Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

UNION EUROPÉENNE

La vache folle ou la folie des riches

· Inprecor n° 458, mai 2001 · p. 25-28 · 4 060 mots

Europe France État espagnol Belgique

* Manolo Garí, est dirigeant de que le cerveau atteint ressemble tiques différentes de la maladie

Par Manolo Garí*

L'encéphalopathie spongiforme bovine

(ESB), plus connue sous le nom « maladie de la vache folle », est une nouvelle variante de la maladie de Creutzfeld-Jakob, devenue le symbole de l'insécurité alimentaire au sein de l'Union européenne (UE). L'opinion publique de la communauté s'est exclusivement focalisée sur les nouveaux risques sanitaires dérivés de l'alimentation, tout comme elle l'avait fait avec les aliments transgéniques ou les « poulets à la dioxine ». On a très peu souligné dans les médias que ces problèmes ont leur origine dans le type de production agricole propre aux pays industrialisés. C'est pourtant l'élevage intensif "globalisé" qui est à l'origine de la propagation rapide des nouvelles maladies humaines transmises par les animaux comme l'ESB, mais aussi dans la réapparition de maladies comme la tuberculose ou la brucellose, dont le traitement est rendu plus difficile par l'apparition de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques (1), ou encore dans la virulence extrême et la propagation éclair d'épidémies animales comme la fièvre aphteuse chez les ongulés. Si le cas de l'ESB a pris une telle place dans les médias et les préoccupations de la Communauté européenne, ce n'est pas tant à cause des 90 décès à ce jour (2) que par les risques que cela fait courir à la grande distribution, comme n'ont pas manqué de le souligner éleveurs, bouchers et grandes multinationales du secteur. Quant au simple citoyen, il s'alarme par peur d'un mal inconnu qui peut frapper arbitrairement tout consommateur.

Ce qui apparaît au grand jour ce sont les problèmes de santé et de sécurité alimentaire qui, sans être négligeables, ne sont pas les seuls en cause. D'autres questions restent inconnues du grand public. Avec le fiasco des farines carnées, l'UE se trouve plongée dans une crise économique, agro-alimentaire et écologique extrêmement grave, qui met en évidence l'échec de la Politique agri

La vache folle

ou la folie des riches

cole commune (PAC) et pose la question de sa viabilité et de son essence même. Des certitudes scientifiques limitées

Jusque dans les années 1980, l'encéphalopathie spongiforme (3) ne se transmettait pas d'une espèce à l'autre. Elle n'était connue que chez la brebis et la chèvre et la consommation par l'homme d'animaux malades n'avait pas de conséquences. Chez l'homme elle était attribuée à des facteurs génétiques mal connus et n'était pas contagieuse. Elle provoque une forme de démence, affecte le système neurovégétatif, détruit la mémoire et s'avère mortelle. Elle frappe à l'improviste, comme venue de nulle part, sans rémission, et peut rester à l'état latent pendant une longue période chez les aniIzquierda Alternativa (une comosante de la Gauche unie espagnole) et collaborateur du secteur écologique des Commissions ouvrières. Nous avons traduit cet article de la revue Viento Sur n° 55 de mars 2001. des caprins ». 1. Cf. documents de l'OMS, de la FAO et de l'UE elle-même. 2. On fait état des décès dans les médias, alors que pour les accidents de la circulation ou les accidents de travail,, bien vaches. plus nombreux, la politique communautaire n'accorde pas le même traitement prioritaire. 3. Appelée spongiforme parce présente certaines caractéris-

Le due de Devonshire et sa vache : qui est fou ?

maux comme chez l'homme.

Les farines animales (4) utilisées dans l'alimentation du bétail sont le vecteur de transmission d'une espèce à l'autre de la nouvelle variante de la maladie de

Creutzfeld-Jakob (5). Par les aliments, par certains traitements médicaux et chirurgicaux, par l'utilisation de graisses animales dans la fabrication de cosmétiques et d'autres produits, l'homme est maintenant contaminé et les « barrières entre espèces » n'existent plus. L'agent infectieux, après avoir difficilement franchi le pas d'une espèce à l'autre, peut acquérir une virulence extrême (6).

