Our Future
A UA •Ireland rti mility
A la tribune du Ard feish (congrès), les trois députés de Sinn Féin : Gerry Adams (Nord), Caoimghin O'Caolain (Sud)
Get Martin McGuiness (Nord). Mireille Court « Est-ce lice nous esperes a une république socialiste des 32 comtés sortirait des négociations? » Cette question, posée par un délégué de la Sinn Féin Youth (mouvement de jeunesse de Sinn Féin), résume assez bien la situation dans laquelle se retrouvent les Républicains au lendemain de la publication de « l'accord du Vendredi saint » comme tout le monde l'appelle en Irlande.
Sinn Féin s'est engagé dans le processus de paix depuis la fin des années quatre-vingt et encore plus clairement depuis la déclaration Hume-Adams (1) d'octobre 1993 et le premier cessez-le-feu de l'IRA en septembre 1994. Toute la stratégie du mouvement républicain s'en est trouvée profondément bouleversée, d'abord avec la fin de l'abstentionnisme et les succès électoraux sans cesse plus importants du parti, ensuite avec une politique d'ouverture et de discussion à l'égard des Unionistes, visant à isoler les partis les plus extrêmes, comme le DUP de lan Paisley.
Le document issu des négociations est loin d'être satisfaisant pour les militants républicains et la direction du mouvement. Les concessions faites sur la suppression des articles 2 te 3 de la constitution au Sud (2), la participation à une assemblée, qui donnerait un semblant de légitimité à un État d'Irlande du Nord, dont les Républicains ont toujours nié l'existence, sont les principaux points de controverse dans le mouvement. La problème du droit de veto unioniste est également difficile à admettre.
Mais le document contient aussi des éléments positifs, avec la promesse de libération des prisonniers, de réforme de la justice et de la police, et un engagement pour aller vers l'égalité des droits entre nationalistes et Unionistes. Ce n'est ni la révolution, ni le socialisme, ni la réunification. La direction de Sinn Féin ne l'a jamais caché. Gerry Adams le disait au congrès, ce document doit être considéré comme « transitoire », c'est la mobilisation qui permettra des avancées. Il a fait remarquer que les « républicains verbeux », « qui se drapent dans le drapeau de la République pour parler de l'unité de l'Irlande », n'ont jamais développé de stratégie pour y parvenir, autre qu'incantatoire. « Nous sommes les Républicains qui avons travaillé dur, nous nous sommes battus, nous avons été emprisonnés, nous avons vu mourir des êtres chers, mais nous n'avons jamais accepté que les Britanniques aient un droit quelconque sur notre pays, qu'ils divisent notre peuple et dictent leur loi. »
D'autre part, si les Républicains n'occupent pas l'espace politique qui s'ouvre, ce sont les sociaux-démocrates du SDLP qui l'occuperont, avec l'immobilisme et les compromissions dont ils ont fait preuve depuis trente ans.
Ce n'est d'ailleurs peut-être pas un hasard si les réticences les plus fortes vien-
Nouvelle stratégie
républicaine
nent des militants du Sud, plus éloignés des réalités quotidiennes du Nord. Comme l'a fait remarquer un militant pendant le congrès, ce n'est pas Sinn Féin qui a écrit la constitution de 1937, « nous étions républicains bien avant cette constitution, nous resterons républicains après sa modification. »
La direction de Sinn Féin a repoussé la réponse au document à une deuxième conférence, qui se tiendra d'ici un mois. Pour se donner le temps de convaincre, mais aussi s'assurer que le consensus autour de sa stratégie soit réel. Le renforcement du parti, la mobilisation de la communauté nationaliste pour accélérer la libération des prisonniers, les processus de réforme de la police et de la justice sont les objectifs à court terme des Républicains.
Leur objectif à long terme, comme ils l'ont réaffirmé à l'Ard feish (3), une Irlande réunifiée et socialiste.