1997 sera une
L année décisive pour tous
les habitants de l'Europe. C'est en 1997 que sera déterminée la liste des pays autorisés à entrer dans la monnaie unique. C'est aussi en 1997, à la mi-juin à Amsterdam, que devrait se intergouvernementale, la CIG qui discute depuis près d'un an de l'avenir de l'Europe unie, de ses institutions et L'année 1997 sera aussi une année où exclusions ont toutes les chances de continuer à se développer dans les différents pays de la communauté mobilisation européenne a pris jour. Un projet de mobilisation centrée sur la lutte contre le chômage et tout ce qui l'accompagne : précarité du travail, dégradation des conditions de vie et de travail de la grande majorité de la population, montée de l'exclusion sous toutes ses formes, etc. Les échéances européennes de 1997 sont une occasion pour agir et pour défendre le projet d'une autre Europe, une Europe où tous et toutes aient la possibilité d'avoir un emploi et un revenu suffisant pour vivre décemment. DES MARCHES DANS TOUTE La mobilisation proposée prendra la forme de marches à travers l'Europe. Marches qui débuteront mi-avril et qui se concluront par une manifestation européenne à Amsterdam le 14 juin. Des marches ont déjà eu lieu dans plusieurs pays européens : en France à l'initiative d'Agir ensemble contre le chômage, AC !, au printemps 1994, en Grande-Bretagne quelques mois plus tard, dans l'État espagnol en décembre 1995 et enfin dans le Sud de l'Italie, à l'initiative de Refondation communiste, marches qui se sont conclues en novembre 1996 par une manifestation de plus de 100 000 personnes à Naples
Europe en Italie. Les marches devraient démarrer aux frontières de la communauté : Tanger, la Pologne et Sarajevo. Démarrages symboliques de notre volonté d'une Europe ouverte aux pays du Sud et de l'Est, d'une Europe qui ne se referme pas sur ses Pratiquement les marches seront composées, dans chaque pays, d'un petit noyau de marcheurs permanents, quelques uns venant d'autres pays et de marcheurs plus temporaires, chômeurs, venant, pour quelques jours, un week-end, voire quelques heures marquer ainsi leur participation à cette mobilisation. Tous les dans les villes étapes seront des occasions pour des débats et des initiatives. La marche peut être ainsi l'occasion de mettre en avant une lutte ouvrière, une occupation de logement vide, une mobilisation paysanne. Des journée européennes sur des thèmes précis seront aussi organisées. Pour confronter les réalités dans les différents pays européens, discuter des solutions de lutte radicale contre le chômage et préparer ces marches, des européennes organisées, à Bruxelles, les 22 et 23 LA PREMIERE MOBILISATION D'AMPLEUR EUROPEENNE Au delà des échéances de l'année importance particulière. Quelles que soit ses limites, ce projet de marche dans tout le continent est la première tentative de mobilisation coordonnée sur le terrain social. Il y a eu quelques mobilisations sectorielles, les salariés d'Alcatel Europe il y a quelques mois ou les cheminots, lors d'une grève européenne d'une journée, il y a quelques années. Mais a un niveau plus global, aucune tentative sérieuse de mobilisation n'a eu lieu. La Confédération européenne des syndicats (CES) a ainsi annulé la manifestation qu'elle avait prévue pour
Conférence intergouvernementale, en mars 1996 à
Turin. Cette absence de mobilisation à l'échelle continentale pèse lourdement. Alors que le patronat et les gouvernements des différents pays coordonnent chaque jour davantage leur politique économique, sur le plan politique, l'absence d'une alternative un tant soit peu crédible du mouvement ouvrier à l'échelon européen favorise les réflexes chauvins, voire la montée de l'extrême-droite, comme on peut le voir dans de nombreux pays, commencer par l'Autriche et la France. UNE MOBILISATION SOCIALE PLURALISTE Les soutiens aux marches sont d'ores et déjà très larges. Sur le plan politique, ils vont de courants et d'individus appartenant à la social-démocratie européenne (comme le député travailliste britannique Ken Coates, qui a initié un appel sur l'emploi signé par plus de 150 députés européens), aux forces écologistes, communistes (comme Refondation communiste en Italie) et d'extrême-gauche dans ses diverses composantes. Mais si ce pluralisme politique est important pour l'élargissement de la mobilisation, celle-ci s'appuie d'abord et avant tout sur des forces syndicales et associatives. Dans chaque pays, l'arc des forces est différent, mais il existe un accord général pour que ces marches soient organisées à la fois par des chômeurs : ainsi l'ENU, « European network of unemployed », le réseau qui regroupe au niveau européen l'essentiel des organisations de chômeurs, est partie prenante de l'organisation des Dans chaque pays les soutiens mobilisation à l'échelle nationale se L'enjeu est d'importance : il s'agit de réussir cette mobilisation, et, au-delà, de pouvoir constituer un réseau qui permette au niveau européen de faciliter les échanges d'expériences, les informations et la coordination des