Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER : LES 35 HEURES EN EUROPE

Allemagne : RTT et mouvement ouvrier

· Inprecor n° 420, janvier 1998 · p. 19-21 · 3 504 mots

Allemagne Syndicalisme

a première norme sur le temps de trava _(10 heures par jour) ne fut pas introdui te, ni en Angleterre ni en France, en 1848. En Allemagne après la défaite de la révolution, elle ne pénètre que vers 1900, lors de la phase d'expansion économique prolongée à la suite d'une lutte syndicale dans des entreprises de deux grandes villes. En novembre 1918, la journée de 8 heures est imposée par la révolution de novembre et non par la lutte syndicale, ce fut l'une des premières revendications naturelles des Conseils ouvriers. Pour éviter que ne s'affirme une autre revendication des Conseils révolutionnaires, celle de la socialisation de la grande industrie, le patronat proposa aux directions syndicales, opposées aux Conseils, un pacte politique : « le groupe du travail », cadre permanent entre syndicats et patrons (15 novembre 1918).

L'accord qui déboucha sur la formation de ce groupe de travail, prévoyait la reconnaissance par le patronat des syndicats comme « représentant légitime des travailleurs » et l'introduction des 8 heures de travail sans perte de salaire.

Après les défaites de 1919 et 1921, les organisations patronales remettaient en question le temps de travail en exigeant une loi comportant un horaire maximum de 48 heures hebdomadaires dans le but d'exploiter plus longuement les machines. L'argument avancé était aussi bien absurde que cynique : on ne peut pas perdre une guerre et prétendre travailler deux heures en moins.

L'hyperinflation et le chômage massif dans la crise de 1922 et 1923 - de même que la social-démocratie au parlement — les aidèrent. En décembre 1923, une loi d'urgence établissait qu'on pouvait travailler deux heures supplémentaires pendant 30 jours au cours d'une année, sous condition que l'horaire global ne dépasse pas 10 heures par jour (en règle le samedi devait être ouvrable). C'est en se basant sur cette loi que les nazis introduisent en 1938 un « ordre du temps du travail », qui fixait la semaine de 48 heures avec la possibilité de travailler 10 heures par jour pendant 60 jours c'est-à-dire que deux mois par an on introduisait la semaine de 60 heures. Cette loi n'a pas encore été supprimée. Dans l'industrie minière et dans des zones en crise comme la Ruhr le temps de travail d'avant guerre fut en fait réintroduit.

Dans la tradition du mouvement ouvrier la réduction du temps de travail a été défendue le plus souvent par des arguments sociaux, de santé et de conditions de travail plutôt que par la nécessité de lutter contre le chômage et de déterminer une autre logique économique, c'est-à-dire « la victoire de l'économie politique de la classe ouvrière sur l'économie politique de la bourgeoisie. » (Marx, Adresse inaugurale de l'Association internationale des travailleurs 1866). Alors que Marx dans le Capital perçoit la réduction du temps du travail comme « une précondition sans laquelle toute autre aspiration à des améliorations et à l'émancipation sont vouées à la faillite », les syndicats l'expliquent par la nécessité d'empêcher un épuisement excessif de la force de travail et pour défendre la santé des personnes, les exigences familiales et les progrès culturels de la classe ouvrière.

C'est seulement au cours de la grande crise des années 20 que la Confédération syndicale ADGB exige le retour aux 8 heures par jour et à la semaine de 40 heures par une loi (1930) avec l'obligation d'embaucher de la main d'œuvre supplémentaire dans la mesure de la réduction du temps de travail. On n'exige plus le maintien du salaire. Mais on n'avait aucune intention de poursuivre cette objectif

Pendant la guerre, dans la plupart des secteurs industriels, le temps de travail atteignait 10 heures par jour. Après la guerre on revint à la norme de 1938. Le chômage élevé de l'après-guerre, conséquence de la démobilisation de l'armée aussi bien que de l'afflux prolongé d'immigrés des pays de l'Est, a été surmonté non par une réduction du temps de travail mais par une formidable relance économique. En 1950 il y avait encore 1,6 millions de chômeurs, en 1956 : 761 000, et en 1960 lorsqu'on décida d'introduire graduellement les 48 heures hebdomadaires, il y avait déjà une pénurie des forces de travail (235 000 chômeurs).

