Iran Michel ROVERE UNE premiere con etation s'impose à propos de la crise iranienne : jamais depuis la défaite historique de l'impérialisme américain en Indochine en 1975, une administration américaine n'a été si près de tenter l'aventure d'une nouvelle intervention militaire.
A partir de la provocation ouverte, que constituait l'accueil du chah aux USA (provocation délibérée comme l'on montré les documents saisis à l'ambassade de Téhéran montrant que l'administration Carter envisageait depuis plusieurs mois, avant même qu'il ne soit question de maladie, d'accueillir l'ex-chah sur le territoire US), Carter et l'administration américaine ont tenté en utilisant le climat émotionnel crée par l'occupation de l'ambassade de Tehéran de faire d'une pierre deux coups : - intimider, contenir et asphyxier économiquement pour tenter ensuite de mieux liquider, y compris militairement, la révolution américaine. • tenter de régler au travers de l'affaire iranienne la crise de leadership impérialiste, patente depuis la fin de la guerre du Vietnam, en recréant dans l'opinion publique et la classe ouvrière américaine l'Union sacrée autour de l'exécutif indispensa-
Washington accentue
ble à ses menées bellicistes.
Toute la presse américaine et occidentale s'en est donné joie pour expliquer qu'avec la révolution iranienne l'Occident chrétien, c'est-à-dire les pays capitalistes avancés, étaient directement menacés. «C'est un cataclysme pour les Etats-Unis, la première révolution sérieuse depuis 1917 en tercien secrétaire à la défense, Arthur Schlesinger.
Et le sentiment est à l'unisson sur les deux rives de l'Atlantique : «Nous atteignons la cote Nouvel Observateur, et à partir de là tout l'Occident, au-delà des apparences politiques, devient en fait solidaire. Pour notre survie économique, nous ferons la guerre, s'il faut la faire..» On ne peut être plus
LA MENACE DE GUERRE
Déjà Carter a franchi quelques étapes sur le chemin d'une confrontation ouverte avec la ouverte avec la révolution iranienne. 1 - Toutes les manifestations d'étudiants américains ont été interdites sur le territoire des Etats-Unis, mesure d'exception sans précédent, même aux heures plus chaudes du conflit vietnamien. 2 - Le 10 novembre, un décret
Best paru prévoyant que tous les étudiants iraniens présents sur le sol des USA devaient régulariser leur situation sans peine d'expulsion - auprès des Services de l'immigration. Plusieurs centaines d'étudiants ont déjà été exont mis en cause le caractère anticonstitutionnel d'une telle mesure raciste qui rappelle les mesures d'internement administratifs prises contre les américano-japonais lors du second conflit mondial. Jamais pourtant une réelle décision n'avait été appliquée en temps de paix. 3 - Le 12 novembre, ordonna le boycott de toutes les importations pétrolières en provenance d'Iran, demandant aux pays alliés d'appuyer sa mesure en ne rachetant pas les 800000 barils/jour concernés. 4 - Le même jour la maison
Blanche annonçait la mise en état d'alerte des unités de Fort Bragg et Fort Hood, de la Force d'intervention rapide, cette unité de 110000 hommes dont la 82e division aéroportée a été constituée peu après le début de la révolution iranienne pour servir d'unité d'intervention tous azimuths de l'impérialisme US.
5 - Le 13 novembre, une importante flotte de guerre, composée des porte-avions Midway et Kittihawk, escortés d'une vingtaine d'autres navires et renforcés par des escadrons d'hélicoptères poseurs de mines commençaient à se concentrer et à manœuvrer au débouché du détroit d'Ormuz et du golfe arabo-persique. A intervalle lier, l'administration américaine faisait savoir que diverses solutions militaires étaient mises à l'étude, allant d'une «Opération Entebbe» sur les aéroports de Tehéran et à l'ambassade, jusblocus, par le minage de ports et des terminaux iraniens, voire à la destruction à titre de représailles des champs pétro6 - Une importante étape dans guerre économique livrée par l'impérialisme à la révolution iranienne était franchie le 14 novembre lorsque Carter annonçait le «gel» de tous les avoirs iraniens déposés dans les banques US. Le montant total de ces avoirs se situerait entre 12 et 14 milliards de dollars.
essentiellement des factures pétrolières, ils représentent environ la moitié des rentrées pétrolières annuelles (base 1978) de l'Iran et d'un huitième de son Produit national brut (base 1978).
