Livio MAITAN ont marqué une évolution importante de la situation au Nicaragua. Le départ de Robelo, précédé par celui de Violeta Chamorro, avec le changement qui en découle dans de forces politique et au niveau de la direction
Nous ne reviendrons pas sur la la portée générale du plan portée générale du économique que nous avons déjà analysé par ailleurs (1). Il suffit de rappeler que ce plan - pour la cause, caractérisé comme «plan de réactivisation» - fixe des objectirojetant des niveaux de pro somme toute, limités en duction sensiblement inférieurs aux niveaux moyens de la pésurrection. Des progrès spectaculaires ne sont pas non plus prévus pour l'année 1981. Ce qu'en 1982 s'ouvrir la période de relance de l'accumulation en élargissant et rationalisant l'appareil productif reactivacion econoтіса, р. 113).
Il est difficile de dire dans quelle mesure les objectifs ont été atteints au cours des trois ou premiers mois. Il n'existe pas encore de données officielles d'ensemble. Dans numéro d'Inprecor, nous avons reproduit les déclarations du vice-ministre de la planification, Cerda, sur les sérieuses difficultés rencontrées dans la remise en marche des entreprises industrielles, industrielles, ainsi que celles ainsi que d'Henri Ruiz sur les retards
3 mai 1980
Les quatre premiers mois de l'année 1980 rapport
PERSPECTIVES ET TENSIONS ECONOMIQUES de la production agricole. Dans plan séminaire, le 21 un de temps raient ne pas être atteints permettrait que devrait sinon de dépasser, les objectifs. Des difficultés pourraient apparaître dans les sec-
Programa précise était quatre réduit d'entreprises nationalisées, révélerait tards. Mais toutes ces estimale dernier néfice d'inventaire.
fiscales ainsi dépôts bancaires représente un celles élément positif qui élargit les gouvernementale, ouvre une nouvelle étape. Le but d'analyser les velles crises. voir même Ruiz a rendu compte couvrant résultats, dans l'ensemble cède positifs, en précisant en même que les objectifs pouren ce qui concerne la construction. A cette occasion, un responsable de la planification a affirmé que l'emploi avait augde 25000 unités en faites, l'espace de quatre mois, ce qui si un tel rythme se maintenait jusqu'à de l'année - de réaliser, suivants»: teurs des services, des transports et de la construction. En tout cas, la seule donnée mation la création de 7000 emplois supplémentaires dans l'industrie Une petite enla quête menée dans un nombre de sérieux retions doivent être faites sous bé- 1)
dré Udry d'«Inprecor». L'augmentation des rentrées
Nicaragua
de notre article est de saisir facteurs qui sont à l'origine de la crise du 22 avril 1980 et provoqueront inévitablement, même à des échéances rapprochées, de nouvelles confrontations et de noumarges de manœuvre du poucentral. L'opération treizième mois (2), par contre, s'est jusqu'à présent soldée par un échec. Selon des rapports la période qui le 20 avril (l'échéance prévue était le 31 décembre
1979), le fonds pour l'emploi contrôle de l'Etat n'a reçu que 66 millions de cordobas, au lieu des 180 initialement prévus. Les retenues sur les salaires ont bien mais les patrons n'ont pas versé les sommes perçues.
Le texte du programme de
1980 indique dans ses con- ses conclusions les «points critiques 1.- le maintien de la consompopulaire au niveau programmé par la planification des ravitaillements, le contrôle des salaires et la vigilance contre spéculation; autrement,la défense du «salaire populaire» s'avérera impossible;
Voir notre article dans «Rouge», numéro du 18 au 24 janvier 1980 et l'article de Charles-Andans le numéro 72/73 2) Au mois de novembre on avait de retenir le treizième mois pour les travailleurs touchant plus de 1500 cordobas.
2.- le contrôle tations sans lequel il possible de possible de limiter l'endettement extérieur et la consommation non 3.- l'augmentation trées. fiscales sans n'y aura pas d'équilibre monétaire; 4.- la rationalisation des échanges économiques entre le secteur public et le secteur privé ; 5.- la correction à temps des déséquilibres par un réseau d'informations dont l'efficacité est subordonnée à une ganisation du système des statistiques, liée à son tour à la
L'Etat dispose incontestablement d'instruments qui peuvent faciliter le dépassement, ou du moins l'atténuation, de ces points critiques (le contrôle sur les banques, sur les exportations fondamentales par le monopole du commerce extérieur, la possibilité d'influencer le cours des prix à la consommation (3). Mais l'action de ces instruments est limitée, d'après les déclarations de responsables de la plánification eux-mêmes, à cause de l'absence d'un système de statistiques tant soit peu efficace et de l'insuffisance moyens de contrôle financier et économique. Le nouveau régime paie, sur ce terrain aussi, un prix très lourd tions d'arriération héritées du passé.
Ajoutons qu'en ce qui concerne le deuxième «point critique» une difficulté mentaire peut survenir fait que les importations de céréales de base ont tendance à augmenter par rapport aux prévisions (officieusement a parlé de 45 millions lars; certains prévoient qu'elles couvriront environ total des prêts venant l'étranger). D'autre est possible que les cultés pour réaliser effectivement les investissements spécifiquement prévus dans les accords, soient un l'utilisation des lignes de crédits obtenues sur le plan interdu ministère de la Planificalaquelle
Du point sensiblement aussi économique, réorsuspension quence une réduction d'environ auxquels 40% destinés (quant aux autres 60% semble-t-il, se assurer de toute les apar d'autres ressources). Touteration a largement été compenbles internationales.
tés surtout au mois de mars tés surtout grâce à l'envoi d'une importandes te délégation en Europe orientale, d'une autre délégation dans des pays d'Europe capitaliste, et aux condi-
3)
3) Par le truchement de l'ENAreste, toutefois, informations officielles, la participation à cet organisme à la distribution serait de supplé-
8% pour l'huile,
17% du
15% pour le sel, 15% cots (plus 22% pour l'importation)
(voir « La Prensa», 13 avril).
on
4)
de dol-
Charles-André Udry.
