Editorial de Catherine Samary
Elections muncipales
en Bosnie-Herzégovine (B-H) :
Résultats et lendemains incertains
son toujours pas conis 15 jours plusa. OSCE (Organisepon pour la sea
L'OSCE (Organisation pour la sécu frité et la coopération en Europe) chargée de superviser l'ensemble du processus électoral est confrontée à de nombreuses plaintes, notamment liées au décompte du vote des « absents » (abstentee ballots), c'est-à-dire les électeurs réfugiés à l'étranger, ou éloignés par la guerre de leur localité d'origine où ils souhaitaient voter. L'ambivalence des accords de Dayton est là : entérinant d'un côté des « entités » divisant la Bosnie sur des bases ethniques, mais en même temps censés garantir le retour des réfugiés et personnes déplacées. Le droit de voter dans la localité où l'on était inscrit avant la guerre a donc été reconnu. Mais les partis nationalistes ont voulu consolider par les élections (législatives, l'an passé, municipales aujourd'hui) les territoires conquis dans la guerre. La composition des listes électorales fut donc un enjeu essentiel. A la veille même du scrutin, le HDZ croate et le SDS de Karadzic avaient menacé de boycotter les élections : le premier était mécontent des listes établies à Mostar « capitale » de L'Herceg-Bosna (Etat croate théoriquement dissous dans la Fédération croato-musulmane). Le second protestait de la même façon face au risque de perdre Brcko, en plein dans le « corridor » qui relie les deux parties de l'entité serbe (Republika Srpska-RS). Les changements acceptés au dernier moment par l'OSCE (plus soucieuse que les élections aient lieu, que de principes) ont conduit ces partis à participer au scrutin...
Mais la volonté d'affaiblir les partis nationalistes et. tout simplement, d'exprimer le droit au retour se manifeste aussi dans le vote des gens, notamment des « absents ». C'est le cas semble-t-il pour les nombreux Musulmans chassés de Srebrenica, ancienne « enclave » musulmane en « territoire serbe », dont les maisons sont désormais occupées par des réfugiés serbes (malheureux de n'être pas chez eux en Krajina croate...). Il se pourrait que l'assemblée municipale de Srebrenica soit... à majorité SDA avec un maire musulman. Autre cas à suivre, exceptionnel, est celui de Divar, dans la Fédération croato-musulmane : les Serbes y étaient majoritaires avant guerre. Les Croates le sont désormais. Or, une association de Serbes préconisant le retour de tous les réfugiés dans leur foyer respectif s'est présentée à Divar et pourrait l'emporter... Dans les deux cas, si ces résultats se confirment, on sera confronté aux réactions violentes des partis extrémistes serbe et croate.
Tel est bien semble-t-il le profil de ces élections : les partis nationalistes y demeureront prédominants. Mais des formes multiples de résistance aux politiques nationalistes s'y manifestent. On est déjà sûr de la victoire de la Liste unie à Tuzla. Cette coalition de partis de gauche ou démocrates, conduite par le parti de Beslagic, maire de Tuzla se confrontait à une campagne agressive du SDA d'Izetbegovic. La Liste Unie pourrait même, avec les voix acquises par le Parti Social-Démocrate, obtenir une majorité des deux-tiers. Pourtant, cette ville industrielle symbolique du mélange bosniaque et à majorité musulmane a connu un afflux massif de réfugiés musulmans des campagnes, base sociale du vote SDA. Cela confirmerait le fait que beaucoup d'entre eux (d'entre elles, en l'occurrence), provenant de Srebrenica, auraient voté dans leur commune d'origine...
Editorial de Catherine Samary
Insistant plus sur le maintien de la Bosnie que sur l'Islam, le SDA a formé une coalition où se sont joints à lui deux petits partis libéraux et le « Parti pour la Bosnie », scission du SDA représentant son aile laïque et pro-américaine, dirigée par Haris Siladzic.
ette coalition aurait remporté la majorité des suftrages dans la plupart des commun maiorité musulmane — mais n'obtiendrait qu'une majorité très relative face à s t la présidente Biliana Plvasic. Celle-ci a dissous le Parlement et scissionné du SDS e hoisissant de dénoncer les malversations financières de Karadzic et de jouer le jeu de nais élu président de la Fédération yougoslave (serbo-monténégrine), et dont le Part socialiste est sorti majoritaire des récentes élections en Serbie, a confirmé son rôle de tions législatives. Mais en Serbie comme en RS un des résultats les plus inquiétants est a montée du vote en faveur du Parti radical serbe de Vojislav Seseli. ex-allié de Milosevi t qui capitalise en partie les votes de ceux que Karadzic (et Milosevic) a décus
Le 1" Octobre 1997. Les photos du dossier sont issues du livre de Raul Corrales et Alberto Korda, Che. Messidor, 1991.
Che Guevara ze