Chez l'homme, l'agent pathogène est transmissible par le sang. Le vecteur de la transmission est le prion, une protéine altérée aux effets pathogènes chez l'animal (7). Le prion provoque l'altération des protéines normales à une éponge. L'Organisation d'origine génétique. Il n'y a de traitement curatif ni pour l'une mondiale de la santé animale, dans sa fiche étiologie, définit ni pour l'autre.

comparativement l'ESB comme

6. Cette capacité à franchir les

• agent transmissible non frontières entre espèces est à conventionnel, très proche du l'origine d'une nouvelle dénomination encéphalopathie prurigo lombaire des ovins et spongiforme transmissible (EST)

4. Les vaches, pour la première

7. Le prion désigne une protéifois au cours de leur longue ne infectieuse, particulièrement évolution, commencent à s'aliprésente dans le cerveau et les menter de dépouilles de moutissus nerveux où se localise le tons, de chèvres et même de plus grand risque. Les lymphocytes ont un haut pouvoir infec-

5. On parle d'une nouvelle tieux et jouent un rôle imporforme d'encéphalopathie spontant dans le transport des prions giforme dans la mesure où elle vers le cerveau et les tissus lymphatiques

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qui s'accumulent alors dans la mesure où les enzymes qui assurent leur dégradation en conditions normales, ne sont plus à même de les décomposer. Le prion s'avère très résistant à la chaleur, à l'alcool, aux désinfectants, aux rayons ultraviolets, aux radiations ionisantes et finalement à tout traitement physique ou chimique (d'après l'Organisation mondiale de la santé animale). A la différence des virus, il ne contient pas de matériel génétique et ne provoque donc pas de réponse immunologique, ce qui rend sa détection précoce très difficile chez un être vivant (8). L'agent pathogène peut survivre enfoui dans le sol durant des années, ce qui est lourd de dangers aussi bien pour nous que pour les générations futures.

Folies du système

La grande question face à la "maladie de la vache folle" est : comment en est-on arrivé là ? Pour la Fédération des associations pour la défense de la santé publique

(FADSP), l'ESB « est le résultat du processus mal contrôlé de globalisation des rapports économiques qui a laissé primer les intérêts économiques sur le droit à la protection de la santé, et de l'abandon par les Etats de leur rôle de régulation et de contrôle, ce qui a permis la contamination des aliments pour bétail et la dissémination dans toute l'Europe d'animaux contaminés ».

Ces intérêts économiques sont liés au modèle agro-alimentaire intensif qui se caractérise par l'engraissement accéléré de grandes batteries d'animaux nourris avec des aliments à base de céréales, ce que ne permettaient pas les aliments traditionnels.

L'élevage et l'agriculture ont divorcé et l'élevage est devenu une activité semi-industrielle, à la recherche de rendements élevés et de hauts protits, au lieu de se préoccuper d'optimiser rationnellement la production dans une optique de développement durable. La mondialisation capitaliste a aggravé les aspects les plus négatifs de ce modèle,

8. Actuellement, seule une biopproblème prend sie du cerveau ou des amygdasociale évidente les qui porte sur une partie meilleur marché infectée de l'organe permet de ment les classes laborieuses détecter rigoureusement la malsont fabriqués avec les viandes potentiellement infectées, ce adie.

9. Chaque animal fournit enviqui traduit une inégalité de clasron sept kilos de viande incorse face à la maladie.

porés dans des lots de 5 à 7 ton-

11. Les graisses animales sont .

nes de viande.

utilisées dans la fabrication de

10. La santé alimentaire est grafiltres pour cigarettes, de jamvement concernée si l'on consibon, de tapis ou de téléviseurs et les produits animaux entrent dère qu'un simple hamburger peut contenir de la viande dans la composition de cosmétiques, de sacs de cuir ou de d'une soixantaine d'animaux différents. Au Royaume-Uni, ce produits pharmaceutiques (et accentué ses défauts, raccourci les rythmes d'apparition et de propagation des problèmes.

La PAC en Europe a conduit à un processus d'intensification et de spécialisation. Dans le même temps l'UE a connu une dépendance accrue vis-à-vis de procédés technologiques et de produits importés des Etats-Unis et des multinationales qui contrôlent le marché du soja : Cargill et sa filiale Renessen, ADM et son associée Sygenta qui résulte de la fusion de Novartis et AstraZeneca. L'UE souffre d'un déficit de 70 % de ses besoins en protéines végétales pour les aliments artificiels. Ce facteur a été renforcé par le traité signé entre la CEE et les USA lors de l'Uruguay Round sur le libre commerce (GATT) et par l'accord Blair House. Tous deux ont aggravé la dépendance de l'Union européenne qui s'y est engagée à limiter les surfaces cultivées en oléagineux.

