Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PALESTINE

Les premières élections

· Inprecor n° 399, février 1996 · p. 3-5 · 2 922 mots

Salah Jaber était le pseudonyme de Gilbert Achcar, dirigeant de la section libanaise et, à partir de 1983, membre du Bureau de la IVe Internationale ; plus tard professeur à la SOAS (université de Londres).

Palestine et Israël

Les élections organisées dans la bande de Gaza et en Cisjordanie se sont achevées, le 20 janvier, sans surprise majeure. La victoire de Yasser Aratat, annoncée longtemps à l'avance, a pris couleur de plebiscite — telle qu'il l'avait conçue. Les organisations de lopposition nationaliste islamique et laique, qui avaient choisi de boycotter passivement les élections, ne pouvaient être surprises de l'ampleur d'une participation au scrutin que le vaste mouvement d'inscription sur les listes électorales laissait clairement présager. Elles n'en sont pas moins perdantes d'avoir avalisé un état de choses par lequel elles laissent à l Autorité bureaucratique et collaboratrice de Yasser Arafat le monopole de la représentation

Palestine

« légitime » des Palestiniens. Par Salah Jaber CE N'EST CERTES PAS LA PREMIERE FOIS dans l'histoire qu'une direction pourrie se voit plébiscitée, sans avoir besoin de recourir au bourrage des urnes. Mais on a affaire en l'espèce à une direction, dont les observateurs les mieux intentionnés sont unanimes à dénoncer le caractère autocratique et répressif, le népotisme et la corruption ; une direction qui, de surcroît, s'est transformée en instrument policier, par procuration, d'une occupation israélienne qui se maintient, avec ses colonies de peuplement, sur la majeure partie des territoires palestiniens envahis en 1967 tandis que près d'un habitant sur mille de ces mêmes territoires croupissent encore dans ses prisons. Qu'une telle direction puisse, dans ces conditions, être néanmoins plébiscitée par une population hier encore engagée dans une Intifada exemplaire, voilà qui mérite bien explication. Certes, le processus électoral était entaché de beaucoup d'irrégularités et peu conforme aux canons de la démocratie parlementaire. L'ensemble de l'opposition, y compris l'opposition institutionnelle représentée par une partie des candidatures dites indépendantes, c'est-à-dire non investies par | Autorité palestinienne (dont plusieurs militants de l'intérieur appartenant au Fatah de Yasser Arafat et élus ar leurs camarades, mais écartés par la direction au profit le notables ou de candidats plus dociles), a protesté en vain contre la brièveté sans précédent de la campagne électorale officielle. Le chef des observateurs délégués sur place par | Union européenne a lui-même éprouvé le besoin d'émettre un « Ça suffit ! » retentissant, après quelques ours de présence. Mais personne ne pourrait soutenir que le résultat électoral a été substantiellement déformé par des pratiques frauduleuses. Il y a fondamentalement deux explications au succès indéniable qu'a remporté Yasser Arafat, et elles ne relèvent pas d'une quelconque manipulation des bulletins de vote. La première réside dans la nature politique et sociale du souien dont jouit le président de l'Autorité palestinienne aujourd'hui, dans les territoires que lui a confiés le gouvernement israélien. La seconde se rapporte à la nature de l'opposition qui lui fait face, et à ses choix politiques. Même s'il était confronté à une opposition irréprochable dans son attitude, le chef de l'OLP jouirait néanmoins de l'allégeance d'une fraction importante de la population des territoires palestiniens placés sous sa tutelle. Plusieurs facteurs concourent à lui assurer cette base sociale. Il y a, d'une part, un facteur historico-politique : le fait qu'Arafat a incarné, pendant des décennies, la personniticatior même de l'identité palestinienne, et qu'il a su entretenir cette image jusqu'à ce jour en mentant sur la nature des accords qui le lient à Israël et en cultivant une duplicité dans laquelle il est passé maître depuis bien longtemps. AINSI, TANDIS QUE SES NOMBREUX et pléthoriques « services de sécurité » collaborent avec la puissance occupante dans la traque des militants intégristes déterminés à poursuivre leur combat contre l'occupation, Arafat est allé présenter ses condoléances au Hamas pour l'assassinat, sur le territoire « autonome » dont il a la charge, de Yehia Ayache, celui qui était considéré comme l'organisateur principal des attentats anti-israéliens de ces derniers mois. Quelques semaines auparavant, Arafat s'était rendu à Tel-Aviv en hélicoptère de l'armée israélienne pour présenter ses condoléances à la veuve d'Itzhak Rabin... Par ailleurs, les élections apparaissaient au yeux de la masse des Palestiniens comme un acquis important et la confirmation d'une volonté d'indépendance. Même si peu d'entre eux se font véritablement des illusions sur la nature des évènements en cours, ils ne voient pas d'autre alternative au processus actuel que le maintien de l'occupation dans les villes et villages dont elle s'est retirée. Et à tout prendre, le régime de la résidence surveillée auquel sont aujourd'hui soumis les Palestiniens est préférable, sans nul doute, à celui de l'incarcération collective qu'ils ont subi durant presque trente ans. Un fort sentiment de résignation règne dans cette partie du monde où la guerre du Golfe, il y a tout juste cinq ans, a inauguré si brutalement l'ère de la domination sans partage des Etats-Unis, et où la popula-