Il faudrait ajouter encore le climat d'hystérie belliciste que l'administration a tenté de créer dans tout le pays, relayé en cela par les grands moyens d'information occidentaux.
L'UNION SACREE
Pour mener à bien sa politique d'étranglement économique de la révolution iranienne, et demain peut-être, une aventure militaire, l'administration Carter a bénéficié de l'appui passif de tous les pays du bloc occidental, mais aussi de la compliMoyen Orient ainsi que de la complaisance des bureaucraties du Kremlin et de Pékin.
Lorsque les plus banques américaines ont ordonné à toutes leurs filiales dans le monde de «geler» les avoirs aucun gouvernement occidental ne s'y est opposé. C'est ainsi que la Banque de
La couvert la mesure, pourtant illégale (puisque les filiales en France des banques américaines sont soumises à la même législation que les banques nationales et ne peuvent pratiquer un tel gel sans décision gouvernementale).
Les pays arabes modérés producteurs de pétrole, au premier rang desquels l'Arabie saoudiles émirats du golfe de Koweit, avertis à l'avance du «gel» des avoirs iraniens, ont assuré l'administration américaine qu'ils ne retireraient pas leurs avoirs, pour ne pas risquer de placer l'impérialisme devant une crise monétaire sans précédent. De la même façon, par l'intermédiaire du ministre saoudien des affaires étrangères, ils réaffirmé que la seule monnaie susceptible de servir de base au marché pétrolier. Comme l'Iran, après le gel, décidait ae faire régler ses factures dans d'autres monnaies que le dollar, Fritz Leuttwiler, président de la Banque nationale suisse annonçait «qu'il n'hésiterait pas à intervenir aussi souvent que nécessaire» pour soutenir la devise américaine. On voyait dans le même temps les principales puissances occidentales, Japon, RE A et France en tête, faire, c'est le moins que l'on puisse dire, «la fine bouche» devant la proposition iranienne de se servir d'un «panier de monnaies» occidentales autres que le dollar, comme monnaie de référence pour le rè glement des factures pétrolières.
Du côté des pays arabes producteurs de pétrole, qui craignent par-dessus tout le contagion de l'exemple iranien, l'Iran encore assez totalement
Au sommet arabe de Tunis, la Lybie de Khadafi a été le seul pays à proposer des sanctions contre les Etats-Unis de la part des pays arabes producteurs de pétrole. Motion rejettée à l'unanimité. D'ailleurs la Lybie qui comme l'Algérie dispose d'énormes avoirs en pétrodollars et qui avait déclaré qu'il fallait que le dollar cesse d'etre la munnaie de réterence, s'est jusqu'à ce jour gardée de faire le moindre geste un tant soit peu concret dans ce sens.
MOSCOU ET PEKIN AUSSI
A cette Union sacrée contre la révolution iranienne, les bureaucraties du Kremlin et de la Cité interdite sont venus égale-
ment apporter chacune leur
Les représentants de l'URSS aux Nations Unies ont voté la résolution appuyée Etas-Unis, demandant la libération inconditionnelle des otages. Ils ont par ailleurs refusé d'appuyer la première demande du gouvernement de Téhéran de réunion du Conseil de sécurité pour débattre des menaces guerre provoquée par les menaimpérialistes, sur le fait que les otages devaient être libérés avant tout débat. La presse américaine a salué comme il se devait cette position soviétique en quant que l'isolement international de Khomeiny était total. Pendant 21 jours P'URSS n'a pas dit le moindre mot sur le fond de la question, à savoir la demande du peuple iranien de lui voir livré comme criminel le chah, pour qu'il rende compte devant une cour iranienne des crimes et des forfaits qu'il a commis.
Ce n'est que le 27 novembre, que le chef-adjoint du serinternational du CC du PCUS, Vadim Zagladine a reconnu que le peuple iranien avait le droit de vouloir juger le chah tout en réaffirmant que pour l'URSS le règlement du conflit devait se faire «sur la base du respect du droit inter-
L'attitude de l'URSS s'explique bien évidemment à la fois autant par ses intérêts de préservations du statu quo, que par le souci qu'elle a de ne pas indisposer l'administration américaine alors que les accords Salt II doivent toujours être ratifiés par le Congrès et surtout par le danger de contagion, dans les républiques musulmanes du Sud de l'URSS de l'exemple révolutionnaire iranien.
