Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

PORTUGAL

Communiqué commun de la Ligue communiste internationaliste, l'Union ouvrière révolutionnaire et la Ligue communiste révolutionnaire - ETA VI

Inprecor (première série) n° 1, 6 juin 1974 · p. 26-27 · 1 386 mots

Portugal France Euskadi État espagnol

Nous publions ci-dessous une déclaration conjointe de la LCR-ETA VI ( organisation sympathisante de la IVème Internationale en Espagne) et de la LCI (organisation sympathisante de la IVème Internationale au Portugal) ainsi que de l'UOR, organisation portugaise se revendiquant du marxisme-révolutionnaire et se rapprochant de la LCI. Il est nécessaire de souligner qu'après avoir organisé un tronçon de plusieurs milliers de manifes -tants lors de la manifestation du ler mai, nos camarades de la LCI, avec d'autres organisation, suite au refus de donner la parole à un représentant de la gauche révolutionnaire, organisèrent un cortège qui quitta le stade de Lisbonne. Ils tinrent un meeting, sous la protection des marins et des soldats, réunissant plus de 10. 000 personnes. Le 19 mai, en front unique avec le PRP ( Partido Revolucio, ario do Proletariado - Parti Révolutionnaire du Prolétariat) et l'UR (m-1) ( Unidade Revolucionaria marxista-leninista) ainsi que les CBS ( Comissoes de Base Socialistas), la LCI organisa, à Lisbonne, un meeting qui réunit plus de 2500 personnes. Ernest Mandel, au nom de la IVème Internationale, y prit la parole. Il plaça la situation au Portugal dans le cadre de la montée de la révolution coloniale et de la montée des luttes ouvrières en Europe depuis 1968. Ensuite, il mit en relief les grandes lignes de l'alternative révolutionnaire à la politique de ceux qui veulent "consolider l'éta -pe démocratique ouverte depuis le 25 avril'". Nos camarades de la LCI ont stimulé la tenue d'un meeting le 24 mai. Plus de 5.000 personnes y participèrent. De plus, face à la réponse gouvernementale aux revendications des travailleurs réclamant un minimum salarial de 6. 000 escudos - - le ministre communiste du travail a annoncé que le minimum salarial était fixé à 3. 300 escudos samedi 25 mai, qui défilèrent dans les rues de Lisbonne. Les mots d'ordre de "Capitalisme, Non, Révolution socialiste, Oui !", " A bas l'exploitation capitaliste !" , rythmèrent la manifestation. Ensuite, des milliers de militants se rendirent au palais du gouvernement, puis à l'hôpital militaire, pour réclamer la libération de l'officier cubain Peralta, arrêté par les troupes portugaises en Guinée-Bissau. Les manifestants assiégèrent l'hôpital pendant toute la nuit du samedi au dimanche. Le gouvernement interdit à la radio et à la télévision le reportage en direct de cette manifestation, et plus spécialement de l'intervention des forces de police, ce qui lui valut une massive protestation des rédacteurs et des journalistes contre cette tentative de réintroduction de la censure. Face à la montée des luttes ouvrières le Parti communiste portugais et le Parti socialiste portugais multiplient les déclarations honteuses affirmant que les travailleurs en grève sont manipulés par les "provocateurs" ou par des "groupuscules faisant le jeu de la réaction"'. Des secteurs significatifs de la classe ouvrière, qui voient pour la première fois depuis des décennies l'occasion de satisfaire leurs revendications, ne sont pas prêts à accepter ce genre d'affirCeci ouvre des possibilités importantes aux révolutionnaires qui, stimulant les mobilisations les plus larges et les plus unitaires sur les revendications des travailleurs, indiquent qu'il ne faut nourrir aucune illusion sur le gouvernement de coalition avec la bourgeoisie ou sur la junte militaire. Ainsi, nos camarades de la LCI insistent sur le fait que les travailleurs ne doivent compter que sur leur propre mobilisation, sur la création de leurs propres or-

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COMMUNIQUE

COMMUNIQUE COMMUN DE LA LIGUE COMMUNISTE INTERNATIONALISTE, L'UNION OUVRIERE REVOLUTIONNAIRE ET LA LIGUE COMMU -NISTE REVOLUTIONNAIRE - ETA VI ( organisations marxistes-révolutionnaires au Portugal et en Espagne) La sinistre dictature de Salazar-Caetano a cessé d'exister. Face à une situation qui s'annonçait à brève échéance insoutenable, un secteur de la bourgeoisie, à travers son armée, a renversé le régime fasciste incapable de contrôler le mouvement des masses au Portugal et les luttes dans les colonies. Toutefois, la classe ouvrière et les masses travailleuses, face à cette grave crise de direction politique de la bourgeoisie, ont profité de cette situation pour imposer, à travers leurs actions dans la rue, la destruction de l'appareil répressif fasciste (la PIDE, la Légion, l'administration et les bandes fascistes). Le jour même du coup ( 25 avril) commencèrent des manifestations massives qui continuèrent les avec des milliers de banderoles, autour de mots d'ordre combatifs, de drapeaux rouges, etc. Des milliers de voix revendiquaient au cours

