Inprecor 1974–2004

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FRANCE

Le gouvernement libéral ébranlé par deux mois de luttes sociales

· Inprecor n° 484, août 2003 · p. 19-24 · 6 164 mots

France Syndicalisme

Par Laurent Carasso* e mouvement de grève de mai-juin

2003 restera une étape importante des luttes sociales en France.

Le gouvernement Raffarin mis en place il y a un an s'est donné comme objectif la réalisation de nombreuses réformes libérales, remodelant le rôle de l'État et aggravant les conditions de vie des salariés.

Alors que beaucoup de pays de l'Union européenne ont déjà accompli des pas importants dans les remises en cause des acquis sociaux obtenus au lendemain de la deuxième guerre mondiale, la France apparait encore Europe comme « retardataire » pour les capitalistes. « Retardataire », cela veut dire évidemment encore marquée dans le domaine de l'emploi, de la protection sociale, des services publics et des retraites par des systèmes obligeant le patronat à des contributions fiscales, à des cotisations sur les salaires qui entravent la réalisation des profits maxima. Le libéralisme exige moins d'État social et c'est ce mandat que le gouvernement Raffarin s'est engagé à respecter.

Dès sa constitution, en juin 2002, il a d'abord proclamé sa volonté d'accélérer les privatisations, suivant le chemin dans lequel s'était déjà largement engagé le gouvernement Jospin, dirigé par le Parti socialiste. L'EDF-GDF (Électricité et Gaz), Air France, France Télécoms étaient les cibles désignées par le gouvernement, qui au nom du respect des exigences de l'Union européenne, décrétait également au début 2003, l'ouverture à la concurrence du fret ferroviaire et d'une nouvelle tranche des services postaux.

Ces attaques donnèrent lieu durant l'automne 2002 à de nombreuses mobilisations des salariés des secteurs concernés, alors que les enseignants se mobilisaient déjà massivement contre les suppressions de postes de surveillants et d'aides éducateurs. Mais ces ripostes restèrent éclatées, ponctuelles, les directions du mouvement syndical apparaissant paralysées par la déconfiture de la gauche politique lors de l'élection de luttes sociales présidentielle de mai, déboussolées aussi sur des réformes qui souvent prolongeaient les politiques de la gauche plurielle.

Ainsi en décembre 2002, le gouvernement décidait d'amorcer la privatisation d'EDF/GDF par la création d'une caisse de retraites devant gérer les pensions des salariés de ce secteur, alors que jusque-là l'entreprise intégrait directement dans ses comptes les sommes allouées à ces pensions. A l'exception des syndicats Force Ouvrière et SUD, aucune direction syndicale du secteur ne s'opposa à ce plan. La CGT fut à cette occasion traversée par un violent débat, de nombreux syndicats refusant l'approbation de ce projet, ouvertement proclamée par le secrétaire général de la Fédération, avec le soutien de la direction confédérale. Malgré ce large soutien syndical, le référendum du 9 janvier par lequel le gouvernement comptait faire approuver cette réforme par les salariés du secteur recueillit une majorité de votes « non ». Ces votes représentaient en fait les prémices du refus massif du projet de réformes des retraites que le gouvernement devait engager quelques semaines plus tard. Une attaque mûrie de longue date

La réforme des retraites était annoncée, dès avant l'élection présidentielle, comme un passage obligé pour le gouvernement qui serait mis en place. La gauche plurielle comme la droite présentaient cette question comme un impératif démographique : selon elles, l'équilibre des régimes de retraites par répartition exigeait, à l'échéance de 2040, un allongement du temps de cotisations pour les salariés. Alors que la réalité de l'âge de départ à la retraite en France est en moyenne de 58 ans, Jospin et Chirac s'étaient engagés au sommet des chefs d'État de l'Union européenne, à Barcelone, en mars 2002, à allonger de 5 ans cet âge de départ. Les salariés français bénéficient encore du droit à une retraite par répartition à taux plein à partir de 60 ans, avec une moyenne de 75 % du taux de remplacement. Une première attaque avait déjà était portée en 1993, par le gouvernement de droite de Balladur, qui avait engagé, dans le secteur privé, l'allongement progressif à 40 ans du temps de cotisations pour obtenir la retraite à taux plein. Cette attaque s'était déroulée sans réaction du mouvement ouvrier. Dès lors, le gouvernement Raffarin comptait engager sa réforme par une mesure présentée comme relevant de la justice sociale : celle de l'allongement équivalent du temps de cotisation pour les salariés de la fonction publique. Craignant un « remake » de novembre-décembre 1995 qui avait vu la paralysie du pays par les cheminots en grève, le gouvernement avait pris soin d'annoncer que les salariés bénéficiant d'un régime spécial de retraites — les cheminots (SNCF), les travailleurs des transports parisiens (RATP), les électriciens et gaziers (EDF-GDF) - ne seraient pas concernés par le projet de réforme. Mais tous savaient à l'avance qu'ils seraient de la prochaine charrette.

