Inprecor 1974–2004

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UKRAINE

Morne élection présidentielle

· Inprecor n° 443-444, janvier-février 2000, n° 443/444 · p. 14 · 365 mots

Morne élection présidentielle es deux tours des elections n'ont provoque

/ aucune sensation. La deuxième victoire de L. Koutchma correspondait au programme préparé d'avance.

Lors du premier tour, le 31 octobre, le président en exercice, L. Koutchma, recueillit 36 % des voix ; le leader du Parti communiste d'Ukraine (KPU), Piotr Simonenko, 22 % ; le leader du Parti socialiste ukrainien (SPU), A. Moroz, 11 % ; Natalia Vitrenko (Parti Socialiste Progressiste), 10,5 % ; l'ex-président du KGB-SBU et ex-premier-ministre, E. Martchouk, 8 %. Beaucoup de partisans de A. Moroz votèrent pour le leader du KPU, P. Simonenko, « en signe de protestation » contre le fait que le tête de liste socialiste se trouvait en compagnie de nationalistes qui soutenaient E. Martchouk.

Le deuxième tour, le 14 novembre, assura la victoire du « parti au pouvoir » en la personne de L. Koutchma sur « l'opposition patriotique » représentée par P. Simonenko. Sur les 72 % de votants, 57 % donnèrent leur voix à L. Koutchma, 37 % à P. Simonenko. D'après les données officielles un million de citoyens n'ont soutenu personne.

Les syndicats d'Etat officiels FPU (successeurs des syndicats de l'URSS) ont soutenu le « parti au pouvoir ». Le président du FPU, A. Stoian, a accordé un « crédit de confiance » à L. Koutchma quant au programme permettant de créer de nouveaux postes de travail et de payer progressivement les arriérés de salaire et de retraite.

La campagne électorale du président L. Koutchma pour le deuxième tour a commencé plus de 5 mois à l'avance et fut, dès le début, un spectacle politique. Pleinement assuré de sa victoire, il se choisit comme partenaire le politicien le plus misérable et le plus dépendant, un bureaucrate stalino-brejnevien : P. Simonenko. Il convient de se rappeler que le 10 juillet 1994, c'est précisément avec le plein soutien du KPU ressuscité que L. Koutchma devint président. Alors, avec son accord, le KPU acquit le statut de « parti du patriotisme d'Etat » et P. Simonenko devint son leader national.

Dans des conditions de crise sociale, il est très avantageux pour l'ordre bourgeois d'avoir une opposition précisément du type ancien régime URSS-PCUS.

Roman Kondakov

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