L'administration Clinton n'a Depuis la démission du Premie sur Haïti. FIN OCTOBRE, ON ANNONÇAIT que l'USAID bloquait le déboursement de 4,5 millions de dollars destinés à soutenir la balance des paiements. Le 9 novembre, le Département d'État confirmait cette décision, en expliquant qu'Haïti n'avait pas rempli tous les engagements pris par Aristide avant son retour d'exil, notamment dans le domaine des privatisations.
La date choisie pour cette annonce officielle peut sembler maladroite. En effet, deux jours plus tôt, le 7 novembre, la voiture de deux parlementaires de la Plate-forme Lavalas avait été criblée de balles à Port-au-Prince. L'un d'eux, Jean-Hubert Feuillé, est mort sur le coup. Il ne fait aujourd'hui plus de doute qu'il s'est agi d'un crime politique. La victime était un cousin et un ancien membre de la sécurité du président. Cet assassinat est venu rappeler que, malgré le démantèlement de l'armée, les anciens militaires et les réseaux duvaliéristes (sans doute toujours liés à des services américains) restent actifs et menaçants. Dans les heures qui suivirent, le domicile de plusieurs anciens hauts-officiers était perquisitionné. L'ex-dictateur, Prosper Avril, s'est réfugié à l'ambassade de Colombie avant l'arrivée de la police. Les États-Unis avaient-ils livré les informations qu'ils possédaient sur les attentats préparé par Avril, comme on le prétend à Washington ? A Port-au-Prince, on affirme que non. LORS D'UNE INTERVENTION à la radio, et surtout dans un discours véhément prononcé le 11 novembre aux funérailles de Jean-Hubert Feuillé. Jean-Bertrand Aristide a affirmé que cet assassinat avait pu se produire parce qu'il n'y avait pas eu de campagne
Haïti guère apprécié qu'Haiti suspende ministre Smarck Michel, le 16 oct Le président Aristide y répond à s
Par Arthur Mahon générale de désarmement. Il y a un an, les forces armées nord-américaines avaient refusé à Aristide de se livrer à cette opération. Des dizaines, voire des centaines de milliers d'armes, sont encore cachées à travers tout le pays. Le président haitien a donc annoncé que le gouvernement ordonnait à la police et aux forces de l'ONU d'effectuer un « désarmement total, général, capital, légal ». Dans son discours du 11 novembre, il a clairement désigné les responsabilités de la « communauté internationale ». Il est allé jusqu'à dire : «pour que la paix règne il ne doit pas y avoir de complices». Il a déclaré, sans le nommer, à l'égard de Bill Clinton : « Le mois de novembre 1995 devra être un mois de paix, de succès, pour que le mois de novembre 1996 soit un succès aux États-Unis ». Jean-Bertrand Aristide a menacé d'expulser les étrangers qui s'opposeraient au désarmement. La population a été appelée à participer à cette campagne aux côtés des policiers, qu'elle doit encourager à « monter également dans les quartiers où il y a de belles maisons », car « le jeu de l'hypocrisie est terminé, trop de sang coule ». A LA SUITE DE CE DISCOURS ENFLAMME, à Port-au-Prince puis dans quelques villes de province, des jeunes ont dressé des barrages pour fouiller les véhicules ou sont partis à la recherches d'armes chez des particuliers (et même dans la cathédrale du Cap Haïtien). Des maisons ont été incendiées. Ces actions se sont arrêtées après qu' Aristide ait dénoncé les risques de provocation et que le premier ministre, Claudette Werleigh, ait appelé la population à ne pas se substituer à la police. Ces événements ont fait sept morts et plusieurs blessés. Plutôt que de ses négociations avec le FMI. obre, elle multiplie les pressions a manière. participer au désarmement, les forces de l'ONU ont tiré sur la foule dans la ville des Gonaïves, selon une organisation catholique. Ailleurs, elle a menacé les manifestants. Mais, en dépit de ses fortes paroles du 11 novembre, Aristide n'a rien dit sur ces exactions, et le désarmement s'est réduit à peu de choses. DEPUIS, ARISTIDE A SAISI une autre occasion pour modifier le rapport de forces avec la « communauté internationale » et montrer que, comme il l'avait dit le 11 novembre, « il n'y a qu'un seul chef d'État en Haïti ». A trois semaines de l'élection présidentielle, annoncée pour le 17 décembre, une conférence dite de «dialogue national», organisée par la présidence, a demandé l'annulation du scrutin, afin que le mandat d'Aristide soit prolongé des trois ans passés en exil. Le président haïtien a semé l'effroi dans les chancelleries occidentales en laissant entendre qu'il pourrait bien répondre positivement à cette demande. Au bout de quelques jours, il a cependant donné l'assurance que l'élection aura lieu, et qu'il quittera le palais national le 7 février comme prévu. Il a montré qu'il sait être «raisonnable», mais aussi qu'il aurait les moyens de ne pas l'être. Et, que cela leur plaise ou non, les États-Unis devront accepter que son remplaçant soit René Préval, un intime d'Aristide, qu'il avait choisi comme premier ministre en 1990. « Chers amis de la communauté internationale, je sais que vous avez besoin de moi comme moi j'ai besoin de vous », avait-il affirmé dans son discours du 11 novembre.