Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ALGÉRIE

Situation politique et tâches des socialistes

· Inprecor n° 482, mai-juin 2003 · p. 25-28 · 3 389 mots

Maghreb Syndicalisme Golfe et Irak France

Par Secrétariat national du PST*

A denteles de 2ona sac les resia

conjoncture est dominée par l'agression impérialiste en Irak et son occupation coloniale. Si le contexte mondial est toujours celui de l'émergence, inaugurée à Seattle, d'une résistance de masse à la mondialisation libérale, les attentats du 11 septembre sont venus infléchir cette remontée de l'espoir dans l'humanité et ont permis aux grandes puissances de reprendre leur offensive libérale et de relancer la mise en place d'un nouvel ordre mondial au service des multinationales. Après s'être emparés de l'Afghanistan et avoir soumis l'espace yougoslave, les USA prennent l'Irak, deuxième réserve mondiale de pétrole, dans la perspective d'une réorganisation de la domination impérialiste dans le Golfe et de la remise en cause de l'OPEP. Alors qu'une légalité internationale au service des grandes puissances et l'allégeance forcée à ses institutions économiques ruinaient, peu à peu, tous les acquis sociaux et nationaux de notre peuple, la guerre coloniale US, au nom d'une mondialisation libérale agressive, instaure de nouveaux rapports de force encore plus menaçants. Cette opération de gangstérisme international qui a réveillé l'anti-impérialisme des masses algériennes, a provoqué l'alignement de Bouteflika sur le camp des Français et l'annonce par Khelil du gel de son projet d'offrir le pétrole aux USA. Les luttes sociales marquent l'actualité nationale

Depuis 2001, la situation nationale est marquée par les grèves et par la survenue endémique d'explosions violentes de la jeunesse à travers le pays, qui ont continué malgré le reflux de la révolte populaire d'une Kabylie qui n'est toujours pas normalisée. Malgré le choc de la chute sans résistance de Bagdad, et l'ouverture en fanfare de la compétition pour les présidentielles, la situation restera marquée par les luttes sociales et par

Situation politique

les préoccupations sociales. L'unanimité réalisée autour de la grève générale de l'UGTA (1) pour le retrait du projet de loi de Chakib Khelil sur les hydrocarbures et pour l'abandon de la privatisation massive annoncée par Temmar ne peut qu'être confortée par la leçon de choses irakienne. Une expérience tragique qui a mis à jour le discours anti-impérialiste enfoui dans la mémoire collective des masses populaires. A l'inverse de 2001, le nouveau recul de Bouteflika opéré depuis fin 2002, ne peut s'expliquer par la seule pression de l'UGTA et de sa grève générale. La protestation est moins puissante, moins radicale qu'il y a deux ans, mais plus massive et surtout plus claire dans ses objectifs. Ces luttes menacent sa réélection parce qu'elles révèlent à l'opinion populaire sa politique anti-sociale. Ses adversaires au sein du sérail les appuient et mobilisent les appareils et la presse. Il reporte donc ses projets les plus agressifs à l'après-2004 et pourrait injecter quelques crédits pour apaiser le front social.

En 2001, ébranlé par une véritable tempête sociale, Bouteflika a dû mettre un coup d'arrêt à sa politique. Il a retiré son projet de loi sur les hydrocarbures après la puissante grève des pétroliers du 20 mars 2001, il a saupoudré les sept milliards de dollars du plan de relance pour calmer les grévistes, multiplié les concessions pour contenir le formidable mouvement populaire du printemps de Kabylie, pour atténuer la colère des émeutiers de tout le pays (logement, emploi, eau..). Il a rétabli la médecine gratuite après les émeutes historiques d' Ain Fekroun. Avant cette offensive populaire, l'imminence d'attaques brutales contre les acquis sociaux des masses conduisait le pouvoir à la mise en place d'un ordre musclé remettant en cause ce qui restait des acquis démocratiques d'octobre 1988. Sous la pression populaire, Bouteflika et Zerhouni ont dû renoncer à certaines mesures de fermeture politique et médiatique. La tentative de sauver la crédibilité des élections du 30 mai 2002 a même contraint à la reconnaissance constitutionnelle du Tamazight (2).