C'est également pour des raisons d'équilibre géopolitique régional et de préservation du statu quo international que Pékin s'est rangé dans le camp des défenseurs du «respect universel des immunités diplomati-
La position chinoise a été jugée «utile» par le Département d'Etat américain.
Si la politique étrangère chinoise avait poussé très loin sa politique d'alliances avec des ré gimes comme celui de Pinochet ou, on se le rappelle, le propre régime du chah, c'est la première fois que Pékin, dans une crise aiguë opposant une «super-puissance» à un pays du tiers-monde prend le parti de la «superpuissance». Il y a bien sûr en jeu le maintien des relations avec les Etats-Unis où le Congrès vient d'accorder à la Chine la clause de la Nation la plus favorisée. Il y a surtout la volonté de Pekin d'éviter au morégimes turcs, afghans et pakistannais subissent à des degrés divers, de procrises politiques, déstabilisation considérée comme stratégique pour ses intêrets.
Deux facteurs permettent de comprendre pourquoi, malgré ses préparatifs bellicistes et le dispose, l'impérialisme US ne s'est pas lancé encore ouverte. ment dans une épreuve de force militaire. 1 - Malgré la campagne d'intox, Carter est loin d'avoir remonté le courant du sentiment de masse antiguerre qui existe dans la classe ouvrière et l'opinion publique américaines. Certes, toute la classe politique a fait chorus autour de la maison Blanche, d'autant qu'un des pagne électorale présidentielle, directement posé au travers des candidatures de Conally ou de Ted Kennedy, est de «remus- Ted Kennedy, cler» l'exécutif américain. Mais tous les sondages montrent que la majorité de l'opinion publique reste hostile à la guerre, sous le coup du traumatisme des 50000 cercueils de GI's qui avaient été ramenés du Vietnam. On peut mesurer cette résistance passive de l'opinion américaine à l'échec des manifestations convoqués par des groupements d'extrême-droite (Ligue de défense juive, associations étudiantes) et surtout par l'extrême prudence des bureaucraties syndicales s'étaient autrefois engagées à fond dans le soutien à la sale guerre du Vietnam. 2 - Mais ce qui fait surtout hésiter les faucons du Pendu Département d'Etat, c'est l'énorme mobilisation du mouvement de masse en Iran, la nouvelle phase d'approfondissement du processus révolutionnaire, et la véritable conflagration que pourrait provoquer en Iran, mais aussi dans toute la région, une intervention militaire US.
Il y a peu de révolutions au
'de ce siècle où l'on ait assisté à une telle mobilisation anti-impérialiste : iraniens ont manifesté le premier jour de la nouvelle année islamique en soutien à l'occupation de l'ambassade. ques jours avant, plusieurs de milliers de avaient entamé une grève de la faim volontaire pour montrer leur volonté de résister à tout blocus économique de la part des Etats-Unis. Aujourd'hui c'est dans des centaines d'usines et d'ateliers que les travailleurs consacrent une demi-heure par jours à l'apprentissage des armes, selon les instructions données par l'ayatollah Khomeiny.
Si l'occupation de l'ambassade US à Téhéran, patronée sinon commanditée par Khomeiny et des secteurs du Conseil de la Révolution islamique, a été le catalyseur de cette nouvelle phase de la révolution iranienne, le processus de radicalisation, de relance du mouvement de masse l'a précédé de plusieurs semaiLA VICTOIRE DES KURDES 1 - Il y a d'abord l'évidence, dès la fin du mois d'octolorsque les peshmergas kurdes réoccupent la ville symbole de Marhabad, de l'échec politique et militaire de la tentative de répression par le gouvernement Khomeiny-Bazargan du mouvement des nationalités en Iran. L'offensive contre les Kurdes avait été le point culminant du tournant droitier entamé par le régime en août dernier, tournant qui s'était accompagné de la répression contre les organisations de la gauche iranienne et du mouvement ouvrier, par la censure de la presse d'opposition, par l'interdiction des manifestations, par
les procès et les exécutions contre des militants kurdes.
