Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

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· Inprecor n° 424, mai 1998 · p. 21 · 285 mots

France

Alors qu'il est de bon ton aujourd'hui de commémorer la quête de l'utopie étudiante et la transformation culturelle engendrée par Mai 68, ou encore le saut français dans la modernité quant ce n'est pas l'acte de naissance de l'individualisme moderne, Maurice Rajsfus dérange*. Loin de se plonger dans les souvenirs d'ancien combattant, il livre une chronique de la grande peur qui traversa l'Etat gaullien et post-gaullien entre 1968 en 1974.

Rappel utile que celui d'une répression qui sans être sanglante n'en fut pas moins omniprésente et harassante : interventions policières, passages à tabac, censure des publications, expulsions et interdictions de séjour, conseils de discipline et suspension de lycéens et étudiants, dissolution d'organisations. Une tentative de rétablissement de l'ordre au nom de la grandeur de l'État et de la lutte contre le complot international, au cours de laquelle l'Etat gaullien avait peur de tout sauf du ridicule.

" C'est l'évocation de l'imagination créatrice qui a paniqué les gouvernants, mais également une certaine gauche devenue conformiste » écrit Rajsfus. Il rappelle utilement, textes à l'appui, le rôle néfaste joué par les dirigeants du PCF et de la CGT comme flanc-garde idéologique de la répres-

Citations à l'appui, Rajsfus sort de l'oubli la multitude des petits faits qui, mis bout à bout, font système. Il rappelle l'idéologie répressive qui fut celle de la Ve République aux abois, lorsque la "chienlit", par millions, a retourné le compliment à celui qui aimait s'identifier à la France. A lire pour se remémorer un climat ou pour apprendre ce que les manuels d'histoire omettent de mentionner. (JM) * Maurice Rajsfus, Mai 68, sous les pavés, la répression (mai 1968 - mars 1974), Le cherche midi éd., Paris 1998, 252 p.

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