Le temps de travail réel dépend depuis toujours du rapport de forces concret dans une situation donnée. Mais il reflète aussi des spécificités du cours de l'histoire. C'est l'angle sous lequel Angela

Klein examine la question de la réduction du travail en Allemagne depuis l'application de la journée de 8 heures imposée par la révolution de 1918

Par

Angela Klein

Le patronat avait recruté à l'étranger

200 000 travailleurs supplémentaires. Dans les années 50 et 60 le produit national brut augmentait de 6 à 7 % et la production aug mentait plus que la productivité (cette tendance se renversa d'ailleurs à partir des années 1970).

Les syndicats étaient donc dans une position de force pour négocier les 40 heures. La confédération DGB les revendiqua à partir de son programme d'action de

1955, mais un accord central avec l'association patronale s'avéra impossible. En fait la réduction du temps de travail fut introduite après 1960, c'est-à-dire après que le chômage eut été surmonté. Personne n'établit un rapport entre les 40 heures et la nécessité de créer de nouveaux emplois

Ce n'est que rétrospectivement en 1978 qu'on s'aperçut qu'en 1970 on aurait pu employer dans la métallurgie 4 millions de travailleurs au lieu de 3,5 millions si on n'avait pas introduit les 40 heures (?)

La réduction du travail n'avait donc créé que 500 000 emplois. Le temps de travail par an diminua de 2 084 heures en

1960 à 1 714 en 1979

Dans la métallurgie les 40 heures furent réalisées en 1968 (8 heures par jour et

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samedi férié). En 1974, presque tous les salariés avaient obtenu la semaine de 40 heures et un mois de congé, dont 23 jours payés. Les 35 h contre le chômage

La revendication d'une réduction du temps de travail (RTT) à 35 heures a été la réaction à la crise internationale de la moid'abord dans les entreprises où l'affrontement avec la stratégie patronale (réduction d'emploi et rationalisation) était le plus direct. Fin mars 1977 une assemblée chez Opel à Rüsselsheim près de Francfort votait unanimement une résolution demandant aux délégués au congrès de l'IG Metall de se battre pour la journée de 7 heures sur 5 jours, donc pour les 35 heures sans réduction de salaire (entre 1973 et 1975 les emplois avaient diminué chez Opel de 36 000 à 28 000). La solidarité avec les camarades au chômage et la nécessité de sauvegarder les emplois maintenus était au centre de la revendication, ce qui était une nouveauté dans le débat syndical.

La procédure par laquelle la revendication a fait son chemin au sein de l'IG Metall a elle aussi été nouvelle. Jusqu'à l'automne 1977, 25 unités administratives de l'IG Metall représentant 662 000 membres avaient soumis la même motion. 7 unités avec 308 000 membres avaient demandé la semaine de 32 et même 30 heures. Fin août la direction de l'IG Metall s'était prononcée contre la réduction à 35 heures et moins. Néanmoins, le congrès syndical adopta la réduction à 35 heures avec 275 voix pour, 261 contre et 4 abstentions. L'année suivante, le congrès confédéral DGB a voté lui-aussi les 35 heures y compris contre la volonté de nombreuses directions syndicales et contre la recommandation de la commission pour les motions.

