En 10 mois, Benyamin Netanyahu a réussi à dilapider l'essentiel des « dividendes de la paix » que ses prédécesseurs travaillistes avaient su gagner grâce au coup d'éclat que représentait la reconnaissance de l'OLP en septembre
1993, et les accords israélo-palestiniens qui en découlaient.
Par Michel Warschawski
Jérusalem, 24 avril 1997 EN OUVRANT, EN SEPTEMBRE 1996, un tunnel sous l'esplanade des mosquées à Jérusalem, provoquant ainsi une Netanyonu montrait qu il voulait renégocier l'ensemble des Netanyahu montrait qu' accords signés par le gouvernement travailliste avec la direction de l'OLP, et de fait, de mener le processus d'Oslo à une impasse qui dispenserait Israël de se retirer des territoires palestiniens occupés en juin 1967. A grand peine, l'administration américaine obligeait Netanyahu à remettre le processus négocié sur ses rails, et à se retirer d'une partie de la ville de Hébron, ainsi que de 5 % supplémentaire des territoires encore occupés. Mais ce n'était pas connaître Netanyahu qui, en février 1997 décidait d'une seconde provocation : la construction d'une colonie de peuplement sur la colline d'Abu Ghneim, au Sud de Térusalem. Si l'on fait la somme de ce qui a été fait et de ce qui ne l'a pas été au cous de ces dix derniers mois, il est clair que ce qui a été décrit pendant plus de trois ans comme un processus de paix entre Israéliens et Palestiniens n'existe plus que dans les communiqués de presse des chancelleries internationales, et que rien ou presque ne persiste de l'esprit autant que de la lettre de la déclaration de principe signée par Yitsak Rabin et Yasser Arafat sur le gazon de la Maison blanche. Les titres de la grande presse internationale du genre « Netanyahu enterre le processus de paix » retletent fidelement cette analyse, et fixent le cadre du discours sur la situation politique au Proche Orient.
Etat d'Israël
C'est évidemment faire la part belle aux prédécesseurs de Benyamin Netanyahu, et passer un peu rapidement sur le bilan des trois ans qui ont précédé la venue au pouvoir de la nouvelle coalition gouvernementale. La campagne électorale de Netanyahu avait intentionnellement créé un flou : pour le public de droite, ou sensible aux arguments de la droite, il avait violemment attaqué les accords d'Oslo et ses compromis exorbitants envers les Palestiniens. Pour ceux qui hésitaient entre Pérès et Netanyahu, ce dernier avait promis de continuer le processus de paix, mais avec en plus la sécurité garantie. Ses liens étroits avec la politique américaine, laissaient de plus en plus entendre qu'il ne ferait rien qui aille à l'encontre de la stratégie de la Maison blanche. Apres 10 mois de gouvernement du Likoud, il est clair que la politique suivie a été celle annoncée dans le discours idéologique d'extreme droite, et non la moderation pragmatiste que d'aucuns attendaient. Peu importe si ce choix est le résultat des pressions de l'aile droite dans la coalition gouvernementale, ou que dès le départ Netanyahu n'avait aucune intention de poursuivre, même en l'amendant, la politique de ses prédécesseurs travaillistes. Ce qui compte c'est le bilan, et celui-ci est sans appel : dix mois de gouvernement Netanyahu ont sapé non seulement les maigres acquis du processus israélo-palestinien enclenché à Oslo, mais menacent aussi les avancées assez substantielles dans la normalisation entre Israël et les Etats arabes. IL EST LÉGITIME POURTANT DE SE DEMANDER pourquoi la politique de Netanyahu mène à l'impasse alors que sur le fond elle n'est que la continuité de celle de ses prédécesseurs travaillistes, qui, quant à elle, laissait entendre que nous vivions au rythme d'un processus de paix nous promettant des lendemains radieux. C'est ici qu'il faut cerner les points de ruptures entre la politique travailliste et celle ce Netanyahu, dont nous soulignerons ici les plus