20% du de part, diffide dollars par le Mexique pour un urbains, les fertilisants,etc.; 75000 l'industrie du lait; 30 millions de dolfrein lars venant de l'Italie pour des études de pré-investissements pour la transdes sources ce niveau nezuela, ont été constatés au cours des dans le secteur permettre mation;
la situation apparaît que dans la première période, hationaux après le 19 juillet. Nous l'ade Rouge déjà cité (4). Nous ne minimisons pas la portée seulement politique, mais de la suspension du prêt de 75 millions de négociés dollars par les Etats-Unis. Cette aura pour consé-
30 millions de dollars pour les investissements d'infrastructure, du prêt étaient qui auraient été destinés au secteur privé, le gouvernement, prend serait engagé à façon fois, l'annulation de cette opésuivantes:
sée par des succes incontestadans d'autres opérations vement les ques
Ces succès ont été remportrès lourd);
BAS, dont le rayon d'action limité.
D'après des pour le sucre, 14% et médicale et pour les œufs, pour les hari-
Voir aussi l'article déjà cité de donations
(dans au Venezuela, chronologique): 10 millions les transports
FAO pour été données l'Europe plus tard, à l'élargissement d'accords avec des pays latino-américains dont le Mexique, le Ve-
Get même le Brésil. Les accords réalisés devraient de faire face à des nécessités urgentes en matière d'investissement et de consomde financer des campagnes spécifiques comme celle d'alphabétisation; d'assurer des débouchés à des produits dans des échanges plus diversifiés; de financer des projets industriels à long terme (5). Globalement, d'après une déclaration du ministre du FIR, Alfredo Cesar, il s'agi-
(en incluant des prêts 19 juillet «réorientés») d'opérations à long termes, pour 400 millions de dollars environ, à un taux favorable.
Pour conclure, si on reen partie les indications sur les points critiques du programme de 1980, il est possible de saisir sur le plan économique les tensions - entre les objectifs fixés et les choix que feront effectisujets économicapitalistes qui prédominent aussi bien dans l'industrie que dans l'agriculture (notamment la décision des producteurs de coton sur le problème de l'ensemencement pèsera coton, pour des denrées alimentaires et des médicaments; 11 millions venant de Hollande pour aide alimentaire pour la campagne d'alphabétisation; l'AID; 14 millions de la RFA pour ments et des projets divers; 8 millions venant de la Suède pour la construction d'un hôpital et des projets forestiers; une somme non précisée par l'Autriche pour un projet fabrique d'alcool et un autre pour la transformation du bois en cellulose; 11 millions venant de la CEE. Quant
Oil cèdera le pétrole à 23,50 dollars le baril au lieu de 26, et la somme à verser restera à disposition du Nicaragua à titre de prêt. Des indications précises n'ont pas
Men ce qui concerne de l'Est, sauf pour la Tchécoslovaquie qui a ouvert un crédit pour 20 millions de dollars.
LISTE DES ORGANISATIONS MEMBRES
DU CONSEIL D'ETAT
(6) *
Front sandiniste de libération nationale
(FSLN)
Parti libéral indépendant (PLI)
(1)
(1)
Parti socialiste du Nicaragua (PSN)
(1)
Parti populaire social chrétien
Mouvement démocratique nicaraguayen
(MDN)
(1)
Parti conservateur démocrate
(1)
Parti social chrétien
(1)
Parti communiste du Nicaragua (PCN)
(9)
Comités de défense sandinistes (CDS)
(1)
Jeunesse sandiniste
(1)
Association des femmes nicaraguayennes «Luisa Amanda Espinosa»
(3)
Centrale sandiniste des travailleurs
(CST)
(2)
Confédération générale du travail (CGT)
- entre les objectifs et la tolérance «sociale» de l'effort demandé à la classe ouvrière, aux paysans et aux couches moyennes;
- entre les projets et la capacité d'exploiter effectivement le potentiel productif inutilisé ou sous-utilisé, de même qu'entre financières disponiressources bles et utilisation pratique de ces ressources (dont les prêts extérieurs);
Au cours du premier trimestre de cette année, la classe ouvrière et la paysannerie se sont mobilisées dans des actions et des luttes importantes, dont le résultat fut la remise en question des équilibres établis auparavant. Elles voulaient exploiter les nouveaux rapports de forces créés par la victoire du 19 juillet et l'instauration du régime sandiniste pour commencer à changer les conditions misérables auxquelles les avaient condamnées la dictature somoziste et l'emprise de l'impérialisme.
Il ne faut pas oublier, tout d'abord, que la réforme agraire et quanti-
- qualitativement tativement limitée
- ne pouvait pas satisfaire la faim de terre de la majorité des paysans, ni améliorer tant peu à court terme les soit conditions d'existence, y compris des paysans et des ou-
(1) (CTN) (1) (1) (1) (1) (CNI) (1) (1) (MORE) (1) SATA (1); conseil d'Etat - entre les calculs prévisionnels et le cours des prix sur le marché mondial au cours des prochains mois.
Le dépassement ou le relâchement de ces tensions ne dépendent, en dernière analyse, tant de la dynamique économique en elle-même que de l'incidence de facteurs politiques. LES OUVRIERS ET LES PAYSANS SE MOBILISENT vriers agricoles impliqués la réforme. D'où la tendance de secteurs de la paysannerie à se mobiliser pour arracher la terre aux anciens propriétaires sans se soucier outre mesure de la distinction entre somozistes occupations de terres avaient effectivement eu lieu au mois de février et mars, et, en même temps, sans refusaient de restituer des même après statué, légale, que ces terres n'auraient pas dû être expropriées. Par exemples. le 24 février, la finca San Luis (168 manzanas) (6) fut occupée. Le 18 février, les paysans occupèrent de veau la hacienda El Canon, confisquée par l'INRA le 23 octobre, mais rendue à sa propriétaire par la suite. Début mars,
Centrale des travailleurs du Nicaragua
Confédération d'unification syndicale
Centrale d'action d'unification syndicale
Fédération des travailleurs de la santé
Commission nationale intersyndicale
Front ouvrier (FO)
Mouvement ouvrier révolutionnaire
Syndicat de la construction (SCAAS)
Six représentants dits «d'organisations professionnelles et sociales» : forces armées (1);
clergé (1); conseil national de l'éducation supérieur (1); association nationale des éducateurs
(1); association des journalistes (1); MISURA-
Six représentants de l'entreprise privée.
