Résolution sur la Tchécoslovaquie adoptée par la Commission exécutive nationale du Parti travailliste britannique proposée par Eric Heffer, président de la Campagne de solidarité avec l'Europe de l'Est, et votée à l'unanimité le 24 octobre 1979 1) Les autorités tchécoslovaques ont ignoré les déclarations des Partis socialistes et communistes à l'Ouest et ont organisé de toute urgence le procès des dirigeants de la Charte 77 qui doit s'ouvrir lundi à Prague; 2) qu'en montant ce procès, le gouvernement tchécoslovaque a fait fi, d'une part, de ses propres déclarations assurant qu'aucune mesure judiciaire ne serait prise à l'égard des militants pour les droits civiques et, d'autre part, des accords internationaux qu'il a signé, concernant des droits tels que la liberté d'information et d'opinion (c'est-à-dire l'Accord international sur les droits civiques et politiques et les clauses sur les droits de l'homme des Accords d'Helsinki).
3) que les autorité tchécoslovaques ont organisé
Ice procès en dépit du fait que cette rupture flagrante des accords internationaux intervient à un moment où les relations entre l'Est et l'Ouest connaissent une phase particulièrement critique : au moment où des forces au sein du Sénat américain s'opposent à la ratification des Accords SALT 2 et où le gouvernement conservateur en Grande-Bretagne crée une atmosphère de guerre froide afin d'empêcher toute négociation sur la réduction des forces militaires et afin de favoriser la course aux armements. Dans un tel contexte, l'attaque contre la Charte 77 ne peut que renforcer les positions de ceux qui, à l'Ouest, s'opposent à la détente; 4) que l'accusation portée contre les Chartistes emprisonnés implique que les autorités tchécoslovaques vont procéder, dans un avenir proche, à d'autres arrestations et organiser d'autres procès.
La Commission exécutive nationale adopte donc la résolution suivante : 1) Il est nécessaire qu'une enquête complète et objective du mouvement ouvrier sur la situation des droits civiques en Tchécoslovaquie et sur l'attitude des autorités tchécoslovaques à cet égard soit effectuée. 2) Le Parti travailliste fera des démarches dans
Ice sens auprès des autres partis socialistes ainsi que des partis communistes français, italien et espagnol et proposera l'établissement d'une commission internationale d'enquête en Tchécoslovaquie. 3) L'Internationale socialiste sera contactée afin qu'elle apporte son soutien à cette commission ainsi que son aide financière. 4) La Commission exécutive nationale demandera au «Comité des Juristes pour la défense des droits des avocats en Tchécoslovaquie», dont la création avait été réclamée lors de la réunion de la Commission exécutive nationale, le 25 juillet, de donner une analyse détaillée des conditions légales et de la situation des droits civiques et qui pourrait être utilisée par la Commission exécutive nationale et par une commission d'enquête internationale.