significatifs Tout d'abord, une rupture dans le style. Les Travaillistes israéliens ont de tous temps su être maîtres du double langage et faire de l'hypocrisie un art au moins autant qu'une politique. Pendant les trois ans où ils ne cessèrent de parler de leur engagement total dans le processus de paix, ils n'ont cessé de bâtir dans les colonies, de violer systématiquement les accords, de créer des faits accomplis qui dénaturaient et l'esprit et la lettre des principes sur lesquels s'est fait l'accord de septembre 1973. Le langage pacitiste et résolument optimiste du gouverne ment travailliste ne lui garantissait pas seulement le soutien de la communauté et de l'opinion publique internationales, mais laissait à l'Autorité palestinienne une marge de manœuvre face à sa propre opinion publique, ce que le discours intransi-
geant et provocateur de Netanyahu ne permet pas. Mais essentiel n'est pas dans le style. Les Travaillistes ont toujours été profondément pragmatistes : on prend ce qu'on peut et on repousse à demain ce qui est aujourd'hui trop cher. C'est ce qui leur a permis d'accepter les divers plans de partition de la Palestine qui, sur le fond, étaient loin de les satisfaire. Contrairement au pragmatisme travailliste qui permet de combler la communauté internationale et de participer a un processus de négociation qui par detinition implique l'idée du compromis, le Likoud, (ou plutôt une partie du Likoud et de la coalition gouvernementale actuel le), est attaché idéologiquement et matériellement (les colons) au Grand Israël, et donc au refus de tout compromis. Si pour les Travaillistes tout est ouvert, et ne dépend que du rapport de forces local et international, pour le Likoud les options sont des plus limitées. C'est pourquoi d'ailleurs, les Travaillistes ont toujours agi sur le rapport de forces concret, sur le terrain et, depuis la DOP, renforcé la colonisation, en particulier autour de Jérusalem. Le Likoud se specialise dans les déclarations jusqu au-boutistes, mais en fait beaucoup moins que ses adversaires considérés comme plus modérés. Face au danger d'explosion et d'isolement international, un gouvernement travailliste aurait Les principaux acteurs de l'affaire BarOn : Hanegbi,
Der'i, Netanyahu et
Liberman reculé dans l'affaire de l'ouverture du tunnel sous l'esplanade des moquées, et trouvé des raisons administratives pour repousser la construction de la colonie de Har Homa. De tels « reculs » lui auraient permis d'accélérer discrètement l'épuration ethnique à Jérusalem ou l'élargissement des colonies sur la route trans-samaritaine. « Netanvahu fait des déclarations tonitruantes sur notre droit (indéniable) à la colonisation, nous, on la réalisait, en silence » a récemment déclaré l'ancien ministre travailliste de l'habitat et de la construction, Ben Eliezer. LE BLOCAGE DES NÉGOCIATIONS, les confrontations quotidienne entre manifestants palestiniens et soldats israé liens, la reprise des attentats, et le gel de la coopération militaire entre les forces de sécurité israéliennes et palestiniennes semblent, à première vue, sonner le glas du processus négocié, et réouvrir la voie de l'Intifada. C'est du moins ce qu'affirment nombre de commentateurs qui, il y a encore un an, parlaient d'un processus irréversible vers la paix et l'harmonie. Avant de faire le bilan de faillite d'Oslo. il faut essayer de voir ce qui, dans la politique du gouvernement actuel a mené à l'impasse, et dans quelle mesure, il s'agit de phénomènes conjoncturels ou d'un sabotage avant des conséquences irréversibles. Pour tenter de répondre à cette question, il est primordial d'analyser la façon dont les Palestiniens perçoivent la nouvelle politique israélienne et ses conséquences. La venue de Netanyahu a rompu l'équilibre qui a existé pendant les quatre ans du pouvoir travailliste entre ceux qui