Général Sanchez Hernandez :
«ORDEN n'est pas une tentative en plus pour obtenir des voix, mais résulte de toute l'expérience salvadorienne de lutte contre la subversion communiste, ainsi que de l'expérience de nombreux autres pays du monde libre qui ont pu éviter de tomber aux mains du communisme. Des organisations comme ORDEN ont déjà existé aux Philippines, en Malaisie, au Sud Vietnam ainsi qu'au Guatemala, au Honduras et au Mexique, et elles ont été d'une grande aide pour que les gouvernements parviennent à ses fins. Nos alliés du monde libre, qui nous aident à maintenir la démocratie dans ce pays sont également à nous aider dans le cas concret d'ORDEN (souligné par nous). Mais les perspectives d'ORDEN sont si grandioses que même le financement des nations amies ne pourra suffire, non plus que les fonds de l'Etat, pris sur les budgets civils et militaires; il faut aussi nous assurer la collaboration effective du secteur privé. Il ne faut pas oublier que nous sommes en guerre contre le communisme et que dans cette guerre les soldats ne sont pas seulement ceux qui portent l'uniforme mais tous ceux qui ont des intérêts à défendre. Le but de l'organisation ORDEN c'est que les larges masses du peuple s'unissent pour défendre ces intéréts de façon permanente, sans constituer une armée professionnelle ou un parti politique : il s'agit d'une organisation prévende sécurité qui recueillera l'information et aidera à contrôler les éléments subversifs. La guerre que mène le communisme est une guerre contre la propriété privée, contre la libre entreprise, contre le gouvernement légalement
Oil faut reconnaître que jusqu'à ce jour le communisme a avancé et est en train de gagner cette guerre. Au Salvador, l'une des faiblesses de la démocratie et de la libre entreprise c'est qu'elles sont défendues par armée professionnelle et les corps de séCela dénature aux yeux du peuple à la fois les rapports entre le gouvernement et les forces armées et les rapports entre le gouvernement et les secteurs économiques.» Général José Alberto Medrano :
«Messieurs, il ne s'agit pas seulement de la guerre entre les riches et les pauvres mais de la guerre de la nation pour sortir de la misère et parvenir à la richesse. Et comme dans n'importe quelle guerre, celui qui gagne c'est celui qui a les meilleures armes, plus de moyen, une meilleure information, des hommes mieux préparés et en plus grand nombre, et celui qui est le plus intelligent. Les communistes sont passés maîtres dans l'art de créer des problèmes à un régime qui a résolu de façon satisfaisante les problèmes du peuple et surtout les problèmes des relation entre le capital et le travail.
On a dit de manière un peu dédaigneuse que cela ne vaut pas la peine d'investir de l'argent et de faire des efforts pour créer une autre organisation d'«oreilles» (orejas - les mouchards) et «qu'il est toujours dangereux pour les forces vives du pays d'organiser et d'armer les indiens». Je voudrais vous demander de réfléchir un moment sur le fait que vous tous êtes là, vous ne seriez plus de ce monde, vous n'auriez pas des affaires propres et des maisons luxueuses, vous ne pourriez pas vous offrir des voyages aux Etats-Unis s'il n'y avait pas le travail quotidien et silencieux de ceux que vous appellez les «oreilles». Organiser les indiens, comme vous dites, peut évidemment être dangereux, mais il est temps de voir les réalités en face et de voir que ces réalités elles-mêmes sont dangereuses. Nous qui sommes rassemblés ici, nous savons que la raison principale pour laquelle l'organisation des travailleurs agricoles a été interdite c'est que le café est une culture très délicate, et que vous ne pourriez pas supporter les grèves, les arrêts de travail ou les sabotages des masses organisées dans leurs syndicats. En plus il faut voir que dans chaque organisation qui surgit dans les campagnes, les communistes s'infiltrent. Moi, je vois les choses d'une autre façon : tôt ou tard de toute façon, les paysans et les travailleurs journaliers vont s'organiser en syndicats ou en associations. La chose importante c'est de savoir qui va les organiser. Ou bien nous, avec vous, nous les organisons pour défendre les intérêts de la patrie et nos intérêts, ou bien ce seront les communistes qui vont les organiser.
ORDEN met à la disposition de l'Etat salvadorien et des secteurs responsables de ce pays une armée civile, qui peut être armée en 24 heures, qui va défendre le système démocratique et pourra compter jusqu'à 150000 membres.