* Entre parenthèses, le nombre de membres siégeant au des délégations de paysans des communautés de Posaltaga exigèrent de l'INRA l'assignation de terres qu'elles occupaient depuis un certain temps. D'autres occupations — malgré une intervention de l'armée - se produisirent un peu plus tard dans la zone de San Ramon.
Il est difficile d'estimer l'ampleur réelle de tels mouvements. De toute façon, même s'ils ne se généralisaient pas, ils donnaient une indication de l'état d'esprit des
Quant au prolétariat agricole - qui surtout dans les ingenios du sucre était strictement lié à la classe vrière - il était à son tour mobiliser l'insuffisance et l'inégalité des salaires (des différences sensibles existant parfois dans un et des condimême secteur)
tions de vie infrahumaines.
Les problèmes et certaines inégalités criantes étaient à l'origine aussi de luttes de secteurs importants de la classe ouvrière industrielle. Les salaires restaient très étaient, en plus, érodés par l'inflation en l'absence de tout mécanisme automatique de réajustement.
Il est intéressant de remarquer que, alors que des militants de l'ATC participaient à
Poccupation,
CDS local se rangeait du côté du propriétaire.
Selon l'estimation d'un texte publié te publié par la CAUS, présenté au ministere du Travail, et non réfuté, le coût de la vie aurait augmenté, depuis 1972, de 300 pour cent, alors que les salaires n'auraient augmenté que de 50 pour cent. Le salaire minimum dans la région de Managua aurait été de 29,50 cordobas (en février 1980) et 75 pour cent des ouvriers auraient reçu un salaire minimum, qui, par ailleurs, n'était pas toujours respecté.
D'après une collaboratrice du ministère du Plan, le salaire minimum oscillerait entre 20 cordobas pour un ouvrier qualifié et 31 cordobas pour un mineur. A l'échelle nationale, 30 pour cent des travailleurs percevraient le minimum, et même moins. Une enquête menée à Managua indiquerait que 29 pour cent des ouvriers de la ville n'atteindraient pas le minimum. Ajoutons à cela que le taux d'inflation, tout en ayant été sérieusement réduit, sera encore cette année, selon les prévisions, de l'ordre de 20 à 22 pour cent (7).
raison de mécontentement et de conflits : beaucoup de patrons ne renonçaient pas à employer des méthodes autoritaires dans leurs entreprises, ni à licencier des ouvriers sous différents prétextes.
En troisième lieu, les ouvriers se mobilisèrent par des occupations d'usines lorsqu'ils estimaient étaient en train de liquider leurs entreprises (de pratiquer qu'on appelle la «descapitalizacion») ou ne développaient pas la production selon les potenvent, les occupations continuaient même après que les organismes compétents aient statué qu'il n'y avait pas de «descapitalizacion».
Finalement, conflits concernaient l'attribution de la «personeria juridica» à telle ou telle organisation syndicale, ou le droit d'une organisation de participer à des négociations vailleurs intéressés ou en tant que conseiller.
Pour donner les exemples les plus significatifs, un premier conflit important éclata entre les travailleurs de la construction et des travailleurs publics et la Junta Municipal de Managua. Ces travailleurs étaient organisés dans leur grande majorité par le SCAAS, sous l'hégémonie de la CGT (i), alors que la CST avait organisé un syndicat concurrent, reconnu rapidement par le ministère du Travail (le secrétaire du SCAAS, membre du PSN, qui avait refusé ce verdict, avait été arrêté pendant quelques jours au mois d'octobre dernier).
Le 9 janvier, quelques milliers de travailleurs se rendaient au ministère du Travail pour exiger la exiger la reconnaissance du reconnaissance SCAAS. Tomas Borge et Dora Teller rejoignaient les manifestants en proposant des négociations et en promettant une assemblée pour la fin du mois. Le 14, les travailleurs du secteur, notamment ceux du Par-
Velasquez, - 4000 environ - se mobilisaient de nouveau en revendiquant l'égalité de leur salaire avec ceux des autres travailleurs du secteur. Cette égalité avait été refusée grâce à l'argument que des salaires plus bas auraient permis d'embaucher dans les chancertain nombre de chômeurs. Le 17, nouvelle manide 1500 environ, au cours de laquelle geant du SCAAS, Solorzano, et dirigeant de FO, Tellez, et où le slogan le plus fréquemment repris est : «Ouuriers et paysans au pouvoir ! A bas la bourgeoisie !». Après quelques jours de grève, la Junta Municipal s'engageait à augmenter les salaires sur la base du contrat et à ouvrir une cantine et un magasin de vente de produits de base. Au même moment, le syndicat CST du teur renonçait à sa qualification juridique, en ouvrant ainsi la porte à la reconnaissance du SCAAS réunifié, sous la direction de Solorzano.
A peu près à la même période, éclata une grève sur des «réajustements de salaire», touchant 400 ouvriers agricoles de l'Ingenio Amalia, qui recevaient à la tonne, alors 10 (8). L'influence prépondérante appartenait à la CTN. Wheelock intervenait en reconnaissant le bien-fondé des revendications, mais en condamnant la grève. Un accord était réalisé. Dans un autre Ingenio - Monterrosa - où en décembre, 1 y avait eu une Journée de greve pour l'égalité salaires, un conflit surgissait au sujet de la participation ou non de FO à des négociations : 100 travail-
Use rendre Managua, mais ils furent interpelés. Il y eut finalement un assemblée convoquée pour trancher. Certains travailleurs auraient voulu continuer la grève jusqu'à la libération des militants de FO qui avaient été arrêtés.
Des luttes sur des blèmes de salaire, assemblées tées, eurent lieu aussi à l'Ingenio San Antonio, privé, le important du pays, ou, d'après Daniel Ortega, avant la révolution, on payait les salaires les plus élevés d'Amérique centrale (la situation avait changé après le 19 juillet) et où jouissaient d'une influence certaine aussi bien FO que la CUS. Malgré l'intervention d'Ortega, une grève de trois jours était déclenchée, notamment pour l'application du contrat et l'amélioration du système de pesage. Des incidents se produisirent pendant la grève, Ils furent attribués à des gens de FO qui dénonçaient l'arrestation de certains de leurs camarades et contestaient, de ces arrestations, la validité d'une assemblée 7) Quelques exemples de prix de cordobas la livre 10, sel 0,60, fromage 9 ou beurre 5,50 cinq gallons, (au change officiel, il faut 10 cordobas pour
- 15-17). Il taut préciser que les locataires loyers allant jusqu'à 50 pour cent.
