaire (LCRSection française de la Quatrième Internationale) profita du forum de clôture pour esquisser les grandes lignes de « la société que nous voulons », les critères pour juger d'une véritable égalité et l'élimination de toutes les relations d'oppression entre les femmes et les hommes.

Tous les échanges d'expériences et d'information n'eurent pas lieu seulement dans les forums et les ateliers. Les camarades de la région avaient organisé des visites de la ville de Toulouse et du vignoble local, et intégré dans les menus du camp des spécialités locales comme le cassoulet, le confit de canard et des fromages français. La délégation danoise organisa une « marche de nuit » pour cent participants enthousiastes. D'autres participèrent à une compétition de « Penguin football » ou dansèrent sur la musique d'une dizaine de groupes locaux qui jouaient gratuitement en signe de soutien au camp.

Notre camp ne peut être réellement un « îlot de socialisme » une semaine dans l'année. Mais nous avons prouvé une nouvelle fois qu'il est possible d'organiser d'une autre façon les actes de la vie quotidienne. Comme les années précédentes, les soirées de musique, de danse et de jeux animés par les jeunes gays et lesbiennes encouragèrent tous les participants du camp à méditer sur la façon dont notre comportement est déterminé — et limité — par les normes sexuelles de la société. L'espace et les soirées non-mixtes réservés aux femmes les encouragèrent à tisser entre elles des liens de solidarité et de sororité.

Venus ensemble exprimer notre internationalisme et vivre en solidarité, nous avons devant nous la tâche de construire et de développer des liens d'action pour l'année à venir. Tout comme les campagnes de solidarité mentionnées plus haut, est en chantier la rédaction d'un tract commun traçant les bases d'un système éducatif à l'échelle européenne, et les perspectives pour les luttes étudiantes.

Pour être partie prenante de ces activités, et pour réserver ta place pour le treizième camp de l'année prochaine, contacte dans ton pays l'organisation de jeunesse en solidarité avec la Quatrième Internationale. Ecris à Inprecor pour obtenir l'adresse du groupe le plus proche.

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