Le reflux rapide dès la rentrée 2001 du mouvement de Kabylie et son isolement, l'absence tragique de cristallisation politique organisée dans les dizaines de révoltes qui * Nous reproduisons ici la résolution sur la situation politique du Secrétariat national du Parti socialiste des travailleurs (PST) du 16 avril 2003. <www.pst-dz.org> 1. L'Union générale des travailleurs algériens, UGTA, est la principale centrale syndicale. 2. Le Tamazight est le nom de la langue berbère. Ce fut l'une des revendications de la révolte kabyle.

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ont secoué la majorité des wilayas du pays, la relative passivité de l'UGTA et des autres syndicats, la démobilisation des travailleurs qui semblaient accepter la fatalité des odieuses réformes libérales ont rassuré le pouvoir et encouragé la reprise du projet libéral conduit agressivement par les ministres proches du président. Et de nouveau Zerhouni s'acharne sur nos libertés, reprenant son œuvre de régression démocratique, pendant que Temmar et Khelil préparent la liquidation et le bradage du secteur public, le démantèlement de ses services et des systèmes de protection sociale et chargent

Boukrouh de livrer le marché national aux multinationales.

Le printemps 2002 voit une nouvelle flambée sociale, animée par les fédérations

UGTA et les syndicats autonomes. La longue grève du CNES (3), les trois jours de la

FNTE (4) et l'insistance des SETE (5) les plus combatifs, la mobilisation de la Santé, le maintien d'une pression sociale importante malgré l'offre d'une augmentation appréciable pour les cadres, malgré la répression et malgré l'absence d'un cadre organisé, ont alors fait hésiter Bouteflika. Révoltes des jeunes qui continuent, crise kabyle, radicalisation du discours de la centrale, écho populaire grandissant des dénonciations de la politique de privatisation et menace des pétroliers ont fait craindre une crise majeure mettant en péril sa réélection. D'autant que ce tourbillon social interfère avec les durs affrontements aux sommets mêmes du régime et que le porte-voix de la presse privée démultiplie ses effets. L'unanimité de la grève générale de l'UGTA a fini de le convaincre d'un repli tactique. La mainmise

3. Le Conseil national de l'en-

6. La Mitidja est seignement supérieur est syndine autour de la cat autonome des enseignants universitaires, très dynamique, dont les terres animé par des éléments de gaumassivement cédées par leurs che, à l'origine d'une grève de paysans attributaires à divers plusieurs mois en 2002, reporgroupes financiers privés.

tant les examens en septembre

7. NEPAD, Nouveau Partenariat substantielle pour le Développement et obtenant une l'Afrique est un projet visant à prime.

faire financer l'intégration

4. La Fédération nationale des travailleurs de l'éducation, rattal'Afrique au nouvel ordre écochée à la centrale UGTA et nomique libéral, sous la houletregroupant l'ensemble des perte des institutions financières sonnels de l'éducation ; sa internationales, Il a été lancé grève suivie à 100 % de deux lors de la Conférence des minisjours au printemps 2002 a beautres africains des finances, de la coup pesé.

planification et du développe-

5. Les SETE sont des subdiviment économique, qui s'est sions wilayales (départementatenue les 16-21 octobre 2002 à les) de la FNTE. Le SETE de

Johannesburg, en Afrique

Béjaia, colonne vertébrale du

Sud. Ce projet à été le fruit de la mouvement populaire de 2001, fusion du Millenium African a regroupé plusieurs structures

Plan (MAP) - soumis par les de wilaya dans des actions à présidents d'Afrique du Sud gauche de la direction bureau-

(Thabo Mbeki), du Nigeria américaine sur le pétrole irakien, en démasquant le pillage projeté sur les richesses algériennes, l'oblige à se redéployer. La faillite de Bouteflika

Pauvreté massive, extension du travail au noir et du secteur informel, paralysie du secteur public clochardisé, scandales financiers, accaparement de la Mitidja (6), menaces sur le pétrole et la protection sociale, recul des libertés, et reprise des attentats. Quel bilan !

Bouteflika, candidat de l'armée, a suscité une immense attente par sa promesse aux accents populistes d'un retour à « l'âge d'or » des années 1970, malgré son élection scabreuse sans ses six adversaires. Espoirs déçus par l'autoritarisme de la campagne pour la concorde nationale et par la gestion peu rassurante de la reddition des groupes islamistes. Espoirs bientôt trahis par la mise en œuvre cynique d'un programme libéral agressif. Car bientôt, Bouteflika qui n'offre au départ que des discours brillants et inutiles, une ambition dévorante de tout contrôler et une volonté morbide de revanche sur son éviction de 1980, trouve sa vocation. Celle d'homme de confiance des occidentaux chargé de défaire ce qui reste des conquêtes du mouvement de libération nationale et de l'élan populiste des années 1970, celle de leader du Tiers-Monde offrant dans le NEPAD (7) la soumission définitive de l'Afrique à l'ordre libéral, celle de dirigeant arabe osant se satisfaire de l'indécent contrôle de l'ONU des grandes puissances sur l'Irak, celle d'un président d'un pays prestigieux de l'OPEP inaugurant la dénationalisation des hydrocarbures avant les