La gauche syndicale a donc pu faire valoir une stratégie qui aurait pu être la stratégie valable des syndicats contre les solutions patronales à la crise. Rappelons que jusque là les directions syndicales avaient estimé que la lutte contre le chômage et pour de nouveaux emplois était une tâche de l'État, cela d'autant plus que la socialdémocratie était au gouvernement. Le DGB avait demandé au gouvernement de réformer la loi sur le temps de travail de 1938 et surtout de baisser l'âge de la retraite. Il ne considérait les 35 heures que, tout au plus, comme une condition plus favorable pour des catégories particulières (travail de nuit par rotation et à la pièce). Ce n'est que la gauche syndicale qui reconnaissait que la réduction du temps de travail pouvait être avancée également comme un instrument contre la rationalisation et la diminution de l'emploi. Après la décision du congrès syndical, l'IG Metall a commencé à débattre sur la façon dont on pouvait imposer la RTT. En effet, une réduction visant à humaniser les conditions de travail pourrait être introduite même à petit pas, indépendamment de la forme. Si par contre le but était la sauvegarde de l'emploi ou la création de nouveaux emplois il faudrait avancer à grand pas. La première fois que l'IG Metall décida d'agir conformément à la décision du congrès fut en 1978. Toutefois, elle n'a pas proposé la lutte pour les 35 heures dans la métallurgie où une forte croissance des exportations surtout de l'automobile, aurait créé un rapport de forces favorable : elle l'a proposée à l'occasion du renouvellement du contrat pour la sidérurgie qui était entrée dans une phase de restructuration colossale et de réduction massive d'emplois. Au début la revendication a été présentée comme étant d'importance particulière pour la sidérurgie en tant que compensation pour le travail continu particulièrement dur. L'argument de la sauvegarde de l'emploi n'était avancé qu'accessoirement. En outre, l'IG Metall ne demandait pas les 35 heures dans l'immédiat : elle revendiquait plus vaguement un premier pas vers la RTT hebdomadaire visant les 35 heures à moyen terme. Ce n'est que plus tard, en pleine lutte, que la direction syndicale a avancé sous une forme combative l'argument : « sans les 35 heures dans la sidérurgie, dans le Ruhr l'extermination de l'emploi deviendra catastrophique ». Ce fut une lutte très dure contre le patronat qui voulait empêcher à tout prix toute réduction du temps de travail hebdomadaire en-dessous de 40 heures, toute prolongation du congé au-delà de six semaines, toute augmentation des pauses payées. Plus précisément selon le patronat, « la répartition du temps de travail sur le jour de travail ouvrable doit être librement disponible et pas soumise à des normes contractuelles »

Même si la revendication des 35 heures était très populaire et si des dizaines de milliers de syndicalistes dans le pays tout entier appuyaient les grèves qui se développaient, la direction de l'IG Metall ne voulait pas élargir la revendication à la métallurgie. C'est pourquoi elle demandait en même temps la revendication des 6 semaines de congé pour indiquer dans quelle direction elle voulait marcher.

Ce sont les patrons qui ont provoqué la grève en n'offrant que 2 jours de congé en plus, c'est-à-dire ce qui manquait pour atteindre les 6 semaines. Après 6 semaines de grève, la première de la sidérurgie depuis 1950, dans laquelle ont été impliqués 40 000 travailleurs, l'IG Metall acceptait 6 semaines de congé, 3 relèves libres par an pour les travailleurs âgés de plus de 50 ans et 4 relèves libres pour les travailleurs de nuit. Mais en compensation la semaine de 40 heures était maintenue jusqu'à la fin de 1983.

L'opposition à ce résultat a été massive et devait se prolonger au cours des années suivantes. La grève avait inspiré une conscience plus aiguë de s'opposer aux patrons. Des revendications comme la socialisation des moyens de production réapparaissaient et des couches de travailleurs se radicalisaient. Plus tard, la direction de l'IG Metall calculait que l'introduction des 35 heures en 1978 aurait sauvé 17 000 emplois dans la sidérurgie et 256 000 dans la métallurgie. 35 h et la flexibilité

A l'instar de la grève de 1978, celle de 1984 s'est produite dans une période de relance économique (après la récession de 1980-1982 au cours de laquelle le nombre de chômeurs était passé de 800 000 en 1979 à 2,4 millions en 1983). En 1981, la direction de l'IG Metall décidait de ne pas avancer sur le chemin des 35 heures mais de se donner l'objectif de baisser l'âge de la retraite à 58 ans en maintenant la semaine de 40 heures. Par là elle s'adaptait aux indications du gouvernement qui au lieu de camper sur un simple refus de toute réduction d'horaire proposait différents modèles de flexibilisation du temps de travail : temps partiel, job-Sharing, travail temporaire, contrat de travail limité, etc