Dès janvier, l'objectif était fixé : faire voter fin juin par le Parlement une loi amenant les salariés du public à 40 annuités, ouvrant la porte à un recul ultérieur pour l'ensemble des salariés. En passant par la voie parlementaire, le gouvernement ne cherchait pas un accord signé par les confédérations syndicales, mais comptait bien sur l'aval du parti socialiste et le soutien d'une partie au moins du mouvement syndical, dans le cadre de réunions de « concertation » qui s'engagèrent dès le mois de février.

Les grandes directions syndicales abordaient ce dossier sur la défensive, refusant de remettre en cause les reculs de 1993 et de défendre les 37,5 annuités pour tous, public-privé. Au lieu de se disposer pour une épreuve de force centrale sur un choix de société, elles s'apprêtaient à rechercher les compromis les moins mauvais avec le gouvernement. * Laurent Carasso, militant syndicaliste, est membre du Bureau politique de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR, section française de la IVe Internationale). n° 484 - août 2003

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Ainsi, en janvier 2003, l'ensemble des grandes organisations syndicales françaises - CGT, CFDT, FO, CGC, UNSA, CFTC, FSU (1) — adoptèrent une plate-forme, marquée par l'orientation de la CFDT, qui ne donnait pas comme axe revendicatif le respect des 37,5 annuités et ne stigmatisait pas le projet gouvernemental comme une offensive patronale de régression sociale. Le congrès confédéral de la CGT, en mars 2003, témoignera de cette orientation, même s'il fut l'occasion d'une rude bataille d'opposition. L'Éducation nationale, moteur de la lutte

Le samedi 1 février 2003, le front syndical organise une journée nationale de manifestations : plus de 700 000 salariés manifestent dans plus de 100 villes du pays. Partout ressort l'exigence de la défense des 37,5 annuités, remettant en cause la base de l'appel intersyndical.

Dans les jours suivants, les discussions s'engagent entre le gouvernement et les syndicats. Les dirigeants feignent alors d'ignorer la brutalité des objectifs gouvernementaux et parlent tous, à l'instar du dirigeant de la CGT, Bernard Thibault, des « ambiguités » du discours de Raffarin, comme si les buts concrets de la réforme n'étaient pas affichés depuis longtemps par le Ministre des Affaires sociales.

Pensant la réforme des retraites sur les rails, le gouvernement lance en parallèle une attaque directe contre les personnels techniques de l'Éducation nationale (ATOS), les psychologues scolaires et les conseillers d'orientation (Copsy). Ces 110 000 agents doivent perdre leur statut de fonctionnaires d'Etat pour être transférés aux collectivités loca1. Le paysage syndical français est très « pluriel » et bien plus divisé que dans d'autres pays La Confédération générale du travail (CGT) reste encore la première force syndicale. Dirigée depuis la guerre par le PCF, sa direction a entamé depuis quelques années un processus d'autonomisation vis-à-vis d'un parti en déliquescence qui a perdu l'essentiel de sa base électorale (son candidat. Robert Hue, n'a obtenu que 3,37 % des suffrages exprimés lors de la présidentielle de 2002, soit moins d'un million de voix et surtout moins que les deux candidats de l'extrême gauche !) Elle cherche également à s'intégrer au sein de la Confédération européenne des syndicats (CES). La Confédération francaise démocratique du travail (CFDT), aujourd'hui seconde force syndicale, est issue de la radicalisales, dans le cadre de la réforme de décentralisation d'un grand nombre de fonctions de l'Etat. Cette attaque vient s'ajouter aux suppressions de postes de surveillants et aideséducateurs. nationales de grève des personnels de l'Éducation nationale, le mois de mars voit le démarrage de grèves reconductibles dans des établissements scolaires, notamment dans la région de Bordeaux et de Paris. nationale va devenir le moteur de la mobilisation sociale. Touché tout autant par les projets de décentralisation que par la réforme des retraites, le milieu va se mobiliser massivement, formant le gros des cortèges de nouvelles journées de mobilisations lancées par les confédérations, le 3 avril (sans la CFDT), puis lors des cortèges du 1* mai ; stimulant partout des rencontres interprofessionnelles. la révolte anti-libérale de l'hiver 1995 contre le plan Juppé, le pays va connaître une secousse sociale et politique d'une ampleur exceptionnelle. Ce mouvement présente plusieurs caractéristiques importantes : • Une participation gréviste plus forte qu'en 1995. Des millions de travailleurs ont participé aux grèves et parmi eux, beaucoup de jeunes, marquant l'entrée sur la scène des mouvements sociaux de nouvelles générations de salariés. Ce phénomène est évident dans l'Éducation nationale qui a été l'épine dorsale de la grève, mais il aura été notable dans tous les secteurs. • La dimension nationale de ce mouvement : presque toutes les villes et communes du pays ont connu des manifestations, des initiatives locales, des rencontres interprofessionnelles. tion du syndicalisme chrétien aux cours des années 1950-1960. Dopée par mai 1968, elle a un temps prôné un projet socialiste autogestionnaire et l'unité d'action avec la CGT. A partir de la fin des années 1970 sa direction a entrepris un processus de « normalisation », s'opposant de plus en plus ouvertement aux luttes collectives (ce qui a donné naissance aux syndicats SUD dans les postes et télécommunications et au syndicat CRC-SUD dans la santé, construits par les équipes syndicales exclues en 1987). La troisième confédération, CGT-Force ouvrière, est issue de la scission social-démocrate de la CGT en 1948. Après avoir été longtemps le syndicat qui opposait la négociation à la lutte gréviste, Force ouvrière a épousé un langage plus affirmé de défense des acquis face aux contre-réformes libérales des années