Aujourd'hui on voit que l'offensive lancée par les unités de l'ex-armée impériale et par les milices islamiques des pasdarans (Gardiens de la Révolution) n'a pu avoir raison du mouvement des nationalités au Kurdistan, mais aussi au Turkmenistan et au Khouzestan.
Les prises de terres qui étaient à la base de l'offensive lancée par les autorités de Téhéran contre les Kurdes se poursuivent dans le Kurdistan méridionnal et d'importantes manifestations contre la répression
LES CONSEILS 2- Mais ce n'est pas seulement dans les zones périphériques des nationalités opprimées que le processus révolutionnaire iranien est allé s'accentuant depuis les mois de septembre et octobre.
Favorisé par la vague de nationalisations décidées en juin par le gouvernement incapable de relancer l'économie et surtout les investissements étrangers ou privés, des conseils d'usines ont surgi à travers tout le pays. Ces «Shoras», malgré le niveau de conscience et d'organisation encore bas du prolétariat iranien, ont commencé, devant la gravité de la crise économique (3 millions de chômeurs et une inflation qui se situerait aux alentours de 60%) d'entamer des expériences de contrôle ouvrier sur les salaires et la production.
Etape importante dans la construction du mouvement ouvrier indépendant, le prolétariat pétrolier, qui représente le cœur, par sa concentration, sa force économique et son expérience de lutte accumulée de la classe ouvrière iranienne, a formé une organisation l'échelle nationale, le syndicat commun des travailleurs du pétrole, qui exige immédiatement la semaine de 44 heures et l'ouverture des livres de comptes de la NIOC, la compagnie nationale iranienne du pétrole. De telles expériences de contrôle se sont déroulées en Azerbaidjan.
Khomeiny, qui avait traité les dirigeants du PDKI de «fils de satan» et d'agents du sionisme ou du chah a finalement dû faire une autocritique publique avant que la trêve soit décrétée par le PDKI. Il a «humblement demandé» à ses «frères kurdes» de lui serrer la main en expliquant : «On vous a calomnié en vous traitant de comploteur» et leur a promis que «la République islamique vous donnera le droit d'administrer vos affaires internationales et locales». DES USINES commencent à se repandre, vus sabotages économique, la de l'investissement même la fuite des managers. 3 - Dans la jeunesse et les universités, après une période d'intimidations provoquées par les exactions et le terrorisme des organisations de l'extrême-droite islamiques, le mouvement étudiant a recommencé d'apparaître au grand jour. Des manifestations de soutien aux Kurdes et des protestations contre les atteintes aux libertés ont précédé une importante mobilisation ces dernières semaines Etudiants Iraniens, contre les menaces impérialistes et pour exiger du gouvernement qu'il aille plus loin, notamment dans la rupture des liens économiques avec les Etats-Unis. 4 - Après un moment d'unité factice, les oppositions politiques avaient commencé ressurgir au sein même des cercles dirigeants de la République islamique, en particulier sur la question de la nécessité d'une solution négociée au problème kurde et sur la garantie de certaines libertés démocratiques. C'est ainsi que le gouvernement Bazargan, puis le gouvernement du Conseil de la Révolution qui lui a succécé, a finalement dû ré-autoriser la parution d'une série de journaux qui avaient été interdits ou suspendus en août dernier.
Cela commence par l'autorisation pour le Parti Tudeh de faire reparaître son organe «Mardom». Le 5 novembre dernier c'était le journal du PST, «Kargar», qui était à nouveau autorisé, ainsi que plusieurs dizaines d'autres publications.
Sans avoir de statut légal, les organisations d'extrême-gauche ont pu de fait, commencer a reparaître, à s'exprimer, vendre leur presse et même, tenir meeting, sans subir encore une répression ouverte de l'extrême-droite islamique ou des milices khomeinistes. "en situation irrégultère", détenus aux USA
A l'évidence, le comportement politique de Khomeiny et d'une partie de la direction nationaliste bourgeoise du Conseil de la Révolution par son radicalisme avec ce à quoi les leaders nationalistes nous avaient accoutumés, même aux temps dorés des Nasser, Péron, Arbenz. Il a été rare en ce siècle de voir une direction nationaliste bourgeoise ou petite-bourgeoise l'affrontement avec l'impériasoit lorsque Khomeiny, sans désemparer, a exigé jusqu'au bout le départ du chah et le renversement de la
You lorsqu'il aujourd'hui de son autorité la séquestration du personnel diplomatique de la première puissance impérialiste au monde. Il faut peut-être remonter au tout début de la révolution chinoise avec la direction Sun Yatsen ou aux directions nationalistes bourgeoises des soulèvements des années 20 et 30 au Vietnam pour trouver l'équiradicalisme n'empêche pas que l'opération ambassade reconstruire autour de Khomeiny et du Conseil de la révolution islale consensus national menacé par la crise économique, la montée du ressentiment social et la question des nationalités et des libertés.