(Olusegun Obasanjo) et une riche plai- d'Algérie (Abdel Aziz ı capitale Alger Bouteflika) - et du plan publiques sont OMEGA, proposé par le présisénégalais (Abdoulaye 8. L'Armée islamique du Salut, dirigée par Madani Mezrag fut notamment responsable des meurtres de journalistes et de de personnalités civiles. Pour se distinguer de la dérive barbare des GIA (groupes islamiques armés) et notamment des massacres de 1997, elle conclut avec l'armée une trêve qui s'apparente à une reddition en octobre 1997. En 1999, Bouteflika offre « une couverture politique » que refusait son prédécesseur à du l'opération décidée par l'armée et il proclame une loi de concorde civile puis il accorde une grâce amnistiante... contestée de toute part.

monarchies vassales du Golfe. C'est pourquoi cet homme qui déclare que la Tunisie du dictateur Ben Ali est un modèle de démocratie peut compter sur le soutien des Français et des Américains, sur la complaisance des bonnes consciences occidentales indignées par l'Algérie des généraux et qui sont attentives à ses tentatives de réformer. Parti d'une légitimité populaire inattendue qui lui donne, au sein du régime, une marge de manœuvre immense, qui n'était limitée que par son incompétence et ses hésitations, il dilapide son crédit populaire et s'aliène l'immense coalition d'arrivistes agrégés autour de sa victoire.

Que ce soit à l'époque des prélèvements sur les contrats publics ou celle de la mise en place des premiers « monopoles » privés d'importation, la caste militaire est le pilier du régime, elle est au cœur du processus d'accumulation primitive de capitaux et de mise en place d'une bourgeoisie algérienne. Les luttes furieuses qui la traversent depuis Zeroual sont à la mesure de l'immensité du patrimoine public prévu à la privatisation. Et sans doute le soutien résolu de Bouteflika à ses amis du Golfe, sa préférence marquée pour l'installation des compagnies étrangères les plus puissantes, a nui aux intérêts bourgeois déjà en place, au sein desquels naturellement les militaires. Les secteurs de la bourgeoisie affairiste parvenus au stade de la production industrielle, à l'image du forum des entrepreneurs, sont inquiets. La bureaucratie bourgeoise, à l'image de Benbitour, qui essayait, laborieusement, de mettre en œuvre ses très récentes convictions libérales était brusquée par l'arrogance d'une triplette de ministres qui, fraîchement débarqués de Washington, appliquaient les préceptes du FMI sans égards pour les rapports de force réels et les spécificités du terrain. Les jeunes d'octobre 1988, les révoltés du printemps berbère et du boycott scolaire, les courageuses militantes de 1981 et 1990 ont appris à Chadli et Zeroual à tolérer le Tamazight, à respecter la cause des femmes et à faire avec notre liberté d'expression durement conquise. Le nouveau personnel dirigeant des Bouteflika et Zerhouni, sortis du rapport de force des années 1970 a dû faire sa rééducation, dans l'urgence, face au mouvement populaire de Kabylie. La gestion politique inconséquente de la reddition de l'AIS (8), reddition offerte par l'armée au nouveau président, n'est pas le moindre des conflits. Avec son corollaire, l'appui de Bouteflika aux campagnes occidentales de délégitimation de son propre régime, à la veille de négociations économiques délicates. Ces divergences graves dans la gestion de leurs intérêts communs ont depuis long-