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tion irakienne continue à être soumise à un blocus assassin, et la Libye à embargo, dans l'indifférence, sinon l'approbation, de l'opinion publique mondiale. A CES RAISONS POLITIQUES, s'ajoute un facteur social de la plus haute importance dans la constitution de l'assise populaire du leadership de Yasser Arafat. En effet, facteurs matériels et facteurs politiques se sont toujours intimement combinés dans le façonnement de l'autorité de la direction de l'OLP. Le dosage de ces deux catégories a certes évolué avec le temps : le prestige de la direction étant aujourd'hui gravement atteint, les tacteurs materiels n'en sont que plus importants dans la détermination de sa base sociale. Îl se trouve que, pour la même raison, les moyens matériels dont elle dispose sont plus considérables : nous avons caractérisé l'OLP, depuis plus de vingt ans, comme « appareil d'Etat sans territoire », en renvoyant à cette analvse l'explication de son orientation vers l'obtention d'un territoire à n'importe quel prix. C'est aujourd'hui chose faite, et l'appareil d'Etat a trouvé son territoire, au prix d'une capitulation en bonne et L'Etat croupion de Yasser Arafat, bien que ressemblant à une dictature d'opérette, nen partage pas moins les attributs du pouvoir bureaucratique et policier qui caractérisent plusieurs Etats de la région arabe. A l'aune du ratio bureaucratie/population, l'Autorité palestinienne est particulièrement bien placée. Il y a quelques mois, le célèbre écrivain palestinienaméricain, Edward Said, membre du Conseil national palestinien (CNP) de 1977 à 1991, estimait à 350 000 environ le nombre des personnes (employés et personnes a charge) qui dépendent matériellement des prébendes versés par le gouvernement Aratat dans es territoires palestiniens de 2,2 millions. Comme il se doit, l'appareil policier de la dictature est tout à fait hypertrophié : il s'achemine allègrement vers les 2 % de la population. A ces chiffres, s'ajoute la nébuleuse des informateurs, courtiers et commissionnaires en tous genres, et autres spéculateurs, qui constituent les parasites traditionnels d'un tel « lumpen-Etat ». Par ailleurs, malgré l'effet pertubateur de l'afflux des réfugiés de 1948, des années d'occupation et d'Intifada, la société palestinienne des territoires de 1967 n'échappe pas au lot des sociétés traditionnelles similaires de la région. Comme au Sud-Liban et en Jordanie, régions dont le tissu social est comparable à celui de la Palestine — elles faisaient toutes trois partie d'une même continuité socio-géographique encore le poids de structures d'autorité d'origine tribale ou féodale, auxquelles s'ajoute le traditionalisme religieux. L'organisation Fatah dirigée par Yasser Aratat et hégémonique dans l'OLP, loin de vouloir bousculer ces structures et traditions, s'est appliquée à les investir de sa propre autorité et de ses moyens matériels, au point de les reproduire en son sein. On ne saurait donc s'étonner de constater que le systè me électoral choisi par Yasser Arafat, avec la bénédiction de 4 Inprecor n° 399 - févirer 1996 ses parrains israéliens (les moindres détails du système électoral de l'Autorité palestinienne sont soumis à l'approbation du gouvernement sioniste, en vertu des accords de 1993), se conforme aux modèles libanais et jordanien l'adaptation aux structures traditionnelles plutôt qu'al nodèle israélien de la proportionnelle intégrale, infinimen plus démocratique et modernisateur. C'est ce qu'a relevé le tres perspicace correspondant du Monde en Israël, Patrice Claude, un des meilleurs observateurs du processus en cours : « M. Arafat, qui a préféré découper les petits territoires où vivent ses compatriotes en seize circonscriptions distinctes plutôt que a adopter, comme en Israël, un système proportionnel simple sur une seule circonscription — ce qui aurait largement réduit le phénomène clanique et permis aux petits partis de se faire une place au Conseil législatif -, M. Arafat a fait alliance avec les grandes familles et pris le risque de réveiller les vieux démons de son peuple. » (Le Monde du 17 janvier 1996). Tous ces facteurs réunis expliquent dans une large mesure le succès du chef de l'OLP. Mais ils auraient pu être bouscules, peut-etre pas au point de le mettre en minorité au sein d'un système qu'il s'est lui-même taillé sur mesure, mais certainement assez pour contester la légitimité populaire dont, plus que jamais à présent, il se revendique Le fait que, dans une société aussi traditionaliste, la seule candidate dont Yasser Arafat ait toléré qu'elle se présente contre lui à la présidence (les autres tentatives ont été dissuadées par intimidation, en paroles actes) — parce qu'il savait qu'elle ne lui ferait pas constituer un bon faire-valoir démocratique, et qui plus est « féministe » (alors que sur plus de 700 candidats au Conseil de l'Autonomie, il n'y avait que 28 femmes !) —, le fait que Samiha Khalil, critique loyaliste des accords israélo-palestiniens, obtienne près d'une voix sur dix face au rais, est un exploit en soi. Nous ne disposons pas encore d'une analyse détaillée des résultats électoraux, mais la victoire retentissante de quelques figures de l'opposition à Arafat — telle que celle à Gaza du Dr Haidar Abdel Chafi, ex-président de la délégaton palestinienne aux negociations de paix israelo-arabes et critique acerbe des accords qu' Arafat a conclu dans son dos avec le gouvernement sioniste — témoigne de l'existence d'un fort potentiel d'expression contestataire au niveau du scrutin, resté largement inutilisé taute de candidats crédibles. Une candidature du même Dr Abdel Chati à la présidence aurait pu constituer une menace sérieuse à Yasser Arafat, l'amenant à recourir aux méthodes frauduleuses qu'il n'a pas jugées nécessaires cette fois-ci. Elle aurait cependant exigé du candidat un extraordinaire courage moral et physique, trop pour un seul homme sans appui déclaré de l'ensemble de l'opposition nationaliste. Or celle-ci, aussi bien ses fractions de gauche que ses intégristes, a choisi de s entermer dans une position d'abstention passive. Quelques-uns de ses membres, en infraction à la position officielle de leur formation et parfois avec son