D'après les déclarations faites cours d'une assemblée, chaque travailleur coupait en moyenne deux tonnes de cannes par jour.
cours- de laquelle fut élu un nouveau comité directeur (9).
Enfin, une début mars à l'Ingenio Zeledon où la CNT avait quelque influence. Les travailleurs exiaugmentations allant jusqu'à (50 pour cent pour les coude canne), des améliorations des conditions de tral'administrateur. La CTN, exnégociations, lisait des travailleurs genio Amalia, qui contestaient le secrétaire de la CST. accord était esquissé, sur la réajustement salaires, étape ultérieure, formation d'un conseil d'administration avec un représentant de l'INRA et des représentants des différentes sections de l'In-
Début février, c'était le tour des travailleurs de la santé dont les revendications principales étaient : nivellement des salaichangement radical l'attitude des directions, améliorations des allocations sociales. Quelques jours plus tard, s'ouvrait le conflit dans une série d'entreprises de Managua. 7 février, 4500 à 5000 ouvriers défilaient devant le ministère du Travail pour soutenir les revendications avancées par la CAUS, au nom d'une quinzaine d'entreprises, et allant jusqu'à rédes augmentations de 100 pour cent. Vers la fin du la grève éclate chez Fabritex, une usine textile à capital mixte, ou travaillent un d'un millier d'ouvriers, et où, au mois d'août
Oil y avait eu une mobilisation pour le renvoi diat d'un administrateur colla-
Get à la suite de laquelle été envoyé un ventor» gouvernemental. Les grévistes réclamaient des augmentations de salaires et une revalorisation des postes avec un réajustement. Une intervention de Carlos Nunez et d'une délégation de la CNI, dont des membres du PCN, semblait ouvrir le chemin à un accord : la grève était momentanément suspendue. Mais le ministre du Travail, le libéral Godoy, refusait tout accord et la grève était relancée. Une vingtaine d'autres organisaient des grèves solidarité. Le travail prenait que le 3 mars, après des accords partiels. Fabritex obtint des augmentations de 10 pour cent (sans augmentation des salaires les plus élevés, qui, dans certains cas, furent duits), un engagement d'amélioration des conditions de travail et la concession de prêts
Un cas particulièrement intéressant est celui de Caracol, industrie alimentaire de 130 ouvriers, propriété de la famille Campos, partie dans sa majoril'étranger 19 juillet. Les patrons voulaient apparemment provoquer une banqueroute, alors qu'ils avaient reçu un prêt de la part du gouvernement. Le 14 janvier, les ouvriers entamaient une grève illimitée en exigeant la destitution de «soi-disant camarades négatifs processus», le respect du contrat, la réembauche de 28 ouvriers licenciés et la révision des commissions aux agents commerciaux et aux chauffeurs. Plus tard, ils faisaient leur autocritique pour avoir eu recours à la grève. Le 19
- à une majorité de contre 10 - ils daient d'occuper l'usine pour provoquer sa réquisition, ce qui eut lieu effectivement quelques jours après. La production avait continué sans interruption et même augmenté : des avaient été réembauL'ampleur des conflits ouvriers est confirmée par le fait qu'ils ont touché aussi la région la plus lointaine du pays, côte atlantique. Le 23 février, les 283 ouvriers de Bluefields Manufacturing occupèrent leur tout en continuant la production, obtenir le paiement d'après la loi, le transport du personnel de la ville à l'usine et l'organisation d'une crèche pour les enfants des ouvrières. Les travailleurs des mines d'or, dont les conditions de travail sont littéralement épouvantables, se mobilisaient à leur tour. Immédiatement après la nationalisation, revendiquaient des augmentations de salaires et des ravitaillements réguliers. Par la suite, la mine Bonanza entamait une grève et des mouvements analogues s'esquissaient dans les deux autres mines, Rosita et Suna. L'administration acceptait de procéder à des réajustements de salaires, avec la collaboration des travailleurs dans la détermination des barèmes.
En conclusion, on peut dresser le tableau suivant : - les luttes ouvrières qui se développent sont assez généralisées; jouent un rôle clé du fait de l'importance de l'entreprise de la coordination établie entre les différentes entreprises; souvent, les luttes sont dirigées par des syndicats d'entreprise en dehors de toute initiative politique, parfois, il y a des mouvements spontanés ou partiellement spontanés qui vont au-delà des intentions ou des projets des centrales syndicales (non seulement de la CST).
L'attitude du FSLN et des organisations sous son hégémonie dont la CST, n'est pas toujours la même, ni excessivement rigide. En principe, ils saluent les luttes et les occupade suspension du travail et visent à obtenir des « intervencio-
You des expropriations. Par ailleurs, souvent que les revendications des travailleurs sont justifiées. Toutefois, grèves, surtout les plus importantes, leur opposition est systématique et, en général, assez dure. Cela ne les empêchent pas de rechercher le dialogue négociation et d'accepter, le plus souvent, une partie des revendications des travailleurs lutte, y compris sur le plan des salaires. En d'autres termes, la direction sandiniste veut éviter des affrontements et des ruptures avec des secdes masses, même au prix de concessions organisationnelles importantes me dans le cas du svndicat des
Au moment des tensions les plus graves, Borge avait menacé d'envoyer 300 soldats («Barricada», ler tevrier).
travailleurs des travaux publics de Managua) (10).
Il ne faut pas cependant le fait qu'à plusieurs reprises des attaques assez violentes et la répression ont été déclenchées contre des organisations syndicales et politiques considérées. raison, comme responsables de certaines grèves et manifestations. Fin janvier, le feu fut concentré contre Frente Obrero, en liaison avec l'interdiction de El Pueblo (10). Des manifestations furent organisées deux fois à Managua, à Leon, à Jinotepe : des militants de FO furent arrêtés. Un mois plus tard, à la suite des grèves
Fabritex et d'autres usines de la capitale, ce fut le tour de la CAUS et du PCN, dont d'assez nombreux dirigeants et cadres furent emprisonnés (autour de 60). Managua, Leon, Chinandega, furent le théâtre de manifestations en-
Il serait erroné de croire que les anciennes classes dominantes ont adopté, dans la période qui nous occupe, une attitude homogène et nettement définie. Il est clair que les couches qui ont été jusqu'ici les nlus touchées - notamment, à part les anciens somozistes expropriés qui se sont enfuis à l'étranger, les propriétaires fonciers et les propriétaires d'immeubles, dont les rentes ont été drastiquement réduites -n'acceptent pas le cadre nouveau régime. Une partie de la bourgeoisie industrielle et de la bourgeoisie terrienne n'est pas non plus disposée gager dans la reconstruction du pays, a pris le chemin de l'obstruction, sinon du sabotage caractérisé «descapitalizacion» chant par tous les moyens à capitaux. ailleurs, il y a un exode presque constant qui est autres, par des annonces économiques de La Prensa.