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temps convaincu les chefs de l'armée de retirer leur soutien à Bouteflika. Mais la hiérarchie militaire comme l'ensemble de la bureaucratie des grands commis de l'Etat n'est pas une organisation politique. Les nouveaux rapports de force internationaux, qui ne laissent qu'une souveraineté relative, les dissuade de s'attaquer trop brutalement au protégé des grandes puissances. Les partis alibis, FLN (9), RND (10), façades de ce pouvoir, ne sont que des façades inconsistantes. Le soutien du patronat, celui des grands titres de la presse privée, la mobilisation de l'appareil syndical comme la fronde des organisations issues de l'ancien parti unique ne compensent pas assez sûrement l'absence d'un vrai parti. Car si Bouteflika est très discrédité dans les grandes villes, s'il est privé de formation politique acquise à ses vues, il bénéficie de son rôle de chef de l'exécutif et de représentation de l'Etat, pour capitaliser l'allégeance au pouvoir en place, une allégeance que l'insécurité et l'absence d'alternative peuvent étendre au-delà des secteurs les moins politisés de la société. La campagne convergente autour du personnage terne mais rassurant de Benflis entend aussi profiter de sa position de chef du gouvernement pour affaiblir le contrôle présidentiel sur les moyens de l'État. Les évènements du récent congrès du FLN appuient le scénario d'une candidature de Benflis. Bien sûr, nous sommes intéressés à la défaite de Bouteflika et de son projet ultra-libéral. Mais alors que les contours de l'affrontement sont encore incertains, il importe de réaffirmer qu'en aucun cas le libéralisme soft de Benflis ne saurait prendre en charge les intérêts des masses populaires. Même si, dans l'hypothèse de sa candidature, il faut s'attendre à ce que le discours de Benflis s'éloigne des certitudes libérales du gouvernement actuel. Discrédit des oppositions de droite

La défaite des groupes armés intégristes, le recul global de l'islamisme n'empêchent pas la survie du courant islamiste légal — certes discrédité - et le maintien d'une capacité de nuisance minimale des groupes armés — certes isolés. Mais si la défaite islamiste a signifié aussi la défaite de la révolte des masses qui avaient cru trouver un drapeau dans le FIS, la remontée de la combativité sociale appelle à un débouché politique. L'absence tragique d'une alternative politique progressiste, socialiste voire populiste, etc. laisse ouverte la possibilité d'une remontée islamiste. Au niveau mondial, alors que le mouvement altermondialiste prend ses marques, le mythe Ben Laden, le succès du

Hezbollah libanais, les actions du Hamas palestinien nourrissent le courant islamiste

La faiblesse évidente de l'islamisme algérien aujourd'hui, qui se recompose notamment autour de Djaballah, ne doit pas nous faire son bilan, en l'absence d'un autre choix poliet marocains, dans des pays qui, certes, n'ont pas connu les horreurs du GIA (11),

9. Le FLN (Front de Libération

Nationale), ancien parti unique, rejeté puis redevenu un parti politique de poids. Ses relations avec Bouteflika quées : leur alliance vient de se rompre avec le renvoi du premier ministre Benflis, secrétaire général du FLN, désormais rival de

Bouteflika pour l'élection présidentielle de 2004.

10. Le RND (Rassemblement national démocratique) parti issu du FLN, créé pour contourner le manque de popularité du

FLN. Il a pris peu à peu une identité plus libérale opposée aux islamistes. Il est dirigé par Ouyahia, qui vient de

Benflis (FLN) au remplacer poste du premier ministre.

11. Le Groupe islamique armé leurs mots d'ordre.

oublier que ce courant peut rebondir, malgré tique pour les jeunes exaspérés par l'arbitraire et l'exclusion sociale. Les exemples turcs renseignent assez sur la possibilité d'un est Taile radicale et sanguinaire des groupes armés responsable de nombreux massacres collectifs au nom de la conviction sont complique le peuple algérien ne soutenant plus l'action armée est mécréant et donc susceptible d'être légitimement massacré alors que ses femmes et ses biens peuvent être confisqués comme butin !). Une scission issue de ses rangs, le GSPC de

Hassan Hattab, a pris le dessus.

Il se distingue du GIA par moins de violence aveugle et plus d'actions contre les militaires.

12. Le RCD (Rassemblement et plus la Culture pour et

Démocratie), parti d'implantation surtout kabyle, dirigé par

Said Sadi, se revendiquant moderniste et anti-islamiste regain de crédibilité. Même s'il faut se réjouir de la modestie extrême des capacités de mobilisation islamistes dans la campagne pour l'Irak et du faible écho populaire de

Balayés par le mouvement populaire du printemps 2001, les partis kabyles semblent au bout de leur trajectoire historique. Les divers alliés libéraux modernistes du RCD (12) en restent toujours à une existence symbolique. Tout comme les personnalités du courant réconciliateur dans l'ombre du FFS (13). Le FFS, qui a voulu se poser en alternative aux structures pourtant moribondes du mouvement, a subi lors des communales un échec cinglant qui confirme la fin de son statut majoritaire dans la région kabyle.