La situation s'est renversée en 1982 lorsque les libéraux se sont retirés de la coalition gouvernementale. Le décembre la direction de l'IG Metall déclare qu' : « elle est prête et résolue à contribuer dans l'année qui vient à la réduction du chômage et qu'elle considère prioritaire la RTT hebdomadaire ». L'année 1982 sera une année de forte mobilisation du syndicat pour le nouvel objectif. L'IG Metall avance tous les arguments en faveur des 35 heures qui rendraient possible la création de 1,6 millions nouveaux emplois alors qu'une baisse de l'âge de la retraite à 55 ans n'en créerait qu'un million. Autour de l'IG Metall s'alignent progressivement les syndicats de typographes, de postiers, de l'enseignement et de la science, du commerce, du bois et celui de l'horticulture. Les autres syndicats - chimie, construction, mines, textile et alimentation se prononcent pour l'âge de retraite à 58 ans. La division syndicale est très nette. La mobilisation pour la grève s'avère plus difficile que jamais. C'est à cause du chômage accru, d'une propagande patronale menée sur un ton de déclaration de guerre, des attaques du gouvernement qui soutient ouvertement les

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patrons, mais aussi des doutes sur le sérieux de la lutte proposée par l'IG Metall et la disponibilité de celui-ci à accepter des mauvais compromis, notamment en matière de flexibilité. Finalement, dès qu'il devient clair que le patronat en fait une question de principe (est-il ou non possible de briser le mur des 40 heures ?) et que le nouveau gouvernement de droite veut infliger une défaite majeure aux travailleurs, on serre les rangs derrière les deux syndicats qui pourtant ne suivent pas un plan de lutte

Alors que les patrons offrent une gestion flexible du temps de travail (« souveraineté » du temps individuel), la préretraite à 59 ans et une augmentation des salaires, tous les secteurs de l'IG Metall demandent les 35 heures sans perte de salaire, une limitation des heures supplémentaires et leur compensation heures supplémentaires en heures libres et non en argent. Au cours de la négociation se déroule une mobilisation sociale opposée : d'un côté, des initiatives de solidarité d'autres syndicats et de comités de citoyens, des initiatives culturelles, de l'autre une mobilisation contre les 35 heures dans les écoles et dans les médias, une manifestation de rue des patrons à Düsseldorf, des actions violentes de briseurs de grèves contre les typographes. Avant même que les métallos déclenche contre eux une contestation sociale d'ensemble, fondamentalement Mobilisations ouvrières

Les première grèves d'avertissement commencent à la mi-mars : 12 000 travailleurs y sont engagés. Leur nombre augmente lentement, jusqu'à 63 000 à la mi-juin. Il faut y ajouter 90 000 travailleurs frappés par des lock-out et 250 000 au chômage technique. Les travailleurs ripostent à de telles initiatives patronales par des actions (« allons visiter nos entreprises ») qui frisent parfois les occupations d'usine. En fait, alors que les grèves n'ont lieu que dans deux régions, Baden Würtenberg et Hessen, les réactions patronales frappent un peu partout.

Finalement. le climat se retourne contre les patrons et le gouvernement : le 28 mai DGB et IG Metall organisent une marche sur Bonn à laquelle participent 230 000 personnes, qui demandent, outre les 35 heures, « la préretraite pour Kohl ».

L'administration du travail, qui refusé de payer l'indemnité aux travailleurs frappées par le lock-out, est obligée de le faire par des tribunaux. En juin, dans les milieux patronaux, des voix se lèvent en faveur d'une acceptation du compromis esquissé par l'IG Metall. Celui-ci choisit même des médiateurs, Georg ancien ministre de la Défense du gouvernement Schmidt, et un représentant de la droite social-démocrate qui, fin juin, amènent l'IG Metall à accepter le compromis suivant : la semaine de 38,5 heures à partir du premier avril 1985 : il s'agit d'une variante entre les 37 heures et les 40 heures » ; le calcul sera fait sur deux mois et comme moyenne de l'entreprise (donc, il ne s'agit pas de travail individuel) ; dans la sidérurgie, le semaine de travail sera de 38 heures à partir du premier octobre 1984, dans l'imprimerie de 38,5. Les nouveaux contrats excluent explicitement que la réduction du temps de travail implique une réduction du temps d'utilisation des machines. La « souveraineté » du travailleur individuel s'avère être un conte de fée : le contrat établit que les exigences de l'entreprise doivent être de toute façon respectées.