Il est difficile de dire dans quelle mesure de telles attitudes. impliquent un choix définitif core plus violentes que celles contre FO, aboutissant à occupations de locaux, à l'expulsion des militants présents, à la destruction par le feu des meubles, journaux, livres, etc. La CAUS est éliminée de la CNI et le PCN du Bloque Popular Patriotico et tous deux sont attaqués dans la presse en tant qu'agents de la CIA, sans la moindre preuve tuelle. Le 22 mars, 300 personnes environ ont manifesté a Managua pour la libération des emprisonnés et des protestations des membres familles de ceux-ci lieu par la suite. Le fait même ment admise au Conseil d'Etat indique en même temps accusations portées contre elle n'étaient pas sé-
Get que l'attitude de la direction sandiniste à l'égard organisations s'efforçant de se placer sur sa gauche est soumise à de multiples oscillations (12). LES CAHIERS DE DOLEANCE ET LA BOURGEOISIE ET DES CLASSES MOYENNES et dans quelle mesure elles représentent un moyen de pression. Il est clair en tout cas que, à partir du mois de mars, même les couches bourgeoises les plus disposées à la collaboration ont commencé à avancer leurs exigences d'une façon de plus en plus nette en multipliant les prises de position publiques. Il y a eu, en fait, un véritable mouvement dont ont été protagonistes les différentes différentes organisations patronales (association des prode coton, association des producteurs de café, fédération des éleveurs de bétail, chambre d'industrie) qui, en l'espace de quelques jours, se manifestés colloques et des assemblées, et par des déclarations payantes dans la presse. COSEP a organisé, pour sa part, une réception du prési-
Venezuela, Herrera Campins, au cours de laquelle celui-ci a précisé sa conception des garanties du maintien du rassurer entièrement les assistants dont une partie, sans doute sous l'effet des libations, son mécontentement).
Leitmotiv de toutes ces prises de position : nous acceptons le cadre socio-économique fixé par le plan, mais nous exigeons que soient fixées sans ambiguïté et respectées pendant le jeu lui-même. Cela devait impliquer le respect de la propriété privée dans les limites établies par le plan, la fin des «intervenciones» et des exporpriations et des occupations de l'adoption d'une ley de amparo, à savoir une espèce de habeas corpus. Les décrets du mars contre «descapitalizacion» et sur l'expropriation de terres auparavant confisquées à titre provisoire, étaient considérés comme violation des «règles du jeu». Au mois d'avril, une vague de polémique sur le même thème était lancée à la suite de
En ce qui concerne les occupade terres, l'attitude de PATC a été assez différenciée selon
En général, elle est favorable lorsqu'il s'agit de terres non cultivées. «Barricada» du 21 avril a publié une entrevue avec le secrétaire d'organisation de l'ATC où on lit, entre autres : «L'ATC ne stimule pas de manière démagogique l'occupation res... Si les occupations de terres se font sous une forme indiscriminée, il y aura un moment où nous ne pourrons pas les contrôler et cela est justement ce que s'efforcent de faire des organismes comme la CNT, la CUS et le MORE, qui s'orientent vers des occupations de terres dans des lieux où on est en train de produire, de façon à sérier les cas». 11) Le courant représenté aussi bien par «El Pueblo» que par FO mériterait une analyse plus précise que celles qui ont été esquissées jusqu'ici. Nous nous efforcerons de la faire à une autre occassion.
Le compte rendu des manifestations contre FO et la CAUS a été donné en principe par la presse qui ne conteste aucunement les faits. Précisons que la madu 5 mars à Managua avait été convoquée comme démonstration contre la CIA et aurait dû marcher vers l'ambassade américaine. En route, l'objectif changeait et le dirigeait vers le local de la CAUS. L'organe de la CST, «El Trabajador», consacrait son numé ro 4 au thème «CAUS, agent de la CIA».
l'expropriation d'une partie des actions de la Cerveceria Victoria de Managua, détenues par José Ignacio Gonzales, confiscation de la ferme Toro dans la région Leon (13).
En ce qui concerne les couches petites-bourgeoises, apparaît sensiblement plus différenciée et incertaine. Dans les campagnes, les petits propriétaires des secteurs fondamentaux restent, en général, sous l'hégémocultivateurs. Ils ne cachent pas leur mécontentement provoqué par une discrimination s'estiment victimes, concession d'un taux privilégié aux coopératives sanpar rapport à coopératives (qui en réalité ne sont que des consortiums pour les crédits, les achats et les ventes). La différence est minime (7 pour cent pour cent), et d'autant plus si l'on tient compte du taux d'inflation,
L'attitude des paysans pauvres - parmi lesquels l'ATC jouit d'une influence jouit d'une incontestable - et notamment des fermiers qui bénéficient de la réduction des fermages (14), est tout à fait différente; favorévolution. L'évolution de ces couches et les différenciations ultérieures parmi elles dépenfaçon de capacité du nouveau d'aider concrètement les paysurmonter leurs conditions d'arriération et de détresse. Le problème de leur accesla terre reste sur le tapis et il ne pourra être résolu beaucoup plus large et plus profonde que celle jusqu'à présent, dans le cadre d'une réorganisation griculture, à son tour liée au développement global. Aussi lontemps que ce problème subsistera, couches de paysans, de la petite-bourgeoisie rural seront susceptibles d'oscillations, brusques, mais cessus révolutionnaire (15).