Khomeiny le reconnaît lui-même qui le 27 novembre dernier expliquait : «Je le redis encore que dans cette phase vitale, le peuple sans considération ne ni d'idées politiques et redoit préserver son unité, manifester son hostilité aux atrocités innombrables du gouvernement américain; il ne doit pas penser à créer des problèmes ou semer des discordes
One peuvent qu'aux ennemis de notre pays».
Significatifs de la façon dont la hiérarchie chiite entend utiliser le mouvement de masse et le sentiment unitaire anti-impéria-
UNE DIRECTION NATIONALISTE BOURGEOISE EXCEPTIONNELLE liste, est la mesure annoncée le 23 novembre par le Conseil de la Révolution qui interdit toutes les grèves demande aux ouvriers de «chasser les fauteurs des troubles, traîtres aux intérêts de l'Iran», qui seraient à l'origine des mouvements sociaux qui se sont multipliés depuis deux semaines
Dans le même sens Khomeiny a expliqué à la télévision que 20 millions d'Iraniens d'Iraniennes en âge de porter les armes devaient faire un apprentissage militaire, y commais il a insisté sur le fait que ce devaient être les Gardiens de la révolution qui devaient servir d'encadrement pour cette ins-
Manière habile de réhabiliter aux yeux d'une opinion publique devenue méfiante à leur égard, des pasdars dont une commission d'enquête du gouvernement Bazargan a officiellement et publiquement reconnue la lourde responsabilité dans le conflit au Kurdistan.
Mais à la mesure même que le processus de révolution permanente s'approfondit en Iran, on voit apparaître clairement limites de cette direction nationaliste bourgeoise. Deux indicateurs suffisent à révéler déjà cette tendance: 1) La manière dont le gouvernement iranien et ses figures réputées les plus «radicales» comme le responsable de l'économie Bani Sadr se trouvent sur la défensive dans la guerre économique entamée par l'impérialisme US; 2) Les oppositions sociales et économiques qui se font jour, au sein de la bourgeoisie iranienne contre la radicalisation processus révolutionnaire iranien et la confrontation avec l'impérialisme, oppositions qui se manifestent aujourd'hui derrière la figure charismatique de Khomeiny, par la crise de direction politique pour la bourgeoisie iranienne. Une crise que se par les luttes des clans, des limogeages, les manœuvres, la multiplicité des «centres de pouvoirs».
AU NOM DU PROFIT Contrairement à ce que distille quotidiennement la presse occidentale, ce n'est pas l'Iran, l'impérialisme qui tamé le premier la guerre économique, non pas au nom de la d'otages de l'ambassade, mais au nom de la loi du profit, par le refus d'investir, la activités économiques des filiales situées en Iran, par le rapatriement des managers et des techniciens.
Cyniquement la presse impérialiste explique, après le «gel» des avoirs en petro-dollars de l'Iran, qu'il n'y a guère d'autres mesures économiques à prendre vue les précautions déjà prises par les entreprises impérialistes.
