SUISSE La conférence annuelle de l'Organisation Internationale du Travail (O.I. T.), qui réunit chaque année des représentants des patrons, des syndicats et des gouvernements pour "règler les rapports de travail •dans le monde" devait s'ouvrir, la première semaine de juin à Genève, avec cette année, des représentants des bourreaux du peuple chilien : représentant direct de la Junte et représentant des syndicats fascistes mis en place après le coup d'Etat du 11 septembre dernier. Par cette démarche, la Junte de Pinochet cherchait à "légitimiser" son régime de terreur, de torturé et de surexploitation, afin de faciliter la chasse aux profits des trusts impérialistes (ITT, Dow Chemical, etc) au Chili. Elle voulait surtout faire reconnaitre les nouveaux "rapports de travail" instaurés par le coup d'Etat : - interdiction des organisations ouvrières, répression massive et systématique contre les militants, interdiction du droit de grève; - institution d'un régime de contrôle policier et d'embrigadement forcé fondé sur le mouchardage et la dé- l'exploitation accrue des travailleurs : travail obligatoire le samedi matin, conditions aggravées, blocage des salaires et hausse massive des prix. Pour dénoncer cette manoeuvre et exclure les représentants des bourreaux du peuple chilien de l'OIT et de Suisse, la Coordination Nationale des Comités Chili, animée par les militants révolutionnaires, avait lancé depuis plusieurs semaines une vaste campagne d'agita-
DIFFICULTES
ECONOMIQUES
DE SAICON
tion qui devait culminer par une intervention le jour de l'ouverture de la Conférence, ainsi que par une manifestation le samedi 8 à Genève. Une fois de plus les staliniens et autres réformistes ont refusé de participer à cette campagne, tout comme ils refusent, depuis 8 mois de s'associer, de façon unitaire, à la campagne de soutien au peuple chilien. Le jour de l'ouverture de la Conférence un tract était distribué au sein de l'Assemblée générale et des mots d'ordre étaient lancés par des militants anti-impérialistes qui avaient pu s'y introduire. Cette intervention fut accueillie par de vifs applaudissements de la part d'une série de délégations. Après cette intervention l'Assemblée générale confirmait le vote de principe pris en février dernier et selon lequel les seuls représentants des travailleurs chiliens étaient ceux de la CUT (Confédération Unitaire du Travail) aujourd'hui interdite, et dont les militants sont emprisonnés et pourchassés. Les prétendus "représentants" envoyés par Pinochet furent donc exclus de la Conférence par un vote à la quasi unanimité (seuls les délégués de l'AFL-CIO des USA s'y sont opposés). Le samedi suivant la manifestation de Genève regroupa de 3,500 à 4. 000 personnes, avec des délégations des Comités Chili de France et de Belgique. Une fois de plus cette action militante prouve que la vigilance des militants anti-impérialistes ne s'affaiblit pas et que, partout ils sauront intervenir pour dénoncer la Junte sanguinaire de Pinochet et affirmer leur soutien aux travailleurs et aux paysans chiliens.
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