de la et de la représentée par les petits et moyens moyens commerçants qui seraient environ raient environ 150000. Ceux-ci sont conditionnés par les geoisie et les grossistes, mais responsables de la vie producteurs pourtant, les favoriser, par son action de notamment de vente de l'ENABAS et des à savoir la magasins de crédit ne pas impliquer une restriction de la sphère d'activité du commerce, petit et moyen. couches s'est déjà exprimé à plusieurs plusieurs reprises, notamment lors d'une lors d'une manifestation critique envers l'ENABAS, et qui a réuni le 9 mars des milliers de personnes à Managua. la bourgeoisie «anti-somoziste» a commencé à battre le rappel influence sur le terrain politique. Elle estimait qu'il lui était nécessaire de disposer d'une force politique organisée, d'intervenir et de peser, surtout au moment des sions importantes. Cela devait se traduire par un effort de té dans des déclarations à «La Prensa» et dans une déclaration du CC du PCN, est que chez «Fabritex» un ac«Fabritex» de mais ils auraient tre fin aux grèves de solidarité. Début avril, 6 membres du PCN ont été condamnés à Leon à un an sur l'ordre public économique gale d'armes. de larges
«Toro Blanco», négatives pour 14) Le maximum est fixé mainte-
Dans l'économie urbaine, la couche la plus importante geois petite-bourgeoisie est vivoté manœuvres sur les prix , efpar la grande bourrenforcement ils risquent d'apparaître aux politique yeux des masses comme les
Par ailleurs, ils se considèrent menacés par l'ENABAS, qui, en principe devrait blocage des prix de gros. En l'extension des points d'entreprise peut mécontentement de
Toujours au mois de mars, capable ciaux-chrétiens déci-
La version de la CAUS, présenimpliquant des ang.". "tations jusqu'à 40 pour cent avai 1 ! é et
Même après, CAUS et PCN auraient cherché à convaincre les ouvriers de vaux publies pour infraction à la loi
13) Il est possible que la polémiconcentrées réduite dans car une partie paysans, craignant des conséquences
INRA, ont pris parti pour la pronant à 100 cordobas par mandes partis bourqui, jusqu'alors, avaient dans l'ombre; par la revendication de la mise en fonction d'un Conseil d'Etat, avec une composition permettant aux forces non sandinistes de se faire valoir; dans le d'instruments d'agitation et de propagande
Get idéologique (La Prensa, radios privées, etc.).
Des manifestations significatives se sont succédées. La plus importante fut celle du 16 mars, organisée par le MDN d'Alfonso Robelo, pour annoncer sa transformation en parti et lancer son programme qui incluait l'objectif stratégique de la «conquête du pouvoir par voie populaire». Encore plus éloquente est la leçon de la manifestation du 29 mars, lors de la visite de Herrera Campins. Pour la première fois après le 19 juillet, les partis bourgeois se présentaient sur la place de la Révolution avec leurs pro pres drapeaux et leurs propres mots d'ordre. Le MDN, qui comptait le contingent de loin le plus nombreux, occupait le devant de la place, une heure à l'avance. La CNT - liée à des courants politiques so-
- mobilisait sa part des forces non inférieures à celles mobilisées pour l'occasion par la CST. zana pour les terres ensemencées de céréales, à 300 pour celles en coton.
Pour d'autres détails sur campagne économique et politique bourgeoisie, voir nos articles «Rouge», des 11/17 avril et 15) D'après Wheelock,
100000, à moi : du tiers l'agriculture petits producteurs les paysans Du point de vue de la production, ils ne représentent qu'une fraction ou du café, alors qu'ils sont en majorité dans les céréales de base («La du 6 mars). Le président
BND, probablement sur la base 55 000 petits producteurs environ.
Le FLSN réussissait à «reconquérir» les premiers rangs avec quelques bousculades. Toute la manifestation était marquée par des slogans opposés, le plus souvent peu en rapport avec ce que disaient les orateurs (16).
Au fur et à mesure que l'échéance de la convocation du Conseil d'Etat approchait et que s'esquissait la décision concernant sa composition, par-
Nous avons déjà analysé l'attitude de la direction sandiniste face aux luttes ouvrières et aux conflits syndicaux. Sur le terrain économique, au adoptés «descapitalizacion» voient non seulement des sanctions fiscales et pénales, mais aussi la confiscation par l'Etat. La menace d'expropriation était esquissée, y compris à l'égard des producteurs agricoles qui n'ensemenceraient pas le coton. En même temps, il y avait un autre décret ratifiait la confiscation définitive de biens mobiliers et immobiliers déjà saisis ou sous contrôle de PINRA.
Sur le terrain politique, le FLSN qui avait accru son emprise grâce aux changements dans le gouvernement réalisés fin décembre, réaffirmait sa volonté de le terrain de l'unité nationale. Vers la mi-février, surgissait le Bloque Popular Patriotico, caractérisé par Carlos Nunez comme un front «démocratique et anti-impérialiste», cluait, outre le FSLN, qui y jouait un rôle hégémonique, le MDN, le PLI, le PPSC, le PSN (tendance Luis Sanchez) et le PCN (Altamirano). Le Bloque avait connu une première crise lors de la rupture avec le PCN, pratiquement mis hors-la-loi. Quelques semaines après, la nouvelle attitude du MDN et
LE CONTEXTE Le but de cet article n'est pas d'analyser le contexte international dans lequel la sitis bourgeois, organisations patronales, presse et radios privées orchestraient une campagne de plus en plus résolue pour le plus en «respect des accords de Puntarenas», plus précisément pour le maintien du nombre de 33 par exemple, l'exclusion de FO et l'inclusion d'un représentant de la CST). L'ATTITUDE DU FSLN de Robelo avait pour effet effet de l'affaiblir davantage.
La manifestation et le discours du 16 mars furent un test important. Le FSLN lança dans sa presse et surtout à la radio et à la télévision, une campagne très dure contre Robelo. L'essentiel de la campagne consistait en une réaffirmation de l'hégémonie du FSLN dans Sur ce terrain, il n'était disposé à aucune concession. Cela étant clarifié, il adopta ensuite une attitude relativement modérée faisant, entre autres, appel au responsabilités de Robelo. Pour sa part, celui-ci n'était pas encore prêt à franchir le Rubicon, ne cachait pas ses hésitations exprimait même des préoccupations sur la nature réactionnaire des forces susceptibles de se rallier à son
(déclaration étrangers). rupture était donc, pour l'instant, évitée. La démission de Violeta Chamorro ne pas la précipiter non plus. Violeta expliquait sa décision pour des raisons de santé - qui n'étaient d'ailleurs pas imagi- pas imagınaires - et naires - et confirmait son confirmait son attachement attachement à la politique d'unité nationale. Les dirigeants 'du FSLN se rendirent à grands bruits chez elle avaliser la version qu'elle avait donnée. INTERNATIONAL tuation s'est développée au au cours des derniers mois. Toutefois, il faut souligner que certains événe-
Sont eu des conséquences sur cette situation en contribuant à la radicaliser et à pousser à des confrontations.