Dans la foulée de plusieurs journées

Dès lors le mouvement de l'Éducation ries.

Dans les jours qui suivent, huit ans après

Dôme.

pays.

1990. Comme la CFDT, Force ouvrière fait partie de la CES. La Fédération syndicale unitaire (FSU) est issue d'une résistance majoritaire des militants de la défunte Fédération de l'éducation nationale (FEN, un secteur ayant refusé la scission entre la CGT et la CGT-FO en 1948, devenant depuis autonome dans l'Éducation nationale) contre les tentatives de la direction social-démocrate de « normaliser » la centrale... Présente pour l'essentiel dans l'éducations nationale, ayant formalisé le droit de tendance, la FSU pourrait bien s'élargir à d'autres branches si les velléités de départ des secteurs de la CFDT se confirmaient. La Confédération frandes travailleurs chrétiens çaise

(CFTC) est une petite organisation depuis le départ de sa grande majorité qui a fondé la CFDT en 1962.

L'Union nationale des syndicats

• Une grève générale enseignante reconductible de plus de deux mois dans certaines régions qui avaient démarré des le mois de mars. Cet élément est historique, sans précédent depuis Mai 1968 par la durée de grève d'un secteur professionnel, historique aussi par la nouvelle place prise par ce secteur du salariat qui, malgré des difficultés, se sera imposé dans un rôle d'avant-garde, de pointe dans ce mouvement. • 7 journées d'action, de grèves et de manifestations nationales, le 1e février, le 23 avril, le 6 mai, le 13 mai, le 25 mai, le 3 juin, le 10 juin.. sans oublier le 1e mai 2003, marquées par la mobilisation de millions de sala• Des grèves générales reconductibles partielles dans une série de secteurs, comme la SNCF, la Poste, France Télécoms, les impôts, es territoriaux, l'ANPE... • Une participation significative du secteur privé aux journées — temps forts des mobilisations. Plus forte qu'en 1995, et plus importante dans les villes de province que dans la région parisienne. • La mise sur pied, par l'impulsion des enseignants le plus souvent, « d'interpros » de villes, de quartier, prenant elles-mêmes de nombreuses initiatives de mobilisations. • Des grèves générales régionales reconductibles, d'un type particulier, dans une série de régions du pays, notamment dans es Bouches-du-Rhône et dans le Puy-de-

Voilà les principales manifestations d'une lame de fond qui a recouvert tout le

Un autre élément important est la force des réponses alternatives portées par le mouvement gréviste. On sent là tout le poids du mouvement altermondialiste, du travail fait par des associations comme la Fondation autonomes (UNSA) regroupe plusieurs organisations autonomes surtout dans la fonction publique, dont le Syndicat des enseignants (ancienne direction de la FEN devenue minoritaire). La Confédération générale des cadres (CGC) syndique ceux des salariés qui refusent d'être assimilés aux ouvriers. Enfin un nouveau regroupement syndical -l'Union syndicale Groupes des 10 Solidaires - a été créé à l'initiative des syndicats SUD. Outre ces organisations syndicales une Confédération nationale des travailleurs (CNT), animée par les anarchistes et refusant en général la participation aux élections syndicales, a une certaine capacité de présence dans les manifestations, et une présence dans quelques entreprises.

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Copernic ou ATTAC, par les nombreux militants révolutionnaires présents parmi les enseignants comme dans d'autres secteurs mobilisés. La question de la répartition des richesses, l'exigence de la justice sociale en récupérant les parts passes des salaires aux profits sont autant de thèmes présents profondément et largement dans le mouvement. Une grève générale avortée