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approbation tacite, ont choisi de jouer le jeu et ont réussi a se faire élire, confirmant la lecon des candidatures indépendantes. Mais les directions des forces d'opposition, sans d'ailleurs toujours être suivies par leur base militante et certainement pas par leur base sympathisante, se sont cantonnées dans le refus stérile de défier Yasser Arafat sur le terrain électoral, alors même qu'il était évident que l'aspiration de la population a voter était irresistible (c'est pourquoi l'opposition ne s'est pas aventurée à prôner activement le boycottage). LES INTÉGRISTES ISLAMIQUES du Hamas ont opté pour l'abstention après de longues hésitations, accompagnées de tractations à l'initiative de Yasser Arafat pour un partage des sièges à l'amiable (et à son avantage, bien entendu). Le maximalisme islamo-nationaliste du Hamas s'accommoderait mal d'une participation à la légitimation, fût-elle oppositionnelle, des structures d'une Autorité palestinienne honnie. Etant incapables de formuler des objectifs réalistes, partant des faits accomplis au niveau du processus prévu par les accords de Washington pour mieux subvertir celui-ci dans le sens d'un refus d'avaliser l'occupation israélienne maintenue et d'une réaffirmation des droits nationaux de l'ensemble du peuple palestinien, diaspora comprise, les intégristes ont préféré se replier sur leur intransigeance qui, tant qu'elle se traduit par des actes réels de défi à l'occupation et à ses colons, reste payante au niveau des sympathies populaires. de Gaza — bien plus imposant que celui qui avait accueilli Yasser Arafat lors de son premier retour en Palestine ! -, fut celui des obsèques de Yehia Ayache, l'ingénieur des attentats à la bombe du Hamas. En somme, les chefs intégristes ont choisi, pour le moment, de préférer le fusil aux urnes, par incapacité politique de combiner les deux. Même si la participation aux élections a semblé leur apporter un désaveu, il n'est pas sûr que leur option soit perdante à long terme. Ils tablent sur une désaffection rapide de la popula tion à l'égard d'un Conseil encore plus croupion que l'Autorité dont il relève, une fois passée la joie de voter « librement » pour la première fois. En effet, la nouvelle assemblée aurait pu être appelée Conseil consultatif, tant ses pouvoirs réels sont limités. Le système politique conçu par Yasser Arafat, sous la supervision de ses parrains israéliens, reflète bien la réalité de l'Autorité palestinienne, et justifie les nombreuses comparaisons dépréciatives dont il a été l'objet : Vichy, Bantoustan, etc. Les pouvoirs de l'Autorité elle-même s'arrêtent aux limites très étroites et contraignantes du protectorat israé lien dont elle dépend. Quant au Conseil, le champ des questions dont il a le droit de traiter est encore plus limité. Ses réunions dépendent du bon vouloir du président, qui le convoque ; celui-ci est libre de rejeter les propositions adoptées par le Conseil, auquel cas elles restent lettre morte. Il y a donc fort à parier que la désaffection des masses palestiniennes pour l'assemblée qu'elles viennent d'élire ne tardera pas à se manifester, de même qu'elles ont vite déchanté au contact de l'Autorité « réellement existante ». Restera alors la formidable frustration d'avoir perdu la dignité de population résistante pour le statut de population de Bantoustan. La place équivalente à celle de l'ANC est donc à reprendre parmi les Palestiniens, après la capitulation de l'OLP, et c'est sur cela que table le Hamas, tout en restant incapable de formuler un programme démocratique comme celui de l'organisation sud-africaine.

