Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

DOSSIER TCHECOSLOVAQUIE

Témoignage : des accusations non fondées, un climat de calomnies

Inprecor n° 64, 20 novembre 1979 · p. 10-13 · 1 444 mots

Femmes

Run Il aura donc fallu attendre la fin du procès pour que le Rude Pravo, organe du PC, commente le procès de Prague. Mais rien n'est dit sur le contenu des séances. Les déclarations des accusés, la demande par l'ensemble des avocats de l'acquittement pur et simple de leurs clients, de cela la population tchécoslovaque ne saura nen. En revanche, depuis les arrestations de mai dernier, un climat de calomnies sur la privée des militants du VONS inculpés, était savamment organisé.

On a vu à la télévision, de luxueuses automobiles stationnées devant l'appartement de Mme Nemcova ou, encore, l'appartement en désordre du Dr. Vaclav Benda. Tout cela accompagné des pesantes allusions sur le divorce de la première et sur la mauvaise tenue de la maison par la femme du second. Les amis des six sont constamment surveillés, depuis plusieurs mois des policiers stationnent devant leur porte. Quand il s'agit d'appartements propriété d'Etat, les fonctionnaires de la police politique s'installent carrément à l'intérieur. Le philosophe Julius Tomin, sans emploi depuis trois semaines, a même été pendant plusieurs jours dans un asile psychiatrique, après avoir été drogué, alors qu'il

Bohème donner un cours pour l'«université volante», organisée par les dissidents. Un autre jour, Zdena Tominoclimat de calomnies va, sa femme, porte-parole de la Charte 77, a été attaquée et bastonnée dans un escalier par des individus masqués.

C'est dans ce climat que s'est ouvert le procès lundi dernier. En cherchant à isoler les accuses et leurs amis, la police n'a cependant pas réussi à briser la solidarité intérieure. Environ deux cents Tchécoslovaques, dont certains venaient de province, l'ont manifestée concrètement devant le tribunal, rue Spalena. Lundi matin, une quarantaine de personnes, dont porte-parole Charte, ont pénétré dans couloirs jusqu'à la porte de la salle d'audience.

A midi, ce même jour, une soixantaine de manifestants étaient massés de l'autre côté de la rue Spalena. J'ai pu personnellement observer la détermination et la gravité de ces hommes et de ces femmes stationnés là, les bras croisés. Les passants s'arrêtaient brièvement, par sympathie.

Lundi après-midi, trente-sept personnes ont interpelées, dix-sept seront gardées à vue jusqu'à mercredi. Mardi soir, à 19 heures, sept jeunes ont également été arrêtés et battus dans les locaux de la police. Il s'agit de Lukas Tomin, Liska Tomas, Hajek Miroslav, Janakova Jana, Smida Pavel, Vojak Ladislav, Medek Jan. Ils sont tous âgés de moins de dix-huit ans. A partir de mardi après-midi, c'est donc en flânant par petits groupes autour du tribunal que s'est poursuivie cette solidarité. On comprend, dans ces conditions, la joie des militants de la Charte 77 et du VONS, lorsque sept personnalités françaises ont fait les cent pas devant la porte du tribunal, mardi soir, en attente du verdict.

CENT POLICIERS

A l'intérieur de la d'audience, toutes les places étaient occupées par une centaine de policiers, dont plus de la moitié en uniforme. Seuls dix membres des familles étaient

Cpu recueillir auprès de plusieurs d'entre eux compte-rendu détaillé des audiences.

«L'accusation ne repose sur rien», ont constaté collectivement les avocats en demandant l'aquittement à la fin du procès.

témoins seulement ont été cités. Le premier, une femme sans travail à la suite d'une condamnation, a reconnu avoir reçu 1500 couronnes de Vaclav Havel. Un don personnel, a précisé ce dernier. «Cet argent vous a été remis par la CIA, par l'intermédiaire de la Suède», accuse M. Adamec, un des deux procureurs. «Nous avons effectivement reçu de l'argent de Suède,

Vaclav Havel. Il a été envoyé à la Charte 77 pour son action en faveur des droits de l'homme par le prix Mommsen.

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Ce n'est done pas par la CIA. D'autre part, nous l'avons reçu au printemps 1979, soit plusieurs mois apres le don personnel évoqué par le témoin.» La première «preuve» de l'accusation s'est ainsi effondrée. La seconde fut encore moins convaincante. L'acteur Albert Cerny, emprisonné depuis le 26 mars pour avoir participé à des réunions du VONS, a dit : «Je n'ai rien entendu d'illégal dans ces réunions.» L'accusation voulai ainsi montrer l'existence d'une «organisation en lutte contre l'Etat». On comprend pourquoi le tribunal a refusé d'entendre un troisième témoin, Ladislav Lis, également emprisonné.