Dès les premiers jours de mai, le gouvernement voit se profiler le spectre de 1995. Tout en réaffirmant sa détermination (Raffarin déclare au soir du 7 mai que « ce n'est pas la rue qui gouverne ! »), il change partiellement de tactique et pousse la direction de la CFDT à mettre rapidement sa signature au bas du projet de loi, le 14 mai, au lendemain d'une journée de grève rassemblant près de 2 millions de manifestants avec de forts taux de grévistes dans l'ensemble des secteurs de la fonction publique et de nombreux débrayages dans le privé. Cette signature va déclencher une profonde crise dans cette confédération, rompre le front syndical construit en janvier, mais ne suffira pas à casser le mouvement. Le 9 mai, la direction du principal syndicat de l'Education nationale, la FSU, avait appelé à la grève reconductible, qui était déjà un fait depuis le 6 mai dans de nombreux établissements de l'enseignement primaire et secondaire. Après le 13 mai, on touche presque du doigt l'extension de la grève reconductible à la SNCF, à France Télécoms, à la Poste et aux Impôts, notamment. Mais la direction de la CGT ne veut pas d'une épreuve de force. Prétextant un risque de coupure avec le secteur privé, les fédérations CGT combattent frontalement la reconduction, notamment à la SNCF et dans les centres de Tri postal. Malgré les positions combatives de nombreuses sections CGT, de syndicats Force ouvrière ou SUD, de structures CFDT refusant la position de leur direction, le poids de la première confédération syndicale pèse lourd dans la balance. Les mobilisations massives lors des journées d'actions qui suivent, le dynamisme des enseignants ne suffira pas à inverser le cours du mouvement.

Sa force sociale, et ses limites, donnent un nouvel éclairage à l'état des rapports de forces sociaux et politiques du pays. Cela confirme une nouvelle fois la résistance de larges couches de la population à la contre-réforme libérale. Depuis une vingtaine d'années, les classes dominantes, relayées par les gouvernements successifs, ont marqué une série de points contre le monde du travail : restructurations, déréglementation, privatisations, baisse des salaires, montée de la précarité. Ils ont affaibli le monde du travail, mais toutes ces attaques n'ont pas eu raison de la résistance des classes populaires. Le libéralisme n'a pas conquis le pays. C'est un point capital de l'analyse de la situation politique nationale. En même temps, la transformation social-libérale de la gauche traditionnelle mais aussi le «recentrage» des secteurs dominants du mouvement syndical vers un syndicalisme de négociation, les

C, EN LU

0823

L'EDUCATIO

VOS ENFANTS VAL effets négatifs de la crise de conscience, d'organisation et de direction du mouvement ouvrier, les faiblesses face à cette dérive d'une alternative anticapitaliste ont pesé sur le débouché de la lutte.

La mobilisation du printemps 2003 est, à sa manière, la réponse du mouvement social au 21 avril 2002 (2). Ce jour-là, la crise sociale et politique qui couvait depuis des années, le désaveu des partis traditionnels se sont exprimés, principalement, par la poussée du

Front National et sa présence au 2eme tour de la présidentielle. Les commentateurs avaient relativisé un autre phénomène politique : les

3 millions de voix qui s'étaient portées sur l'extrême gauche. Aujourd'hui, cette crise se manifeste par l'irruption de millions de salariés sur la scène politique et sociale, qui tentent de répondre par les méthodes de l'ac-

2. Le 21 avril 2002 eu lieu le millions de voix, soit 10,44 % premier tour de l'élection présidentielle, marqué par une polarisation politique croissante:

une poussée du candidat du

Front National. Jean-Marie Le ministre sortant, Lionel Jospin,

Pen, à l'extrême droite, une peret un recul important du candicée de la candidate de Lutte dat de la « droite républicaine »,

Ouvrière (Arlette Laguiller) et le président sortant Jacques

Chirac. Le mode de scrutin pardu candidat de la LCR (Olivier

Besancenot) à l'extrême gauche ticulièrement peu démocra-

(les trois candidats de l'extrême tique, permettant seulement le tion et de la mobilisation sociale aux problèmes posés par la politique libérale menée depuis des années. Le 21 avril a mis en lumière la réponse nationaliste, réactionnaire au libéralisme. Le printemps 2003 est une réponse « lutte de classes ». Cela donne une double dimension à la mobilisation, sociale et politique. Politiquement, le gouvernement n'a pas gagné la bataille de l'opinion.

Au contraire, plus de 60 % ont manifesté, en pleine mobilisation, leur sympathie aux

N N'EST PAS UNE

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ARGENT grèves. La grève a renforcé une crise de légitimité des institutions. Elle rappelle que

Chirac n'a eu que 19,88 % des suffrages exprimés, au 1er tour de la présidentielle.

Contrairement aux déclarations de Raffarin, pour qui la « rue ne gouverne pas », la mobilisation de millions d'enseignants, d'employés et d'ouvriers est apparue, aux yeux d'une partie de l'opinion aussi légitime, sinon plus, que la majorité UMP à l'Assemblée. Le gouvernement aura cherché dans cette bataille l'épreuve de force, en accumulant les projets de réforme : retraites, décentralisation, autonomie des universités pour les enseignants. Sous la pression de la grève, il a dû reculer en partie sur ces deux derniers projets, notamment en différant le changement de statut des conseillers d'orientation et psychologues scolaires. Et s'il a gauche ont cumulé près de trois maintien des deux candidats arrivés en tête des suffrages, a des suffrages exprimés !), un imposé un duel entre le candieffondrement du candidat dat de la droite, Jacques Chirac

(élu au second tour avec plus 82 % des suffrages exprimés) et celui de l'extrême droite, Jean-Marie Le Pen. Cf. Inprecor n° 470/471 de mai-juin 2002 et n° 472/473 de juillet-août 2002.

