Inprecor 1974–2004

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LIVRES DU MOIS

Denis Horman, Une clause sociale pour l'emploi et les droits fondamentaux ?

· Inprecor n° 403, juin 1996 · p. 10 · 502 mots

Denis HORMAN, Une clause sociale pour l'emploi et les droits fondamentaux ?, Editions Luc Pire (Bruxelles) et CETIM (Genève). CE LIVRE EST À LIRE ABSOLUMENT, ET DE TOUTE urgence. Il permet en effet de se situer dans le débat sur la clause sociale qui parcourt l'ensemble du mouvement antilibéral. Ce thème sera en particulier un point fort des discussions menées à l'occasion du contre-sommet que la campagne Les autres voix de la planète organise face au G7, à Lyon au mois de juin. Les lecteurs d'Inprecor ont déjà pu prendre connaissance des analvses de Denis Horman à occasion d'un dossier sur les clauses sociales, publié dans son numéro de décembre 1995. Mais la lecture de son livre permettra d'approfondir la discussion et de mieux en maitriser toutes les dimensions. Comme l'indique Petrella dans sa préface, il choisit de prendre « le contre-pied de l'"'évangile de la compétitivité". ". Il privilégie le remaillage des solidarités internationales par rapport aux mesures de rétorsion mises en oeuvre par les grandes institutions internationales et les gouvernements du Nord ». C'est en effet le point central du propos de Denis Horman : débusquer derrière le discours de façade sur la clause sociale les intérêts sociaux qui s'expriment réellement, et dénoncer un discours qui ne sert en pratique qu'à appuyer des politiques protectionnistes à l'égard des pays du Sud. Ces éclaircissements sont d'autant plus nécessaires que la plus grande confusion règne. Des alliances contre nature sont passées ici ou là entre patrons et syndicats pour dénoncer le « dumping social » des pays à bas salaires du Sud. Plusieurs confédérations syndicales ont publié une déclaration allant dans le même sens. L'argumentaire proposé par Denis Horman devrait permettre d'arriver à une clarification sur cette question. Il montre ainsi que l'idée selon laquelle les pays du Sud (et de l'Est) voleraient « nos » emplois est factuellement impossible à soutenir. Il dévoile, derrière le discours libre-échangiste, les relations inégales qui perdurent entre le Nord et le Sud, et sont renforcées par la déréglementation mise en oeuvre de manière coordonnée par l'Organisation Mondiale du Commerce. Mais cette dénonciation ne dispense pas d'une réflexion sur la nécessité d'imposer le respect des droits fondamentaux. La critique des clauses sociales ne peut en effet se mener du même point de vue que les partisans d'une extrême libéralisation. La question n'est pas esquivée et l'auteur insiste sur la nécessité « pour les organisations progressistes, politiques, syndicales et sociales de se doter, au niveau international, d'outils autonomes, indépendants » et une proposition concrète est avancée, celle de la création d'un « Observatoire des Droits sociaux, indépendant de l'OMC et agissant en liaison avec l'OIT ». De manière complémentaire, il faut signaler que Denis Horman a publié deux brochures éditées par le GRESEA (Groupe de Recherche pour une Stratégie Economique Alternative) : Les sociétés transnationales dans la mondralısation de l'économie et Délocalisations d'entreprises. Chacune de ces publications peut être commandée au GRESEA, Rue Royale 11, 1000 Bruxelles, Belgique - Tél. 322/2197076. *

Maxime Durand

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