voulaient une réconciliation israélo-palestinienne pour permettre la normalisation entre Israël et les États arabes, et étaient prêts à y mettre le prix en termes de compromis territoriaux, et ceux qui ne voulaient qu'une nouvelle forme de domination, en se servant de l'OLP comme force auxiliaire pour maintenir l'ordre au sein de la population palestinienne. La présence des premiers donnait à Yasser Arafat les moyens de faire passer dans son opinion publique le rôle peu glorieux que ses partenaires israéliens lui imposaient. Les compromis et les gestes nécessaires pour maintenir la collaboration entre Arafat et Israël sont, comme l'écrit le commentateur Meron Benvinisti, « totalement contradictoires avec l'image du monde paranoïaque, dénonciatrice et poussant à l'escalade (du gouvernement Netanyahu) qui pourtant continue à vouloir que | Autorité palestinienne joue le rôle que d'aucuns lui assignent dans les Accords d'Oslo : être l'agent de la domination israélienne indirecte. Dès lors que l'équilibre entre les diverses aspirations investies dans Oslo est remis en question, on ne peut que tirer la conclusion que le processus est mort » (Haaretz, 10/4/1997). LA POLITIQUE DE RUPTURE que semble appliquer Netanyahu le met en conflit avec une partie substantielle de la classe dirigeante israélienne, que ce soit le monde des affaires rêvant au nouveaux marches arabes, réels ou imaginaires, et n'a que faire d'un tunnel ou d'une nouvelle colonie au sud de Jérusalem, ou bien les forces de sécurité, (du moins une partie d'entre elles) qui savent pertinemment que la collaboration palestinienne est beaucoup plus rentable que la confrontation directe imposée par l'Intifada. Quand Netanyahu et ses porte parole accusent Yasser Arafat de ne pas lutter contre le terrorisme, voire même de l'encourager, les chefs des services de sécurité se sentent régulièrement obligés de corriger le tir, parce qu'ils savent bien ce que le Rais pourrait faire en termes de déstabilisation, s'il le voulait. Or dès l'affaire du tunnel, l'armée et, d'une façon générale l'élite économique et intellectuelle israélienne, avaient mis Netanyahu en garde contre les conséquences, catastroohiques de leur point de vue, de sa politique intransigeante Depuis, le fossé entre, d'une part, Netanyahu et l'équipe qu l'entoure, et de l'autre, la classe dominante israélienne ne fait que s'approfondir. L'affaire Bar-On contre Hébron en est expression la plus grave La première chaîne de TV israélienne faisait, il y a trois mois, exploser l'affaire en annonçant que le Nouveau conseiller juridique du gouvernement, qui est, dans la hiérarchie du svstème judiciaire israélien entre le Garde des Sceaux et le Procureur général, aurait été imposé à Netanyahu sur la base d'un chantage : soit Roni Bar-On est nommé, soit le Parti Shass, composante importante de la coalition gouvernementale, voterait contre l'accord sur Hébron, et provoquerait ainsi une crise politique majeure pour le nouveau premier ministre. Et pourquoi le Shass voulait-il à ce point cet avocat de troisième ordre à la tête du svstème judiciaire ? Parce que Bar-On aurait promis une amnistie, ou pour le moins un allégement des chefs d'accusation, au président de Shass et ancien ministre de l'Intérieur, Arie Der'i, actuellement en procès pour corruption et abus de pouvoir. Interrogés par les journalistes, Der i et Bar-On niaient, de même que Netanvahu et son ministre de la justice Tasahi Hangbi. L'ancien avocat de Der'i, Dan Avi-Yitshak - qui convoitait lui aussi le poste de Conseiller juridique — aurait été à la source de la fuite qui allait ouvrir la plus grande crise institutionnelle qu'a connue Israël depuis trente ans. Face aux déclarations d'un grand ténor du barreau comme Avi-Yitshak, le Parquet ordonnait l'ouverture d'une enquête, qui s'est achevée il y a 15 jours par une recommandation d'inculper le premier ministre, son directeur de cabinet et le ministre de la justice pour fraude et abus de pouvoir ainsi
