Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

ZIMBABWE

Les masses se mobilisent contre le plan néo-colonial

Inprecor n° 70, 21 février 1980 · p. 24 · 673 mots

Afrique australe

Les masses se mobilisent contre le plan néo-colonial zimbabwe A prévues ou le 21-29025 veille des élections vrier, le gouverneur britannique du Zimbabwe, Soames, ne cesse de développer son plan de harcèlement et de répression du mouvement national. Les «protected stratégiques) maintenus à une assez large échelle; les arrestations se poursuivent, et des milliers de personnes restent en prison; assassinats et tentatives d'assassinats de militants et de dirigeants du Mouvement national, et notamment du ZANU, se multiplient. L'état de siège subsiste dans 90 % du territoire du pays; les forces de répression - police, armée et auxiliaires - ont été redéployées, en violation des accords de Londres; les contingents d'Afrique du sud ne se sont effectivement pas retirés.

Par ailleurs, Soames s'est attribué des droits qui lui permettent de fausser la campagne électorale et ses résultats : possibilité d'exclure du scrutin des secteurs de la population sans diminuer pour autant le nombre de sièges à pourvoir, possibilité d'interdire parti ou front de présenter ses candidats dans certaines zones, etc.

Les raisons qui inspirent l'attitude de Soames sont claires. Le régime de Salisbury avait accepté l'idée d'un compromis parce que l'opération tentée avec le fantôche Muzorewa avait fait long feu ; la lutte armée de la guérilla n'avait pas été affaiblie ; la situation économique frisait la catastrophe; la démoralisation avait pénétrée les rangs des colons blancs. Il pouvait espérer exploiter le compromis assez pesant qu'il avait réussi - grâce aussi aux des pays dits de la ligne du Front (Tanzanie, Mozambique, Zambie, Angola, Botsawana) -à imposer au mouvement na-

Get qui impliquait pour celui-ci de renoncer à ses revendications initiales.

Le front avait accepté notamment que les colons jouissent d'une représentation parsupérieure leur poids numérique ; que pendant dix ans les propriétés des colons ne soient pas expropriées; que l'armée ne soit pas démantelée et que les contingents de la guérilla se rendent dans des camps de

Les colons, Soames et l'imespéraient pouvoir instaurer un régime néo-colonial conservateur, dont Muzorewa ou le ZAPU Pour mener à bien l'opération, ils devaient exploiter à fond la division du mouvement national, frapper son aile la plus radicale, la réduire à la portion congrue. Voilà pourquoi répression a visé et vise surtout le ZANU de Mugabe, alors qu'une politique de séduction et d'ouverture est menée face au leader du ZAPU, Nkomo.

Mais toutes ces manœuvres risquent d'être stériles. En fait, une situation nouvelle s'est créée au cours des dernières semaines dans le pays. Les masses exploitées du Zimbabwe, loin d'être déconcertées freinées par les accords de Londres, se sont lancées dans les brèches qui s'étaient ouvertes. Le retour des dirigeants nationaux les plus connus et la campagne électorale ont caractérisés par une mobilisation sans précédent dans l'histoire du pays et la répression n'a pas eu l'effet escompté. Ces mobilisations representent en elles-mêmes une menace au compromis de Londres et au projet néo-colonial. Elles sont gigantesques plosions anti-impérialistes révolutionnaires. C'est contre un tel danger que Soames et les colons s'efforcent de réagir exploitant toutes les ressources dont ils disposent, y compris en ayant

June répression maset en faussant davantage les mécanismes électoraux.

Non seulement les colons blancs de l'Afrique australe et l'impérialisme britannique, mais l'impérialisme dans son les Etats-Unis en premier lieu, considèrent l'enjeu au Zimbabwe capital : c'est pourquoi ils s'engagèrent à fond dans la bataille.

Le mouvement ouvrier et révolutionnaire international a le devoir de riposter, de se mobiliser pour la défense des droits nationaux et démocratiques du peuple du Zimbabwe, d'exiger que le Zimbabwe obtienne une indépendance immédiate et totale et que les libertés démocratiques soient instaurées sans aucune discrimination ou restriction. Cela

Centre autres, l'égalité absolue des droits élecle droit pour le peuple zimbabwien de décider, sans aucune limitation préalades structures économiques et sociales du pays. * Pour le retrait immédiat des troupes impérialistes du Commonwealth et de l'Afrique du Sud ! * Pour la dissolution des forces de répression du régime des colons ! * Pour l'égalité absolue des droits électoraux ! * Pour la libération immédiate de tous les prisonniers politiques !

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