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marqué des points en imposant la loi Fillon sur les retraites, il sort contesté par la puissance sociale du mouvement. L'assise du gouvernement ne semble pas être renforcée par son issue. Il peut y avoir une victoire du gouvernement sur les retraites sans que le mouvement social ne sorte défait de la bataille. Nous n'avons pas une situation comparable à celle de la Grande-Bretagne des années 1980, où le gouvernement Thatcher avait réussi à écraser un mouvement de grève et à casser durablement le mouvement syndical. Le contexte international n'est plus le même : la contre-réforme libérale est contestée. Le mouvement altermondialiste est passé par-là. Et la dynamique du printemps social de 2003 n'est pas celle d'une défaite... Les limites du mouvement

Il y a eu une mobilisation sociale exceptionnelle, des millions de salariés mis en mouvement, une « grève générale potentielle ».Pourquoi alors n'y a-til pas eu de « grève générale » ? Il y a des explications liées à la situation générale du monde du travail : un affaiblissement global du mouvement ouvrier traditionnel, le poids des pressions patronales dans le secteur privé La hauteur des enjeux sociaux et politiques dans ce contexte général a aussi provoqué une série d'hésitations, d'interrogations, de freins à la mobilisation. Depuis des mois, la réforme des retraites était présentée comme un impératif démographique, technique, imposant l'alignement des fonctionnaires sur les mesures prises en 1993 vis-à-vis du privé. Le consensus gauche-droite sur le passage aux 40 annuités s'était manifesté au sommet européen de Barcelone en mars 2002.

Le mouvement de grève de l'Éducation nationale, sa transformation en grève générale reconductible a bouleversé les données. En prenant la tête de l'épreuve de force, les enseignants (majoritairement des enseignantes !) ont aussi donné au mouvement un contenu revendicatif radical, traçant la réponse alternative permettant le lien public-privé, se faisant eux-mêmes les propagandistes de ces réponses par les réunions enseignants-parents, par la mise sur pied d'interpros.

Cette situation a créé un changement d'état d'esprit des salariés sur le fond de la réforme des retraites. Il s'est opéré un basculement entre les mois de février-mars et les mois d'avril, mai et juin, où selon les enquêtes d'opinion, la majorité des personnes interrogées demandait le retrait du plan Fillon ou l'ouverture de nouvelles négociations. Cela n'effaçait pas dans certains secteurs des problèmes de division syndicale ou de mobilisations minoritaires, ni la réelle impréparation de nombreuses équipes syndicales à la nécessité de l'épreuve de force et à la possibilité de l'assumer par une grève générale. Mais, malgré ces obstacles la mobilisation parvenait à se frayer un chemin, s'étendait, gagnait toutes les couches de la société. Les journées d'action des directions confédérales, qui devaient segmenter la mobilisation, sont devenues des « temps forts » où se manifestaient des centaines de

SUSEZ ET VOUS ABUSEZ

NOTRE POUVOIR DELUS

*SANS VOULOIR ECOUTER

LES VOIX DE LA RUE

S SERONS ENTENDUS,

AVEC NOS VOI

VOUS SEREZ

DECHUSH

milliers de salariés. Il a manqué alors de peu de choses pour que le conflit se généralise.

Sur ce point, la responsabilité des directions confédérales est écrasante

Le rôle de la direction CFDT est entendu Comme en 1995, elle soutient un gouvernement de droite et l'accompagnement des contre-réformes libérales. Une nouvelle crise s'est d'ailleurs ouverte dans cette confédération.

Mais la direction de la CGT, et à sa manière celle de FO, n'ont pas voulu d'une grève générale reconductible. Par quatre fois, le 7 mai, le 14 mai, le 26 mai et le 4 juin, la direction de la CGT, qui est largement majoritaire, a refusé d'engager toutes ses forces pour reconduire les grèves. Il y a eu entre le 13 et le 26 mai, en particulier après le 13 mai, une réelle possibilité de généraliser les conflits, en particulier à partir de la SNCF. La direction de la CGT s'y est opposée, à la SNCF, à la RATP, à la Poste, à France Télécoms, en différant la reconduction de la grève... au 10 juin !