Dans la plupart des cas, la réduction du temps de travail sera réalisée en concédant une journée ou une demi-journée libre, qui pourra être remise à des périodes où il y aurait moins de travail. Les patrons, qui n'ont pas pu imposer leur tabou des 40 heures, ont toutefois gagné sur la demande selon laquelle le travailleur doit s'adapter aux machines. Les temps de travail commencent ainsi à se différencier y compris au sein d'une même entreprise. Par ailleurs, le contrat signé est le premier qui ne fixe pas les conditions de travail, mais transfère cette tâche aux représentants des tra vailleurs dans les entreprises, ce qu'on appelle les conseils, qui ne sont pas des organismes syndicaux, mais des organismes reconnus par la loi et avec des tâches également fixées par la loi. Assez souvent, ces conseils n'expriment pas un point de vue indépendant ; il se préoccuperont plutôt de défendre les intérêts de « leur » entreprise. L'IG Metall et la RTT

Cette fois aussi la gauche syndicale conseille de voter contre l'accord. Mais si en 1978 sa consigne avait été suivie par 40 % des votants, en 1984 il n'y a que 30 %

Un accord sur l'introduction des 35 heures dans le délai de 10 ans ne sera signé qu'en 1986. Chaque passage de cet accord sera négocié et se heurtera à l'opposition résolue des patrons. Le dernier passage - de 37 à 35 heures — se réalise en 1995. Selon des calculs de l'IG Metall, par cette initiative ont été créés ou maintenus un million d'emplois. Même si cela est vrai, dans la même période le nombre des chômeurs est passé de 2,5 à 4,5 millions. II est vrai aussi que les 35 heures telles qu'elles ont été réalisées, ont ouvert le chemin à une flexibilisation du travail sans pré cédent. La moyenne est calculée sur des échéances de plus en plus longues (3 mois, 6 mois, parfois un an), ce qui implique que les heures supplémentaires sont payées de moins en moins. Le temps de travail varie de plus en plus, y compris au sein de la même entreprise.

A cause de tout cela et du fait qu'une telle forme de réduction du temps de travail comporte aussi bien une augmentation de l'intensité du travail qu'une perte de salaire (le temps de travail réduit soit n'est pas payé, soit est payé moins), des initiatives d'une réduction ultérieure du temps de travail - en allant, par exemple, vers les 32 ou 30 heures — se heurtent à des attitudes sceptiques. Au dernier congrès de l'IG Metall, en novembre 1996, une nouvelle initiative, proposée par une minorité et visant à obtenir les 32 heures sans perte de salaire, a été rejetée, même si le président de l'IG Metall, Klaus Zwickel, l'a faite sienne après le congrès. Le congrès a adopté « un pacte pour le travail » qui a été un échec

Pour l'instant, lIG Metall n'a pas de ligne en matière de lutte contre le chômage. Zwickel ne cesse de parler des 32 heures, mais en fait l'IG Metall a conclu dans le Baden-Würtenberg un accord sur le temps partiel pour les travailleurs les plus âgés (en-dessus de 55 ans), qui prévoit le maintien des 35 heures jusqu'à l'an 2 000 L'adjoint de Zwickel, Walter Riester, n'en veut pas et défend une politique de flexibilisation plus poussée. Selon une telle politique les contrats collectifs perdraient leur importance dans la mesure où les négociations entre syndicats et patrons ne fixeraient qu'un cadre général qui se concrétiserait au niveau des entreprises avec le résultat de stimuler ainsi une concurrence entre les travailleurs de différentes entre-

La leçon qu'on peut tirer, malgré tout des luttes syndicales des années 1988 est qu'il est possible de se battre avec des objectifs offensifs, dont la logique entraîne un dépassement du cadre de l'économie basée sur le profit. L'IG Metall aurait pu gagner sur les 35 heures aussi bien en 1978 qu'en 1984, mais aux deux conditions de surmonter la division syndicale et d'élargir la lutte à plusieurs régions. En tout cas la réduction du temps de travail reste un objectif central, si on veut défendre aussi bien les travailleurs que les chômeurs introduire une nouvelle distribution du temps de travail entre hommes et femmes et réaliser l'unité de la classe ouvrière pour sortir d'une situation essentiellement défensive. •

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