des prisonniers politiques irlandais
Déclaration du Secrétariat unifié de la IVe Internationale
IRLANDE DU NORD
La grève de la faim
Le Secrétariat unifié de la IVe Internationale réaffirme sa pleine solidarité avec les prisonniers politiques irlandais actuellement détenus au Block H de la prison de Long Kesh (Maze) et à la prison des femmes d'Armagh.
Nous proclamons en particulier notre complète solidarité avec les prisonniers qui viennent d'entreprendre, dans le cadre de leur action pour être reconnus comme prisonniers politiques, une grève de la faim « jusqu'à la mort ». Cette revendication inclut : le droit pour les prisonniers de porter leurs propres vêtements ; le droit de ne pas travailler en prison ; le droit de se réunir librement entre eux ; le droit d'organiser leurs loisirs et leur instruction ; le droit de bénéficier pleinement du système des remises de peine.
Le gouvernement tory de Margaret Thatcher a déclaré qu'il ne ferait aucune concession aux prisonniers. Ces droits avaient été accordés autrefois, 1972, aux prisonniers politiques irlandais. Quatre ans plus tard, ils leur ont été arbitrairement supprimés par le gouvernement britannique. Londres explique que les prisonniers en question sont des criminels « de droit commun ». C'est totalement faux. Le fait que ces prisonniers aient été jugés par des tribunaux sans jury, contrairement à ce qui se fait en Grande-Bretagne, montre leur caractère d'exception.
De plus, des organisations internationales de renom comme Amnesty International ont affirmé dans leurs rapports que beaucoup de ces prisonniers avaient été torturés pour signer leur « confession ». Dans 90% des cas, ces « confessions » étaient la seule base juridique sur laquelle ces prisonniers ont été condamnés. Les prisonniers républicains irlandais ne sont en fait incarcérés que pour une seule raison : le maintien de l'occupation britannique en Irlande du
Les camps d'internement construits en Irlande du Nord par les Britanniques sont une conséquence de la résistance tenace à cette occupation. Cela fait maintenant soixante ans que l'impérialisme britannique a imposé la partition de l'Irlande contre le souhait de la majorité du peuple irlandais. La création du mini-Etat artificiel, occupé par les Britanniques, dans les six comtés de l'Irlande du Nord-Est, constituait un affront aux principes démocratiques et au droit d'auto-détermination. En ce sens, ceux qui continuent de résister au partage de l'Irlande le font au nom de la
Le traitement brutal infligé aux prisonniers républicains irlandais n'entame en rien cette résistance. Au contraire, la grève de la faim a déjà abouti aux plus importantes mobilisations de rue qu'ait connues l'Irlande depuis huit ans. Ils étaient 25 000 à manifester à Belfast à la veille du début de la grève de la faim et, un mois plus tard, ils étaient encore 25 000 manifestants, à Dublin cette fois.
à cette résistance, l'impérialisme britannique dispose en Irlande du Nord de plus de 30 000 soldats et policiers de ses « forces de sécurité » et cela pour surveiller une population de moins d'un million et demi d'habitants. La classe dirigeante britannique loyalistes, pro-britanniques, qui menacent aujourd'hui de déclencher une guerre civile contre la population de l'Irlande du Nord qui sympathise avec les républicains.
Dans ce contexte, une campagne internationale de solidarité avec la resistance anti-impérialiste en Irlande est plus que jamais nécessaire. La IVe Internationale affirme son soutien à une telle campagne de solidarité*. Saluant l'héroïsme des grévistes de la faim, elle affirme que la seule solution durable et juste au conflit irlandais réside dans le retrait immédiat et complet des Britanniques hors d'Irlande.
29 novembre 1980 * Comité de défense des prisonniers politiques irlandais, c/o Annick Monot, 3, rue Lardennois, 75 019 Paris. Pétitions et chèques à cette adresse.