Parlant des 250 entreprises US qui formaient le gotha de l'industrialisation iranienne, Time Magazine écrivait, le 26 novembre sous le titre «Il n'y a plus rien à prendre» : «Aujourd'hui la plupart d'entre elles (les entreprise US) ont fermé boutique ou les ont laissé sous la direction de leurs ouvriers en rapatriant les cadres amérila Fluor Corp. Californie, impliquée dans un gigantesque projet de «joint venture» de construction d'une raffinerie à Ispahan a passé le relai, pour l'achèvement des travaux, à son partenaire allemand Thysten. DuPont a fermé depuis décembre dernier son usine de fibres synthétiques d'Ispahan et il ne reste selon l'hebdomadaire américain «qu'une paire compagnie d'ordinateurs» installés en Iran : «Il n'y a plus d'avoirs physiquement expropriables par les Iraniens (...). De nombreux hommes d'affaires américains préfèdésormais exporter produits finis vers l'Iran ou fournir des services (plutôt que d'investir, sous-entendu) et exid'investir sous entendu) et exigent d'être payé cash immédiatement. Le Département du
Commerce estime que les avoirs américains en Iran ne dépassent pas 300 millions de dollars. Or les hommes d'affaires amériexiger d'être payés sur les 6 milliards de dollars d'avoirs iraniens qui viennent d'être gelés pour compenser ce qu'ils perdraient en Iran». UNE NOUVELLE FORME DE GUERRE ECONOMIQUE POUR UNE NOUVELLE FORME DE DEPENDANCE
En 1953, le blocus impérialiste contre le gouvernement Mossadegh avait pris une forme spectaculaire lorsque la marine britannique, au service de la British Petroleum et des grandes compagnies pétrolières arraisonnaient les pétroliers qui chargeaient dans les ports iraniens. C'était l'époque où l'impérialisme accumulait encore coloniaux dans l'extraction et l'exportation des matières prémières. Aujourd'hui, la bataille économique engagée moins brutale, mais son efficacité tient à ce que l'économie iranienne depuis la Révolution l'industrialisation qui a suivie est en fait plus dépendante du marché mondial, l'impérialisme qu'elle ne l'était du temps de Mossadegh.
La différence, c'est qu'avec la modification dépendance, les formes de la guerre économique se sont aujourd'hui modifiées.
On peut vérifier avec le gel des 12 milliards de petro-dollars iraniens que la longue bataille années 50 par les pays producteurs de pétrole pour la récupération de la rente pétrolière, et qui s'est soldée à la fois par la nationalisation des installations en Iran, et la hausse des prix du brut, depuis le début des années 70, n'a fait que modifier les formes de la dépendance. Au lieu de dépendre des sept «Sœurs» (les grandes compagnies pétrolières du consortium), qui exploitaient et commercialisaient le pétrole, l'économie iranienne dépend aujourd'hui des cinq ou six grandes banques US (au premier rang desquelles la Chase Manhattan de Rockefeller qui gère les immenses biens du Chah, la First National, la Bank of America, la Chemical Bank, la Morgan Guaranty). Et ce sont ces banques qui sont aujourd'hui à l'offensive pour remettre en cause, partir de la décision du «gel» des avoirs iraniens, tout le sysème de crédit dont pouvait disposer l'Iran et contraindre l'économie iranienne à revenir au troc : marchandises contre pétrole, donnant-donnant.
Or, tout le reste de l'économie iranienne et en premier lieu l'industrie, dépend directement du marché mondial. Les importations étaient couvertes à 96% par les ressources pétro-
LE PIEGE DE L'ECONOMIE MIXTE
Face à la guerre économique entamée par l'impérialisme, le modèle de développement proné même par Bani Sadr, c'est-àdire un modèle d'économie mixte, combinant secteur na-
(toutes les banques et l'essentiel de ia grande in-
Sont été nationalisées) et initiative privée, mais respectant fondamentalement les lois de l'accumulation capitaliste, de la propriété capitaliste et de la division internationale du travail, se revèle de peu d'efficaseule alternative guerre économique passe un plan de reconversion l'ensemble de l'économie, par le contrôle étatique du commerce extérieur non pétrolier, par une relance de l'activité agricole véritable réforme agraire. Mais aucun gouvernement capitaliste ne peut s'engager dans cette voie.
qu'au-delà des discours démagogiques et malgré les marges de manœuvres que lui donne encore la vente du pétrole, secteurs du gouvernement bourgeois iranien n'est en mesure de mener une telle politique qui toucherait seulement les impérialistes, rectement les rectement les intérêts de la lières en 1977, contre
1957. L'industrialisation de l'Iran a été une «une industrialisation dépendance» consistant pour
Men usines de montages, qui dépendent pour leur fournitures des grandes entreprises multinationales (90% des importations proviennent des pays capitalistes dévéloppés et importations étaient constituées des biens nécessaires pour la production intérieure).