que pour chantage et menace. Après plus d'une semaine de réflexion à la quelle ont participé les meilleurs experts du parquet, le Conseiller juridique du gouvernement — nommé après que Bar-On ait été contraint de démissionner après avoir été en poste un peu moins de trois jours — et la Procureur général viennent d'annoncer leur décision. Seul Arie Der'i sera inculpé, car les preuves formelles ne sont pas suffisantes pour un condamnation des autres suspects. Le rapport, détaillé, du Parquet est sans concessions : tous les suspects, y compris Netanyahu, sont clairement accusés d'avoir abusé de leur pouvoir, et voulu nommer à la plus haute institution de l'appareil israélien, quelqu'un imposé par un politicien en plein procès criminel. Pour Netanyahu et Hanegbi cependant les preuves ne semblent pas suffisantes pour une condamnation, le principal témoin ayant apparemment hésité à dire tout ce qu'il savait. Les recommandations d'une partie des juristes du Parquet affirmaient d'ailleurs qu'à leur avis il y avait suffisamment de preuves pour une inculpation. DU POINT DE VUE DU CONSEILLER JURIDIQUE du gouvernement, l'affaire est close, du moins en ce qui concerne le premier ministre qui échappe, sur le fil, à une inculpation criminelle. Pourtant rien n'est encore fini. Dès l'annonce de la décision du Conseiller juridique, plusieurs politiciens ont fait appel à la Cour suprême pour que celle-ci impose une inculpation, arguant que seul un tribunal saurait évaluer la solidité du dossier contre le Premier ministre. De plus, certains députés exigent la formation d'une Commission nationale d'enquête qui est une instance quasi-juridique ayant le pouvoir d'exiger des sanctions, y compris la démission de ministres (en 1983, le général Sharon avait été obligé de démissionner, conclusions de la Commission nationale d'enquête sur les massacres de Sabra et Chatilla). Mais ce n'est pas tout : une partie des dirigeants du Likoud et certains membres de la coalition gouvernementale ne semblent pas prêts à continuer à collaborer avec quelqu'un que les plus hautes instances judiciaires reconnaissent coupables de conduite inacceptable, même si les preuves ne sont pas totalement concluantes. En particulier le Parti de la Troisième voie, et le ministre des tinances et ancien ministre de la justice Dan Meridor. Les Travaillistes vont tenter d'exploiter l'affaire pour provoquer une crise gouvernementale, et imposer de nouvelles élections ou un gouvernement d'Union nationale auquel Shimon Pérès perIl est prématuré de pouvoir dire quel sera l'avenir de Netanyahu et de son gouvernement, mais il est important de comprendre que, derrière l'affaire Hébron contre Bar-On, se rofile une véritable guerre entre l'équipe au pouvoir e élite israélienne traditionnelle, une guerre qui transcende les lignes de clivage idéologique du passé. La vieille élite ne voit pas de gaieté de cœur les rênes du pouvoir aux mains d'une équipe qu'elle considère comme inexpérimentée, aventuriste et surtout « pas de chez nous ». Pour la premièe tois depuis la création de l Etat d Israel, le premier ninistre est entouré, dans son gouvernement et dans sor cabinet, de personnages dont certains sont proprement douteux, et dont les autres n'ont jamais fréquenté les cercles comme il faut : des avocats inconnus, des nouveaux immigrants, des hommes d'affaires douteux, et des gens du peuple. Sil est vrai que cette équipe n'a aucune expérience du pouvoir, s'il est vrai aussi qu'elle se conduit comme un gang qui occupe un territoire conquis, il est surtout évident que la vieille élite fait des difficultés pour collaborer et essaie de les « remettre à leur place », voire de les attendre au tournant. Un Bar-On, petit avocat