C'est ainsi qu'en pleine ère thatchérienne, des industriels peu scrupuleux, au mépris de tout principe de précaution, en l'absence de tout contrôle, ont commencé à fabriquer des farines pour bovins composées de résidus d'origine animale très bon marché et à transformer des herbivores en carnivores cannibales. Quand on a su quelles étaient les causes de la maladie chez les animaux et l'homme et ses voies de transmission, certains gouvernements européens, avec la Grande-Bretagne à leur tête, ont été tentés d'interdire les farines animales au sein de l'UE mais, comble du cynisme, d'en promouvoir l'exportation vers des pays tiers, en particulier les pays les plus pauvres. Un monde d'incertitudes

LESB s'est propagée très rapidement dans le cheptel européen, en particulier en Grande-Bretagne. On compte plus de 180 000 cas détectés dans les 4,8 millions de têtes abattues et éliminées depuis 1996. En Espagne, 33 cas de « vaches folles » avaient été découverts avant mars 2001 et on prévoit que ce nombre atteigne 1750 une dimension même, jusqu'en 1993, dans l'é: les pâtés les laboration de différents vacque consom- cins).

12. La mesure est adoptée des années après la découverte du problème et de sa gravité. En outre, les animaux de moins de 30 mois peuvent être infectés et développer la maladie. La communauté scientifique commence à redouter que l'animal puisse être infectieux dès la phase d'incubation. 13. Professeur de statistiques à l'Université de Leeds.

d'ici la fin 2002. Mais les cas non détectés peuvent être beaucoup plus nombreux et on n'a pas encore mis au point de tests fiables sur les animaux vivants. La revue Nature donne l'estimation de 950 000 vaches infectées qui seraient entrées dans la chaîne alimentaire au cours des quatre dernières années.

Dans la fabrication des hamburgers, des pâtés et des sauces à la viande on utilise des viscères et des déchets de viande (9). Le comité scientifique permanent de l'UE a calculé que chaque lot mis sur le marché contient de la viande provenant d'un millier d'animaux, chacun étant susceptible de contaminer l'ensemble et d'exposer quelque 400 000 personnes à l'agent pathogène (10). Il faut aussi savoir que seul un tiers à la moitié de l'animal est destiné à l'alimentation. Une fonctionnaire de l'UE, Paola Colombo, a déclaré que « le véritable marché est celui des produits dérivés » qui touche aussi l'homme (11). La grande incertitude où se trouve le citoyen tient aux très nombreux facteurs inconnus. Il n'y a pas de recensement fiable des animaux infectés et de leur devenir. Il n'y a pas de méthode de détection précoce de la maladie chez les animaux. On ignore la quantité minimum de prions à partir de laquelle une personne peut être infectée par l'une quelconque des voies de transmission. Il n'y a pas de diagnostic précoce de la maladie chez l'homme avant l'apparition des symptômes les plus aigus. On ignore le nombre et l'identité des personnes infectées. Il n'existe pas de traitement curatif. Irresponsabilités gouvernementales à la pelle

La récente décision de l'UE de détruire le bétail à partir de 30 mois sauf si une analyse sur la bête abattue montre qu'elle n'est pas infectée, arrive trop tard et se révèle insuffisante (12). Ces mesures extraordinaires, simple emplâtre, cherchent, par une autocorrection, à sauver l'essentiel du modèle de production et de distribution, autrement dit les affaires. Rien de comparable en termes de ressources dégagées pour développer la recherche sur la maladie et pas la moindre remise en cause des raisons de cette situation et du modèle agro-alimentaire.

On a enregistré à ce jour 90 décès en Europe pour cause d'ESB. « Il n'y a plus de problème », tel est le message à faire passer. A en croire Dominique Guillot, ministre de la santé en France, on ne doit s'attendre à l'avenir qu'à « quelques douzaines de décès » alors que des études récentes envisagent jusqu'à 250 000 décès. John Kent (13) s'est

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efforcé d'apprécier l'évolution de la maladie mais il n'a aucune confiance dans les modèles mathématiques vu que l'on ne sait pas à partir de quelle dose l'infection se déclare ni combien de personnes ont consommé de la viande infectée (14). D'autres voix autorisées des experts comme Southwood (15) ou John Collinge (16) -ont dénoncé les propos lénifiants des gouvernements européens quant au faible risque de contracter l'ESB. La FADSP a dénoncé l'état de la santé vétérinaire publique en Espagne, le manque de ressources matérielles et humaines, notamment en ce qui concerne le Laboratoire national de référence, tout comme l'absence de contrôles effectifs et l'existence d'abattoirs clandestins, et elle a fustigé l'incapacité et l'irresponsabilité du gouvernement espagnol, qui après avoir ignoré les faits verse dans l'alarmisme (17). Urgences