" fin immédiate de la guerre coloniale", l' 'Indépendance immédiate des colonies", "Plus un seul soldat pour les colonies": etc., en lançant parallèlement les mots d'ordre revendicatifs ( salaire minimum de 6. 000 escudos pour tous) ou démocratiques (droit de grève, pression et d'association...) les plus ressentis par les ouvriers, les travailleurs et les étudiants. militants d'avant-garde ( ceux de la Ligue Communiste Internationaliste et de l'Union Ouvrière Révolutionnaire entre autres), suivis par des milliers de manifestants, affirmèrent l'indépendance de la son rôle dirigeant dans le processus révolutionnaire qui mettra fin à la domination capitaliste : "A bas l'exploitation capitaliste", aux travailleurs", " Ouvriers, soldats : révolution socialiste", etc. Dans tout le pays des centaines et des milliers de soldats et de marins ont manifesté, beaucoup avec le poing levé, portant des drapeaux au coude à coude avec les travailleurs. Ils reprenaient les mots d'ordre, particulièrement ceux qui appelaient à l'unité des travailleurs, en uniforme ou non, "Ouvriers et soldats : un même combat" ! La Junte de Salut National, dirigée par Spinola, mença à manifester quelque préoccupation face à ces gigantesques cortèges combatifs et face au début d'organisation que les travailleurs commençaient à se donner dans et hors de l'armée : actions anti-fascistes dans les entreprises et les locaux des organes d'information, affluence dans les syndicats, réunions de soldats et de marins dans les casernes et sur les navires, apparition et développement de l'influence des partis politiques, etc. Cette combativité, ces débuts d'organisation, montrent à la Junte de Salut National que les travailleurs portugais ne se laisseront pas facilement tromper, qu'ils riposteront par la lutte à la détérioration de leurs conditions de vie et de travail, que la fin immédiate de la guerre coloniale, en particulier, est une revendication exigée par des millions de portugais, que des franges toujours plus larges de soldats et de marins (ouvriers et travailleurs en uniforme ) ne

TEM MAIS UM SE SaL ADD

PARPAS GOLONASISI

AKA sont pas prêts à s'embarquer pour les culonies, à lutter contre leurs camarades travailleurs africains. La LCI et l'UOR développent de façon conjointe leurs tâches d'implantation ouvrière et de mobilisation étudiante - - en créant des comités anti-colonialistes d'appui à la lutte contre l'impérialisme portugais --; elles développent un travail anti-militariste dans l'armée et parmi la jeunesse travailleuse et étudiante, avec l'appui actif de la IVème Internationale et en particulier de la Ligue Communiste Révolutionnaire - ETA VII d'Espagne. - A BAS LE COLONIALISME PORTUGAIS ! - INDEPENDANCE IMMEDIATE POUR LES - FIN IMMEDIATE DE LA GUERRE COLONIALE ! - VIVE LA LUTTE ARMEE CONTRE L'IMPERIALISME PORTUGAIS ! - VIVE L'UNITE REVOLUTIONNAIRE DES OUVRIERS ET TRAVAILLEURS DU PORTUGAL ET DES COLONIES! - POUR LA REVOLUTION SOCIALISTE AU PORTUGAL ET DANS LES COLONIES ! Après l'assassinat du militant anarchiste Puig Antich, la dictature franquiste a opéré depuis le ler mai, à l'arrestation de plus de 400 militants d'organisations ouvrières et révolutionnaires, parmi lesquels plusieurs militants de la LCR-ETA VI. En même temps, la presse bourgeoise annonce 5 nouvelles requêtes de peines de mort contre un autre militant anarchiste et 4 militants maoistes. Défendre contre la répression tous les militants et toutes les organisations ouvrières, quelle que soit leur affiliation politique, est une tache urgente de tous les travailleurs et révolutionnaires. - SOLIDARITE AVEC LES TRAVAILLEURS ET REVOLUTIONNAIRES ESPAGNOLS FACE A LA REPRESSION ! - LIBERATION DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES ! Salazar avait signé une alliance avec cette dictature sanguinaire, connue comme le "Pacte Ibérique". Junte de Salut National, comme l'a déclaré le général Spinola à la presse espagnole, n'est pas disposée à rompre ce pacte, même pas à le "'transformer". Les travailleurs portugais qui ont fait tomber le fascisme doivent exiger la rupture du "Pacte Ibérique" et de toute autre alliance avec la dictature assassine de Franco. - AUCUN PACTE, AUCUNE ALLIANCE AVEC LA DICTATURE FRANQUISTE ! - LE PORTUGAL DOIT ETRE UNE BASE D'APPUI POUR LES REVOLUTIONNAIRES ESPAGNOLS ! - EN AVANT POUR L'INTERNATIONALISME PROLETARIEN ET POUR LA REVOLUTION SO- TRAVAILLEURS PORTUGAIS ET ESPAGNOLS : UN MEME ENNEMI, UN MEME COMBAT !

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