opposition de gauche, quant à elle, est perdante sur tou es registres. Après des années d'adaptation à la direction Arafat au sein de l'OLP, elle ne saurait revenir à la version laique du maximalisme nationaliste des integristes, qui avait été l'apanage du FPLP (Front populaire pour la libération de la Palestine, dirigé par Georges Habache) dans les années 70. Par ailleurs, son réseau militant à l'intérieur des territoires de 1967 ne semble plus être en mesure, pour des raisons à la fois objectives et subjectives, de mener à nouveau une lutte armée contre l'occupation sioniste. En panne de renouvellement, tout en subissant une hémorragie continue, ce réseau est bien connu par les services de sécurité de Yasser Arafat, collaborateurs des services israéliens. Il est, en outre, profondément démoralisé, pris en sandwich entre la faillite de sa longue histoire d'adaptation à la direction droitière de 'OLP et la stérilité de sa nouvelle ligne d'adaptation aux intégristes, toujours au nom de l'unité nationale. Cette gauche a été secoué par un vif débat avant les élections, entre une aile opportuniste prônant la participation, dans une optique de conciliation avec l'Autorité de Yasser Arafat, et une aile nationaliste soutenue par la direction en exil, pronant le boycott dans une optique tactique similaire 1 celle des intégristes, mais avec l'efficacité strategique e moins. Coincée entre ces deux fractions, seule une petite minorité de gauche prônait la participation dans une ptique de contestation revolutionnaire des accords d Vashington et du pouvoir palestinien qui en est lemana tion. Elle n'a malheureusement pas été entendue. La gauche s'est ainsi privée d'une occasion en or de faire campagne sur la dénonciation de l'occupation et de la domination israéliennes, ainsi que de la capitulation et de la dictature palestiniennes. Elle s'est aussi coupée d'une assemblée qui, s'il est vrai qu'elle n'a aucune efficacité réelle quant au cours des évènements, n'en reste pas moins une tribune idéale d'agitation politique, d'où il aurait été beaucoup plus aisé de mettre l'Autorité palestinienne « au pied du mur ». AUJOURD'HUI, YASSER ARAFAT est tenu d'exécuter l'étape suivante de son contrat avec le gouvernement sionis te : la répudiation de l'héritage politique nationaliste de l'OLP, symbolisé par sa Charte. A cette fin, le président palestinien doit réunir le CNP, seul habilité à altérer cette Charte. De même qu'Israël a fait une entorse à son principe de non-retour des Palestiniens de la diaspora, en acceptant le retour de Yasser Arafat et de ses policiers et bureaucrates afin d'asseoir leur domination sur la population des territoires de 1967, Shimon Pérès, « magnanime », a donné son feu vert pour l'entrée en territoire « autonome » (la contradiction entre ce terme et le fait que ce soit Pérès qui délivre les visas est flagrante !) de tous les membres du CNP — c'est-à-dire des opposants à Arafat, puisque pour les autres le problème est déjà réglé Le chef de l'OLP avait besoin de ce feu vert pour réunir le CNP en territoire sous contrôle israélien, et partant rejeter le blâme de la non-participation sur les opposants eux-mêmes réunisant le CNP à Amman, en 1984, quand il setaire lie (il avait déjà eu recours à cette manœuvre au roi de Jordanie, responsable du massacre des Palestiniens en 1970). La position de Georges Habache, natif de Haïfa, exilé en 1948, déclarant qu'il ne se rendrait dans les territoires de 1967 que lorsque l'ensemble des Palestiniens de l'exil auront le droit de s'y rendre, est à cet égard tout à fait honorable. Contrairement aux élections populaires qui viennent d'être organisées en Cisjordanie et à Gaza, il ne sert à rien de prêter de la représentativité à un CNP dont la composition même est contrôlée par Yasser Arafat, et dont la réunion n'aura pour fonction, programmée à l'avance que de parachever la transformation de l'OLP en appendic liplomatique de l'Autorité de collaboration avec l'Etat sio

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