Quels étaient les arguments de la CGT, pour ne pas lancer d'appel à la grève générale:? • La grève générale ne se décrète pas... Certes ! Mais elle se prépare, en particulier en fixant des objectifs à la hauteur du bras de fer engagé par le gouvernement. La direction de la CGT ne le fera pas. • Il faut que le privé s'engage. Au nom de cet argument, la CGT n'a avancé ni l'exigence des 37,5 annuités, ni celle du retrait du plan Fillon. En un mot la CGT ne voulait pas lancer la grève générale de la fonction publique qui aurait pourtant était une force d'entraînement décisive. Le secteur privé s'est partiellement engagé dans la bataille. Plus qu'en 1995. Des grosses entreprises ont connu des taux de grévistes minoritaires mais significatifs : Renault

Cléon, les Chantiers de l'Atlantique, Gaz de Lacq, Michelin... De nombreuses petites entreprises ont débrayé, en province, pour aller aux manifestations. Dans le privé, peut-être plus qu'ailleurs, un appel a la grève générale pouvait constituer un élément notable du rapport de forces. La crainte d'une opposition public-privé, de l'utilisation populiste qu'aurait pu faire Le

Pen d'une grève de fonctionnaires trouvait pourtant un cinglant démenti dans la popularité du mouvement, malgré un puissant travail de propagande gouvernementale relayé par les médias.

• Les grèves étaient trop minoritaires pour continuer... Là aussi, la question doit être discutée dans le détail. A la SNCF, les grèves des 14 et 15 mai étaient minoritaires mais plus importantes qu'en 1995. Qui plus est, dans une telle situation d'ensemble, les grèves minoritaires dans une première phase, peuvent avoir une signification majoritaire. Minoritaires au début, elles pouvaient comme dans l'enseignement, devenir des grèves majoritaires. Non, il manquait la volonté politique!

Déstabilisée par l'accord CFDT-gouvernement et par une mobilisation enseignante exceptionnelle, la direction CGT a refusé une convergence des luttes qui aurait débouché sur un mouvement qu'elle ne contrôlerait pas. Plus substantiellement, comme l'indique le rapport de Le Digou au Comité confédéral national de la CGT le 11 juin, la direction de la CGT a mis en œuvre sa stratégie de « re-syndicalisation» : « Notre stratégie n'est pas politique. Elle ne vise pas à abattre tel ou tel gouvernement ou à démontrer que celui-ci est un gouvernement de droite... Il n'y a pas de mot d'ordre fut-il

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Le mouvement a été particulièrement combatif dans l'Ile de la Réunion (océan indien). Manifestation à Saint Denis de celui de la grève générale, que la CGT n'a d'ailleurs lancé que dans des conditions exceptionnelles. » En clair, la CGT ne devait pas ouvrir de crise politique gouvernementale. Alors qu'il fallait concentrer le tir, centraliser l'affrontement face au gouvernement, elle a essoufflé le mouvement de masse par des journées d'action à répétition.

Quant à la direction de FO, elle a lancé tardivement le mot d'ordre de « grève générale interprofessionnelle », pour marquer le coup, mais elle aura pendant tout le mouvement suivi le calendrier de la CGT.

Seules, la FSU - sous la pression du mouvement et les propositions des secteurs les plus combatifs de la fédération - et l'Union syndicale G10 Solidaires (qui regroupe en particulier les nouveaux syndicats SUD), auront lancé le mot d'ordre de grève générale sans avoir la force de la réaliser.

L'argument le plus prégnant aura été celui de l'absence d'alternative politique. Pourtant, le mouvement de grève lui-même, en élevant la confrontation au niveau d'un choix de société, posait la question politique de l'alternative à la politique libérale capitaliste, de la répartition des richesses, du financement des retraites en refusant l'accroissement de la part consacrée aux profits. Une puissante dynamique démocratique

La massivité est une des caractéristiques du mouvement mais c'est aussi la détermination des secteurs les plus combatifs qui lui a imprimé une dynamique tout à fait exceptionnelle. Sa puissance a d'abord contourné la division syndicale résultant de l'accord entre le gouvernement et la CFDT. L'appareil de la CFDT n'a pu empêcher le développement de la lutte. Entraîné par les enseignants qui ont réalisé leur unité au travers de leurs assemblées générales, de leurs syndicats et de leurs coordinations, les autres secteurs ont, en général, organisé leur mobilisation de manière unitaire. Dans certaines régions, ce sont les Union Départementales, y compris dans certaines régions avec les UD-CFDT, qui appelaient aux mobilisations. Dans le milieu enseignant, ce sont les coordinations d'établissements en lutte et les fédérations syndicales qui organisaient le mouvement. Dans la région rouennaise c'est un comité de liaison interprofessionnel, autour du comité de grève enseignant et de l'intersyndicale des cheminots, qui a organisé une coordination interprofessionnelle de délégations syndicales et d'assemblées générales... La démocratie s'est exercée au travers des assemblées générales (AG). C'est cette démocratie qui s'est déployée dans les rencontres interprofessionnelles entre assemblées générales de secteurs en grève ou en lutte. Ces rencontres ont permis de tisser une série de liens entre les animateurs du mouvement dans les différents secteurs. Les contacts inter-AG ont permis de poser des jalons pour son extension. Ce processus d'auto-organisation (mêlant AG et sections syndicales dans la lutte) et de coordination interprofessionnelle à la base est un des acquis fondamentaux de ce mouvement et est prometteur pour ceux de demain.