pénal, un Avigdor Lieberman, immigrant récent de l'ex-URSS qui a été gardien de boîte de nuit et est aujourd'hui chef de cabinet du premier ministre, un Arie Der'i, jeune rabbin marocain, un Dori Gold, nouvel immigrant américain qui parle à peine l'hébreu — s'en est trop pour les généraux, banquiers et hauts fonctionnaire qui ont été à la tête de l'Etat depuis 50 ans, et qui, au delà des divergences idéologiques secondaires, considèrent l'Etat et ses structures comme leur domaine privé. Ils sont prêts à intégrer les nouveaux venus, à condition toutefois qu'ils comprennent qu'ils ont le privilège d'être acceptés lans un cercle restreint, qu'ils doivent apprendre à gouverner et surtout ne pas faire de révolution. La corruption, le piston, les nominations politiques, le copinage — tout cela n'est évidemment pas nouveau, ce qui l'est c'est d'être fait hors des circuits habituels, d'une façon un peu grossière et trop hâtive. Cela met en danger la classe dirigeante dans son ensemble, cela fait basculer aussi les priorités de l'élite traditionnelle. C'était Avi-Yitshak qui devait être le nouveau conseiller juridique (un grand avocat ayant une idéologie de droite) pas le petit Bar-On, et si l'esprit du temps exige de laisser une place aux nouveaux immigrants et aux Juifs d'origine arabe, il faut le faire graduellement, sous le patronage des anciens, et dans les règles. En ce sens, la paranoïa de Netanyahu et de son équipe, dont parlent les médias — fidèles porte-parole de cette élite — n'est pas totalement dénué de fondement: il sont entourés par des institutions qui ne les acceptent pas. Ce qui est particulier à l'équipe actuelle, c'est qu'elle est prête à se confronter à la classe politique, et à user de méthodes plus que douteuses pour imposer son pouvoir et prendre le contrôle du maximum d'institutions. Si Netanyahu s'obstine, pour l'instant, à maintenir à la tête du ministère de la justice Tsahi Hanegbi — un ancien voyou, organisateur il y a quinze ans de ratonades contre les étudiants arabes, dénoncé par la Cour suprême comme « incapable de dire la vérité » et responsable de confrontations violentes avec l'armée lors du retrait du Sinaï en 1980 — c'est précisément pour ne pas céder devant les exigences de la vieille élite politique et admiC'EST AINSI QU'IL FAUT COMPRENDRE le discours incendiaire de Netanyahu après l'annonce de la décision du Parquet : au lieu d'apaiser les esprits, il s'en est pris au complot gauchiste qui refuse d'accepter la volonté populaire, aux médias manipulés par les Travaillistes, à ceux qui sont prêts à user de tous les moyens pour empêcher la construction de nouvelles colonies sur la terre de la Patrie. Ce populisme ne fait évidemment qu'accroître les craintes de a classe dirigeante face à un chef de gouvernement, de sur croît élu au suffrage universel, qui joue aux apprentis sorciers et risque de faire couler la barque qu'il est supposé conduire. Si l'on ajoute à cela la colère authentique des Juifs d'origine arabe qui ne comprennent pas pourquoi c'est, une fois de plus, un des leurs qui trinque, alors que tous les autres s'en sortent, de justesse, et la certitude qu'ont les nombreux électeurs du Shass que c'est à la tradition juive orientale qu'on en veut — il est facile de voir pourquoi le Président de l'État s'est déclaré préoccupé par les éventuelles retombées de l'affaire Bar-On-Hébron. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, au cours des dix premiers mois de son mandat, Benyamin Netanyahu a moins utilisé son pouvoir pour mener une politique de droite, que mené une politique de droite — tant sur le plan interne que dans sa politique envers les Palestiniens — pour asseoir son pouvoir, et renforcer, par une démagogie populiste permanente, la haine envers toute alternative potentielle.
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