31 mars 1979 : Journée d'action internationale pour le droit à l'avortement et à la contraception et contre la stérilisation forcée. Pour un premier pas dans la construction d'une campagne qui rassemble des femmes et des hommes du monde entier, c'est une réussite !
Dans la vingtaine de pays qui se sont déjà associés formellement à la mobilisation impulsée voici huit mois par la CIDA (Campagne internationale pour le droit à l'avortement), plusieurs dizaines de milliers de personnes ont exprimé le même jour leur volonté commune de lutter pour le droit des femmes de choisir, par des manifestations de rue, des rassemblements, des meetings ou des piquets devant les ambassades des pays où la répression à l'égard des femmes qui avortent est particulièrement brutale.
Nous ne savons pas encore quelle fut l'ampleur des manifestations ou des journées d'action qui ont eu lieu dans une série de villes d'Australie, à Auckland et en Nouvelle Zélande, à Tel-Aviv en Israël, à Mexico, dans les principales villes du Canada et du Québec, de Colombie du Pérou et de la Martinique. Tous ces pays avaient pris soin d'écrire à la coordination de la CIDA pour faipart des initiatives qu'ils avaien mises sur pied.
Mais nous savons qu'il y avait un millier de personnes au Venezuela pour un premier meeting sur l'avortement et qu'un grand rassemblement s'est tenu dans le Parc central de la capitale du Costa-Rica, en présence de la presse et de la télévision, pour lancer la campagne dans ce pays. Nous savons que les efforts de la coordination des Etats-Unis ont été couronnés de succès puisque des manifestations ont eu lieu dans 25 villes, dont celle de New-York, qui a réuni 5000 ›ersonnes. Au Danemark, une ma nifestation a eu lieu à Copenhague devant le Parlement, pour exiger des informations sur les effets de la pillule, la nationalisation de l'industrie pharmaceutique et le droit des usagers sur la recherche à la contraception.
En Hollande, 6000 à 7000 personnes ont participé aux manifestations organisées en trois points du pays par le mouvement «Nous, les femmes, nous voulons». A La Haye, notamment, la manifestation s'est faite à bicyclette pour se rendre devant l'ambassade d'Irlande et manifester la solidarité des féministes hollandaises avec toutes celles qui risquent de très fortes amendes, voire la prison... lorsqu'elles usent de contraceptifs.
En Grande-Bretagne, la manifestation de 5000 personnes qui a eu lieu à Londres comprenait des cortèges importants de femmes latino-américaines, ainsi que de femmes d'autres pays européens, et la dimension internationaliste de cette marquée notamment par la prise de parole d'une femme asiatique lors nes, avec des ballons verts et violets aux couleurs de la CIDA, qui a défilé dans les rues de Bruxelles. Des comités pour la dépénalisation et groupes téministes venus tout le pays étaient en tete, par des cortèges importants du PS et de la Jeunesse socialiste, Jeunesses communistes et Ligue révolutionnaire des travailleurs (section de la IVe Internationale). Le PFU (Parti féministe unifié), les Femmes Prévoyance socialiste (liées au PS), les anarchistes, l'organisation Amada, tout le monde était là...
En Suisse, plusieurs centaines de personnes ont participé a Berne a la journée d'action organisée par la coordination nationale par les groupes du MLF, diverses organisations féministes, le PS, le Parti du Travail (PC) et les organisations d'extrême-gauche.
internationale initiative se traduisait par la présence de deux femmes venues de Hollande et de France ainsi que par des motions de solidarité avec les femmes irlandaises et iraniennes.
En Italie, en dépit de mobilisations importantes ces derniers mois contre les déclarations du Pape, les meetings organisés à Rome et Milan n'ont réuni que quelques centaines de personnes. Mais la participation de l'UDI (Union des femmes italiennes, liée au PCI) au rassemblement appelé à Turin par nos camarades des GCR («Gruppi Communisti Revoluzionari». section de la IVe Internationale) est un signe encourageant. Cela montre la sensibilité existant chez des militantes du PCI et chez des femmes influencées par les partis réformistes quant à l'importance de la campagne à mener pour obtenir l'application de la loi.
En France, comme en Italie, la mobilisation a été restreinte. Pluactions - rassemblements, meetings, distributions massives de tracts - ont été organisées à Paris,
Montpellier... L'une des initiatives les plus intéressantes fut celle du Havre, où les groupes femmes, le MFPF (Mouvement français du Planning familial), le SNES (syndicat enseignant), certaines sections syndicales de la CFDT, le PS de PSU. la LCR appelé une manifestation qui a réuni 700 personnes et s'est poursuivie le soir par un meeting. Le caractère limité de ces mobilisations est sans commune mesure avec le nombre de comités et de collectifs locaux qui se sont constitués au niveau local ces derniers temps. Mais nombreux sont les groupes qui affirment aujourd'hui leur volonté de dépasser cette situation.
En Espagne, les meetings appelés par les coordinations féministes de Madrid et de Bercelone ont rassemblé chacun près d'un millier de per-
A Séville, 300 personnes et - PSOE, PC, LCR, MCE, BR, POUM -ont répondu à l'appel du mouvement des femmes local pour débattre de la situation et de la campagne à engager dans tout l'Etat espagnol. Certaines ne se sont pas fait faute de faire remarquer au PSOE et au PC qu'en dépit de leurs belles paroles, on ne les avait guère entendus défendre le droit des femmes à avorter durant la campagne électorale..
répression incroyable qui règne dans ce pays où les femmes peuvent être condamnées jusqu'à 12 ans de prison pour avoir avorté a été dénoncée, et des pétitions ont été signées pour réciamer
Luxembourg, organisé un piquet devant l'ambassade d'Espagne pour protester contre ces mesures hyper-répressives. L'ambassadeur - alerté - a pris soin de remettre à l'une de femmes présentes un télégramme officiel venu directement de Madrid, affirmant que «selon les chiffres communiqués par le Ministère de la Justice», il n'y aurait «que» 16 femmes en prison pour cause d'avortement...
Au Portugal, enfin, le 31 mars, ce • sera... le 7 avril à Porto et à Coïmbra et le 21 avril à Lisbonne (parce qu'il • n'y avait pas de salle disponible pour les meetings prévus le 31) ! Mais la CNAC (Coordination nationale de la campagne avortement contraception) a organisé une conférence de presse le 16 mars pour annoncer la Journée d'action qui se déroule au niveau international, et les rassemblements du 8 mars e à Lisbonne et à Coïmbra ont monré qu'il était possible de faire un travail unitaire entre militantes des groupes femmes, de certaines commissions féminines syndicales, d'organisations féminines comme le MLM (liée au PC) ou l'UMAR (liée à l'UDP) etles militantes révolutionnaires du PSR (section de la IVe Internationale). Autant de groupes que l'on retrouve dans la campagne avortement qui commence à démar