Ce mouvement aura des conséquences sur le plan de la recomposition syndicale. Il a esquissé les grands axes d'une réorganisation syndicale par son contenu et sa dynamique. Sur le contenu, le triptyque revendicatif (37,5 annuités, 60 ans, 75 % taux de remplacement) et la nécessité de s'attaquer aux profits capitalistes, peuvent constituer un point d'appui important pour dérouler une démarche revendicative syndicale. Car ils portent clairement le vecteur d'une alternative de choix de société, face au libéralisme, qui se retrouve dans tous les dossiers sociaux présents et à venir : retraites, services publics, protection sociale. Sur la dynamique, les propositions pour organiser une grève générale reconductible peuvent nourrir une relance d'un syndicalisme combatif. Cela donne déjà les contours de relations intersyndicales unitaires entre toutes les organisations et sections syndicales qui se sont engagées et la validité de propositions du type comité de liaison unitaire, lancées notamment par la FSU à l'issue du mouve ment, qui regrouperait toutes les organisations syndicales disponibles pour un syndicalisme unitaire de transformation sociale. Le mouvement va rendre problématique l'axe CGT-CFDT prôné depuis plusieurs années par les deux directions confédérales. Il pousse à la convergence de la FSU, de l'US G10-

TOUS UNIS

CONTE LE DEMANTEL

BUPEANGE PIBLIC VEDNCATION

la Réunion le 19 mai. (Photo Alain Plauty, http://perso.wanadoo.fr/zadar.monde/global.html) Solidaires, de secteurs de la CGT et « CFDT en colère ». D'ores et déjà des secteurs CFDT critiques, comme la Fédération du transport et de l'équipement (FGTE) mettent publiquement en débat leur sortie de la CFDT comme une hypothèse concrète dans le dernier trimestre 2003 pour se tourner vers la FSU, la CGT ou l'Union syndicale G10 Solidaires. Une confirmation politique

Sur le plan politique, le bilan confirme le décalage entre les partis de l'ancienne gauche plurielle et les exigences de l'action. !! confirme aussi l'existence d'une gauche radicale, en phase avec ces exigences, dont les militants ont été totalement investis et dont les réponses politiques esquissent un projet de société fondé sur les besoins sociaux, mettant à nouveau à l'ordre du jour la nécessité d'une force à même de le porter. Il y a bien deux gauches, l'une d'accompagnement du libéralisme, l'autre clairement anticapitaliste.

Lors du congrès de Dijon du Parti socialiste (PS), tenu en plein mouvement, les délégués ont voté une motion réclamant le retrait du plan Fillon. Mais cette proclamation a été annulée par les dissensions internes à ce parti et surtout par la logique des amendements apportés par les députés du PS à l'Assemblée nationale lors du débat du mois de juin, amendements qui s'inscrivaient dans le cadre d'une autre réforme... mais sociale-libérale. Les engagements de Jospin au sommet de Barcelone se retrouvent dans l'acceptation par la direction du PS de l'allongement de la durée de cotisations. Mais le mouvement aura permis au PS, a posteriori, de commencer à se replacer en candidat au gouvernement, espérant utiliser l'usure du gouvernement Raffarin lors des prochaines échéances électorales. Les Verts,

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totalement silencieux jusque là, ont souscrit à l'approche du PS. Le PCF, collant plus au mouvement, s'est gardé de toute prise de position sur la mobilisation et la nécessité de la grève générale. Fondamentalement, les deux partis Verts et PCF restent rivés aux impératifs des accords électoraux avec le PS.... et en dehors de toute logique de radicalisation sociale.

La LCR, pour sa part, aura combiné les appels à l'unité d'action de toute la gauche sociale et politique, sur la base des revendications et des formes de lutte du mouvement et la discussion sur les orientations politiques globales

Lutte Ouvrière est intervenue également pour lancer, animer, étendre les grèves, mais il y a eu deux problèmes avec cette organisation : le premier, c'est son refus de reprendre l'objectif de grève générale. Au-delà d'un problème de terminologie, il y avait sans doute une divergence d'appréciation sur la dynamique du mouvement. LO ne pensait sans doute pas réaliste qu'une grève d'enseignants, contre la position de la confédération CGT, puisse être le moteur d'une grève générale ouvrière.

