Inprecor 1974–2004

Archives de la revue d'information et d'analyse de la IVe Internationale

USA

Manifestations pour l'emploi

Inprecor (première série) n° 23, 10 avril 1975 · p. 32, 31 · 882 mots

Syndicalisme États-Unis

L'AFL-CIO a lancé une appel pour un Rassemblement National pour l'Emploi le 26 avril à Washington. Ce rassemblement est appuyé par le Département des Syndicats Industriels de la fédération, sous-division qui regroupe 58 syndicats de l'AFL-CIO et environ six millions d'ouvriers. Ce rassemblement est la première action de ce type planifiée à l'échelle nationale par l'AFL-CIO. Le fait que la direction réactionnaire de la fédération syndicale nationale ait appelé les travailleurs à manifester nombreux témoigne de la profondeur de la colère qui se développe parmi la classe ouvrière américaine en conséquence du chômage croissant. ques officielles du gouvernement, qui sousestiment considérablement la réalité, donnent une taux de chômage de plus de 8%, ce qui représente le taux le plus élevé depuis les années 30 - - où le nombre des chômeurs était

81883 Editeur responsable : René Groslambert, 34 usa pour l'emploi de 7.5 millions.

en 1976.

ouvrière pour les blancs.

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Si on inclut également ceux qui ne sont pas compris dans les statistiques gouvernementales - - les ouvriers qui ne trouvent que du travail partiel et les ouvriers classifiés comme ayant cessé de chercher "activement" du travail -- le nombre total des chômeurs tourne autour de 13/13 millions. Et les perspectives ne sont pas réjouissantes: le budget de Ford prévoit un taux officiel de chômage d'environ 8.1% en 1975 et de 7.9%

Il est prévu de tomber à 5.5% en 1980 seulement - - un taux politiquement acceptable par la classe dominante. Et il s'agit d'une projection optimiste ! Les secteurs les plus exploités de la classe

-- les femmes et les minorités opprimées - - sont les plus frappés par le chômage. Le taux de chômage pour les ou -vriers noirs est deux fois plus élevé que

Parmi les adolescents noirs 08833. JUBE INE 8 1005 1085 /IN rue Nothomb, Bruxelles 1040, Belgique

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suite de la page 32 le taux officiel de chômage se situe à plus de 35% - - et il est même plus élevé dans certaines régions ! Les travailleurs de certaines industries, telle la construction et l'automobile, ont également été beaucoup plus frappés que la moyenne. A Détroit, où 300.000 ouvriers sont employés dans l'industrie automobile en période de pointe, le taux officiel de chômage a atteint 23%. La situation à Détroit a également frappé les ouvriers noirs particulièrement sévèrement, dans la mesure où ils représentent une proportion relativement élevée des travailleurs de l'automobile dans cette ville. Dans certains secteurs de la communauté noire à Détroit, le chômage a atteint des taux de 36 à 62%. Face à une telle situation, des manifestations réclamant des emplois se sont déroulées dans plusieurs villes à l'appel des syndicats. A New York, environ 12. 000 travailleurs du bâtiment en colère ont marché vers l'Hôtel de Ville le 27 février. (Sur 95. 000 membres des syndicats de la construction il y a 21.000 chômeurs). Ce fut une manifestation très militante, malgré les tentatives des bureaucrates visant à étouffer les possibilités pour les travailleurs d'exprimer leur colère. En Californie, où l'on compte un million de chômeurs, la Fédération des Travailleurs de Californie a organisé une manifestation de 2. 000 personnes le 8 mars à Sacramanto. Et le 5 février, environ 10.000 chômeurs de l'automobile ont manifesté à Washington pour demander du travail. Ces manifestations, bien que petites par rapport au potentiel, représentent néanmoins un pas positif pour commencer à rallier la force énorme du mouvement syndical à la lutte

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pour l'emploi. Jusqu'ici les bureaucrates syndicaux ont hésité à organiser des actions de masse ou ont organisé de telles actions de façon très timide. Mais si le rassemblement du 26 avril est organisé sérieusement il ne devrait pas être difficile de rassembler 50.000 personnes pour remplir le stade Kennedy à Washington. Il reste à voir si les efforts nécessaires seront faits. Certains syndicats importants, comme celui des électriciens et des employés municipaux et fédéraux organisent des départs collectifs de certaines villes pour participer au rassemblement. A New York, plusieurs syndicats qui avaient déjà envisagé de marcher sur Washington, mettent toute leur énergie dans l'organisation du 26 avril, et on s'attend à ce qu'ils contribuent de façon significative au succès de cette journée. Le rassemblement de Washington a également reçu le soutien enthousiaste de la coalition des travailleuses syndiqués et de la coalition des syndicalistes noirs. Peter Camejo et Willie Mae Reid, candidats du Socialist Workers Party (SWP) à la présidence et à la vice-présidence en 1976, ont publié un communiqué donnant leur appui au rassemblement du 26 avril. Le SWP a fait de la lutte pour l'emploi un thème essentiel de ses campagnes de propagande. Des brochures écrites simplement - - en particulier une "Charte des Droits des Travailleurs" et "Pourquoi chacun ne peut-il avoir un emploi?'' -- sont largement diffusées, Parmi les principales revendications mises en avant dans cette campagne, on trouve la réduction de l'horaire de travail sans réduction du salaire, un programme massif de travaux publics mis en place par le gouvernement fédéral et des salaires au tarif syndical pour tous les chômeurs.

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