Nous ne savons pas si le voyage d'une importante délégation en Union Soviétiainsi que dans d'autres pays d'Europe de l'Est avaient été envisagé avant que les USA ne suspendent leur prêt de 75 millions de dollars: il est probable que ce soit le cas. En tout cas, il est certain que cette décision, plus par sa signification politique que par sa portée intrinsèque. donnait au voyage de Borge et de ses camarades une importance beaucoup plus grande. Par ailleurs on constate que l'URSS a résolument mis fin à son attitude de détachement face aux événements au Nicaragua par un engagement dont il est impossible d'apprécier dès maintenant toutes les implications, mais qui indique une volonté de présence active dans ce pays-clé d'Amérique Centrale. Il va de soi que de tels développements ne pouvaient pas ne pas peser sur l'attitude de la bourgeoisie nicaraguayenne, déjà engagée dans une campagne anti-cubai(l'affaire de l'ambassade péruvienne à La Havane a été, au mois d'avril, l'un des centraux de la propagande aussi bien dans La Prensa que sur les radios privées).
L'aggravation de la crise au Salvador jouait un rôle non moins important. Pendant des mois la direction sandiniste et le gouvernement avaient adopté une position modérée, voire d'ouverture partielle, à l'égard de la Junta du 15 octobre. Mais au fur et à mesure que la véritable portée de la politique de celle-ci devenait absolument claire, la sympathie aux orga16) Les contingents du MDN quittaient la place après le discours de Herrare sans attendre les autres discours. Le PSC publiait plus tard un communiqué de protestation contre les violences qu'auraient exercées des membres du FSLN. Nous pouvons témoigner qu'il y eu quelques coups de poings, mais les incidents ont été d'une portée très modeste.
nisations révolutionnaires ouvrières du Salvador était exprimée de plus en plus nettement. L'assassinat de Oscar Romero provoquait définitivement un tournant: la Junta était attaquée vigoureusement et la lutte des organisations de la Coordinadora soutenue sans ambiguïté aucune. Encore plus : face aux manœuvres et aux menaces impérialistes en Amérique trale et aux Caraibes, Tomas Borge déclarait à qu'une intervention reprises éventuelle des Etats-Unis au Salvador serait considérée comme une intervention contre le Nicaragua.
Le tournant dans l'attitude sur le Salvador provoquait, par ailleurs, une crise pendant la vi-
Le 22 avril, Robelo démissionnait de la Junta en invipartisans à se retirer eux aussi de toute responsade direction. Il quait que «des parties essentielles des bases de l'unité» avaient été rompues «sans le consensus indispensable on avait imposé des changements essentiels au plan du gouvernement et fait des pas qui se détournent des objectifs de la révolution» (lettre publiée par Barricada, avril). Plus concrétement, c'est la décision sur la composition du Conseil organisations bourgeoises consicomme nous l'avons vu, comme un test crucial, qui provoquait le retrait du leader du MDN. D'après lui le FSLN avait voulu imposer son hégémonie à un tel point que la collaboration avec forces était devenue impossible.
Le conflit de La Prensa contribuait à augmenter vantage la tension et provoquait aussi une prise de position critique ouverte de part de Violeta Ce conflit était le résultat combiné de la décision des propriétaires du
Get site de Herrera Campins qui ne cessait de soutenir (dans le texte signé le 31 mars par le Venezuela et le Nicaragua il n'y avait pas un seul mot sur le Salvador!). compte du fait que la bourgeoisie nicaraguayenne considère le régime vénézuélien comme l'un de ses principaux points d'appui à l'échelle internationale et que
-Cen dans une justement à Managua à la miplusieurs réaffirmé leur confiance dans la ligne de Duarte, on comprend aisément à quel point la situation supplémentaire de tensions et de conflits, même si les portebourgeois exprimé des critiques ouvertes ni des jugements explicitement différenciés. LA RUPTURE DU 22 AVRIL
- rendue publique le 20 avril -vier Chamorro, par un ro, plus critique les travailleurs d'une série de revendications propos du réajustement des salaires et d'une représentation des travailleurs dans l'administration). vait plus sortir avril. que les cée, le syndicat de l'entreprise
Emit l'accent sur la défense de ment décidée direction. (17) portance intrinsèque de deux d'autres problèmes qui ont contribué à
Claire précipiter la crise, notamdu Conseil d'Etat. Le Conseil d'Etat n'aura pas da- décisoires représentation la patronales et la présence d'orChamorro. ganisations que la CST ne sont pas si négligeables que çà (18). Mais journal de s'est la Junta
Si l'on tient tres que, sans avril les partis démocrates chré international, n'ont pas et, en geoisie de remplacer le directeur, Xaautre membre de la famille Chamorenvers
FSLN, et d'autre part de la la présentation, le 19 avril, par tivation.
(notamment à
L'entreprise était occupée et le journal ne pouindiqué, depuis le 21
5 Chamore fut
Děs que la destitution celui-ci et le refus du changela par
On peut discuter sur l'im-
17) Après ment du plus important, celui la par
Chamorro de pouvoirs va créer et, après tout, la partis des reste bourgeois et des organisations qui l'aide à la syndicales autres sédait.
18)
toute évidence, Robelo saisi du prétexte faire émerger un pôle d'opposition à la direction sandiniste (dans quelle mesure il réussira dans son entreprise, c'est une autre question). En termes, il choisissait de rompre sur le terrain politi-
Men considérant, fondement de son point de vue, qu'une rupture sur la composition du Conseil d'Etat et au moment où éclatait l'affaire de La Prensa était tactiquement préférable, y compris pour la propagande sur le plan à une rupture à la suite de mesures d'expropriation éventuelles contre des industriels saboteurs de l'économie ou des cotonniers qui n'auraient pas ensemencé.
