Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

FRANCE

Assises pour les droits des femmes

· Inprecor n° 412, avril 1997 · p. 36 · 489 mots

Femmes France

Assises pour les droits des femmes Après la manifestation du 25 novembre 1995, qui

Nouvelles du Monde avait rassemblé 40 000 manifestantes et manifestants

pour défendre les « droits des femmes », à l'initiative de la CADAC ( Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception) et de plus d'une centaine d'organisations, rendez-vous avait été pris pour des Assises nationales sur le même thème. Celles-ci se sont tenues les 15 et 16 mars à l'appel d'un Collectif national de préparation rasemblant 166 organisations. Et, une nouvelle fois, ce fut un beau et incontestable succès. Par le nombre des participantes — 2 000 femmes et quelques hommes —, par la grande qualité des débats, par la portée des engagements pris. Ni meeting ni colloque, l'ensemble ressemblait plutôt à une sorte de « congrès » : une relance du combat pour les droits des femmes, l'affirmation d'un nouveau féminisme... La réunion a été organisée autour de huit ateliers : Elles choisissent ; Femmes dans la vie publique ; Violences faites aux femmes ; Pauvreté, Précarité, immigration ; Citoyenneté, Laïcité, Ordre moral ; Droit au travail ; Famille et politiques familiales ; International. L'atelier Femmes dans la vie publique a connu le débat le plus vif, autour du thème de la parité : faut-il soit un changement constitutionnel soit une loi imposant une représentation politique paritaire ? Le scandale de la marginalisation des femmes dans la vie publique, les palinodies de Alain Juppé sur cette question — après avoir demandé un rapport sur la parité et un débat au parlement, il propose, « à titre personnel », quasi rien ! — ont renforcé l'aspiration à une solution volontariste et rapide au problème Ce qui tend à faire l'économie d'une réelle réflexion sur les effets pervers d'une telle loi quant à la défense des intérêts des femmes et pour ce qui est de la citoyenneté. La règle du consensus qui a régi les Assises a conduit sur ce point à une formulation de compromis. Quant à l'atelier sur le Droit au travail, il a été dominé par des rapports et des témoignages qui ont permis de prendre la mesure de l'ampleur des drames que connaissent les temmes : formes modernes d'exploitation avec le temps partiel, l'accroissement de la flexibilité, harcèlement sexuel, marginalisation par la précarité et rejet par le chô mage... La nécessité d'une campagne prioritaire sur la question du travail s'est imposée au sortir de ces débats comme une évidence. Sur la base des travaux des divers ateliers, une plate-forme a été adoptée qui représente un engagement collectif pour mener des campagnes, prendre des initiatives, affirmer une référence centrale en termes de droits des femmes par rapport à la classe politique, et ce à la veille des élections de 1998.

A la fois unité la plus large et une radicalité incontestable : c'est une belle démonstration politique que ces Assises ont réalisé.

Valérie Sée Francis Sitel

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