Outre la question de la santé publique et de la sécurité alimentaire, la « maladie de la vache folle » a d'autres dimensions que ne traitent pas les médias : il s'agit de la santé des travailleurs en contact avec des animaux et des farines carnées ainsi que des problèmes environnementaux liés aux résidus. Avec l'extension de la maladie les gouvernements de l'UE doivent résoudre deux problèmes graves : le traitement des résidus formés par des milliers de bovins potentiellement contaminés et sacrifiés et l'élimination des farines carnées qui sont devenues des résidus biocontaminants et donc des matières à risque (18). Le gouvernement Aznar doit faire ainsi face à 1,5 millions de tonnes de déchets animaux et 500 000 tonnes de farines carnées en stock.

Du point de vue de la santé des travailleurs et de la sécurité, il faudrait appliquer les critères réglementaires concernant les risques liés à l'exposition à des agents biologiques. D'après les Commissions ouvrières, l'évaluation des risques au travail devrait inclure tout le processus de manipulation d'animaux et de farines, y compris le dépeçage et le transport et il faudrait procéder au contrôle et à la décontamination de tous les appareils qui interviennent dans le cycle de fabrication des farines, dans le dépeçage et le conditionnement effectué dans les abattoirs et les boucheries qui traitement des résidus contaminés (19).

Un labyrinthe de solutions

Richard infectés et de farines contaminées impliquerait une source d'infection pour d'autres animaux et un grave risque sanitaire. Le stockage des résidus devrait se faire exclusivement

DOWNER AREA

SUSPECT dus organiques, pour éviter les risques d'écoulements et de dégazages, ou encore de combustion spontanée au contact d'autres résidus, il faudra les stabiliser au préalable par biométhanisation ou à défaut par compostage.

duirait de grandes quantités de monoxyde de carbone (CO) et la dispersion dans l'atmosphère de particules de métaux lourds, de dioxines et de furannes, du fait que les résidus organiques biologiquement contaminés contiennent du cuivre et du zinc (catalyseur dans la synthèse des dioxines) et de l'hypo-

14. Il conclut ainsi : « La seule chose que nous pouvons présenter est un éventail bilités dans la mesure échappent deux essentielles.

15. Auteur de la recherche en Grande-Bretagne sur la nouvelle variante de la maladie.

16. Cet expert auprès des autorités britanniques a déclaré :

«Nous pourrions avoir affaire à une épidémie qui affecte des centaines de milliers de personnes ; c'est possible ; espérons que ce ne sera pas le cas.

17. Les mesures réglementaires en vigueur ont été bien peu efficaces pour lutter contre l'infection par des farines animales contaminées. On peut douter auraient pu manipuler des animaux infectés et aussi dans le transport, le stockage et le

La décharge incontrôlée d'animaux dans des décharges de sécurité pour résidus dangereux. La capacité actuelle de telles décharges ne permet absolument pas de traiter la quantité de il s'agit de rési les (21).

L'incinération des farines animales protout autant des nouvelles mesures prises. Par contre, tout laisse à penser que les subventions de possiprévues pour retirer du marché où nous les farines animales ne manquevariables ront pas d'engraisser les fabricants et les intermédiaires.

première

18. Il faudrait évidemment traiter les animaux malades et les farines contaminées comme des résidus de catégorie spécia le dont le transport et l'éliminati exigent des mesures particuli rement draconiennes en matie re de sécurité.

19. . Risques pour la santé d es travailleurs et l'environneme nt dans la gestion des farines ca nées contaminées par l'ESB

(document de travail

Commissions ouvrières, 8 ja nvier 2001)

chlorite de sodium et de chlore (également présents dans la synthèse des dioxines) (20).