En tout cas, au-delà des projets et des intentions subjectives, la crise de la Junta dernière analyse l'unité nationale avec la bouranti-somoziste, a été l'aboutissement d'une dyna- d'une dynamique sociale et politique qui ne pouvait pas être contenue et cristallisée dans des schémas esquissés dès le lendemain de victoire et précisés par l'adoption du plan de réac-
Nous avons vu quelles tensions avaient opéré et continuent toujours d'opérer sur le terrain économique. Nous avons les tensions sont produites sur le plan social, entre la volonté des masses d'exploiter le nourapport de après le 19 juillet pour améliorer leurs conditions de vie, et d'autre part les limites transformations structurelles avoir terminé article, nous apprenons l'affaire «La Prensa» s'est terminée solution suivante Xavier avec une grande partie des travailleurs et des rédacteurs,
Run nouveau journal, forme de coopérative «La Prensa» aux mains des propriétaires devront rembourser d'une somme équivalente valeur des actions qu'il posEn fait, ce n'est que FO qui a été exclu.
qui subsiste. Le FSLN a des et les motifs idéologiques de dans le nouveau contexte.
réalisées jusqu'ici et le blocage des salaires qu'impliquent les options du plan. Nous avons mentionné aussi les difficultés des rapports du gouvernement avec certaines couches de la petite bourgeoisie aussi bien urbaine que rurale. Sur le plan politique, il existait et il existe toujours une contradiction entre l'affirmation d'une conception «pluraliste» et de la collaboration avec des formations bourgeoises et la volonté du FSLN d'exercer pleinement son hégémonie, réaffirmer son rôle d'avant-garde conquis par sa longue lutte victorieuse contre le régime somoziste.
Toutes ces tensions ne pouvaient manquer d'amener des déchirements. Cela n'aurait pu, à la limite, être évité qu'à condition que le FSLN ne fût pas sensible à la dynamique sociale et aux mouvements de masses et eût accepté de s'accrocher sans faille au statu quo, comme la bourgeoisie le lui demandait. Sa nature, ses rapports avec les masses et aussi ses conceptions idéologiques, ne l'amenaient pas à disposé à faire rain politique fondamental de la gestion du pouvoir et du contrôle de l'appareil re. Ce n'est pas par hasard que, pendant toute en rapport aussi avec la situainternationale, tion sandiniste s'est préoccupée de renforcer davantage l'armée, née de la guerre révolutionnaire, et a commencé à construire choix fait par Robelo du terrain de la confrontation permettait d'espérer créer des conditions plus favorables à une propagande anti-sandiniste, surtout au niveau international, la conséquence en était, d'autre justement sur ce terrain politique où le FSLN n'avait aucunement l'intention de reculer.
One relève pas domaine purement tactique. Il faut saisir une contradiction liens encore relativement faibles, surtout du point organisationnel, avec les forces sociales qu'il veut représenter, tout d'abord avec la classe ouvrière. Mais, dentifie avec l'armée révolutionnaire et il jouit d'un prestige énorme comme guide de la lutte anti-somoziste et comme direction à laquelle n'existe plan politique d'ensemble, aucune alternative possible.
= était s'attendre à ce qu'il fasse des concessions tant soit peu importantes sur le terrain, pour lui, essentiel, de l'exercice de l'hégémonie politique.
Dans leur déclarations, après le retrait de Robelo, — du moins notre connaissance, les dirigeants du FSLN ont réaffirmé leur volonté de maintenir le cadre de l'économie mixte et de l'unité nationale. Mais il est incontestable que le départ des deux représentants bourgeois dans la Junta implique un changement qualitatif, qui ouvre le chemin, même à des échéances rapprochées, confrontations et à de nouvelles crises. Bien qu'elle ait pris l'initiative de la rupture, la bourgeoisie est sur la défensive, perd du terrain et pourrait connaître des déchirements en son sein. En faisant ici abstractation des facteurs internationaux, elle sera poussée à entreprendre des à esquisser quelques opérations compliquer la tâche du FSLN, sinon de lui créer des difficultés majeures. Au-delà des choix que pourront faire les groupes les plus lucides des anciennes classes possédantes, des capitalistes individuels ou des groupes de capitalistes ou d'entrepreneurs agricoles pourront prendre le chemin de l'obstruction, du sabotage, de la «descapitalizacion» sur une grande échelle (19). Les confrontations futures se développeront donc sur le terrain socio-économique aussi. Par ailleurs, la possibilité de développer effectiveéconomie même partiellement planifiée est subordonnée à une restriction de la sphère de décision privée.
Le contexte, les problèmes cette phase de la révolution nicaraguayenne ne peuvent manquer de rappeler trois expériences : la cubaine, l'algérienne et la chilienne. Nous disons même celle du Chili, dans la mesure où il y a des analogies évidentes entre les conceptions de l'économie mixte et de son évolution graduelle qu'avancent les dirigeants sandiniset leurs conseillers et les idées exprimées par les partisans d'Allende et de l'Unidad Popular et où des couches petites-bourgeoises pourraient connaître une évolution similaire à celle des mêmes couches au Chili, à partir de 1972. Mais l'analogie serait très partielle, donc
: pour la raison, qu'au Nicaragua, il y a eu une insurrection victorieuse qui a ébranlé profondément l'appareil d'Etat et qu'il existe une armée de nature qualitativement différente de l'armée chilienne. Il y a, incontestablement, des analogies avec les problèmes et les débats de l'ère benbelliste de la révolution en Algérie. Dans l'hypothèse, purement théorique, que la mique sociale et politique permette une cristallisation de la situation au palier actuel - et en faisant abstraction des facteurs internationaux - le Nicapourrait effectivement parcourir le chemin de l'Algérie.
Mais l'analogie la plus pertinente reste, à notre sens, celle de la révolution cubaine, y compris au niveau de l'attitude du groupe dirigeant. Par rapport à il y a quelques mois, la perspective que la «voie cubaine» mène au renversement du capitalisme incontestablement préciAu moment où nous écrivons, peut encore répondre à la question de savoir si les cotonniers vont ensemencer leurs terres. l'angle strictement économique, seraient poussés à le faire aussi bien en raison de l'impossibilité de propeuvent tirer de la réduction considérable des fermages (la plupart des terres cultivées en coton sont louées), rent eux-mêmes acceptables, tenue des prix sur le marché monpourraient avoir le dessus,