Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER BRESIL

La construction du Parti des travailleurs

· Inprecor n° 60, 4 octobre 1979 · p. 3-4 · 1 150 mots

Brésil Syndicalisme

1978, comme un conglomérat confus, sous l'hégémonie de fractions de la bourgeoisie libérale, tel se différencier en fonction des différents projets de classe. C'est la dans les grèves, les manifestations de rue et dans la réorganisation des partis qui a modifié de manière significative la situation. Après la grève des métallurgistes de l'ABC de Sao Paulo, en mai 1978, et les rencontres successives des syndicats de métallurgistes ainsi que d'autres catégories de travailleurs, on a avancé la proposition de construire un Parti des travailleurs, le PT, un parti «sans patrons, sans chefs et sans jaunes, un parti qui lutterait pour la défense des droits économiques et démocratiques des travailleurs et pour le

QU'EST-CE QUE LE PARTI DES TRAVAILLEURS ?

La discussion sur la réorganisation des partis ne porte pas uniquement sur le projet et les initiatives prises par la dictature militaire. Figueiredo cherche permettre la mise en place d'une majorité parlementaire fidèle, ainsi que la formation d'un parti libéral indépendant l'opposition s'appuyant

Sur mais qui resterait bourgeoise, l'auxiliaire du régime. Il cherche ainsi à trouver, par ces «plans d'ouverture» interlocuteur un valable avec qui négocier et signer l'auto-réforme du régime et son «ouverture», et par-dessus tout, un interlocuteur qui, en combinant la répression et conciliation, arriverait à contrôler et démobiliser

La constructior

Parti des

L'opposition à la dictature se présentait jusqu'à la fin de l'année le MDB, qui s'efforçait de présence du mouvement ouvrier dans la lutte contre la dictature, socialisme», comme l'a dit le dirigeant des métallos de Sao Paulo, donnant la définition proposée du parti.

vement ouvrier. Avec la «réorganisation des partis», la dictature tente trouver les moyens de résoudre la crise connaît le système bique partiste, l'ARENA/MDB et de trouver des formes de domination répondant à la nouvelle situation et par-dessus tout répondant à la montée du mouvement ouvrier.

C'est dans ce contexte que se déroulent des discussions sur la disparition ou le maintien de l'ARENA et du MDB. Il y a de nombreux projets : l'éclatement possible du MDB au profit du

PTB (de Brizola), la formation du «Parti populaire», dernière initiative en date des députés

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I du

travailleurs

«authentiques», ou au contraire le maintien de l'unité du MDB, en tant qu'«unité de tous les opposants». C'est cette proposition que soutient le PCB et également, par leurs tentatives de manipulation à leur profit, les «dirigeants historiques et les modérés du MDB». La proposition du PT est done une réponse à tout cela. LA SITUATION ACTUELLE

Un «mouvement pour le Parti des travailleurs» s'est constitué et commençe à se structurer en comités dans plusieurs régions. L'idée a pris une dimension nationale bien que la mise en place sur le plan organisationnel se fasse lentement et avec un dévéloppement inégal.

Ce phénomène est l'expression de la montée actuelle de la lutte de classe au Brésil. L'impulsion a été donnée par des dirigeants syndicaux, appelés «authentiques», qui ont commencé à se lier aux courants classistes surgis lors des derniers conflits (admnistration, banques, enseignements, bâtiment etc.) et aux oppositions syndicales qui, pendant longtemps, ont été la seule expression organisée de la résistance du mouvement ouvrier à la dictature et au contrôle de l'Etat sur les syndicats.

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Dans la plupart des luttes actuelles, les travailleurs font confiance aux dirigeants des grèves, les «commandements de grève», élus en assemblée générale. Il y ments de grèves et ce sont leurs dirigeants qui ont finallement accepté l'idée de construire un parti des travailleurs. Ces dirigeants viennent renforcer les noyaux et les comités pro-PT, geants des dernières grèves, des syndicalistes authentiques et de membres de l'«opposition syndicale»: ces derniers sont venus à la suite de longues discussions sur le programme du PT et, dans l'ensemble, se sont intégrés au travail pour la construction

Les rencontres syndicales, les réunions de soutien et de création du PT se succèdent toutes les semaines dans de nombreuses régions. A Sao Paulo, dans le Minas Gerais, à Rio Grande do Sul et à Rio de Janeiro, le projet a commencé de prendre une forme concrète. Les discussions portant sur le mode d'organisation du PT ont lieu aussi à Belo Horizonte; par exemple sur la création de noyaux qui interviennent dans plusieurs fronts de lutte : les usines, les écoles, les comités contre la vie chère, pour lamnistie générale, etc.

Le processus s'est surtout accéléré depuis la rencontre de Contagem (Minas Gerais), le 28 juillet dernier, qui a décidé de la plateforme et de la structuration du PT. A Porto Alegre, la coordination s'est élargie en faisant une propagande massive de la «Plateforme de Principes» et du «Programme» (voir encadrés) au sein des associations communautaires et dans les quartiers, parmi les syndicats, les groupements et organisations politiques, de même qu'au sein du mouvement étudiant. Il y a, par exemple, un noyau chez les employés de banque qui a commencé depuis quelques temps, à s'organiser : versement des cotisations mensuelles, recherche des locaux pour leur installation et la création d'un journal.

Du 2 au 6 août. s'est tenue a Gragoata (Rio de Janeiro) une rencontre nationale de diri- collectives», ainsi que les élecgeants syndicaux promue par le «Centro Brasileiro Democratico» (CEBRADE - Centre brésilien démocratique). Ce fut la première rencontre de ce type, depuis le coup d'Etat de 1964 Il a rassemblé plusieurs syndicalistes des villes et de la campagne. Malgré l'absence des représentants des oppositions syndicales, cette réunion a été très

Get très représentative.

Cette rencontre a eu un rôle prépondérant dans l'analyse de la situation économique et politique et surtout en ce qui concerne les perspectives qui se déssinent pour le mouvement ou-

Face à la grave crise économique et à l'austérité qui s'abat sur la classe ouvrière, la nécéssité de préparer l'appel à la grève générale est apparue comme une des tâches centrales qui doivent être développées.

La «lutte contre l'inflation, contre la hausse du coût de la vie, pour l'augmentation générale des salaires et pour la stabilité de l'emploi», sont des revendications fondamentales de la population, qui ont été reprises en compte par la «Charte de Gragoata». Les déclarations en faveur des «libertés et droits syndicaux» y figurent à plusieurs reprises, ainsi que celle sur «l'amnistie générale» et «contre la dictature». Face aux plans de Figueiredo «d'ouverture démocratique» et «d'institutionnalisation», la rencontre a opposé le mot d'ordre «d'Assemblée constituante, libre et souveraine», exigeant en même temps le «démantèlement de l'appareil répressif» et «l'abrogation des mesures répressives». En ce qui concerne la situation du mouvement syndical, ils se prononcés pour l'unité syndicale et pour la construction de la «Centrale unique des travailleurs». De la même façon leurs déclarations ont été tout à fait claires en ce qui concerne la nécessité de la lutte pour une structure syndicale débarrassée du verticalisme; contre la division et l'atomisation du mouvement ouvrier -reliquats du contrôle de l'Etat et de la police sur les syndicats. La mise sur pied de «comités d'entreprise», élus par les assemblées syndicales, consacrées aux «conventions

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