Le verdict de mardi soir ne prouvé. C'est ce qu'ont rappelé les six accusés dans leurs brèves déclarations, fréquemment interrompues. Jiri Dienstbier, que les juges ont coupé une dizaine de fois, n'a pu terminer son intervention. Le logicien Vaclav

La réussi, malgré les interruptions, à parler assez longuement : «La essayé de prouver l'inexactitude des textes que nous publions. Elle considère à priori qu'ils sont faux. Ce que publie et dit le VONS ne peut pourtant avoir que deux significations : ou bien nos affirmations sont fausses, mais alors il faut le prouver. Ou bien ce que nous disons est vrai, et vous nous condamner quand même, mais les résultats de ce procès seront bien plus dangereux que nos écrits pour salir l'image de la Tchécoslovaquie.» Mme Dana Nemcova, souffrante, a dû être évacuée de la salle. Elle avait commencé par évoquer les lecons qu'elle avait tirées des procès en réhabilitation auxquels elle avait assisté dans les années 60, mais la cour a refusé d'entendre la suite...

«JE N'AI RIEN A AVOIR

AVEC CETTE COUR»

Le dramaturge Vaclav Havel, après avoir montré comment il avait compris que les droits inscrits dans la Constitution tchécoslovaque pouvaient être bafoués par le gouvernement et sa sur l'acte d'accusation, sont restés confidentiels.

quotidien,

Sous le titre «Une fausse carte», leurs voix ne s'élève que dans des circonstances

PCT, la Tribuna consacra été condamnés de bon droit.»

Enfin, le 24 octobre, condamnés «n'étaient rien moins aue de cette protection.»

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police, a relevé les mots-clés de l'acte de l'accusation : «pervertir», «subversion», «hostilité à l'Etat», «calomnies». «Autant des mots qui prennent un sens émotionnel très qu'ils ne s'appuient sur aucune preuve. Autant de mots vides... Regardez ce que nous avons publié : des faits, attestés par des tribunaux, et des condamnations légales; des faits qui ne sont pas contestés, mais des faits qui sont autant d'abus de pouvoir de notre police et de notre justice.»

Comme l'avait fait Vaclav Benda, il interpelle le président du tribunal, M. Kaspar : « L'accusation invoque l'article 88 de notre code. Cet article conseille une extrême sévérité contre les entreprises subuersives comme la nôtre. Mais, dans ce cas, pourquoi avoir attendu un an, après la proclamation légale du VONS, pour nous poursuiure ?»

Créé en avril 1978, le VONS avait déposé ses statuts et la liste de ses membres auprès du tribunal de Prague, l'exige la loi.

L'Alternative

Pour les droits et les libertés démocratiques en Europe de FEst

Devier: Tonalleuret sondicats fibres

Songrie, Lettre de Rudapest. Paligne, Oa re rot fe A.C.M. Jerk Auron Articier et documen: Menage de Tlit, Bahen Hasemann.

Les More Paske Vider Fainhers

6. Paris-Megos, Dereuser vspores Seatole kopp Elim titist вник бод стами cosrants Moscou se Je trans stomgiques grand alors grer : «J'aime ont refusé la dissociation cas, comme cela a reconnais pas, ment à

77 et le

VONS.

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JURY INTERNATIONAL

CONTRE LES NOUVEAUX

PROCES

DE PRAGUE

TCHECOSLOVAQUIE

REPRESSION

ASSIER N

«J'AIME CE PAYS ET JE VEUX Y RESTER» procès des

Havel rappelle enfin, comme Vaclav Benda, son refus d'émi- bres pays, et je veux y rester. Si j'étais un ennemi de l'Etat, je serais parti.» la des été tenté pour Petr Uhl, considéré comme le principal responsable du VONS. Petr Uhl n'a d'ailleurs parlé que deux minutes. Il a

Usa déclaration en évoquant les accords d'Helsinki. La cour l'a immédiatement interrompu : «Ceci n'a rien a voir avec le procès.» «Je n'ai donc «La rien à voir avec cette cour ! a répondu Petr Uhl. Je ne la les accusations portées contre moi n'ont pas de sens, elles visent simplecombattre la Charte des Ce tribunal vaques.» n'a pas de pouvoir de décision, toutes les peines ont déjà décidées en haut lieu.» cition francaise trimestre (juillet-septembre) 1979

Septembre

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Après le verdiet, les familles ont voulu rencontrer leurs parents cinq minutes. Cela leur a été interdit, «pourtant, lors des années 50, c'était autorisé», m'a dit le fils de Mme Bednarova. Tous les .emde la Charte 77 et du VONS que j'ai rencontrés après le procès ont été formels. C'est solidarité internationale, en particulier celle provenant d'organisations ouvrières et démocratiques, qui a permis l'abaissement des peines. Dans un communiqué rédigé mardi soir, le VONS déclare notamment :

POUR UNE RIPOSTE INTERNATIONALE riposte internationale a une extrême importance pour notre travail. Dans la situation actuelle de blocage de l'information, c'est le seul moyen qui puisse contrecarrer la pratique institutions tchécoslo-

JISTY

Organe de l'opposition socialiste tchécoslovaque

N° 12 Prix : 5 F

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