Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

EDITORIAL

L'avenir de l'Etat ouvrier yougoslave

Inprecor n° 77, 15 mai 1980 · p. 3-4 · 857 mots

Europe de l'Est Stalinisme URSS et Russie

931929 1991

-omob al aliganas

A réaction des masses populaires yougoslaves à la mort de Tito confirme façon un fait capital: l'identification consciente du prolétariat et des couches de la paysannerie avec gime de ce pays, et avec l'Etat qualitativement supérieure à ce qu'elle est dans n'importe quel pays d'Europe orientale. Les raisons de cet état de choses ne doivent pas être recherchées dans une quelconque «nature charismatique» de la personnalité de Tito. Elle a trois sources principales.

L'Etat ouvrier yougoslave est né d'une véritable tion populaire, à laquelle des millions d'exploités ont participé consciemment, ce qui ne fut le cas dans aucune «démocratie populaire». La rupture entre Staline et Tito, en 1948, et la résistance victorieuse à Staline couronnée d'un succès spectaKrouchtchev dut aller sinon à Canossa, du moins à Belgrade, furent comprises par les masses populaires Yougoslavie comme une affirmation droit des peuples yougoslaves de construire leur destin poliindépendamment diktats de bureaucratie soviétique. L'instauration et le développement de l'autogestion ouvrière, malgré toutes ses fai-

Uses imperfections, ses contradictions, est comprise par les masses yougoslaves comme une conséquence supplémentaire essentielle, en plus de la suppression de l'exploitation capitaliste et l'oppression nationale par la révolution contradictions et tensions croissantes résultant de la combinaison hybride l'autogestion au niveau de l'entreprise d'une part, et la prétenmarché» ainsi que le régime politique du parti unique d'autre part - qui continue à contrôler étroitement les décisions économiques centrales et l'apd'Etat, sans aucune possibilité réelle des masses de faire valoir leurs intérêts et veaux-là - créent une situation politique difficile en Yougoslavie, au moment où vient de disparaître l'arbitre suprême (1).

Ces tensions risquent de s'accentuer en ce qui concerne les rapports entre les nationalités, en ce qui concerne les rapports entre travailleurs et bureaucrates, en ce qui concerne les rapports entre la bureaucratie centrale du parti et de «technocratique» même bureaucratie de l'autre, avec des interférences multiples de toutes ces contradictions au sein de la Ligue des Communistes, moins homogène que jamais, plus sujette que jamais aux pressions les plus diverses.

Que dans ces conditions pour qui l'expérience particulière de l'Etat ouvrier yougoslave reste une source d'irritation, voire de troubles, - en premier lieu la bureaucratie soviétique et bourgeoisie en Europe méridionale, — ne manqueront pas une occasion pour pêcher en et pour chercher à les tensions, cela semble le moins vraisemblable.

Le rassemblement spectaculaire de tant de chefs d'Etat et de gouvernement aux funémoins un hommage à l'ancien chef des partisans devenu le du «mouvement des non-alignés», et encore moins un geste de «bonne volonté» à l'égard d'un Etat ouvrier «indépendant des deux blocs» (formule vide de sens, s'il en est !).

Editorial réflète le début des grandes uns et des autres pour modifier la politique étrangère de la Yougoslavie, — le Kremlin cherchant à la ramener dans le giron de ceux qui appuyent inconditionnellement toutes ses opérations diplomatiques, l'OTAN et la CEE cherchant à la lier d'une manière ou d'une

Nous avons toujours critiqué les pratiques de collaboration de classe qu'implique la politique des «non-alignement» de Tito, fondée sur l'illusion qu'à un moment de danger pour l'Etat ouvrier yougoslave, ce prétendu «mouvement» viendra à son secours.

Mais nous ne pouvons accorder aucun appui aux tentatives du

Kremlin de subordonner la défense de l'Etat ouvrier yougoslave aux intérêts de la bureaucratie soviétique, encore moins à ses manœuvres à l'intérieur de la Yougoslavie en vue d'arriver à ce but.

La IVe Internationale a eu, attitude particulière à l'égard de l'Etat ouvrier yougoslave. Nous ne sousestimons d'aucune manière le poids et le contrôle de la impérialiste bureaucratie ouvrier. Nous croyons que là, comme dans tous les

Etats ouvriers d'Europe, révolution politique est saire pour dégager la voie vers progrès en socialisme. Mais nous croyons d'autonomie classe ouvrière et des communistes critiques et oppositionnels est supérieure en

Yougoslavie à ce qu'elle est autres Etats ouvriers d'Europe, sans parler de l'Union

1) Voir le dossier « Yougoslavie», paru dans le numéro 75 d'«Inprecor».

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soviétique. Nous croyons que l'autogestion, bien qu'introduite bureaucratiquement par en haut et extrêmement hybride, est vue par le prolétariat yougoslave comme une conquête décisive. Nous sommes pour la défense de cette conquête, comme nous sommes pour la défense de l'Etat ouvrier yougoslave contre tous les dangers et toutes les formes de «déstabilisation» - de la Fédération qui peuvent le menacer de la part de forces sociales conservatrices de par le monde.

pourquoi croyons de notre devoir d'insister sur le fait que la cohésion de cet Etat et de la société post-capitaliste existant en Yougoslavie, une fois disparu le facteur représentait sans aucun doute Tito, ne peut être assurée à la longue que par l'extension du système d'autogestion à l'économie dans son ensemble, et son transfert sur le plan politique : un congrès des conseils

Get des communes comme instance suprême la planification et de la centralisation économiques; pouvoir politique réel exercé par ce même congrès; la démocratie socialiste permettant à la classe ouvrière et aux masses laborieuses d'élire ces conseils et de prendre des décisions politiques clés en pouvant choisir alternatives: voilà ce qui rendra la Youinvincible face à tous ses ennemis ouverts et cachés.

Iran

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