Conséquence de la réforme agraire désastreuse et partielle, commise par le chah, l'Iran qui sous Mossadegh était un pays exportateur de produits agricoles, ne se suffit plus à lui-même. En 1977, il importait pour 3 milliards de dolde biens alimentaires. ne sur lesquels il s'appuie (il ne faut pas oublier que le «bazar» contrôle entre 60 et 70% de l'import-export non pétrolier et que toute réforme agraire radicale le toucherait connections, familiales et économiques, avec les propriétaires terriens, son monopole des circuits de commercialisation entre la ville et la campagne, où la part qu'il représente dans l'endettement des petits paysans parcellaires).
C'est cette réalité sociale et économique des forces sociales, donc directement la hiérarchie chiite d'où sont issus les actuels dirigeants iraniens qui soustend toutes les oppositions. L'enjeu des querelles entre un Ghotzadeh et un Bani Sadr, entre ce
Get son ministre du pétrole, entre l'ayatollah Khomeiny occupant l'ambassade et Bazargan, outre les querelles pour le contrôle du pouvoir politique, reflétent surtout les tensions provoquées par la conéconomique l'impérialisme au sein de la bourgeoisie iranienne.
Cela explique que jamais le l'initiative sur le terrain de la
guerre économique contre l'impérialisme !
C'est Carter qui a décidé le boycott du pétrole iranien livré aux Etats-Unis. C'est Carter qui a décidé le «gel» par l'offensive pour rompre toutes les lignes de crédits à moyen et à court terme. En face de cela, on a vu une querelle ouverte entre Bani
Ghotbzadeh, qui vient de remplacer Bani Sadr à la tête de la diplomatie iranienne sous prétexte que Khomeiny ne voulait pas qu'il se rende à l'ONU, avait fait expliqué une semaine auparavant les affres de la moyenne et petite-bourgeoisie iranienne en expliquant «je suis contre une escalade de la guerre économique avec Unis.» Et d'expliquer qu'il fallait prendre son temps : «il faudrait que nous gardions notre sang-froid, que nous choisissions nous-même venu le terrain de la confrontation». A l'évidence, faute de pouvoir trouver une solution politique ou militaire locale, alternative à Khomeiny, l'impérialisme tente au travers de la
Sadr et Moinfar sur l'acceptation du dollar contre monnaie de compte pour les facture pétrolières, on a vu Bani Sadr annoncer le non-respect de la dette extérieure, qu'il ne s'agissait prêts étrangers consentis aux 28 banques nalisés en juillet. L'AVEU DE GHOTBZADEH guerre économique qu'il a enclanchée, de combiner à la fois nocion hor
Ice du «bazar» sur l'actuelle jouer plus tard, comme contre-feu la carte d'un Bazargan ou de préparer, quand l'occasion s'en présentera, rechange avec tel ou tel secteur les Etats- de l'armée ou Bakhtiar.
Mais pas seulement avec l'impérialisme US le moment iranienne a engagée une cour-
Use de vitesse. C'est aussi son propre prolétariat et sa paysannerie. économique en Iran qui va LEXPRESS bilisation classe sannerie.
faire puls machine arrière en annonçant des iraniennes natioférentiation vrière.
ensur l'actuelle à на осто des solutions de reconversion aujourd'hui, ce n'est que la bourgeoisie avec
L'accentuation de la crise ouverte.
DAWN WITH
CARTER résulter de la confrontation économique, dans un climat de moanti-imperialiste, va pousser à la radicalisation de la ouvrière et de la pay-
Davantage encore que la question du respect des libertés démocratiques ou des droits des minorités nationales, cette radicalisation-là va être propice à des phénomènes de dif-
Get de clarification politique au sein de la classe ou-
Fin octobre, le «Shora» des travailleurs de l'usine de montage automobile General Motors de Téhéran, prenait contact, avant l'occupation de l'ambassade, avec les ouvriers des sept autres entreprises de construction (de montage) d'automobile pour étudier la possibilité d'une industrielle, après rupture des liens avec les sociétés de Détroit, afin de construire une petite voiture quatre places populaire. On voit là un de conscience ouvrière lopée par la crise. Neuf mois après la chute du chah, c'est bien une nouvelle phase de la révolution iranienne qui s'est
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