Sans député, le FFS, qui contrôle les municipalités avec une poignée de voix, aborde dans les pires conditions sa tentative de survivre au retrait de son leader charismatique. Le RCD, se retrouve empêtré dans une surenchère jusqu'au-boutiste, qu'il a lui- même nourrie, tout à fait incompatible avec son passage récent au gouvernement et avec les ambitions de son chef. Il a certes réussi à infléchir le discours du mouvement vers la droite et contribué efficacement à écarter les militants de gauche d'un mouvement dont les initiatives, fortement soutenues par la presse privée, ne regroupent plus que quelques dizaines de personnes le 10 décembre ou pour

«perturber la visite de Chirac ». L'émergence médiatisée du MAK (14) continue d'être

(éradicateur). A participé au gouvernement jusqu'au printemps 2001. Il joue un rôle au sein des appareils qui survivent au mouvement populaire en

Kabylie.

13. Le FFS (Front des Forces

Socialistes) est un parti présent surtout en Kabylie autour de la figure historique d'Hocine Ait

Ahmed (qui réside en Suisse).

Rattaché à l'Internationale socialiste, il prône la réconciliation avec les islamistes. A subi un échec patent aux élections locales de 2002.

14. MAK

(Mouvement pour l'Autonomie de la

Kabylie), la animé par le chanteur Ferhat

Mehenni, très médiatique et peu représentatit.

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Algérie / Chine démentie par l'affirmation algérienne des jeunes et des structures, malgré un isolement qui n'exclut pas un repli identitaire. Pour une alternative anticapitaliste !

L'immensité historique de la mobilisation anti-guerre qui prolonge le succès incontestable du Forum social mondial est à mettre en balance avec le triomphe ambigu de Lula sur un programme droitier, avec l'encerclement du régime populiste de Chavez par une grève efficace malgré le soutien des plus pauvres, avec le passage à droite dans la plupart des pays d'Europe marquant le désaveu populaire des sociaux-libéraux, avec la réélection de Sharon, lourde de menace pour le peuple palestinien. Pourtant, l'explosion argentine, la continuité de l'intifada malgré l'adversité et l'épuisement économique et social, la poursuite des révoltes de la jeunesse algérienne malgré la scandaleuse sévérité des condamnations d'émeutiers et malgré l'impasse actuelle en Kabylie indiquent le potentiel de résistance des masses populaires gaspillé par l'absence d'une alternative claire et d'un mouvement politique à la mesure de ces espoirs.

En Algérie, l'unanimité du soutien des travailleurs à la grève générale de l'UGTA des 25 et 26 février a exprimé une opposition à la politique des privatisations au-delà d'une plate-forme moins claire que les textes précédents de la centrale. La floraison des slogans anti-libéraux a voisiné quelques jours plus tard avec une attente massive exprimée à Chirac par une jeunesse désemparée. Cette jeunesse défaite, que l'évocation indécente par Chirac des ambitions et des rêves de la colonisation n'a pas révoltée, a ensuite participé à l'unanimité au soutien populaire algérien au peuple irakien. Puis la convergence des discours vers la dénonciation d'une violence coloniale a fait place à l'abattement et à l'étonnement devant l'effondrement rapide des défenseurs de Bagdad et du régime de Saddam.

Face à la position pro-américaine de Bouteflika que les dénonciations abstraites ultérieures de l'agression n'ont pas rectifiée, la modestie des manifestations pour l'Irak en Algérie, alors que s'enfle le ressentiment populaire contre cette guerre de conquête coloniale, renvoie certes à la lassitude des masses populaires et à la régression de la tradition anti-impérialiste. Mais cet échec exprime aussi nos faiblesses propres et celle du mouvement anti-impérialiste sur fond de recul des libertés politiques et de l'engagement des masses.

Au lendemain de l'écrasement de l'Irak, alors que la superpuissance américaine en pleine euphorie programme ses prochaines prédations, les masses populaires doutent. Mais au Vénézuela, en Algérie où le projet Khelil n'est que reporté, en Syrie ou ailleurs les appétits US auront tôt fait de nous contraindre à organiser la riposte des travailleurs et des peuples. La construction d'un vaste mouvement politique démocratique anti-libéral et anticapitaliste est le seul moyen de dépasser l'impasse actuelle du mouvement populaire et l'impuissance d'un syndicalisme à réinventer.

Alger, le 16 avril 2003

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