Le deuxième problème renvoie à la démocratie dans le mouvement de masse. Pour LO, la question clé, comme ils l'ont déclaré lors du débat mené avec la LCR au cours de la fête de LO en juin dernier, « c'est l'efficacité de la lutte, la démocratie ne renvoie qu'aux formes de la lutte ». Du coup, les coordinations ne sont envisagées que comme le rassemblement des radicaux — des radicaux autour de LO - et non comme l'expression d'un mouvement de masse auto-organisé, unitaire et démocratique Tous les mécanismes démocratiques de représentation du mouvement dans des coordinations élues sont ainsi relativisés. Cette divergence s'est affirmée tout au long du mouvement, dans les coordinations des salariés de l'Éducation nationale. La LCR et LO sont intervenues, « côte à côte » et pas « ensemble ». Néanmoins, pour le grand public, les militants d'extrême gauche ont poussé dans le même sens, ont été les seules organisations politiques militant pour le mouvement, ce qui leur donne des responsabilités particulières.

La LCR s'est identifiée, dès le 1e février, comme l'organisation qui proposait de relever le défi face à l'offensive gouvernementale, en se préparant à un mouvement d'ensemble, à une grève générale pour faire 3. Notons que la CFDT est quasiment absente du milieu des intermittents du spectacle, au sein duquel la Fédération CGT du spectacle représente plus de 80 % de votes.

reculer le gouvernement. L'ensemble de ses militants a participé et animé activement le mouvement. Elle est apparue, tant par les prises de position d'Olivier Besancenot que par ses initiatives dans les manifestations, dans la rue, dans les médias, dans ses initiatives politiques, comme un parti qui se situe au cœur de l'action. La LCR était pleinement en phase avec un mouvement qui, au fur et à mesure qu'il progressait, posait avec plus de force la question de la répartition des richesses, de la nécessité de s'en prendre aux profits patronaux et à la dictature des capitalistes. Cette maturation politique entre évidemment en écho avec l'orientation de la LCR, et aussi avec les acquis des mobilisations altermondialistes dont elle est aussi largement partie prenante. Une nouvelle génération d'animateurs des luttes

La situation sociale et politique française reste exceptionnelle. En une année, le pays aura connu trois vagues de mobilisation de centaines de milliers, voire de millions de personnes : contre Le Pen, contre la guerre, contre les réformes libérales. Le point positif essentiel, dans cette bataille, c'est l'émergence d'une nouvelle génération d'animateurs des luttes, de ces syndicalistes, de ces jeunes enseignants animateurs de coordinations.

A la fin du mois de juin, et durant l'été, le mouvement contre la réforme des retraites a été relayé spectaculairement par la grève générale reconductible des intermittents du spectacle, en lutte contre un accord remettant en cause les indemnisations chômage, accord signé une nouvelle fois par la direction de la CFDT (3). Ce mouvement aura pris des formes spectaculaires, entrainant l'annulation de dizaines de festivals. Mais il aura encore une fois connu un important niveau d'auto-organisation, avec la mise sur pied de coordinations et une gestion démocratique du conflit.

Il est trop tôt pour apprécier si le degré d'engagement dans l'action politique de cette nouvelle génération militante trouvera rapidement un débouché dans la volonté de construire directement un outil politique, mais la question interroge directement les révolutionnaires qui doivent avec elle trouver les formes d'expression politique qui permettent que ces milliers de salariés combatifs, deviennent une force pour avancer vers une alternative anti-capitaliste. Cela doit passer par des initiatives d'action et de débat rassemblant ces animateurs, pour regrouper la gauche anti-capitaliste. Dans tous les cas, l'expérience réalisée ces derniers mois aura des conséquences sur la formation et les références de toute une génération militante.

Les acquis des liens interpro, ceux des contenus revendicatifs traçant la voie d'une alternative au libéralisme capitaliste, tout cela doit être préservé pour s'en servir comme armes dans les prochaines batailles. Nombreuses sont les structures qui se sont réunies durant l'été, ont pris des initiatives, en se promettant de redémarrer à l'automne une mobilisation contre les réformes du gouvernement. Cet état d'esprit marquera forcément les mois qui viennent.

Enfin, saute aux yeux l'absence d'une force politique radicale, organisée, implantée dans tous les secteurs populaires. Ce mouvement qui a contesté radicalement les réformes libérales et mis en accusation le gouvernement actuel, mais aussi de facto les orientations du gouvernement précédent, a été la confirmation, sur un autre terrain, des résultats électoraux de l'extrême gauche. Confirmation sociale d'une réalité électorale, tout cela laisse pendante la nécessité du rassemblement politique alternatif à une gauche de gestion social-libérale.

La LCR a forcément d'importantes responsabilités pour avancer vers ce rassemblement et décidera, lors de son Université d'Eté et de ses réunions de rentrée, des meilleures initiatives à prendre pour offrir des cadres de débats aux militants politiques, syndicaux et associatifs poursuivant eux aussi cet objectif.

ILS ONT TOUT

_ L'ASSEMBLÉE

- L'ÉLYSÉE

_ LE SÉNAT

_ TF1

_LECSA...

..SAUF

LE PEUPLE!«

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