A la fin du mois daoût 1977, cela fera 6
Lans que l'URSS aura cessé d'exister en tant qu'Etat. La fin du mois d'août 1991 aura marqué la fin de toute une période du XXe siècle où existait dans le monde un « Etat du socialisme • bureaucratisé qui divisait le monde en deux parties adverses. Aujourd'hui a complètement disparu le • facteur mondial du communisme • qui menaçait l'impérialisme des USA et de l'Europe occidentale. Toutes les républiques de l'ancienne URSS ont subi des déformations colossales. L'absolutisme bureaucratique a été remplacé par les processus spontanés du marché mais le pouvoir est demeuré l'instrument d'accumulation du capital. C'est ainsi que le capitalisme mondial est passé à un nouveau stade
L'ex-monopole du PCUS a formé les nouvelles élites politiques et économiques qui dirigent les • républiques indépendantes • de l'ancienne URSS, devenues des Etats de la
A partir de 1985, M. Gorbatchev a - organisé » la perestroika. Mais uniquement pour sauvegarder le monopole du PCUS sur les citoyens de l'URSS et non pour frayer la voie vers un nouvel avenir socialiste. De 1989 à 1991, sous la pression de la protestation démocratique des citoyens et des nouvelles forces politiques, le vieil ordre bureaucratique de Staline et de Brejnev s'est effondré Mais les citoyens s'étaient battus pour la justice sociale et la démocratie ! Ils ont été floués et étouffés par les réformateurs bourgeois et les idées du séparatisme national.
Le seul but de toutes les forces politiques de la perestroïka fut d'établir un ordre bourgeois, d'assurer l'instruction des nouveaux clans et groupes privilégiés ainsi que l'accumulation du capital. Il n'y eut aucune • perestroika démocratique • mais une lutte pour prendre la succession du PCUS, pour le partage et le pillage de la propriété d'Etat de l'URSS. Les masses populaires et les innombrables militants des nouveaux partis et mouvements furent seulement des instruments pour spéculer et manipuler. A la place de la
Lettre d'Ukraine
démocratie et du progrès social, les peuples de l'ex-URSS héritèrent d'une totale corruption, de la criminalité, de l'arbitraire des mafias, des conflits armés locaux et de tous les maux sociaux qu'on peut observer dans
En raison de la dégradation croissante et de la pauvreté, aux yeux de beaucoup la stabilité du temps de N. Khrouchtchev et de L. Brejnev apparaît comme idéale. Mais cet idéal du - grand passé • n'est aucunement lié à des convictions socialistes mais à l'ordre qui, d'année en année, garantissait quelque chose « à tous et à chacun -.
Cet idéal du - grand passé » — l'amour de l'absolutisme — était et demeure le premier ennemi d'un futur socialiste. Pour la plupart des citoyens soviétiques, le - grand passé » consistait en ce qu'ils n'avaient à décider de rien et ne devaient répondre de rien en ce qui concerne la vie de la société.
Pour eux tout se passait comme si une fois et pour toujours tout était décidé et défini en haut comme d'ordre divin. Cependant l'individu et les masses, avec leur conscience et leur être, étaient complètement dépouillés du droit de choisir, de lutter pour l'avenir. Les héritiers • rouges • du PCUS (les divers PC), qui existent depuis l'automne 1991 dans toutes les républiques de la CEI, se sont tellement habitués à l'ordre des choses actuel que ces deux dernières années ils ont complètement oublié de réanimer un unique PCUS au pouvoit absolu et une • grande URSS dans ses frontières de 1945 •. Rejetant totalement le facteur révolutionnaire démocratique, ces • conservateurs rouges • et • messieurs rouges • laissent libre cours à leurs instincts et ne se soucient guère du progrès social. Ils servent ainsi l'ordre des choses existant et apparaissent comme son appui complémentaire.
La pensée collective des partis communistes existant sur le territoire de la CEl correspond aux exigences de la classe moyenne des fonctionnaires de l'Etat qui vivent aux crochets du système répressif de l'Etat bourgeois, reçoivent salaire, impôts, pots de vin,
La classe ouvrière industrielle de l'ancienne URSS s'est décomposée et depuis 1990 a diminué d'au moins 20 fois. Quant à la bureaucratie étatique dirigeante, elle conserve son effectif et réserve ses places pour demain en établissant des structures complémentaires qui compliquent le systè-
L'idée du rétablissement de PURSS par les forces de la - revanche communiste » s'est épuisée et a perdu toute signification. Actuellement les héritiers • rouges - du PCUS laissent agir les forces de • la bourgeoisie nationale saine » avec l'appui de • l'héritage historique du patriotisme russe et soviétique -pour transformer la CEl en un nouvel état fédéré avec en tête la Russie !?
La réunification dans le PCUS est ainsi impossible en raison de l'impossibilité pathologique du • mouvement communiste • de s'opposer, même dans des formes spécifiques, à l'état de choses ambiant. La diffusion et le développement des idées du socialisme international sont pratiquement impossibles au sein de l'actuel - mouvement communiste » de la CEI. Celui-ci, dans sa défense de l'absolutisme d'hier, est privé du facteur humain qui est indispensable pour développer la démocratie révolutionnaire et la lutte pour un avenir socialiste.
Pour surmonter la crise actuelle du • socialisme • et du • communisme », il est indispensable d'aller de l'avant et de le faire à une vitesse accélérée. La Quatrième Internationale peut nous aider à développer l'activité révolutionnaire des travailleurs et à créer une force qualitativement capable d'enjamber le passé pathologique de surmonter la crise présente et d'être dans le futur une source de mouvement, d'action et
Roman Kondakou militant trotskyste sur le territoire de la CEL Dniépropétrousk, 25 août 1997