En prétextant, ce qui n'est pas faux, que l'enfouissement incontrôlé des animaux malades et des farines contaminées comporte des risques graves, le gouvernement espagnol et les industriels du ciment prétendent signer un accord pour l'incinération des farines dans les fours des cimenteries. Ce serait incontestablement une source de bénéfices nouveaux et substantiels. Mais les cimenteries ne disposent pas en général de systèmes de contrôle appropriés en matière de combustion et d'épuration des gaz, ce qui rend cette solution irrecevable sans étude préalable de l'impact environnemental et des risques d'accident du travail du fait de l'exposition à des aérosols et à diverses particu-

Les Commissions ouvrières, face à l'éventualité d'un tel accord, demandent que soit étudiée préalablement en urgence, et sans lésiner sur les moyens, la viabilité technique d'autres possibilités alternatives de gestion des résidus qui évitent cette solution très polluante (22) et que, dans l'attente, les déchets soient stockés en toute sécurité. Une des solutions alternatives, d'après Paul Climent, résiderait dans la dénaturalisation et la destruction des prions par la désinfection chimique et la stérilisation en autoclaves des résidus carnés et leur stabilisation par biodigestion (23).

La face cachée

Les médias et les gouvernements font silence sur les problèmes particulièrement

20. Le ministre de la Santé danois estime que l'incinération de viande et d'aliments carnés multiplie par 8 à 16 le taux de dioxines.

21. On ne peut guère faire confiance aux industriels du ciment pour mener à bien ce travail dans la mesure où ils n'ont toujours pas répondu à la demande d'inventaire national des dioxines prévu par un décret ministériel.

è-

22. Un rapport publié aux USA estime que les résidus dangereux incinérés dans des cimenteries ont été responsables de

23 % des émissions de dioxines dans le monde.

des

23. P. Climent est l'auteur de La maladie de Creutzfeldt-Jakob où il détaille ses propositions.

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graves occultés dans la question de l'ESB : problèmes de nature politique et sociale liés à l'accès aux ressources à l'échelle internationale et à l'autonomie des producteurs et des consommateurs vis-à-vis des multinationales ; problèmes de nature écologique liés à l'impact croissant de la production agroalimentaire intensive sur l'environnement, avec la destruction des bases mêmes de cette production, tant physiques que biologiques (24). L'ESB est une maladie de riches (les riches d'aujourd'hui) qui traduit fidèlement le modèle néolibéral des rapports économiques internationaux, le modèle de production agro-alimentaire en vigueur au sein de l'UE (la politique agricole commune) et le modèle alimentaire des pays développés.

A l'image de Janus, la sécurité alimentaire a un double visage. Au sud, c'est la dimension quantitative qui prime, au nord, la dimension qualitative. Dans les pays pauvres, la sous-production et les carences alimentaires ont pour effet la sous-nutrition, la maladie et la mort. Des ressources alimentaires essentielles sont exportées de ces pays vers les pays du premier monde pour y engraisser le bétail, comme par exemple le poisson au Pérou ou le soja au Brésil.

Par contre, dans les pays industrialisés, les habitudes alimentaires acquises qui conduisent à une consommation excessive de viande ont mené à une concurrence exacerbée et à une surproduction, avec l'élevage intensif ; cela produit ce paradoxe injuste que constituent les excédents laitiers et, maintenant, les excédents de farines et de produits carnés. L'irrationalité injuste du modèle de production agro-alimentaire intensif se caractérise par son inefficience énergétique : la production d'une calorie de viande animale exige au moins douze calories de céréales, ce qui veut dire qu'avec seulement 15 % des quantités de grains utilisées pour engraisser le bétail on pourrait fournir des rations caloriques suffisantes pour éradiquer les carences alimentaires de l'humanité. Triste conclusion sur la vache, l'homme, la folie, le système et le modèle Deux grandes crises alimentaires se côtoient dans notre monde, corrélées : notre cholestérol ... qui nous empêche de voir... leur faim. 24. Les causes tiennent à l'utilisation massive d'engrais, la déforestation, l'utilisation inconsidérée des ressources en eau et l'érosion des terres que produit l'exploitation intensive.

lution !

Total publié dans le n° 447

Charles-Henri V.

Antonio F. do E. S.

Renée R

Yves H

John H

Jean-Marc F.

Joël F.

Guy R.

Emmanuelle D

Patrick C

Matthieu L.

Celino M.

Pascal C.

Marc B

Christian Z.

David M.

Pierre V.

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Elie C.

Marie-Louise T.

Pierre-Yves S.

Heinrich T

Daniel L.

Maria C.

André K.

Jean-Pierre G.

Georges D

Ghislaine Z

Michel R.

Jean-Michel K.

Luc D.I.M.

Delphine M.

Renée L.

Bernard S.

Michel M.

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André H.

Jordi C.

Txema M.

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profondément

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Rémy J.

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