D es lannonce de sa libération mederedi 7 janvier, la population du quartier populaire Saniat de Safi s'est regroupée spontanément sur la place pour attendre l'arrivée de Mohamed Rachid
Chrii. Des milliers de personnes ont accueilli le militant. Une fête spontanée qui s'est prolongée tard dans la nuit.
Dimanche 11 janvier, plus de 800 personnes se sont rassemblées devant le local de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), trop petit pour contenir la foule. La place publique s'est alors transformée en un meeting spontané, des cris et des slogans ont éclaté contre la torture, la répression, pour la dignité. De nombreux militants de Marrakech, Casablanca,
George, femmes et enfants en grands nombre
Rachid Chrii est connu comme un défenseur des luttes des travailleuses et des chômeurs, comme l'a rappelé une jeune militante d'Agadir venue le soutenir avec un message émouvant au nom des femmes travailleuses et des chômeurs qui se retrouvent dans sa lutte.
luttent pour la liberté. »
Krivine, ont population.
S.K. Beni Mellal, Agadir se sont joints au meeting,
- car
Comme l'a dit Chrii lui même : « Ma condamnation a été une mesure de répression des luttes dans les quartiers populaires. Ma libération est une victoire de tous ceux qui
Lecture a été faite de la lettre de solidarité de Sadri Khiari, militant tunisien de RAID Attac Tunisie et du Conseil national pour les libertés en Tunisie, qui a coordonné la campagne internationale de solidarité avec M. R Chrii. Les messages de solidarité des eurodéputés de la LCR, Roselyne Vachetta et Alain également été transmis. Moment émouvant où pour une fois la solidarité internationale a trouvé un écho dans une ville comme Safi, ville oubliée du développement économique, avec sa jeunesse au chômage, ses ouvrières licenciées, la pollution de son port par l'émanation des gaz, voix à Safi. ville gérée par un conseil municipal corrompu et non représentatif des besoins de la
C'est un Maroc nouveau qui s'est manifesté à Safi à travers la voix de Rachid, porteur des aspirations de tous ceux qui luttent pour la liberté, contre la mondialisation néolibérale, c'est une lutte internationaliste qui a vu le jour, loin des organisations politiques et syndicales discréditées et de représentants d'une « société civile » bon genre et corrompus. C'est la voix des chômeurs, des femmes, des travailleurs précarisés, des jeunes sans espoir qui s'est exprimée sur la place en prenant la rue sans autorisation et sans présence de la police. Un air de liberté a sonné à Safi sous les slogans de soutien aux peuples irakien, palestinien, afghan, contre la colonisation et les guerres, contre le modèle néolibéral et même celui-ci : « Pour vivre sur terre, le socialisme est nécessaire ! ». « Incroyable, mais vrai ! » a commenté le journaliste Khalid Jamaï en concluant un long reportage consacré au retour de Rachid Chrii à Safi dans Le Journal hebdomadaire du 17 janvier. Et c'est à Safi, agglomération d'un million d'habitants, que cette voix s'est levée et continue à exiger la condamnation des tortionnaires et la libération de tous les détenus. Car Mohamed Rachid continue la lutte pour demander le jugement de ses tortionnaires. En le condamnant pour « trafic de kif », le pouvoir s'est largement discrédité et a fait de lui un porte-voix de tous les sanscorrespondance: L.D.