Fragment du Portrait de l'Amérique de
Diego
Rivera. Lénine domine la scène, joignant les mains de deux ouvriers, l'un blanc, l'autre noir, d'un paysan et d'un soldat. A sa droite, Engels et Trotsky:
à sa gauche Marx et
Staline dans le coin. En dessous Boukharine, Rosa
Luxemburg (au centre, à gauche) et Klara Zetkin
(au centre, à droite). Dans le coin gauche en bas
William Z.
Foster, diristalinien du PC
Scane américain, Jay Lovestone, leader de l'opposition de droite et James P. Cannon, dirigeant trotskiste américain. De l'autre coté,
Charles E.
Ruthenberg.
dirigeant du PCA jusqu'à
1927 sa mort en et
Bertram Wolfe, qui a collaboré avec Rivera à l'édition d'un livre basé sur les murales du Portrait de l'Amérique.
au Président et aux membres
Messieurs,
Je suis en désaccord avec votre action en Corée et en ma qualité de citoyen, je vous demande de changer fondamentalement votre comme suit : Retirez les troupes américaines et laissez tranquille le peuple coréen.
J'expose en détail les raisons de cette revendication dans les paragraphes suivants. Mais avant de commencer mon argumentation, je prie
VOUS
Messieurs, de me permettre de vous dire ce que je pense de vous. Vous êtes une bande de canailles.
Vous êtes des traîtres au genre humain. Je hais votre grossièreté et votre brutalité. Vous me rendez honteux de mon pays que j'ai toujours aimé et honteux de ma race que je croyais aussi bonne qu'une autre
L'intervention américaine en Corée est une invasion impérialiste brutale qui ne diffère en rien de la guerre des
Français en Indochine ou de l'attaque hollandaise en Indonésie. De jeunes
Américains sont envoyés à 15.000 kilomètres pour tuer non à fin de libérer le peuple coréen mais pour le vaincre et le
Inprecor n° 430 / 431 - décembre 1998 /
Contre l'intervention impérialiste en Corée
Lettre ouverte de James P. Cannon du Congrès des États-Unis* trueux. (...)
politique lions ne veulent plus rester des esclaves.
janvier 1999 subjuguer. C'est révoltant, c'est monsmasses
L'explosion du 25 juin en Corée comme les événements l'ont montré, a exprimé le profond désir des Coréens d'unifier eux-mêmes leur pays, de se débarrasser de la domination étrangère et de conquérir une indépendance nationale totale. Il est vrai que le Kremlin cherche à tirer profit de cette lutte pour ses propres fins réactionnaires et qu'il la vendrait demain s'il pouvait aboutir à un nouvel accord avec Washington. Mais la lutte elle-même a le soutien écrasant et sans réserve du peuple coréen. C'est une partie du puissant soulèvement des centaines de mild'hommes des peuples coloniaux dans toute l'Asie contre l'impérialisme occidental. C'est la pure vérité, la vraie question. Les esclaves coloniaux
C'est plus qu'une lutte pour l'unification et la libération nationale. C'est une guerre civile. D'un côte se trouvent les ouvriers, les paysans et la jeunesse estudiantine de Corée. De l'autre se trouvent les propriétaires fonciers, les usuriers, les capitalistes coréens, leur
C en est que deux mois après le
• le Congrès mondial que se produit la rupture entre Moscou et Belgrade. La IVe Internationale saisit assez vite la signification de cet événement, premier signe éclatant d'une crise qui commence à fissurer la constellation stalinienne. Loin de renvoyer dos à dos les deux parties concernées, elle souligne les aspects progressifs de l'attitude des communistes yougoslaves auxquels elle exprime sa solidarité critique. Des mobilisations de solidarité sont organisées à notre initiative ou avec notre participation : de nombreux militants de différents pays intègrent des brigades qui vont travailler en Yougoslavie. Les développements de cette crise du stalinisme qui s'accentuera de façon spectaculaire à partir de 1956 sont analysés dans des textes des llle, Ive et Ve Congrès mondiaux (1951, 1954 et 1957) : dans une résolution sur la Yougoslavie (1951) et dans les textes "Montée et déclin du stalinisme" (1954) et "Montée, déclin et chute du stalinisme" (1957). police et leurs agents politiques. Les travailleuses appauvries et exploitées se sont dressées pour chasser les parasites indigènes aussi bien que leurs protecteurs étrangers. (...)
Dans cette lutte, la justice est toute entière du côté du peuple coréen. Comme les peuples coloniaux partout ailleurs en Asie, il ne veut pas de « libération » des États-Unis ou même de l'ONU. Il veut que les troupes américaines quittent la Corée. Il veut être libéré de toute domination étrangère. II veut décider de son propre sort.
Le peuple américain se souvient bien de la guerre de l'indépendance qui a libéré cette nation de la tyrannie britannique. Dans l'esprit de cette tradition révolutionnaire et démocratique je vous demande d'arrêter l'injuste guerre en Corée. Retirez toutes les forces armées américaines pour que le peuple coréen puisse être complètement libre de forger sa destinée par lui-même. C'est la motion que je soumets au Congrès.
31 juillet 1950 *Cette lettre ouverte a été popularisée par le Socialist Workers Party des États-Unis, au cours de la campagne menée contre la guerre de Corée. Elle a été traduite dans Quatrième Internationale, vol. 8, n° 8-10, d'août-octobre 1950.